Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

Astuces & Conseils

Quel est le nombre minimal de mots pour qu'un chapitre soit accepté?

 

Pour les fanfictions normales, les chapitres doivent comporter plus de 600 mots. Pour les poésies, le quota est de 80 mots et pour les sonf fics, il est de 200 mots. Ces restrictions ont été établies pour empêcher les gens de poster des chapitres trop courts ou des commentaires, coups de gueule, mises au point, règlements de compte. La moyenne est de 1500 mots par chap ...

Pour en lire plus ...

 

 

   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 45 :: Chapitre 45

Publiée: 07-08-21 - Mise à jour: 07-08-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Je vous souhaite un excellent week-end. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 45  

 

Sans faillir, je te rattrape dans mes bras. Tu restes là un instant, reprenant ton souffle avant de lever les yeux vers moi.  

 

- Merci., souffles-tu.  

- De rien. Je t’ai dit que je serai là., te réponds-je avec un léger sourire.  

- On y retourne, Kaori ?, t’incite Tatsuya.  

 

Tu le regardes et acquiesces, te redressant sur tes jambes et cessant de peser sur moi. Tes mains dans les miennes, tu prends appui pour essayer d’avancer d’un mètre, la distance qui nous sépare du fauteuil, et je m’adapte à ton rythme. Jamais je n’aurais pensé mettre autant de temps pour parcourir une aussi courte distance. Il y a deux semaines je n’aurais même pas pensé être là avec toi et voir les progrès formidables que tu as faits. On pourrait croire que c’est juste ma partialité qui parle mais ce sont les mots de Tatsuya alors je peux me permettre de les utiliser.  

 

- Je n’en peux plus., admets-tu, t’immobilisant devant le fauteuil.  

- Mais tu y es arrivé., te dis-je, fier de toi.  

- Oui, tu as bien mérité de t’asseoir un instant., te suggère Tatsuya.  

 

Hésitante, tu lâches ma main et te penches pour t’appuyer sur l’accoudoir mais perds l’équilibre. Heureusement, il avait prévu le coup et te rattrape, te rappelant la mécanique et les gestes utiles en attendant que tu regagnes toutes tes capacités. Assise dans le fauteuil, tu te regardes avant de lever les yeux vers nous, visiblement satisfaite.  

 

- Ca change du lit. Ca fait du bien d’être assise et pas semi-allongée., avoues-tu, un léger sourire aux lèvres.  

- Profites-en parce que, dans une semaine, tu auras des exercices à faire même quand je ne serai pas là., te prévient Tatsuya, le regard pétillant.  

- Je ferai tout ce que tu me demanderas., lui assures-tu.  

- Eh… c’est à moi que tu dois dire ça., fais-je, taquin.  

- Je…, commences-tu, un peu nerveuse.  

- Je vais vous laisser. On a fini. Tu veux retourner dans ton lit, Kaori ?, intervient Tatsuya.  

- Non, merci. A demain., balbuties-tu.  

- A demain, Ryo., me dit-il.  

- A demain… normalement., lui réponds-je, sachant que les choses entre nous sont encore fragiles.  

 

J’ai peut-être été trop loin avec ma remarque mais ce n’était qu’une taquinerie. Voyant les regards nerveux que tu me lances, j’attrape la chaise et m’installe dessus à califourchon face à toi. Je dois commencer par faire en sorte que tu te détendes.  

 

- Merci de m’avoir laissé revenir t’aider.  

- De rien. Ca me fait plaisir aussi et ça fait du bien., me confies-tu.  

 

Je t’observe un long moment, me souvenant des instants qui ont peut-être été les plus critiques de toute ma vie il y a deux semaines. J’étais suspendu à tes lèvres, prêt au pire, à ce que, comme toujours, les choses les plus belles de ma vie tournent à la catastrophe.  

 

- Il est maintenant temps que je te parle., m’as-tu dit ce jour-là.  

- Je t’écoute., ai-je répondu simplement, contrôlant difficilement les hauts-le-coeur qui m’assaillaient tellement j’avais peur que tu me dises que c’était fini entre nous.  

 

C’était la première fois que je réagissais ainsi. Ma vie avait déjà été en danger, un danger physique et réel, mais ça ne m’avait jamais paru aussi grave. J’étais dans un domaine inconnu. J’avais toujours été celui qui quittait, jamais vraiment impliqué dans une histoire sentimentale. C’était horrible pour moi de me retrouver quelque part suspendu dans le vide en attendant que tu décides de mon sort… et de celui de Kimi.  

 

- Je suis désolée, Ryo. Je t’ai fait du mal, je le sais., as-tu confessé d’une toute petite voix.  

- Je voudrais juste comprendre ce qui se passe, Kaori., ai-je réussi à te dire d’une voix à peu près normale.  

- Je suis en colère. C’est plus fort que moi. Ca bouillonne à l’intérieur et j’ai du mal à me contenir. J’en veux à tout le monde et à personne en particulier., as-tu commencé.  

- J’ai peut-être pris de mauvaises décisions te concernant, des décisions qui te fâchent mais je voudrais au moins que tu reconnaisses que ce n’était pas par égoïsme… sauf peut-être le fait de te garder en vie à tout prix au départ., ai-je confessé pour ma part.  

 

Il était pour moi nécessaire de faire un pas vers toi alors que tu en faisais un vers moi. Je voulais te montrer que je pouvais aussi me remettre en cause, que je voulais bien admettre que les torts étaient partagés.  

 

- Tu penses que je t’en veux d’avoir voulu que je vive ? Non, Ryo. Je… jamais… Ca ne m’est même jamais venu à l’esprit même quand c’est dur. Je suis fâchée que le destin s’acharne une fois de plus sur nous, que l’on n’ait pas pu profiter tranquillement de ce qu’on avait, qu’on m’ait volé ma grossesse et mon accouchement, que tu aies dû souffrir pendant des mois sans savoir si j’allais vivre ou accepter, dans quel état je reviendrais. Je suis angoissée à l’idée de ne jamais redevenir celle que j’étais, de rester coincée dans un fauteuil roulant toute ma vie…, as-tu répondu, la voix vibrant de toutes ces émotions qui étreignaient ton cœur.  

- J’étais perdue parce que je ne me souvenais plus de nous, que je ne me souvenais plus de ces mois où tu m’as aimée alors que je me rappelais d’avant. Je me demandais si ça avait changé quelque chose pour nous. Je me demandais avec quels yeux tu me regardais à ce moment-là., as-tu ajouté.  

 

Tes mots ont résonné en moi, porteurs soudain d’un espoir qui s’amenuisait depuis quelques temps. J’ai posé la main sur ta joue et relevé ton visage pour pouvoir plonger dans ton regard mais je n’étais pas capable d’articuler ma question tant je craignais d’être déçu.  

 

- La psychologue me disait depuis quelques jours que je faisais un blocage, que c’était moi qui avais peur de me souvenir de ces mois-là parce que ça allait peut-être à l’encontre de la colère que je ressentais et qui m’aidait à tenir. Elle a passé quelques jours à me dire et redire que j’avais certainement peur de me retrouver sans béquille pour continuer mon combat si je ne trouvais pas en nous ce qui m’aiderait.  

 

Tu as fait une pause et baissé le regard un instant, prenant un peu de temps pour te calmer. Je sentais tes muscles tendus sous ma paume, ta mâchoire se contracter régulièrement et je pouvais entendre ton souffle saccadé. Tu me parlais, enfin, et j’avais le temps alors j’ai attendu que tu reprennes.  

 

- Hier, elle a fini par me demander ce que j’avais à perdre maintenant que j’avais fait le vide autour de moi.  

- Que lui as-tu répondu ?, t’ai-je interrogée, curieux.  

- Que je n’avais pas réussi à faire le vide parce que tu étais encore là.  

- J’ai toujours tout fait pour te contrarier., ai-je plaisanté pour tenter de te tirer un sourire.  

 

J’ai réussi. Tu as relevé les yeux et m’as souri, amusée. Ca m’a réchauffé le cœur, redonné confiance et force pour continuer sur ce chemin sinueux que tu me forçais à emprunter.  

 

- C’est vrai que tu m’as souvent foutue en pétard., as-tu avoué.  

- Elle m’a demandé ce que je pensais de ton attitude, du fait que tu restais là tout en me laissant de l’espace. Elle disait que ça devait me rendre amère de ne pas avoir un homme qui ne refusait pas de me quitter alors que je le repoussais mais qui revenait quand bon lui semblait., as-tu raconté.  

- C’est ce que tu ressens ?, t’ai-je interrogée, me demandant si j’aurais dû être plus présent, si je m’étais trompé de stratégie.  

- Non… Je lui ai dit que c’était très intelligent de ta part. Ne sachant quand serait ta prochaine visite, je ne pouvais m’empêcher de penser à toi, de me demander quand tu viendrais. Une fois le soir venu, quand je savais que la journée était finie, que tu n’arriverais plus, j’étais toujours mitigée parce qu’au final, j’étais déçue de ne pas t’avoir vu et en même temps reconnaissante que tu me laisses l’espace dont j’avais besoin, même s’il m’a longtemps profité pour ruminer mes mauvaises pensées…  

- Ca a changé ?, ai-je osé demandé, le cœur battant.  

 

J’ai croisé de nouveau ton regard anxieux avant que tu acquiesces et j’ai attrapé ta main.  

 

- J’avais en fait encore quelque chose à perdre : toi… enfin plutôt les espoirs que je fondais sur notre relation., as-tu répondu.  

- Tu as pourtant vu pendant trois semaines ce à quoi on ressemblait. Je ne t’ai pas menti, Kaori., ai-je plaidé.  

- Je te crois mais c’était en contradiction avec mes souvenirs., as-tu argumenté.  

 

Je ne pouvais nier cela. Tu ne te souvenais pas de grand-chose de la période où nous étions ensemble et c’était peut-être beaucoup te demander de me croire sur parole avec tout ce que tu devais avoir en tête, ton handicap, la grossesse, l’amnésie…  

 

- Ca ne l’est plus ?, t’ai-je demandé, la réflexion semblant couler de source.  

- Non, plus aujourd’hui. Je ne sais pas pourquoi ni comment mais tout m’est revenu cette nuit. Je n’ai pas dormi en fait. J’ai commencé à réfléchir, à repartir en arrière et le souvenir du mariage de Miki s’est éclairci. Je me suis souvenu de l’enlèvement puis de ce qu’on s’est dits dans la clairière et ainsi de suite comme si un souvenir en appelait un autre. C’était assez étrange et très éprouvant., m’as-tu appris.  

 

Cette nouvelle m’a ravi. Si tu te souvenais, peut-être que les choses allaient enfin changer entre nous… Tes souvenirs colleraient avec ce qu’on a vécu les trois semaines après que tu te sois réveillée…  

 

- Pourquoi tu ne m’as pas appelé ? J’aurais pu être là pour toi., t’ai-je tout de même fait remarquer, un peu vexé.  

- Je n’ai pas osé. J’ai été odieuse avec toi., as-tu reconnu.  

- Mais je suis là, Kaori. Je t’ai dit que je serais toujours là. Tu m’aurais appelé, je serais venu de suite., ai-je plaidé.  

- Je… Je sais… mais je ne le méritais pas, pas après tout ce que je t’ai dit et ce que j’ai fait. J’ai été odieuse avec toi… et avec les autres., m’as-tu avoué.  

 

J’ai tiqué à l’absence de mention de la personne qui devrait compter pour toi.  

 

- Et Kimi dans tout cela ?, t’ai-je demandé.  

 

Tu as retiré ta main de la mienne, baissant les yeux.  

 

- J’ai… J’ai encore besoin de temps. Je… Je ne suis pas sûre d’être prête et j’ai aussi peur de lui faire du mal, de ne pas réussir à me contrôler., as-tu murmuré, la tension plus qu’audible dans ta voix.  

 

J’ai médité tes paroles un instant et acquiescé. C’était certainement préférable de ne pas tenter le diable mais j’avoue aujourd’hui que j’ai hâte de t’entendre me demander de la voir.  

 

- A quoi tu penses ?, me demandes-tu soudain, me tirant de mes songes.  

- A notre conversation d’il y a quinze jours, celle où tu as commencé à me parler. Tu n’imagines pas mon soulagement ce jour-là.  

- Je suis désolée des tracas que je t’ai infligés., t’excuses-tu à nouveau.  

- Je ne suis pas fâché, c’est oublié. On se reconstruit tout doucement et ça me va bien. Tu continues à voir la psychologue ?  

- Oui mais elle a décidé d’espacer les séances. Elle dit que je suis sur le bon chemin et que je dois apprendre à apprivoiser mes peurs, les dépasser et les exprimer à une personne de confiance., me réponds-tu.  

- Moi par exemple ?  

 

Tu me souris timidement et acquiesces.  

 

- Toi par exemple. Je ne sais toujours pas si je serai capable de redevenir celle que tu connaissais mais je veux essayer., m’affirmes-tu.  

- Je ne te demande pas de redevenir l’ancienne Kaori. Je veux que tu sois à l’aise avec toi, tout en étant toi, pas quelqu’un qui se cache derrière des écrans de fumée. Je l’ai fait, Kaori. Ce n’est pas sain.  

- Je sais. J’apprends, je cherche. Je ne t’ai pas menti ce jour-là : si tu en as toujours envie, je veux nous redonner une chance. Je veux faire le chemin pour revenir vers toi, que tu me redonnes ta confiance.  

 

Je te tends la main et tu la regardes un instant avant de la prendre avec reconnaissance.  

 

- Ma confiance, tu l’as déjà. Je t’aime encore, Kaori, encore plus qu’avant. Fais ton chemin, réfléchis à ce que tu veux. La seule chose sur laquelle je ne plierai pas, c’est que notre vie ne se fera qu’à trois. Je n’abandonnerai pas Kimi, même pas à Sayuri. Si tu me veux moi, il te faudra la vouloir elle aussi., te fais-je savoir d’une voix posée.  

 

Tu me regardes, regardes nos mains jointes et prends une légère inspiration avant de replonger dans mon regard.  

 

- Je… Je voudrais la voir., m’apprends-tu, nerveuse.  

- Vraiment ?, fais-je, soufflé.  

- Oui. Je pense que je suis prête. Je… Je voudrais connaître notre fille., m’affirmes-tu.  

- Je peux aller la chercher tout de suite si tu veux.  

- Je… euh…, bafouilles-tu, posant la main sur tes cheveux, tes joues, anxieuse.  

- Je suis présentable ?, me demandes-tu.  

 

Surpris par ta réflexion, je me mets à rire avant de me lever et de poser les mains sur tes joues.  

 

- Elle n’a qu’un mois et demi, Kaori. Elle se fichera de savoir si tu es bien maquillée ou coiffée. Elle sera juste heureuse de te voir… mais, pour ce que ça vaut, tu es magnifique., te dis-je, heureux de ce nouveau pas fait vers nous.  

 

Je rêve de t’embrasser mais je ne pense pas qu’on en soit encore là. Comme tu l’as dit, on se reconstruit et je ne veux pas m’imposer à toi. Je préférerais que ça vienne de toi, le jour où tu te sentiras prête.  

 

- Merci., me réponds-tu en rougissant légèrement.  

- Alors, je vais la chercher ?  

 

Tu te mords la lèvre, nerveuse, puis acquiesces.  

 

- J’y vais. Je serai de retour dans une heure., te dis-je.  

- Attends !, m’interpelles-tu, attrapant ma main.  

- Qu’y a-t-il ?, fais-je posément, lisant la panique dans ton regard.  

- J’ai… J’ai peur, Ryo…, m’avoues-tu.  

- Tout se passera bien. C’est un ange, tu verras.  

- Mais… si elle ne m’aimait pas ? Si elle avait senti que je ne voulais pas d’elle ? Si… Tu crois qu’elle m’a oubliée ?, me demandes-tu.  

 

Tu es anxieuse et as besoin d’être rassurée. Je vais devoir te laisser seule une heure et ça pourrait tourner à notre désavantage. J’encadre ton visage de mes deux mains et plonge dans ton regard.  

 

- Tout ira bien. Tu sais quoi ? Je vais rester avec toi et demander à quelqu’un de nous la ramener. Je te parlerai d’elle entre temps.  

- Je… Je ne veux voir qu’elle… et toi… aujourd’hui. Peut-être que demain ou d’ici quelques jours, je serai prête pour voir les autres. J’ai besoin de temps., argumentes-tu.  

- Ils comprendront. S’ils savent qu’ils pourront bientôt te voir, ils accepteront.  

 

Je sais qu’ils le feront parce qu’ils comprendront que la porte est entrain de se rouvrir et que ce sera certainement la dernière grande crise de ce passage dans notre vie. Ce ne sera pas la fin de l’épreuve mais, avec la certitude que les choses reprendront à peu près leur cours, ce sera plus facile pour tout le monde.  

 

- D’accord., acquiesces-tu.  

- Je reviens dans deux minutes.  

 

Je sors de ta chambre et, la porte à peine refermée, je m’adosse au mur, fermant les yeux et adressant mes remerciements à qui de droit, soulagé.  

 

- Tout va bien, Babyface ?, s’inquiète le Professeur.  

- Vous vous êtes encore disputés ?  

 

Il est plus qu’habitué à ce fait. Il a droit à un compte-rendu sur chaque conversation, non pas que j’aime m’étaler sur notre vie privée mais je me suis dit que ça pourrait aider la psychologue et lui aussi d’ailleurs à t’aider.  

 

- Elle veut voir Kimi., lui apprends-je dans un murmure.  

- Voilà une bonne nouvelle. Dépêche-toi d’aller la chercher., me conseille-t-il.  

- Je vais la faire venir. J’ai peur que Kaori change d’avis si je la laisse seule et qu’elle panique., lui dis-je.  

- Tu as peut-être raison. Dépêche-toi. Leur séparation n’a que trop duré.  

 

J’acquiesce et sors rapidement pour appeler le Cat’s. Umi m’apprend qu’il ramènera Kimi sans attendre et raccroche sans attendre non plus. Je range mon téléphone et retourne te trouver. Quand je rentre dans ta chambre, tu essaies de te lever mais ça te demander un tel effort que tu peines à tenir debout à peine levée. J’arrive juste à temps pour t’aider à ne pas vaciller.  

 

- Où veux-tu aller ? A ton lit ?  

- La salle de bains. Je voudrais me rafraîchir., me dis-tu.  

 

Je pourrais objecter que ce n’est pas nécessaire mais tu es nerveuse et as besoin de mettre tous les atouts de ton côté.  

 

- Je vais te porter jusque là. C’est un peu loin pour toi à ce point. Tu voudras te changer aussi ?  

- Oui. C’est peut-être ridicule à tes yeux mais j’en ai besoin., plaides-tu.  

- Ce n’est pas ridicule. Je vais te chercher des vêtements.  

- Merci.  

 

Je prends une de tes robes dans l’armoire, te la ramène et te laisse seule quelques minutes.  

 

- Je suis prête., finis-tu par m’appeler.  

- Tu es ravissante., te dis-je après t’avoir observée un instant.  

 

Tu t’es recoiffée, changée et certainement pincée les joues pour te donner un peu de couleur. La nervosité donne une couleur un peu plus sombre à tes yeux. J’approche et pose les mains sur tes épaules.  

 

- Vraiment ravissante, Kaori. Tu préfères que je te mettes dans le lit ou dans le fauteuil ?  

- Le fauteuil. Je préfère le fauteuil. Je ne veux pas qu’elle me voit au lit., t’entêtes-tu.  

- Elle ne s’en rendra pas compte. Si tu es plus à l’aise au lit, prends le lit., te dis-je, soucieux de ton confort.  

- Non, j’ai dit le fauteuil !, te fâches-tu.  

- Pardon… Pardon, je n’aurais pas dû me fâcher., t’excuses-tu, te rendant compte que tu as élevé la voix.  

- Ca va. Oublie. Je suis certainement trop inquiet pour toi., éludé-je.  

- Et si je te parlais d’elle ?  

 

Tu acquiesces et je te parle de notre fille, de sa discrétion, de ses mimiques, de ses habitudes, de son rythme actuel, de la taille de ses vêtements, de ses doudous. Je vois des larmes rouler sur tes joues ponctuellement et je sais que tu regrettes ces moments manqués mais c’était le temps dont tu avais besoin pour accepter. Nous nous interrompons quand on toque à la porte. Je n’ai pas besoin d’ouvrir pour savoir qu’Umi est là avec notre fille.  

 

- Tu es prête ?  

- Oui., souffles-tu, tendue.  

 

Je vais ouvrir et Umi entre dans la pièce avec le siège-auto et le sac à langer. C’est une scène un peu étrange mais à peine plus que moi changeant une couche, me dis-je en souriant.  

 

- Merci Umi., lui dis-je, prenant le siège-auto.  

- De rien., me répond-il avant de se tourner vers toi.  

 

Il t’observe un long moment avant d’acquiescer imperceptiblement.  

 

- A bientôt, Kaori., lâche-t-il simplement avant de se tourner vers la porte pour s’en aller.  

- Umi !… Merci…, répliques-tu, la voix enrouée.  

- Merci à toi d’avoir survécu. J’espère te voir vivre bientôt., répond-il avant de s’en aller.  

 

Ses paroles ne te laissent pas indifférente et tu observes l’encadrement vide de la porte un long moment avant de te tourner vers moi lorsque je la referme. J’attrape Kimi qui gigote dans son siège et l’en sors. Elle s’agite, ce qui me fait sourire.  

 

- Tu viens, ma belle. On va rencontrer quelqu’un de très spécial., lui dis-je.  

- Tiens, Kaori.  

 

Je te donne le bébé que tu prends avec précaution. J’attends d’être sûr que tu la tiens bien, qu’elle n’est pas trop lourde pour tes bras qui n’étaient pas encore fiables il y a encore quelques temps avant de m’écarter et m’asseoir face à vous.  

 

Tu l’observes longuement, Kimi t’observant en retour calmement. J’ai presque le sentiment qu’elle sait que le moment est solennel et qu’elle doit faire bonne impression. Tu es immobile et silencieuse et une expression indéchiffrable marque ton visage. Je ne sais dire à quoi tu penses.  

 

- Kaori ?, fais-je, inquiet au bout d’un long moment.  

- Je… Je ne sais pas quoi lui dire. Tout se bouscule dans ma tête., m’avoues-tu, la voix tremblante.  

 

J’espère qu’il n’était pas trop tôt pour vous deux. Ca ne fait que quinze jours que nous avons réussi à reprendre vraiment contact tous les deux après tout. Je m’oblige à rester calme et ne pas récupérer Kimi de suite. Je dois te faire confiance, me dire que tu sauras si tu risques de basculer ou pas. Je reste vigilant malgré tout. Soudain, je vois de nouvelles larmes rouler sur tes joues silencieusement.  

 

- Bonjour Kimi., murmures-tu.  

- Je suis désolée d’avoir manqué tes premières semaines. J’avais besoin de temps. J’espère que tu me pardonneras un jour., ajoutes-tu.  

 

Tu lèves la main et caresses la joue du bébé. Je vois ton autre bras flancher sous le poids de Kimi et la maintiens sous son dos.  

 

- Si tu veux continuer de la tenir, tu serais mieux dans le lit., te dis-je.  

 

Tu ne lèves les yeux qu’un moment plus tard.  

 

- Tu as raison. Tu veux bien m’aider, s’il te plaît ?, me demandes-tu d’une voix douce.  

- Avec plaisir.  

 

Tout n’est pas gagné mais je sens qu’on est sur la bonne voie. J’ai envie d’y croire en tout cas. 

 


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