Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 12 :: Chapitre 12

Publiée: 06-06-21 - Mise à jour: 06-06-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 12  

 

Me voilà de nouveau de retour au Cat’s où Reika m’a donné rendez-vous pour me présenter notre nouveau client… notre nouvelle cliente, me corrigé-je en voyant la magnifique jeune femme assise à ses côtés. Je sens le regard de mes amis planté dans mon dos attendant certainement une réaction primaire de ma part. Venant de te quitter, je n’ai pas envie de lui sauter dessus et lui faire des mamours alors je me contente de prendre place face à elles sous le regard éberlué de Mick qui lui a bien du mal à se contenir face à la beauté présente, seule la seringue que tient Kazue le retenant probablement d’accourir à nos côtés.  

 

- Bonsoir, Mesdames.  

- Ryo, je te présente…  

- Himiko O’Reilly, mannequin de son état pour la plus grande marque de sous-vêtements du Japon., la coupé-je.  

- Vous êtes la fille d’un businessman américain et d’une japonaise et la compagne de Tatsuo Sagasaki, chef d’une société d’import-export.  

 

A ce nom, mes deux compères et Miki se tendent. Tatsuo Sagasaki n’est pas qu’un simple businessman : son entreprise n’est que la couverture légale d’une activité beaucoup plus lucrative mais aussi très illicite. Il y a une forte odeur de sang qui l’entoure et elle pourrait encore augmenter si mes informations sont correctes et que cette jeune femme est vraiment celle qui s’est séparée de lui il y a quelques temps.  

 

- Ex-compagne. Je l’ai quitté il y a un mois et j’ai eu de la chance d’être appelée à l’étranger pendant trois semaines pour des défilés et des photos mais, voilà, je suis rentrée il y a quelques jours et depuis je suis suivie et, hier soir, on a essayé de me tuer. Je rentrais chez moi quand on m’a tiré dessus. Seulement c’est un autre qui a pris la balle. J’ai essayé de prévenir la police mais, tant qu’ils n’ont pas fait le lien, ils ne me protégeront pas., m’explique-t-elle, visiblement stressée.  

- Pourtant, ils devraient être plus qu’intéressés par ce que vous pourriez leur apprendre., lui dis-je, croisant les mains sous mon menton.  

- Mais… que pourrais-je leur apprendre ?, s’étonne-t-elle.  

 

Je l’observe attentivement, me demandant s’il serait vraiment possible qu’elle ne soit au courant de rien. Elle a tout de même vécu plus de deux ans avec lui.  

 

- Votre amant est un trafiquant de drogue et d’armes. Il est aussi celui qui met sur les trottoirs une cinquantaine de filles de diverses origines, pas toujours là de leur plein gré., lui apprends-je d’un ton neutre, le regard plongé dans le sien.  

 

Elle me regarde complètement sonnée et je comprends qu’elle n’était vraiment au courant de rien. Comment peut-on passer deux ans auprès de quelqu’un et ne pas s’apercevoir de ce genre de choses ? Je n’arrive même pas à l’imaginer. Je me souviens de nos deux premières années ensemble. Elles ont été dures par moments parce qu’on apprenait à se connaître mais, au bout de deux ans, on savait déjà beaucoup de choses l’un de l’autre. Tu connaissais mes travers, respectais mes moments de solitude lorsqu’ils étaient nécessaires, savais quand tu pouvais venir me retrouver… Tu commençais même à trouver les mots ou les gestes pour me dérider, enfin façon de parler puisque je n’étais pas du genre à me montrer sombre dans les moments difficiles mais plutôt très exubérant.  

 

- Votre compagnon est un yakuza, un homme qui a probablement beaucoup de sang sur les mains. Vous ne vous êtes rendue compte de rien ?  

- Ryo, dou…, intervient Reika, choquée.  

 

Elle s’arrête néanmoins quand je lève la main pour lui faire comprendre de se taire. Je ne peux pas me permettre de prendre le moindre risque dans ma position, encore moins maintenant. Personne ne peut me certifier que cette jeune femme n’est pas un cheval de Troie mis sur ma route pour m’approcher et en apprendre plus sur moi, trouver le moyen de me, de nous ?, faire tomber. Cette affaire tombe un peu trop proche du moment où je t’ai faite disparaître de la circulation. Je suis donc méfiant. C’est mon rôle.  

 

- Ca fait deux ans que vous vivez avec lui. Vous n’avez jamais rien suspecté ?  

- Non., souffle-t-elle, complètement hallucinée.  

- Pourquoi l’avez-vous quitté alors ?  

- Parce que… Parce qu’il m’a trompé avec ma meilleure amie. Elle est venue me le dire en même temps qu’elle m’a appris qu’elle était enceinte de lui et qu’il ne voulait pas assumer., m’apprend-elle d’une voix tremblante.  

- Pour moi, c’était juste le connard qui m’avait brisé le cœur., ajoute-t-elle, les larmes perlant sur son joli visage.  

- Où est votre amie ? Sagasaki en a fait sa compagne ?  

 

Je n’ai pas eu vent de cette nouvelle. Je savais que c’était fini entre elle et lui mais je n’ai pas entendu parler d’une nouvelle compagne.  

 

- Je… Je ne sais pas. Je l’ai jetée à la porte et je suis partie. Je n’ai pas eu de ses nouvelles depuis., me dit-elle, reniflant inélégamment.  

- Pouvez-vous nous donner son nom et ses coordonnées ?  

 

J’ai un mauvais pressentiment la concernant, tout comme je me doute que son ex est celui qui cherche à l’éliminer, attendant certainement un moment opportun pour le faire. Il veut certainement éviter qu’elle aille baver à la police les quelques informations qu’elle pourrait avoir ou alors lui faire payer l’affront de l’avoir planté comme un con, peut-être même les deux, l’homme étant assez vaniteux.  

 

- Mais pourquoi ? On s’en fiche d’elle ! Elle n’a qu’à se débrouiller après ce qu’elle m’a fait !, s’exclame-t-elle, furieuse.  

 

Jalousie quand tu nous tiens… J’attends quelques secondes, laissant à Reika le temps de prendre la parole et de la ramener à la raison mais rien ne se passe et je retiens le soupir de frustration qui naît. Elle n’est pas toi. Il va falloir que je trouve les mots pour lui faire cracher les informations que je lui ai demandées sans lui laisser penser que le sort de son amie m’importe plus que le sien… Comment faire ? Comment ferais-tu ?  

 

J’attrape sa main par-dessus la table et la presse doucement, attirant son attention. Elle relève les yeux vers moi et je soutiens son regard en essayant de me montrer empathique. Je ne sais pas trop ce que ça donne mais la lueur dans ses prunelles semble se radoucir un peu. Je ne dois donc pas m’en sortir trop mal.  

 

- Himiko, je comprends que vous soyez fâchée contre celle qui vous a trahie. Je le serais tout autant. Seulement, dans cette situation bien précise, je penserais aussi à la famille de mon amie. Je suppose que vous avez déjà rencontré ses parents, peut-être ses frères et sœurs si elle en a.  

 

Je la vois hocher doucement la tête et je sais que j’ai fait mouche. Ne reste qu’à guider le poisson là où je veux l’amener en douceur, tout en douceur, comme tu le ferais. Ca, j’avoue, il m’aura fallu beaucoup plus que deux ans pour l’apprendre. Je pense même que, sans ton absence, je ne m’en serais jamais cru capable.  

 

- Himiko, je pense que votre amie s’est mise en danger en venant vous trouver. Sa grossesse ne la protégera pas de Sagasaki s’il décide de la punir. Vous estimez peut-être que son sort est mérité mais sa famille ne mérite pas de la perdre ou de ne pas savoir ce qui lui est arrivé. Vous me comprenez ? Vous n’en attendriez pas autant de sa part au nom de toutes ces années passées ensemble ?  

 

Le silence est presque pesant dans la pièce. Himiko est en pleine réflexion, les larmes aux yeux. Mes amis sont, quant à eux, visiblement surpris de ce qu’ils viennent d’entendre.  

 

- Ma priorité sera de vous protéger et trouver celui qui vous veut du mal pour le mettre hors d’état de nuire. Quand cela sera fait, pourrez-vous encore vous regarder dans un miroir si vous n’avez rien fait pour votre amie et qu’il lui est arrivé quelque chose ?  

 

J’enfonce le clou jusqu’à la tête. C’est mon dernier argument prononcé avec une voix douce mais neutre. Pas de ton sentencieux ni ordonnateur, ce sera son choix, sa conscience qui fera le chemin et décidera.  

 

- Non… Je ne pourrai pas., finit-elle par dire, sortant un papier et un crayon de son sac.  

- Elle s’appelle Terumi, Terumi Hibashi. Voilà son adresse et son numéro de téléphone. J’ai une photo sur mon téléphone.  

 

Je me tourne vers mes amis, leur demandant implicitement leur aide pour retrouver la jeune femme. Mick se lève et approche, sortant son téléphone portable.  

 

- Pouvez-vous me l’envoyer ? Je m’occuperai d’elle., lui dit-il.  

- Mick est mon ami. Vous pouvez avoir toute confiance en lui. Il va s’occuper de Terumi et moi de vous., confirmé-je à son regard anxieux.  

 

Elle acquiesce et je les laisse faire le transfert, m’approchant du comptoir. Je n’en laisse rien paraître mais je me fais du souci pour toi. Avec Sagasaki dans le collimateur, je ne prendrai certainement pas le risque de faire une aparté dans la mission pour venir te voir. A la moindre erreur, il pourrait ne pas te rater.  

 

- J’ai l’impression que cette affaire ne va pas être de tout repos et risque de durer. Les filles, vous pourriez aller voir Kaori de temps à autre, discrètement ?  

- C’est d’accord., m’affirme sans attendre Miki, visiblement ravie de pouvoir te voir.  

- On le fera, Ryo., confirme Kazue, posant un regard rassurant sur moi.  

- Merci et que du positif., leur dis-je très sérieusement.  

- Promis. Ce que tu as dit à Himiko…, commence la barmaid, la voix nouée.  

- On aurait juré entendre Kaori., conclut la doctoresse.  

 

Je ne sais quoi leur répondre et je hoche simplement la tête. Bien sûr que c’était toi. Sans toi, je n’aurais jamais été capable de cela. J’aurais fait l’andouille ou tenté de la séduire mais je ne lui aurais jamais parlé ainsi. Je sais parler à des cœurs sincères mais pas à des cœurs en colère ou jaloux.  

 

- Tiens Ryo. Ce sont les plans de l’hôpital. Je viens de les avoir., me fait Umi à voix basse, me sauvant de ce moment maladroit en me tendant un rouleau de papiers.  

- Merci. Je les étudierai précieusement.  

 

Je récupère les documents et retourne près de ma cliente, croisant Mick à qui j’adresse un signe de tête en remerciement. Lui me tape sur l’épaule, son sourire amusé cachant vraisemblablement son étonnement à la façon dont j’ai parlé à Himiko un peu avant.  

 

- Nous allons passer chez vous récupérer des affaires et vous viendrez vous installer chez moi. Ce sera l’endroit le plus sûr pour vous actuellement. Vous avez des obligations professionnelles dans les jours à venir ?  

- J’ai un shooting pour des maillots de bain pendant trois jours la semaine prochaine et un défilé la semaine qui suit avec des répétitions et essayages tous les jours et…, commence-t-elle.  

- On fera la liste à la maison, ce sera plus simple vue l’heure. Venez., lui dis-je, lui faisant un signe de tête.  

- Je viens avec toi, Ryo ?, me demande Reika, ne sachant que faire.  

- Si tu as le temps, ce serait plus prudent en effet. Avec Sagasaki, on ne sera pas trop de deux pour aller chez elle.  

 

Elle acquiesce et nous nous en allons à trois. Nous sommes suivis et ce n’est pas une grande surprise.  

 

- Une fois chez vous, vous n’aurez que dix minutes pour préparer vos bagages. Ca signifie que vous avez cinq minutes pour décider ce que vous prenez. Deux sacs maximum. Reika, tu pourras l’aider, s’il te plaît ?  

- Oui., pipe-t-elle.  

 

Elle a l’air un peu mal à l’aise, tendue. Est-ce la façon dont je lui ai parlé au café, le fait de se retrouver plus dans l’action à la manière City Hunter ou autre chose ? Je ne le lui demanderai pas ici avec Himiko juste derrière nous mais il faudra qu’on éclaircisse le point à un moment. Il ne peut pas y avoir de grains de sable dans notre nouvel engrenage. Tu me manques, Kaori, mais on fera aller. Je ne laisse rien se mettre entre nous, même pas une incompréhension qui pourrait nous tuer, Reika et moi.  

 

Nous arrivons à son immeuble et je me gare, sortant rapidement de la voiture pour ouvrir la porte à ma cliente. Je la pousse vers l’entrée, entendant une autre voiture se garer précipitamment dans un crissement de pneus. Reika nous suit et je la pousse à passer devant moi pour qu’elle gère Himiko pendant que j’assure leur sécurité. Je n’aurais pas eu à le dire avec toi mais il faut qu’on apprenne à travailler ensemble.  

 

La main d’Himiko tremble quand elle insère la clef dans la serrure. Un léger clic attire mon attention et, sans un mot, je pose ma main sur la sienne, l’empêchant de relever la poignée.  

 

- Reika, écartez-vous de la porte. Himiko, vous allez glisser votre main doucement en dehors de la mienne sans chercher à relever la poignée., lui dis-je.  

- Mais pourquoi ?, s’inquiète-t-elle.  

- Faites ce qu’il vous dit., lui intime Reika, m’épargnant de me disperser.  

 

Je suis doué mais je dois déjà me concentrer sur ce qu’il se passe à l’intérieur et sur les environs et ça commence à faire beaucoup quand je dois aussi penser à anticiper les actes de Reika et de ma cliente.  

 

Himiko lâche doucement la poignée et aussitôt Reika la met hors du champ de la porte. Elle doit s’attendre à une bombe comme ça lui est déjà arrivé mais ce ne sera pas aussi dévastateur. Ce que j’ai entendu, c’est un chien de fusil qu’on arme et, comme c’est concomitant à la poignée actionnée, je pense que c’est un piège et non pas un tueur qui se trouve derrière la porte.  

 

- Vous ne bougez surtout pas., leur dis-je avant de prendre mon couteau et de glisser la lame entre le bâti et la porte, coupant le fil de nylon.  

 

La détonation fait hurler Himiko et le coup explose le panneau, laissant parfaitement imaginer ce qui serait advenu d’Himiko si elle avait été devant la porte. Leur intimant d’un geste de la main de ne pas bouger, je pousse le panneau et vois le fusil posé sur un trépied, le canon scié encore fumant. Je rentre dans l’appartement prudemment et vais démonter le piège grossier avant de fermer les rideaux et de me tourner vers la porte.  

 

- Changement de programme : vous n’avez que cinq minutes. Faites vite.  

 

Les deux femmes rentrent à leur tour et Himiko les dirige vers la chambre où je les entends faire des bagages précipitamment, faisant tomber des objets dans la salle de bains.  

 

- On y va, les flics arrivent. C’est notre ouverture., leur dis-je, jetant un œil par la fenêtre.  

 

Les yakuzas n’attendent pas que la place grouille d’uniformes bleus et déguerpissent aussi vite. Nous descendons les escaliers rapidement et, alors qu’on peut voir les gyrophares approcher, je mène ma cliente et ma partenaire à la voiture que je démarre sans même allumer les phares alors que les flics sont à moins de deux cents mètres de nous.  

 

- Ils avaient piégé mon appartement… Je… J’ai une preuve maintenant qu’on en veut à ma vie. Je peux aller voir la police., murmure Himiko.  

- Vous pouvez mais je ne vous le conseille pas. Ils ne sauront pas vous protéger si c’est bien Sagasaki qui est derrière tout cela. Il a bien trop de relations., lui dis-je sombrement.  

- Mais pourtant…, bredouille-t-elle avant de se taire.  

- Je sais. C’est injuste mais cet homme est rusé et il sait qui appeler pour échapper à la justice.  

- Il est vraiment aussi ignoble ?, me demande-t-elle.  

 

Elle n’arrive visiblement pas à croire que l’homme avec qui elle vivait était un mec aussi abject. Jetant un regard dans le rétro, j’allume les feux et bifurque, faisant un détour par les quartiers chauds de la ville.  

 

- Vous voyez ces filles ? Ce sont les filles qui travaillent pour lui., lui apprends-je, désignant un groupe de femmes, certaines adossées contre un mur d’une rue mal éclairée, certaines penchées à une vitre ouverte de voiture.  

- Je vous ferai grâce des dealers et autres revendeurs illicites mais ça, c’est la face cachée de l’homme avec lequel vous viviez. Quelque part, vous devez une fière chandelle à votre amie. Sans elle, vous l’auriez peut-être épousé., lui fais-je remarquer.  

- Elle a brisé ma confiance tout de même… mais j’espère que vous la trouverez., me répond-elle, baissant les yeux.  

- Parfois, il faut savoir pardonner. On commet tous des erreurs.  

 

Je ne sais pas pourquoi je lui dis ça. Est-ce à cause de son regard perdu, de son air défait ou parce que j’imagine ce que tu ferais si tu étais là ? La dernière option est peut-être la plus plausible. Tu chercherais à l’apaiser, à lui faire voir le bout du chemin, l’après possible… avec ces mots-là. Lorsque moi je le fais, c’est plutôt à mots couverts. Je ne suis jamais aussi direct.  

 

- Je… J’y réfléchirai., murmure-t-elle alors que je me gare dans le garage de l’immeuble, refermant la porte sans tarder.  

- Tu as besoin de moi, Ryo ? Pour cette nuit, je veux dire ?, m’interroge Reika.  

- Non, ça ira. Je vais installer Himiko dans sa chambre. On dînera et après je pense que ce sera la fin de journée pour nous deux. Il commence à être tard après tout., dis-je en regardant ma montre qui indique vingt-et-une heures.  

- Tu es sûr ? Parce que je peux…, insiste-t-elle.  

- Ca ira. Himiko, c’est par là.  

 

Je pointe du doigt la porte qui mène aux escaliers et elle s’y dirige. Je retiens un instant Reika.  

 

- Ne cherche pas à me contredire quand je sonde un client. Je peux paraître sec mais j’ai mes raisons.  

 

Ma voix est posée et neutre. Je ne lui reproche rien mais on doit mettre les choses au clair.  

 

- Je t’ai trouvé dur avec elle, Ryo. Elle vient de découvrir qui était l’homme qu’elle aimait et tu n’y as pas été de main morte avec elle, comme si elle était une ennemie., me répond-elle.  

- Je n’arrive pas à imaginer qu’on ne se rende pas compte de la vraie personnalité de quelqu’un qu’on aime même si je la crois.  

 

Il t’a fallu combien de temps à toi pour savoir que je n’étais pas vraiment celui que je prétendais être ? Une nuit, je dirais, au maximum, une journée complète, le temps que tu me files avec ton appareil-photo, que tu reviennes comme une folle, me suives chez ce marchand d’armes et me vois avec cette petite fille. Tu ne savais pas qui j’étais exactement mais tu savais que quelque chose sonnait faux, tu avais vu plus loin.  

 

- Tout le monde n’est pas aussi lié que toi et Kaori, Ryo. Je ne sais comment vous avez acquis une connaissance si profonde l’un de l’autre. Je ne suis même pas sûre que mes parents qui sont ensemble depuis si longtemps et amoureux encore plus qu’au premier jour en soient arrivés là., m’affirme-t-elle, un pli pensif lui barrant le front.  

- Je ne le sais pas moi-même., avoué-je.  

- Je dois y aller, Himiko va m’attendre., lui dis-je.  

 

C’est comme si je fuyais, je le sais, mais j’ai besoin d’être un peu seul. Cette mission qui risque de s’avérer périlleuse et de surtout me tenir éloigné de toi pendant un moment me met les nerfs en pelote et ravive la douleur et le manque de toi. J’ai hâte de retrouver mon lit pour pouvoir te retrouver toi.  

 

Reika acquiesce et se dirige vers le passage pendant que je rejoins Himiko qui m’attend au pied de l’escalier. Comme pour adoucir un peu la mauvaise impression que j’ai pu lui faire en lui montrant l’image sordide de son ex, j’attrape ses bagages et les porte jusque dans sa chambre.  

 

- Installez-vous. Je vais nous préparer à dîner.  

- Merci, Monsieur Saeba.  

 

J’acquiesce et la laisse seule. Cette fois, je n’ai pas le choix et la préparation du dîner me prend un peu de temps.  

 

- Tu devrais couper plus fin. Ce sera plus savoureux et moins long à cuire.  

- Si tu continues, je ne t’aiderai plus.  

 

Je souris à ce souvenir qui remonte à la surface tout en éminçant les légumes. Tu étais à la cuisinière préparant la base d’un bouillon et je m’étais retrouvé avec un couteau dans les mains et des légumes devant mon nez.  

 

- Ca ne va pas te manger, tu sais. Tu sais te servir d’un couteau et, si tu es là, c’est que tu n’as rien de mieux à faire., m’as-tu affirmé, le regard pétillant.  

- T’observer, ça me va très bien., t’ai-je opposé.  

- Parce que tu aimes rester là à simplement me regarder faire ?, t’es-tu étonnée.  

- Je ne fais pas que simplement te regarder faire., ai-je répliqué, commençant à jouer du couteau sur les aliments.  

- Vraiment ?  

- Je t’imagine aussi. Avec un joli tablier… et rien en dessous, en porte-jarretelles, nue aussi. Je me souviens avec délice des quelques fois où je t’ai fait grimper sur ce plan de travail avant de te faire côtoyer les cieux… Je suis très imaginatif, tu sais. Alors, je ne fais pas que t’observer…, t’ai-je affirmé, observant avec délice la rougeur de tes joues et la lueur sauvage de tes prunelles noisettes.  

- Tout comme je m’imagine très bien, ce que je pourrais te faire sur cette table. Ca m’étonne d’ailleurs qu’on n’y ait encore rien fait…, ai-je suggéré.  

 

Je jette un œil vers ladite table et sourit. Le fait n’est pas resté longtemps sans précédent, moins d’un quart d’heure en fait, le temps de finir de couper les légumes en continuant à badiner légèrement. Badiner… Le terme me fait encore plus sourire mais c’est le terme adéquat.  

 

- Tout travail mérite salaire, Sugar., ai-je murmuré, t’enlaçant après t’avoir laissée mettre les légumes dans le bouillon.  

- C’est vrai. Ca doit mijoter une demi-heure. Il faut nous occuper en attendant., m’as-tu répondu, te retournant dans mes bras.  

- Nous occuper… Un peu d’exercice physique nous ouvrira l’appétit., ai-je apprécié.  

 

La demi-heure qui a suivi a été savoureuse et très épicée. Je ressens la chaleur monter en moi au souvenir de ce moment. C’était bon, très bon même, tellement bon que je me sens soudain un peu trop serré dans mon jean.  

 

- Monsieur Saeba, je peux vous aider ?  

 

Je me retourne vers l’entrée de la cuisine et voit Himiko sur le seuil. Son regard me fixe avant de détailler ma silhouette, s’arrêtant sur mon jean un long moment avant de tourner les yeux vers le frigo. Merde, j’avais oublié ce « petit » détail et me retourne pour touiller le plat qui cuit, l’air de rien. Je fais le vide dans ma tête, pense à des choses plus neutres et reviens sous contrôle, poussant un soupir imperceptible.  

 

- Non, ça va aller. Nous allons pouvoir passer à table., lui dis-je, prenant le plat et l’emmenant dans le séjour.  

 

J’étais parti pour manger dans la cuisine mais la sagesse me guide vers l’autre pièce. En deux allers-retours, tout est là et nous dînons.  

 

- Vous avez pris possession de votre chambre ? Il vous manque quelque chose ?  

- Oui, merci. J’ai tout ce qu’il me faut. C’est joli ici. Vous y habitez seul ?, me demande-t-elle.  

 

Je regarde un instant les lieux, note encore la présence de diverses petites choses qui donnent cette petite touche féminine à ces murs et reviens sur mon invitée.  

 

- J’avais une colocataire il y a encore peu de temps. Elle est partie., réponds-je d’un ton neutre.  

- Elle doit repasser chercher ses affaires ?, m’interroge-t-elle.  

- En quoi ça vous regarde ?  

 

Mon ton est brusque et mon regard se fait dur. Ai-je eu tort ? Ai-je invité une ennemie dans notre maison ?  

 

- Je… pardon… Je ne voulais pas être indiscrète., s’excuse-t-elle, baissant les yeux.  

 

Je la sonde du regard un moment avant de me détendre et de revenir à de meilleurs sentiments. Himiko n’est pas une ennemie. Elle n’a rien en elle de dangereux à part sa beauté pour qui s’y laisserait prendre.  

 

- Mangez avant que ce soit froid.  

 

Elle acquiesce et finit son assiette. La soirée ne dure pas beaucoup plus longtemps puisqu’elle file se coucher peu après. Je ne tarde pas et monte avec les plans de l’hôpital en main. Je les étudie pendant un long moment, prenant note des derniers changements qui ont eu lieu, notamment à ton étage. Les ayant en mémoire, je les range et ferme la lumière. Mon esprit se met alors en branle et je ne peux rien faire pour arrêter les images lascives qui montent et réveillent le désir en moi. Je n’ai aucune envie d’aller l’assouvir avec quelqu’un d’autre. Je suis avec toi, en toi imaginairement. Je sens ton corps contre le mien, tes mains et tes lèvres qui errent sur moi et ça fait du bien. Pendant un moment, j’oublie que je ne te verrai pas avant quelques jours parce que je te sens si proche.  

 

- C’était merveilleux, Ryo., me souffles-tu.  

- Encore et toujours ?, te dis-je d’un ton taquin.  

- Encore et pour toujours., me réponds-tu, plongeant dans mon regard le tien confiant et aimant avant que tes lèvres se posent sur les miennes avec douceur. 

 


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