Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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Que veut dire HFC?

 

C'est le nom du site. HFC = Hojo Fan City.

 

 

   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 36 :: Chapitre 36

Publiée: 27-07-21 - Mise à jour: 27-07-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 36  

 

Lorsque je me réveille le lendemain matin, tes doigts sont agrippés à mon tee-shirt et tu dors encore profondément. Au lieu de me précipiter pour commencer la journée, je profite du moment. Il n’est plus question d’agir à ma guise. Je préfère attendre que tu sois réveillée et voir ce que tu veux que je fasse ou non. Peut-être que tu ne voudras plus que je m’occupe de toi, que ça te gênera et j’accepterai tes choix. Je ne sais pas si tu as gardé tes vieilles habitudes mais tu ne tardes pas à remuer et ouvrir les yeux.  

 

- B… B…, tentes-tu.  

- Bonjour., te dis-je, tes yeux fixant mes lèvres.  

- B… Bo…  

 

C’est encore difficile pour toi mais tu essayes malgré tout et je suis fier de toi.  

 

- Il y a une autre manière de me le dire, tu sais., fais-je, malicieux pour alléger ta tension.  

 

Je me penche et pose mes lèvres sur les tiennes. Je te sens répondre doucement et je me délecte de ce contact longtemps perdu. Quand on se sépare, ton regard brille et c’est plaisant à voir.  

 

- Tu es très jolie, ma Kaori.  

 

Je te vois rosir de plaisir avant que tu niches de nouveau la tête contre mon épaule, exhalant un léger soupir de contentement. Je suis soulagé de ne pas avoir perdu cela entre nous. Je m’étais préparé à ce que tu aies tout oublié, qu’il faudrait tout te réexpliquer en passant par la mort de ton père et de ton frère et le fait que tu as été adoptée dans des circonstances assez déroutantes, à devoir me comporter de manière assez neutre alors que je crèverais d’envie de te tenir contre moi et de t’embrasser et de peur que tu rejettes tout ce que nous avions été. Finalement, même si ce n’est pas parfait, le destin a été assez clément sur ce coup-là. Peu après, on toque à la porte et le Professeur apparaît.  

 

- Tu te souviens de lui ?  

- Oui. Ro… Rof… ess… eur…, réussis-tu à dire difficilement.  

- Bonjour, Kaori. Je suis ravi de te revoir., te dit-il, visiblement ému.  

- M… Moi… au… ssi…  

- Tu vois, tu arrives à dire plus de sons qu’hier soir. Ca revient, Kaori., te dis-je, heureux des progrès déjà accomplis.  

- Oui, sois patiente. C’est bien d’essayer mais ne force pas. Tu auras de l’aide. Dès demain, une orthophoniste va venir., nous apprend-il.  

- Et en terme de mémoire ? Vous en avez discuté un peu ?, me demande-t-il.  

- Ses souvenirs s’arrêtent entre l’épisode du bateau et le mariage., lui réponds-je.  

 

Il réfléchit un instant et acquiesce.  

 

- Ce n’est pas si mal., approuve-t-il.  

- Tu te souviens de ton amnésie après le bateau ?, t’interroge-t-il.  

- Oui.  

- Et que tu as travaillé avec Mick ?, te demandé-je.  

 

Tu fronces les sourcils puis acquiesces.  

 

- C’est plus flou ?, te questionne le Professeur, restant impassible.  

- Oui.  

- Comme pour l’aphasie, le trouble de langage dont tu souffres, donne-toi du temps pour qu’on voit si l’amnésie est temporaire ou non. La journée va être chargée pour toi, Kaori. Tu vas devoir passer plusieurs examens et tests. Tu te sens d’attaque ?, te demande-t-il.  

 

Ca m’inquiète d’entendre cela, surtout quand je me rappelle ta fatigue d’hier et que je la vois déjà se peindre sur ton visage.  

 

- Oui., réponds-tu malgré tout, redressant le menton.  

- On te ménagera quand même des moments de pause. Pour le moment, tu es alimentée par perfusion. On réessaiera de te donner à manger normalement quand Tatsuya aura donné son feu vert., t’explique-t-il.  

- Tatsuya, c’est ton masseur-kinésithérapeute. Il fait ta rééducation depuis que tu es arrivée ici., te dis-je face à ton regard intriguée.  

- Evite de tomber amoureuse de lui. Il est déjà pris.  

 

Tu réponds par un sourire à ma taquinerie et tu lèves la main, pointant un doigt vers moi.  

 

- C’est… toi., balbuties-tu.  

- Bonne réponse, Sugar.  

- Je vais vous laisser vous préparer. Tatsuya devrait être là dans une heure., nous informe-t-il avant de s’en aller.  

 

Il va falloir aborder les questions un peu sensibles. Je me lève, te reposant doucement contre l’oreiller.  

 

- Ecoute, d’habitude, c’est moi qui te lave le matin et Kazue pour les soins plus particuliers. Tu es d’accord pour que je continue ou tu préfères que le personnel soignant s’en occupe ? Je ne serai pas vexé si tu ne veux pas que je continue.  

 

Je te vois rougir et baisser les yeux un instant. Je me doute un peu de ta gêne en me souvenant de nos premiers jours intimes. Tu étais timide même si tu luttais contre autant que tu le pouvais.  

 

- Toi., me réponds-tu.  

 

Ca me fait plaisir. J’apprécie de pouvoir continuer à t’aider, que tu m’accordes cette intimité dont tu ne te souviens pas.  

 

- Je vais aller me préparer. Repose-toi en attendant. Je m’occuperai de toi après. D’accord ?  

- Oui.  

 

Je me penche sur toi et t’embrasse, laissant s’enflammer le baiser jusqu’à ce que tu t’écartes, essoufflée.  

 

- J’aime t’embrasser, Sugar. J’aime toujours autant t’embrasser.  

- Moi aussi., m’avoues-tu, un sourire intimidé aux lèvres.  

 

Je note avec plaisir que les mots déjà prononcés reviennent plus facilement, comme si tu avais juste besoin de te réhabituer à former les sons. Je vois tes yeux se fermer et me dépêche d’aller me préparer. Une bonne douche, un petit-déjeuner pris sur le pouce avec entrain pour une fois et je suis de nouveau dans ta chambre. Comme tu dors encore, j’en profite pour regarder mon téléphone et vois les nombreux messages reçus de nos amis tous soulagés et impatients de te voir. Mick et Miki me demandent s’ils maintiennent pour aujourd’hui et je suis au regret d’annuler. Sachant la journée qui t’attend, tu dormiras certainement dès que tu auras une minute de libre. Même moi, je devrai être patient, je le sens.  

 

- Kaori, je vais te laver., te dis-je, après avoir préparé tout ce dont j’avais besoin.  

 

Tu te réveilles et me regardes, un peu anxieuse. Je commence par ton visage comme d’habitude.  

 

- Tu veux que je parle de ce qui s’est passé ?, fais-je, la voix tendue.  

 

Te connaissant, je me doute que la question trotte dans ta tête mais tu ne dois pas être en mesure de la formuler. Tu acquiesces.  

 

- On a eu un accident de voiture il y a huit mois en rentrant de week-end.  

 

Je te jette un petit coup d’oeil pour voir si tu réagis au souvenir mais rien ne vient sauf la tension née de la nouvelle.  

 

- La voiture a été percutée par deux voitures et un camion. Tu es restée coincée dedans et j’ai été projeté dehors.  

- Toi ?, me demandes-tu, inquiète.  

 

Je pourrais presque rire que tu t’inquiètes pour moi alors que c’est toi qui es allongée dans un lit, sortant d’un coma de huit mois, mais je suis trop nerveux pour cela.  

 

- Moi, je n’ai presque rien eu. Des égratignures et ecchymoses, c’est tout. Toi, tu… tu as été gravement touchée. Tout le monde dit que c’est un miracle que tu sois encore en vie. Kaori, c’est moi qui ai décidé de tenter le tout pour le tout même si tu devais en baver pendant longtemps.  

 

J’ai besoin de te confier cela, que tu saches que c’est moi qui suis responsable de ton état. Si tu dois en vouloir à quelqu’un, c’est à moi et personne d’autre. Pour moi, ça en valait la peine mais tu ne le verras peut-être pas de la même façon et je baisse les yeux, appréhendant de voir ton regard accusateur.  

 

- Ryo., m’appelles-tu.  

- M… Mer… ci…, articules-tu de manière concentrée quand je te regarde enfin.  

- J’étais sûr que tu pouvais le faire, Kaori. Je ne te voulais pas de mal mais je te connais, tu es une battante., me justifie-je.  

 

Je vois dans ton regard que tu voudrais me dire plein de choses, des choses qui me soulageraient et me diraient à quel point tu m’aimes et je me sens mieux. J’ai fait le bon choix ce soir-là. Je me penche sur toi et effleure tes lèvres.  

 

- Tu es incroyable, Kaori. Si tu savais à quel point je t’aime.  

- Je… sais., murmures-tu, baissant les yeux vers ton ventre.  

 

Bien sûr, tu sais. Tu te rappelles de la rencontre avec le grand-père et la fiancée qui m’attendait si j’étais celui qu’il espérait, tu te souviens que je t’ai dit que ma famille ne pouvait contenir que deux personnes, toi et moi. Donc garder ce bébé, c’est l’une des preuves de ce que j’éprouve pour toi et de ce que je suis capable de faire grâce à cela. Je ne peux m’empêcher cependant de répondre par une taquinerie.  

 

- Tu es trop maligne.  

 

Ca te fait sourire et je reprends ma tâche. Je te vois grimacer un peu quand je soulève tes bras puis tes jambes.  

 

- Ca fait mal ?  

- N… Non., m’affirmes-tu courageusement.  

- Kaori, ne me mens et ne mens pas à Tatsuya. Tu auras besoin de rééducation et on ne veut pas te blesser en allant trop loin. Ca fait mal ?  

- Oui., m’avoues-tu.  

- P… Pas… d… de… m… ma...ss… ue., arrives-tu à dire, un sourire aux lèvres.  

 

Je te regarde, sidéré, puis éclate de rire, ravi que tu fasses de l’humour, encore plus ravi quand tu ris avec moi.  

 

- Non, pas de massue mais tu n’as plus de raison d’en soulever. Il n’y a que toi et la seule deuxième femme de ma vie, ce sera notre fille.  

 

Je ne peux m’empêcher d’essuyer la larme qui s’échappe de tes yeux avant de t’embrasser avec tendresse.  

 

- Bon, il faut avancer ou tu ne seras pas prête pour Tatsuya. Je vais devoir te déshabiller maintenant., te préviens-je.  

 

Je baisse la couverture et dénoue les liens qui tiennent ta blouse avant de l’écarter dévoilant ton ventre rond, tes seins lourds et la cicatrice sur ton ventre. Elle a plus de mal à s’estomper que celles sur tes bras et tes jambes, à cause de la grossesse, m’a affirmé Kazue. Ton regard s’écarquille quand tu la vois et je vois l’horreur se peindre sur tes traits. Tu lèves difficilement les bras et je sais ce que tu cherches à faire.  

 

- Regarde-moi, Kaori. Kaori, regarde-moi.  

 

Tu mets un long moment à m’obéir et lever les yeux. Ton regard douloureux et tes larmes me font mal mais j’essaie de régner sur mes traits pour ne rien en montrer.  

 

- Ce n’est rien. Ce n’est qu’une question de temps avant que ce ne soit qu’un mauvais souvenir. Kazue a fait des miracles. Tu as eu diverses opérations à l’abdomen, aux bras et aux jambes. Tu as aussi eu une opération au crâne. Que ce soit avec ton gros ventre ou avec la cicatrice, ça ne change rien pour moi. Je t’aime et te désire toujours autant. Tu es toujours aussi belle. Ne te cache pas de moi. N’aie pas honte.  

 

Tu m’observes et cesses de t’agiter même si les larmes continuent de rouler sur ton visage. Il va falloir que je trouve les mots, les gestes pour te faire comprendre cela, te redonner confiance en toi et en moi, ce que tu représentes pour moi et qui n’est en rien le souvenir que tu en as. Je mouille le gant, remets un peu de produit dessus et le pose sur ton épaule. Je passe sur ta gorge avant de descendre entre tes seins et de dessiner un cercle à la base de ton ventre.  

 

- J’aimerais que tu te souviennes de nos nuits, Kaori, mais, si tu veux un premier indice de ce que je ressens actuellement et de ce que je ressens pour toi depuis longtemps, repense au coup où on a joué les mannequins pour Eriko. Tu te souviens que je faisais le guignol en défilant recroquevillé ?  

 

Je te regarde sérieusement, plongeant dans ton regard, et tu acquiesces, fronçant les sourcils.  

 

- Je n’étais pas simplement entrain de faire l’andouille pour vous emmerder. En fait, je bandais sec… pour toi. Te voir en bikini me faisait un sacré effet., te dis-je d’une voix langoureuse.  

- Alors imagine ce que ça me fait de te voir nue.  

 

Rougissante, tu oses baisser les yeux pour regarder mon entrejambe et me regardes de nouveau sceptique en ne voyant aucune manifestation de mon émoi.  

 

- J’ai appris à me contrôler par respect pour toi. Ca aide de pouvoir assouvir ses désirs quand on en a envie. Finis les mokkoris intempestifs.  

- Huit… mois…, me rappelles-tu.  

- Je n’ai vu personne. J’avais autre chose à penser. Je m’inquiétais pour toi. Et je m’inquiète encore aujourd’hui de savoir comment tu vas réagir en découvrant tes blessures, tes séquelles, ta grossesse, notre relation. Ca fait beaucoup, même pour toi. Mais je te désire toujours autant et je te jure que, dès que tu en auras envie, on retrouvera notre intimité et je te jure que tu ne douteras plus de mon attirance pour toi.  

 

Tu acquiesces et te détends. Je reprends le gant et lave ton ventre avant ta poitrine, te laissant un peu de temps pour te préparer à ce contact-là. J’essaie d’être le plus neutre possible pour ne pas te gêner tout en me montrant doux. Qu’est-ce que ça va être dans quelques minutes lorsque je te mettrai de la crème hydratante au même endroit ?  

 

- Pose ta tête contre mon épaule. Je vais faire ton dos., te dis-je, te guidant.  

 

Je te soutiens et retire la blouse avant de frotter ton dos, de le sécher et de te mettre de la crème. Je te sens te caler un peu mieux contre moi et j’en profite pour déposer un baiser sur ta nuque. J’aime ces moments de tendresse entre nous. J’espère que tu t’en souviendras vite tout comme de les retrouver vite. Tu essaies de m’aider quand je te rhabille mais tes mouvements ne sont pas très coordonnés et je vois que tu as mal quand tu essaies de bouger les membres. Pourtant, je sais que Tatsuya a fait le maximum. Je n’imagine même pas ce que ça aurait été si tu étais restée à l’hôpital où ils n’auraient peut-être pas eu les mêmes moyens.  

 

Je te repose contre l’oreiller et reprends de la crème que je fais chauffer entre mes mains. Sans un mot, je les pose sur tes épaules et descends. Tu fermes les yeux et te laisses faire. Je prends mon temps pour étaler la crème sur ton ventre. Je sens notre fille sous mes paumes et tes frémissements également. Je prolonge le moment en entendant ton soupir de contentement avant de remonter sur ta poitrine. Tu ouvres les yeux en sentant mes doigts frôler tes tétons hypersensibles, les faisant se dresser. Je t’entends prendre une profonde inspiration et je retrouve avec délice ces réactions qui participaient à mon propre plaisir. Me sentant un peu à l’étroit dans mon pantalon, je bouge un peu pour être plus à l’aise.  

 

- Je… J’ai fini., te dis-je, un moment plus tard.  

- En… core…, me demandes-tu.  

- Tu es sûre ?  

- Oui., souffles-tu.  

 

Je prends une profonde inspiration que je relâche lentement pour contrôler mes propres désirs. Tu me mets à l’épreuve, Kaori, mais je suis capable de résister. Je reprends donc mon massage et je t’observe pendant tout ce temps. Tes soupirs montent en puissance avant de se transformer en petits gémissements. Je me sens dériver doucement mais le son s’amplifiant, je me reprends et descends vers ton ventre pour prolonger le moment de manière plus soft.  

 

- J’ai… me… ça., m’avoues-tu, tes pommettes rosies.  

- Moi aussi mais je préférerais qu’on réserve cela pour chez nous ou à des moments où on est sûrs de ne pas voir arriver quelqu’un. Sayuri est revenue au Japon en sachant ce qui t’était arrivé., t’apprends-je.  

 

Je vois la surprise dans ton regard ainsi que l’émotion. Je finis de nouer le haut de ta blouse avant de passer la crème de Kazue sur ta cicatrice abdominale avant de la refermer et de faire le même geste sur tes bras et tes jambes. Sur ton visage, ce n’est plus la peine. Il ne reste plus aucune trace.  

 

- Si tu te poses la question, c’est définitif. Elle a retrouvé un poste au Weekly News à Tokyo. Elle a emménagé dans l’appartement sous le nôtre. Elle voulait être proche pour nous aider mais nous laisser notre intimité.  

 

On entend soudain toquer et Kazue apparaît.  

 

- Je viens pour finaliser les soins avant l’arrivée de Tatsuya., nous informe-t-elle.  

- Ka… ue…, bredouilles-tu, émue.  

 

Je ne peux m’empêcher de jeter un œil vers ma doctoresse préférée et vois son regard s’embrumer.  

 

- Oui, Kaori, c’est moi. Comment tu vas ?, t’interroge-t-elle.  

 

Tu lèves le pouce et souris. Je vois la fatigue sur ton visage cependant et je sais que la journée va être dure pour toi.  

 

- Les mouvements sont douloureux, la parole revient progressivement. Dans son état, on peut peut-être dire en effet que ça va., fais-je, lançant un regard amusé à ma moitié qui roule des yeux, malicieuse.  

- C’est bien. Je vais finir tes soins comme on a l’habitude. On verra après ce qu’on modifiera. Brossage de dents., t’annonce-t-elle, sortant une brosse à dents.  

 

Tu essaies de lever la main pour l’attraper mais elle refuse de se lever comme tu le voudrais, ce qui te frustre.  

 

- Accepte de dépendre encore un peu de nous. On ne te jugera pas, Kaori. Te connaissant, ça ne durera pas longtemps., te dis-je, rassurant.  

 

Tu m’observes, l’air un peu boudeur, puis acquiesces et ouvres la bouche. Les soins de bouche faits, Kazue soigne l’endroit où la perfusion est branchée avant de baisser la couverture. Je vois ton humiliation quand tu comprends les soins qui se font et ce que ça signifie.  

 

- Tout devrait rentrer dans l’ordre rapidement de ce côté-là, ne t’inquiète pas., t’informe-t-elle.  

 

Tu acquiesces, les larmes aux yeux, incapable de nous regarder en face.  

 

- Eh… Après tout ce que je t’ai infligée de traitements puérils, tu ne vas pas te laisser abattre par ça tout de même ?, essaie-je de te taquiner pour te détendre.  

 

Tu finis par me regarder et tentes de te montrer brave. Heureusement pour toi, elle te recouvre au moment où Tatsuya arrive, t’épargnant un peu.  

 

- Bonjour, bonjour ! Alors, il paraît que ma belle au bois dormant s’est réveillée. Oh mais oui, je peux enfin voir ses jolis yeux. Mademoiselle Kaori, je me présente : votre humble serviteur Tatsuya, masseur-kinésithérapeute et humoriste à ses heures., plaisante-t-il avec un grand sourire.  

- N’en fais pas de trop non plus. Je l’ai déjà prévenue de ne pas succomber à ton charme.  

- Rabat-joie. Sérieusement, je suis enchanté d’enfin pouvoir vraiment te rencontrer, Kaori., te dit-il, te tendant la main.  

 

Tu lèves la tienne pour essayer de l’attraper mais c’est lui qui boucle le reste du chemin et la serre doucement. A son regard, je sais qu’il est déjà entrain de t’évaluer.  

 

- Jusqu’à maintenant, on a essayé de mobiliser tes membres pour te permettre une meilleure récupération quand tu te réveillerais, masser tes muscles pour éviter qu’ils ne s’atrophient et, si je dis on, c’est parce qu’un homme de ma connaissance, un homme actuellement présent, s’est joint à moi pour t’apporter ces soins… et je peux te dire que je serais presque jaloux de ses talents mais je suppose qu’il avait une très bonne raison de s’appliquer., t’apprend-il, me lançant un regard amusé.  

 

Ton regard à toi est tendre et empli de reconnaissance quand tu comprends à quel point je me suis impliqué. Etant donnés les souvenirs que tu as, tu as de quoi être effectivement surprise.  

 

- Ryo, tu peux me laisser la place, s’il te plaît ?, me demande-t-il.  

- Kaori, aujourd’hui, c’est une séance un peu particulière et qui risque d’être un peu rude. Je vais devoir évaluer ton état général pour planifier la suite de ta rééducation., t’informe-t-il.  

 

Tu acquiesces et relèves le menton.  

 

- Je… s… uis… rê… te., affirmes-tu.  

- Elle a dit qu’elle était prête., interviens-je.  

- J’ai bien compris. De tout ce que j’avais entendu de toi, je n’en doutais pas. Il paraît que je vais devoir apprendre à détecter quand tu vas trop loin., te taquine-t-il, te tirant un sourire.  

- Du courage, tu devras en avoir parce que ce sera certainement long et très dur alors ne sois pas téméraire. On est d’accord ?, te prévient-il.  

- Oui., affirmes-tu.  

- C’est parti.  

 

Il commence un examen complet et je me mets en retrait, appuyé contre le mur. A plusieurs reprises, je te vois grimacer et me retiens d’intervenir quand tu laisses échapper un gémissement de douleur mais il cesse automatiquement et s’excuse.  

 

- On va se mettre debout maintenant., t’apprend-il.  

 

Je vois ton regard trahir ta peur et se baisser sur ton ventre. J’ai les mêmes craintes que toi. Si tu tombes, tu pourrais te blesser de nouveau ou mettre en danger ta grossesse.  

 

- Tatsuya, tu es sûr ?, ne puis-je m’empêcher de lui demander.  

- Je sais ce que je fais. Tu ne tomberas pas, Kaori. Si tes jambes ne tiennent pas, je serai là pour te rattraper. Tu te sentirais certainement mieux avec Ryo à tes côtés mais je ne peux pas me permettre qu’on se bouscule au moment de te rattraper. Tu comprends ?, t’interroge-t-il.  

- Oui.  

 

Il m’adresse un regard sérieux pour s’assurer que je n’interviendrai pas. J’acquiesce et me remets contre le mur, t’adressant un signe d’encouragement. Je le regarde te manipuler, te mettre face à lui avant de te mettre sur tes jambes. Pendant quelques secondes, il te tient, te laissant le temps de retrouver des sensations perdues. Ca fait drôle de te voir enfin debout. Je me décale un peu pour pouvoir te voir, voir l’expression de ton visage. Ce que je vois en premier, c’est ton profil arrondi par ta grossesse avancée. La dernière fois que je t’ai vue ainsi, c’était en bikini sur la plage. La vision était bien différente mais les deux me plaisent autant. Mon regard remonte ensuite sur ton visage où un voile de sueur s’installe.  

 

- Je vais te lâcher un instant. Aie confiance en moi., te dit-il.  

 

Il baisse les bras et tu ne tiens que deux secondes avant que tes jambes lâchent. Il te rattrape aussitôt, te remettant sur le lit.  

 

- Tu as été super, Kaori. J’ai fini. Tu peux te reposer maintenant., t’apprend-il, te remettant en position allongée et remontant la couverture.  

- Je vais faire mon rapport au Professeur. Tu veux que Ryo vienne avec moi ? Il te résumera le tout après quand tu te seras reposée, d’accord ?, propose-t-il.  

 

Tu acquiesces, visiblement fatiguée. J’approche de ton lit et pose mes lèvres sur ton front.  

 

- Dors un peu. Je te dirai tout., te promets-je.  

 

Nous sortons tous les deux et allons voir mon vieil ami.  

 

- Je suis plutôt optimiste. Elle a un bon tonus musculaire après un coma d’autant de mois mais il lui faudra quelques semaines pour remarcher, d’autant que je préférerais ne pas trop forcer de ce côté-là avant la fin de sa grossesse. Je propose de me concentrer sur le haut du corps pour le moment et faire de l’entretien pour le reste., nous dit-il.  

- Ca me paraît bien. Pour la déglutition ?, demande le Professeur.  

- Ca me paraît bien. Pour moi, une reprise de l’alimentation progressive est à envisager et adapter en fonction de ses réactions., nous affirme Tatsuya.  

- Voilà pour ma partie. Je vais préparer un programme de rééducation., fait-il en se levant.  

 

Nous le saluons et il s’en va.  

 

- Comment va Kaori ?, m’interroge mon vieil ami.  

- Fatiguée mais ça va. Elle garde le moral comme d’habitude., lui dis-je.  

- Bon, les nouvelles me semblent bonnes pour sa rééducation. On va lui laisser une petite heure pour se reposer et on va continuer avec les examens. Si tu t’inquiètes pour le bébé, on a prévu un examen à mi-journée et en fin de journée., m’avertit-il, me rassurant à moitié.  

 

La journée file alors entre examens et périodes de repos. On n’a pas beaucoup l’occasion d’échanger à part le briefing que je t’ai fait quand tu t’es réveillée.  

 

En fin de journée, alors que tu passes le deuxième monitoring, le Professeur arrive.  

 

- Tu te sens d’attaque pour un point sur ta situation ?, te demande-t-il.  

- Oui., réponds-tu, ouvrant ta main vers moi.  

 

Je la prends et la presse doucement.  

 

- Tu n’as pas de séquelles au niveau neurologique outre le problème d’amnésie et d’aphasie. Ce n’est pas négligeable mais on doit patienter et travailler pour essayer de les régler. Au niveau moteur, Tatsuya va gérer ta rééducation en intégrant ta grossesse dans le plan., commence-t-il.  

- Si tu te sens prête, on peut essayer de réintroduire l’alimentation normale dès demain et aussi d’enlever la sonde., te propose-t-il.  

- Oui., souffles-tu, soulagée.  

 

Il s’assied près de toi et te prend la main.  

 

- Je suis relativement confiant pour toi, Kaori. Te connaissant, tu nous surprendras tous en te remettant bien plus vite qu’on ne le pense., te taquine-t-il, très paternaliste.  

 

Tu lui souris, le regard empli d’espoir.  

 

- J… J’es… père…, souffles-tu.  

- On sera là pour t’entourer et te soutenir. Je sais que toute la bande sera là aussi pour toi., te dis-je.  

- Je sais., murmures-tu.  

- Repose-toi, Kaori., te conseille le Professeur, se levant.  

- Le bébé va bien., nous apprend-il.  

 

Il nous quitte et, éreintée, tu fermes les yeux. Je m’allonge à tes côtés et te prends dans mes bras. Tu t’endors sans attendre et je te suis de peu, soulagé par ces nouvelles. 

 


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