Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

Astuces & Conseils

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Comme il est impossible de vérifier qui lit ces fics comme pour la version php, les fics NC-17 ne sont disponibles que dans la version dynamique du site.

 

 

   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 52 :: Chapitre 52

Publiée: 20-08-21 - Mise à jour: 20-08-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. On approche doucement de la fin. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 52  

 

Nous pénétrons tous deux dans l’appartement et je te laisse avancer en silence avant de refermer la porte. Je pose discrètement les bagages dans un coin avant d’avancer vers toi, me postant dans ton dos.  

 

- Ca va ?  

- C’est… étrange… Rien n’a changé., murmures-tu avant de poser les yeux sur le transat posé dans un coin.  

- Enfin… presque.  

- Je n’avais aucune envie de changer quoi que ce soit. C’est chez nous et je m’y sens bien. J’ai juste dû ajuster certaines choses.  

 

Tu acquiesces et avances vers la cuisine. C’était ton domaine avant. Rien ne traînait sur le plan de travail quand tu avais fini de ranger après le repas. Les choses ne sont plus tout à fait pareilles depuis l’arrivée de Kimi. Il y a les biberons directement accessibles tout comme les boîtes de lait, la bouteille d’eau et les bavoirs. Un goupillon est posé sur l’évier et je vois que j’ai oublié de mettre la serviette maculée de lait au lavage avant de partir.  

 

Sans un mot, tu fais face au plan de travail et observe ce qu’a généré l’arrivée de notre fille. Du bout des doigts, tu effleures les bouchons avant de saisir la boîte de lait et lire l’étiquette puis la bouteille d’eau.  

 

- Tu utilises le micro-ondes ou un chauffe-biberon ?, me demandes-tu.  

- Micro-ondes. J’en avais assez de devoir choisir entre trente-six milles modèles mais, si tu veux investir, on ira en acheter un.  

- Non, ça me va. Tu m’apprendras à lui faire ses biberons ?, m’interroges-tu, anxieuse.  

- Ca n’a rien de sorcier, tu verras. Tu auras pigé en moins de cinq minutes. J’y suis bien arrivé., te dis-je, malicieux.  

 

Ca te fait sourire et ça me plaît. Je ne te raconterai pas tout de suite mes mésaventures biberonesques de pleine nuit quand je perdais le compte du nombre de cuillers ou que j’oubliais le temps de chauffe… Je le garde pour la fois où il faudra te déstresser de t’être plantée… si ça arrive.  

 

- Si tu veux réorganiser la cuisine pour ranger les biberons et que tout soit comme avant, fais-toi plaisir. J’avoue que je n’ai pas vraiment eu le temps de m’en charger., fais-je, me frottant les cheveux comme si je me sentais un peu bête.  

 

C’est peut-être le cas. Je me demande à quoi tu penses, si tu es satisfaite de ce que tu retrouves ou si, au contraire, ça te donne envie de repartir. J’aimerais avoir une petite idée mais ton visage est impassible et je n’arrive même pas à déchiffrer ton regard.  

 

- Je ne vois pas ce qu’il y aurait à changer. On verra ça plus tard avec le temps., réponds-tu, ouvrant la porte du frigidaire.  

 

Tu la refermes et m’adresses un léger sourire, le premier depuis que nous sommes rentrés.  

 

- Tu as mangé autre chose que des conserves. Ca me fait plaisir que tu aies pris soin de toi…, approuves-tu.  

- J’ai eu des années pour apprendre à vivre et, si je n’avais pas voulu autant passer mon temps à jouer les fainéants, tu aurais pu profiter de mes talents culinaires bien avant., admets-je.  

- Ca veut dire que tu vas cuisiner plus souvent dorénavant ?, ripostes-tu, malicieuse.  

- Ca peut se négocier., consens-je avec un petit sourire.  

 

Tu te détends enfin un peu et ça fait du bien surtout que tu n’es pas au bout de tes surprises.  

 

- Kaori, comme je te l’ai dit, j’ai mis Kimi dans ton ancienne chambre. Pour ta convalescence, je t’avais installée dans le bureau.  

 

Tu me suis jusqu’à la pièce que j’ouvre avec beaucoup de nervosité. Personne n’aurait imaginé que tu reviendrais de ces dix jours dans la nature dans cet état-là. Immobile à côté de moi, tu observes le lit médicalisé, le déambulateur et la canne dans un coin de la pièce, la chaise percée en cas d’urgence…  

 

- Vous n’aviez pas lésiné sur les besoins…, murmures-tu.  

- Je ne voulais pas te blesser. On voulait que tu puisses revenir dans des conditions optimales pour que tu sois indépendante le plus possible tout en s’adaptant à ton état. Je ferai retirer tout cela aussi vite que possible et on remettra ton lit.  

 

Je sens ton regard se poser sur moi et tourne la tête pour le croiser. Tu me scrutes, me jauges mais je ne sais à quoi tu penses. C’est assez déstabilisant pour moi qui ai toujours su lire en toi.  

 

- On peut aller à l’étage ?, me demandes-tu.  

- Bien sûr.  

 

Spontanément, tu te diriges vers les pièces les moins sensibles : la chambre d’amis, la buanderie et la salle de bains. Comme tu l’as fait dans la cuisine, tu caresses et examines les objets et produits utiles pour Kimi, souris en voyant le siège de bain posé dans le fond de la baignoire.  

 

- Tu dois t’user le dos à t’accroupir pour la laver…, laisses-tu échapper.  

- C’est un plaisir au contraire. Elle adore l’eau. C’est notre plaisir à tous les deux., fais-je, anticipant de retrouver ce moment dès que tu seras prête.  

 

Loin de te faire sourire, ma remarque te rend d’humeur maussade et tu ressors de la salle de bains sans un mot. Qu’ai-je pu dire qui te rende ainsi ? Je ne sais pas mais je ne peux pas laisser les choses pourrir. Lorsque je te rejoins dans le couloir, tu es adossée au mur, le regard perdu dans le vide.  

 

- Parle-moi, Kaori.  

- Vous avez fait votre vie à deux. Ai-je encore ma place ?, me demandes-tu, tournant les yeux vers moi.  

- Bien évidemment., te dis-je, te faisant face.  

 

Je vois la lueur de doute dans tes prunelles et je peux comprendre tes craintes. Tu as tissé des liens avec Kimi pendant ces dernières semaines mais ce n’est pas pareil que de s’occuper d’elle comme je l’ai fait. Tu dois encore avoir des doutes sur la relation que tu pourras avoir avec elle, si tu ne seras pas de trop entre nous.  

 

- Elle a besoin de toi autant que de moi et autant que j’ai besoin de toi. Il n’est pas trop tard, Kaori. Elle va avoir quatre mois. Donne-toi le temps de la connaître, de créer ce lient unique entre une mère et sa fille.  

 

Tu m’observes un long moment, réfléchissant à ce que je t’ai dit avant d’acquiescer et de te redresser.  

 

- On continue ?, suggères-tu, lançant un regard vers ton ancienne chambre.  

- On n’est pas obligés. Ca peut attendre si tu le souhaites.  

- Je veux le faire. Je dois le faire. Tu veux bien être là avec moi ?, m’interroges-tu, me tendant la main.  

 

Pour toute réponse, je la prends et la presse avant de nous diriger vers la pièce en question. Nerveux, j’ouvre la porte et allume la lumière alors que la luminosité extérieure commence à faiblir. Je lâche ta main mais me cale dans ton dos, les mains sur tes épaules, pour être là en soutien. Je m’attendais à te voir évoluer dans la pièce, toucher tout ce que tu voyais, fouiller l’armoire pour examiner les petits vêtements que j’avais achetés ou eus mais tu restes là comme statufiée. Je ne sais même pas dire si ton regard balaye la chambre, s’arrête sur les peluches dans le coin du lit à barreaux ou les cadres suspendus au mur. Que penses-tu des stores que j’ai mis, de la couleur des meubles, de la peinture ? M’en veux-tu d’avoir donné ta chambre à notre bébé ? Aurais-tu voulu retrouver ton antre pour t’y sentir en sécurité ? Je n’y ai même pas songé lorsque je l’ai transformée…  

 

- Au Japon, les mères dorment normalement avec leur enfant., finis-tu par dire.  

- Kimi dort très bien., fais-je, déstabilisé.  

- Elle fait même ses nuits depuis un mois.  

- Elle fait ses nuits…, murmures-tu, incrédule.  

 

Je sens la tension à tes épaules raides sous mes doigts. Que dire, que faire pour te détendre ? J’imaginais que savoir que tu ne devrais pas te lever la nuit serait une bonne nouvelle mais ça ne l’est pas visiblement.  

 

- Ecoute, si tu le souhaites, on peut toujours s’arranger pour que tu puisses dormir à ses côtés., fais-je, me disant que tu as peut-être besoin de respecter cette tradition pour être bien, pour créer ce lien avec notre fille.  

- Je… Je ne sais pas. Est-ce que… Est-ce que je peux rester seule un moment ici ?, me demandes-tu à voix basse.  

- Tu es chez toi, Kaori. Appelle-moi si tu as besoin de moi.  

 

Je ne suis pas serein en te laissant seule mais je dois te faire confiance. En plus, ce n’est pas comme si je sortais. Je serai juste à l’étage du bas. Hésitant encore un moment, je reste juste à côté de la porte mais, n’entendant aucun bruit particulier, je finis par me résoudre et descends.  

 

- Le Cat’s Eye, bonjour., décroche une voix bougonne.  

- Avec un accueil pareil, tu vas faire fuir les potentiels clients., réponds-je, taquin à mon ami.  

- Si tu n’as rien de plus intéressant à me dire, je vais te laisser. Je travaille, moi., réplique-t-il.  

- Je voulais juste te prévenir qu’on était rentrés. Je viendrai chercher Kimi dès que possible.  

- Miki l’a déjà couchée et a prévu de l’emmener en balade demain matin. Tu veux lui annoncer que tu la prives de ce plaisir ou gagner un peu de temps libre à exploiter d’une meilleure manière ?, suggère-t-il.  

 

Sous-entendu : prends ton temps et occupe-toi de vous, nous, on gère la petite sans souci. J’ai pigé et je souris au subterfuge.  

 

- Je vais éviter de me frotter à une femme en plein chamboulement hormonal. J’espère qu’elle te laissera dormir… Miki, je veux dire., dis-je, malicieux.  

- J’ai du travail., ronchonne-t-il, me raccrochant au nez.  

 

Ce petit moment me tire un léger rire qui se calme lorsque j’entends du mouvement à l’étage. Enfin, tu bouges. Les pas sont furtifs mais, après des mois de silence, c’est presque comme le gong d’un temple bouddhiste dans mes oreilles déshabituées. N’entendant rien de plus, je me retiens de monter voir ce que tu fais et vais en cuisine nous préparer un repas. Tu as besoin de temps… et moi aussi. Je ne sais toujours pas ce que ça te fait d’être revenue ici et ça m’inquiète.  

 

Lorsque le repas est dans la marmite en train de cuire doucement, que le riz est dans le cuiseur programmé, je finis par monter et m’arrête près de la chambre de Kimi un moment avant d’oser entrer. Je suis surpris de trouver la pièce plongée dans l’obscurité et allume la lumière, craignant un instant de trouver un désordre sans nom, signe de ta colère.  

 

Tout est en place ou presque… Je vois que les peluches ont été manipulées, tu as rajusté la serviette sur le matelas à langer pour que sa petite tête soit certainement bien protégée du froid du plastique, je sens l’odeur des produits nettoyants flotter encore légèrement dans l’air. Lorsque j’ouvre les portes de l’armoire, je sais instantanément que tu es passée par là également. Certains vêtements ont été repliés, les piles sont d’équerre, les draps triés par couleur… Ca me fait sourire. C’est quelque part un signe : tu apposes ta marque sur cet environnement. Oui, pour moi, c’est un bon signe… mais ça ne me dit pas où tu es.  

 

Je referme l’armoire, éteins la lumière et ferme la porte de la chambre avant de chercher ta présence. Tu es dans notre chambre… Bis repetita : je m’arrête devant la porte un moment pour écouter ce qu’il se passe à l’intérieur mais je n’entends rien. C’est notre chambre mais, malgré tout, pour le moment, j’ai l’impression d’être un intrus, celui qui va pénétrer dans ton espace sans forcément y être attendu… tout simplement parce que c’est ton dernier refuge connu dans cet endroit… à part le toit. Je toque et entre après quelques secondes où seul le silence me répond.  

 

Tu es assise sur le rebord de la fenêtre et observes l’extérieur, les lumières de la ville, les phares des voitures qui défilent ou tout autre chose qui attire ton regard vers le bas. Tu as peut-être eu suffisamment de temps à la clinique ou à la cabane pour regarder les étoiles. Longuement éloignée de la ville et de son activité, tu reprends tes marques là aussi. Rentrer à l’appartement sans Kimi était une bonne idée.  

 

- Veux-tu que je te laisse seule ?  

- Je ne sais pas. Je ne sais pas où est ma place, Ryo. Je ne la sens pas dans la pièce en bas, j’ai peur de ne pas la trouver dans la chambre de Kimi… Il n’y a qu’ici où je ressens un peu de sérénité mais c’est ta chambre., me réponds-tu d’une voix qui me semble lointaine.  

 

J’ai besoin d’être proche de toi, que tu me sentes proche de toi aussi. Je ne veux pas que tu aies l’impression d’être isolée alors que tu es chez toi tout autant que moi.  

 

- C’est notre chambre, Kaori. Si tu as besoin d’y être un peu seule, je te la laisse, j’irai dormir ailleurs mais, si tu le souhaites, on peut dormir à deux comme on l’a fait à la cabane, comme on l’a déjà fait avant, très chastement., te dis-je d’une voix posée.  

 

Ca sera une torture pour moi qui rêve de te faire l’amour pour retrouver toutes ces sensations perdues mais tu vaux la peine d’attendre.  

 

- Tu as le temps d’y réfléchir. Pour le moment, on pourrait juste aller manger et, après, si ça te dit, peut-être qu’un bain te ferait du bien, un bain chaud avec plein de mousse comme tu aimes. Je suis même prêt à te frotter le dos si tu en as envie., fais-je avec un petit sourire chaud.  

 

Tu lèves les yeux vers moi et ton regard est plus léger. Tu m’offres même un petit sourire comme une cerise sur un gâteau et ça me fait plaisir, tout simplement. Acceptant ma main, tu me suis jusqu’au séjour où je t’invite à prendre place avant d’aller chercher les plats dans la cuisine.  

 

- Repas fait maison pour te montrer que je ne t’ai pas menti sur le fait que j’ai cuisiné., t’apprends-je, amusé.  

- Je te fais confiance, tu le sais bien…, me dis-tu, posant un regard sérieux sur moi.  

- Je sais mais que dois-je faire pour que tu aies de nouveau confiance en toi ?, te réponds-je tout aussi sérieux.  

- Je ne sais pas… Continuer ce que tu fais peut-être ? Pour le moment, ça a bien marché., me suggères-tu.  

- Tu trouves ?  

 

Je t’observe tout en te tendant une assiette bien remplie et tu la prends sans baisser les yeux, esquissant même un léger sourire doublé d’une légère teinte des pommettes.  

 

- Oui… Je te trouve… comment dire ? Différent, grandi peut-être ou plus serein., m’offres-tu.  

- Certaines épreuves traversées laissent des marques même si elles ne sont pas apparentes. Elles sont souvent bien plus difficiles à guérir que celles visibles., pipé-je.  

- Toutes ne nécessitent pas de guérir., balbuties-tu.  

- Vraiment ?  

 

Ma question te fait rougir un peu plus et tu commences à jouer avec la nourriture du bout de tes baguettes. J’ai presque l’impression de te revoir lorsque je jouais les séducteurs, version sérieuse et pas tireur de coup, avec toi. S’il faut recommencer à te draguer pour te retrouver, je peux le faire. Je pourrais même y trouver beaucoup de plaisir, me dis-je.  

 

- Oui., finis-tu par répondre.  

- L’homme responsable te plaît ?  

- Je… euh… tu sais très bien que…, bafouilles-tu avant de t’essuyer la bouche alors que tu n’en as pas besoin.  

- Tu devrais prendre la peine de finir tes phrases, Kao-san.  

 

Que je suis vil de m’amuser ainsi de ton embarras mais quelle satisfaction de te voir comme la petite souris avec laquelle le vilain chat s’amuse avant de la croquer… et pour te croquer, j’ai vraiment très envie de te croquer… Je sens un coucou tendre mon jean et, bien à l’abri de ton regard, je ne cherche même pas à le réprimer.  

 

- Je vais aller prendre un bain., m’annonces-tu soudain.  

 

Tu laisses tout en plan et fuis la place aussi vite que je fuis les travelos avec presque le même air effrayé. Merde… J’ai certainement été trop loin. Tu as à peine touché à ton assiette et tu voulais certainement un retour moins chahuté, dans le calme et la sérénité et, moi, j’ai tout fait foirer… Quel con !  

 

- Ryo…, entends-je soudain.  

 

Je relève la tête et te vois agripper le garde-corps, anxieuse.  

 

- Tu… tu sais… mes sentiments n’ont pas changé. Mon cœur bat toujours autant pour toi et je me sens toujours aussi en sécurité avec toi, même encore plus., m’avoues-tu, faisant battre mon cœur à cent à l’heure.  

- Je t’aime., ajoutes-tu.  

 

Je suis bluffé par tes mots auxquels je ne m’attendais pas et je ne sais quoi te répondre. Tu ne m’en laisses d’ailleurs même pas l’occasion puisque tu disparais de ma vue à peine deux secondes plus tard. J’entends la porte de la salle de bains se fermer et reste seul avec moi-même sur mon petit nuage. Tu as changé ma vie, Kaori. Avant, les seuls nuages que je sentais m’entourer étaient les volutes de tabac que je laissais échapper ou ceux plus cotonneux et désagréables des lendemains de cuites. Ma vie a pris de l’amplitude depuis toi, me faisant osciller de l’allégresse à la détresse, mais la plupart du temps, ça en vaut tellement la peine…  

 

Revenant sur Terre, je me dépêche de finir mon repas avant de tout débarrasser. M’interrogeant sur ce qui te ferait te sentir mieux pour ton retour à l’appartement, une idée me vient et je ne tergiverse pas pour la mettre en œuvre avant de frapper à la porte de la salle d’eau.  

 

- Je peux entrer deux minutes ?  

- Oui., me réponds-tu après un temps d’hésitation.  

 

J’ouvre la porte et vois la montagne de mousse qui te surplombe. Comme dans un rêve, je vois ta jambe droite sortie de l’eau, tes doigts de pied étirés en pointe.  

 

- Excuse-moi mais je finis avant de ne plus savoir où j’en suis., m’expliques-tu, plaçant le rasoir près de ta cheville et le faisant glisser sur ton mollet délicieusement galbé.  

- Tu veux un peu d’aide ?, fais-je, approchant de la baignoire, les yeux rivés sur la lame qui caresse ta peau humide.  

- Je… euh… non…, bafouilles-tu.  

 

Je revis un rêve, celui que j’ai fait concernant notre premier soir d’intimité. Malgré ce que tu viens de me dire, je m’assois sur le bord de la baignoire, saisis ton pied et te prends le rasoir des mains avant de le faire aller moi-même, caressant ta jambe du bout des doigts pour voir les zones restant à traiter. Je contrôle tant bien que mal l’envie de descendre plus bas encore mais pas celle de poser les lèvres au creux de ta cheville, retrouvant la douceur et l’odeur de ta peau.  

 

- Ton autre jambe…, fais-je dans un murmure.  

 

Je te sais nerveuse mais malgré tout, tu fais disparaître la première avant de me donner la seconde. J’entends ton cœur qui bat la chamade au même rythme que le mien en fait. Je n’irai pas plus loin, je le sais. C’est un moment pour toi comme pour moi et j’espère que tu ressens autant la douceur de mes gestes que le désir que j’ai de toi, désir que je peux contrôler. Je conclus ce moment par un autre baiser au creux de ta cheville avant de contempler mon œuvre avec beaucoup de satisfaction.  

 

- Tu as toujours d’aussi belles jambes., admets-je, la caressant de nouveau de la cheville jusqu’à la partie de ta cuisse visible juste au dessus du genou.  

- Tu trouves vraiment ?, me demandes-tu, hésitante.  

- Oui. Je te trouve toujours aussi belle, Kaori., te dis-je, délivrant ta cheville.  

 

Je n’en ai pas fini avec toi cependant. Je n’ai pas envie de te brusquer mais, après ton aveu, j’ai envie de te répondre à ma manière, de te tendre une perche que tu saisiras ou non ou seulement quand tu seras prête. Je me glisse un peu plus en avant sur la baignoire et me penche, me fichant bien de la mousse qui humidifie mes vêtements. J’erre un moment au dessus de tes lèvres, te laissant le temps de t’échapper si tu n’en as pas envie, avant de me poser dessus en douceur. Je les presse légèrement, sentant un léger soupir t’échapper avant que tu ne me rendes mon baiser.  

 

- Fais-nous confiance, Kaori., te dis-je dans un murmure lorsque je m’écarte de toi.  

- D’accord., acquiesces-tu, les joues légèrement roses.  

 

Satisfait, heureux des progrès accomplis, je pose les lèvres sur ton front avant de me relever.  

 

- Je vais te laisser. Je prendrai une douche quand tu auras fini.  

- Tu… Tu peux la prendre maintenant si tu veux., me proposes-tu.  

 

Je m’immobilise à la porte, surpris de ta suggestion, et me tourne vers toi.  

 

- Je veux dire… Ce ne serait pas la première fois., ajoutes-tu.  

- En effet mais je ne veux pas te gêner.  

- Je… Je ne regarderai pas., murmures-tu, les joues rouge tomate.  

 

Te prenant au mot, je me déshabille et me glisse dans la cabine de douche non sans te murmurer un petit mot à l’oreille.  

 

- Tu peux regarder autant que tu veux. La pudeur n’a jamais été ma principale qualité et, avec toi, elle l’est encore moins.  

 

J’éclate de rire lorsque tu disparais sous l’eau, cramoisie, et actionne le jet réglé sur le froid dont j’ai bien besoin pour calmer mes ardeurs que nos petites joutes parfois sensuelles entretiennent. Je ne m’attarde pas, à la fois parce que les douches froides sont des compagnes très désagréables et surtout pour ne pas te gêner outre mesure.  

 

- Je vais dans la chambre. Tu me diras comment tu veux qu’on s’arrange quand tu auras fini., te dis-je, sortant de la salle de bains juste après.  

 

Je vois ton air indécis alors que je referme doucement la porte et cela fait naître beaucoup de questions mêlées à beaucoup d’espoir aussi. Je voudrais garder cette chaleur retrouvée il y a deux nuits même si ça doit en rester à partager un lit et une étreinte amicale. Ca signifierait déjà beaucoup pour moi sur beaucoup de plans. Incapable de rester inactif en t’attendant, je change les draps du lit, remet ton oreiller en place, le retape quinze fois, vérifie que ton radio-réveil est bien branché et à la bonne heure, que l’alarme est bien désactivée, la mienne aussi. Je range mon magnum sous l’oreiller avant de l’en retirer et de le glisser dans le tiroir de la chevet, ne sachant si tu te souviens de ce petit détail…  

 

Soudain, après une attente qui m’a paru interminable, je te sens approcher et, feignant que je suis aussi placide qu’une mer d’huile, je m’allonge sur le lit, les mains derrière la tête, contemplant le plafond.  

 

- Entre !, te dis-je quand tu toques à la porte.  

- Tu n’as pas besoin de frapper… pour entrer.  

 

Ma voix se fait murmure lorsque je t’aperçois dans la lumière tamisée des lampes de chevet. Serrant nerveusement ton paquet contre toi, tu approches de moi avant de t’arrêter devant moi qui me suis redressé sans même m’en rendre compte.  

 

- Je n’y avais plus droit. C’était la condition qu’on avait fixée, non ?, murmures-tu, me tendant ton pyjama jaune, plié.  

 

J’attrape le même vêtement que j’avais ressorti de sa cachette il y a quelques minutes et que j’avais déposé dans la salle de bain, pensant te faire plaisir, t’aider à retrouver le confort de notre maison mais mes yeux n’ont que faire de cet infâme boule de coton alors que tu as revêtu la même nuisette que lors de notre première nuit d’amour. Pourquoi aujourd’hui tout devait ressembler à cette nuit-là ? Pour prendre un nouveau départ dans de bonnes conditions ? Pure coïncidence ? Création inconsciente mais rassurante ?  

 

A vrai dire, je m’en fiche, admets-je alors que je croise ton regard anxieux. Je pose le pyjama jaune sur ma table de chevet avec précaution malgré ma totale indifférence à son égard. Je ne sais même pas où je trouve la force de me contrôler mais cela semble te rassurer.  

 

- C’est vrai mais j’étais prêt à faire une exception si c’était ce dont tu avais besoin., finis-je par te répondre.  

- J’apprécie., admets-tu, te mordillant la lèvre.  

- Mais ce dont j’ai besoin, c’est d’affronter mes peurs et de me voir comme tu me vois. Tu veux bien me montrer ?, me demandes-tu.  

- A une condition : que tu te sentes libre d’arrêter si ça ne va pas.  

 

Tu me regardes et m’adresses un sourire confiant.  

 

- D’accord mais je pense que tu le sauras aussi.  

 

Je le pense aussi mais tu dois avoir confiance en moi et en toi et surtout te sentir libre d’apprécier ou non ce qu’il se passe, de pouvoir en sortir quand tu en as envie. Doucement, je me lève et t’enlace, prenant le temps de savourer ce contact avant de m’écarter et de t’embrasser. C’est comme une nouvelle première fois entre nous et je n’aurais jamais pensé pouvoir être encore plus patient que ce soir-là mais, aujourd’hui, c’est une femme durement éprouvée que je tiens dans mes bras, une femme qui est revenue de l’enfer et à qui j’ai envie de montrer qu’elle n’a pas fait tout cela pour rien, de lui rappeler que la vie est aussi douceur et plaisir.  

 

Quand, enfin, nous nous endormons quelques heures plus tard, je pense que ton sourire serein est la plus belle preuve de réussite. Pour moi, il est aussi porteur d’espoir pour notre couple et notre famille. 

 


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