Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prosa

 

Autore: Elane

Beta-reader(s): A. Dust

Status: Completa

Serie: City Hunter

 

Total: 1 capitolo

Pubblicato: 22-01-21

Ultimo aggiornamento: 22-01-21

 

Commenti: 7 reviews

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RomanceSongfic

 

Riassunto: "Un moment de rvlation, un mystre, une nigme. Un instant divin, unissant joie et terreur, alors que l'aube d'un nouveau jour se lve. Tout survit dans cet univers, tout tourne dans cet univers et revient vers nous. Comme les cercles sur l'eau : Rien ne disparait jamais tout fait" (The Slot, Krugi na Vode)

 

Disclaimer: Les personnages de "Comme les cercles sur l'eau" sont la proprit exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: Comme les cercles sur l'eau

 

Capitolo 1 :: Comme les cercles sur l'eau

Pubblicato: 22-01-21 - Ultimo aggiornamento: 22-01-21

Commenti: Comme les cercles sur l'eau est la suite de Hope is a Ghost mais peut se lire indpendamment. Comme les cercles sur l'eau est le titre traduit d'une chanson russe (Krugi na vode) que j'adore. Je vous ai mis ici les paroles traduites en franais et rendue un peu plus comprhensibles. Voici la chanson originale https://www.youtube.com/watch?v=TIAn8GtBX14 Cette chanson ds que je l'ai coute, j'ai su que j'allais en faire quelque chose. La musique a toujours t importante pour moi, elle vhicule tellement de choses, tellement d'motions, peu importe au final qu'on en comprenne les paroles. Et cette musique l a veill ce petit OS en moi. Je vous conseille d'ailleurs de l'couter au moins une fois, (ouioui, en russe ^^) pour vous imprgner des motions qu'elle vhicule. J'espre avoir russi faire passer a dans mes mots. Merci encore Angel pour ton aide. Dsole de t'avoir encore fait travailler sur une songfic, je recommencerais plus ^^ Merci d'avoir rpondu prsente encore une fois, tu me pousses toujours plus loin, pour sortir le meilleur. T'es la meilleure. Bonne lecture, j'espre que cela vous plaira.

 


Capitolo: 1


 

Le mois de Mars a toujours t le mois de lanne que je prfre.  

 

Aussi loin que mes souvenirs me ramnent, le mois de Mars a toujours t synonyme de bonheur et damour, de joie et de fte : mon anniversaire, son anniversaire, notre rencontre.  

 

Et lhanami Tokyo.  

 

Aujourd'hui, la valse des fleurs est magnifique, le vent les faisant tourbillonner en tous sens, improvisant un jeu pour les enfants qui viennent avec leurs parents dans le parc pour admirer les cerisiers.  

 

Ce parc est notre crin de verdure dans une ville qui marche toujours cent lheure, bulle de douceur dans une ville en ternel mouvement, faisant oublier pour un temps la violence qui se cache derrire ces buildings. J'ai insist pour qu'il m'accompagne, il a rl, comme son habitude, mais il est venu. Et il est l, prs de moi, les mains dans les poches, regarder ailleurs. Jcarte les bras et tourbillonne en riant, au milieu des ptales qui mentourent. Ils tournent autour de moi, accentuant l'impression de vertige qui me saisit. Je reprends mon srieux, j'ai soudain envie de pleurer, perdue et dsquilibre face ce tourbillon de sensations qui me serre le cur.  

 

Je sens son regard qui menveloppe. Je lui souris quand mon corps arrte de tourner. J'ai le vertige, je vacille. Il me stabilise en rlant de nouveau alors que jallais basculer sur le ct. Je me raccroche lui en clatant de rire, et malgr son air svre et ses mots faussement acides, jai le sentiment qu'il a envie de rire lui aussi.  

 

Puis soudain, son expression change alors que je le regarde dans les yeux. Son regard devient plus doux et ses lvres se soulvent en un lger sourire qu'il retient. Je baisse les yeux, rougissante, lgrement due et blesse devant son sourire que je pense moqueur. Il relve la tte et il enlve un ptale de mes cheveux, son contact mlectrisant au passage. Je me perds dans ses deux billes noires, peut-tre emplies de regrets.  

 

Je suis hypnotise, comme souvent et le regard qu'il a pour moi cet instant, rien que pour moi, me bouleverse. J'ai l'impression que quelque chose s'apprte changer, que nous sommes au bord d'un prcipice. J'ai peur de tomber et pourtant ce vide m'attire.  

 

- Kaori Makimura !!! entends-je et ce cri brise la bulle dintimit qui stait cre autour de nous, me faisant sursauter.  

 

Nos regards se sparent et je me tourne regret vers les intruses. Ce sont des amies de lyces que je nai pas vues depuis des annes. Je suis prte le prsenter mais il me tourne dj le dos et sloigne pour assouvir son besoin de nicotine, assis sur un banc, nous laissant discuter.  

 

Je nen prends pas ombrage mais je le garde lil, tout en discutant avec mes amies, prte dgainer ma massue pour punir ses pulsions sauvages dhomme de Neandertal. A ma grande surprise, il reste calme, totalement indiffrent la beaut de mes amies et bascule la tte en arrire. Ses yeux se perdent dans le vague, il semble loin, si loin. Une bourrasque de vent fait tourbillonner les ptales autour de lui, comme s'il tait le centre de leur univers. Il est le centre du mien.  

 

Jessaie de me reconnecter la conversation, mais je me perds. Mes amies me parlent de leur travail, de leurs joies, leurs peines, leurs enfants et leurs maris. Tant de choses qui me paraissent tellement loignes de mon quotidien. Tant de choses qui me ramnent ma vie si particulire.  

 

Un peu absente, je leur souris, je ris. Je leur signifie que je comprends mais rien nest plus loign de la vrit. Je les jalouse mme un peu, un instant fugace o je laisse parler mes envies profondes que je sais irralisables. Je le regarde nouveau, toujours perdu dans ses penses, il na pas boug. Une lgre ride marque son front alors qu'il rflchit. A quoi pense-t-il ?  

 

De longues minutes plus tard, il semble se reconnecter la ralit et croise mon regard fix sur lui. Je rougis alors qu'il me sourit en se levant. Il reste alors debout et j'ai la sensation qu'il va lever la main vers moi, comme pour m'appeler, m'attirer lui. Mais il reste immobile. Comme le pilier au centre de mon monde, scurisant. Il m'attend.  

 

Je cde son appel silencieux et j'en profite pour prendre congs de mes amies et le rejoindre. Son sourire est magnifique, tendre. Si diffrent des autres fois que mes jambes se paralysent, flageolantes.  

 

Quelque chose a chang.  

Quelque chose va changer.  

 

C'est la premire fois qu'il me sourit ainsi et un lan d'amour indicible me serre le cur. J'en rvais de ce sourire, depuis si longtemps, si seulement il savait quel point. Il me remue, dclenchant une envole de papillons particulirement agits dans mon ventre. Je maccroche son bras alors que nous prenons le chemin de la maison.  

 

A ma grande surprise, il ne cherche pas se librer. Il est l contre moi et j'ai l'impression de rver. Je lve la tte pour le voir et il semble serein, regardant devant lui, confiant. J'aimerais tellement avoir son assurance, ses certitudes. A force de le regarder ainsi, mon cur se met soudain battre tout rompre. Je suis tout prs de lui et je voudrais plus.  

 

Mon cur bat tellement fort maintenant que j'ai l'impression qu'il va jaillir de mon corps. Mon poing se referme sur ma poitrine. Ca en devient douloureux et j'ai presque l'impression qu'il va finir par l'entendre. Je baisse la tte, me sentant rougir. Je tente de calmer ces battements fous durant tout le reste du chemin, au point que je ne vois plus le temps passer. Je me sens hors du temps, dans une bulle, parfaitement en scurit et pourtant terrorise.  

 

Arrivs chez nous, il se tourne vers moi :  

- Il est tard, je me charge du repas, va te dtendre dans un bain, tu sembles nerveuse.  

 

Jacquiesce, surprise de sa proposition. Alors que je reste immobile, ayant du mal le croire, il se dirige vers le tlphone pour passer commande. Je souris, je comprends mieux.  

 

Je monte l'tage, faisant une pause en haut des marches. Je me retourne, il s'est dj servi un verre de whisky, s'assied prs de la fentre et se perd dans ses penses nouveau. Moi, je rejoins les miennes qui sont toutes embrouilles par sa remarque, son sourire, ses regards.  

 

Cette journe m'a chamboule.  

 

J'ai l'impression qu'elle est tellement semblable celles qu'on vit tous les jours ensemble et en mme temps tellement diffrente.  

 

Son sourire m'a trouble. C'est comme s'il avait allum quelque chose en moi, comme s'il avait fait remonter quelque chose en moi.  

 

Je pousse la porte de la salle de bain et fais couler l'eau. Bientt, la vapeur emplit la pice alors que je me dshabille. Je pousse un soupir daise alors que je me glisse dans leau un peu trop chaude. Je madosse la baignoire et je frissonne quand ma nuque entre en contact avec lmail glac, contrastant avec la chaleur de leau qui pique ma peau.  

 

Cette journe a t belle, parfaite, un temps magnifique comme je laime. Une journe passe en sa compagnie, lui, lhomme qui partage ma vie depuis sept ans maintenant.  

 

Tant de choses se sont passes depuis notre rencontre.  

 

Je prends une grande inspiration et plonge la tte sous leau. Je ferme les yeux, coutant le bruit assourdissant de leau qui mentoure, me donnant limpression dtre dans un cocon. Depuis toute petite jadore ce bruit-l, tellement isolant, tellement apaisant, un peu comme ce que doit entendre un bb dans le ventre de sa mre. Berant. Anesthsiant. Scurisant.  

 

Je m'arrache ce cocon et j'amne mon visage la surface. Les oreilles toujours plonges dans l'eau, berce par le rythme de ma respiration qui rsonne dans ma tte, je repense ma vie, ce temps partag avec lui.  

 

Une vie passe en une fraction de seconde et jai limpression, depuis quelques annes, davoir perdu lessence de cette constatation. La vie est fugace et peut se terminer ou prendre une direction radicalement oppose en un clin dil. Jen ai t tmoin un nombre incalculable de fois.  

 

Certains sont tombs et d'autres s'en moquent  

Certains sont tristes aujourd'hui mais oublieront ds demain,  

Comme si nous n'tions pas l et que nous n'aimions pas.  

Certains se sont relevs et d'autres sont partis pour toujours  

Mais tous nous regardent travers nos souvenirs, un sourire sur le visage.  

 

a peut tre terrorisant et paralysant. Et je crois qu un moment, ajout tout ce que javais dj vu et vcu, a ma paralyse.  

 

Je me laisse porter par toute leau qui mentoure, les lgres vagues qui clapotent contre mon corps augmentent encore ma torpeur. Je me sens bien, lgre. Mon esprit vagabonde au rythme des battements de mon cur.  

 

Le temps ici est prcieux, je ne le sais que trop bien. Jusqu' prsent, ma vie est plutt belle, je nai pas me plaindre. Quelque peu chaotique, dure et sans piti parfois, hors norme et difficile aussi, avec des tournants auxquels je ne mattendais pas, mais jai toujours eu la chance dtre entoure damour. Beaucoup de peines et de chagrins aussi, mais j'ai toujours russi me concentrer sur l'amour qui pouvait en ressortir.  

 

Alors que l'aube d'un nouveau jour nous appelle  

Tout, survit dans cet univers, tout tourne dans cet univers  

Et revient vers nous, comme les cercles sur l'eau  

 

Cest ce qui fait de moi qui je suis. On ma toujours appris pardonner, faire confiance. Je ne suis pas nave pour autant, mme si certains peuvent le croire et je ne me suis jamais laisse faire. Jai juste tendance croire que lhumanit nest pas aussi noire que ce quon peut voir en faisant le mtier qui est le mien.  

 

Je ferme les yeux et c'est son regard qui m'apparait alors. Son regard si doux et enveloppant, cherchant me dire quelque chose.  

A me dire quoi ?  

- Qu'est-ce que tu veux me dire ?  

 

A la mort de mon pre, c'est mon frre qui m'a empche de sombrer. A la mort de mon frre, c'est Lui. Sa force m'a maintenue la tte hors de l'eau et c'est lui qui s'est charg de ma vengeance, prenant sur ses paules la culpabilit que a reprsentait. Aprs cela, il a arrt de tuer.  

 

Rien ne disparait jamais tout fait  

 

Il m'a apport tellement de choses. D'abord une impression de scurit, puis petit petit, ce sentiment s'est transform, au fur et mesure que j'apprenais le connaitre, au fur et mesure que je dcouvrais ce qu'il s'efforait de me cacher, je suis tombe amoureuse de lui. Inutile de le nier.  

 

Une sorte de parcours alatoire, une sorte de rebondissement fatal  

Nous avons gagn ensemble et perdu, nouveau  

Et nous, immobiles,  

Attendons simplement que la temprature change  

Pour respirer sans regret ni tristesse.  

 

Et depuis sept ans j'attends, dans l'immobilisme le plus total qu'il fasse un pas vers moi. Et l dans mon bain, la ralit m'assaille alors que son regard danse derrire mes paupires fermes : il en a fait plus d'un. Je rouvre les yeux brusquement.  

 

Alors que l'aube d'un nouveau jour nous appelle,  

Tout survit dans cet univers, tout tourne dans cet univers  

Et revient vers nous, comme les cercles sur l'eau  

Rien ne disparait jamais tout fait  

 

J'ai enfin compris que je n'ai pas agi comme j'aurais d le faire, que je n'ai pas rpondu ses attentes et que j'ai maintenu le statu quo entre nous.  

 

Moi, pas lui.  

Moi.  

 

Je me redresse dans mon bain tant la ralit qui me frappe est intense, tant ce que a implique me bouleverse. Je pose ma main devant ma bouche pour touffer un cri de surprise.  

 

Il m'a avou ses sentiments tellement de fois.  

 

Un moment de rvlation, un mystre, une nigme  

Un instant divin, unissant la joie et la terreur  

 

Par ses gestes d'abord.  

La panique qui l'avait saisi quand le renard d'argent m'a vise et qu'il a touch le talon de ma chaussure en guise d'avertissement. Il m'a ensuite laisse me dbrouiller seule mais c'tait pour mon bien. J'ai t trs fire de me battre et d'liminer ce salop.  

 

Et l'inquitude dans son regard quand il a cherch me rattraper l'hpital, quand j'ai ralis que le pre de Mayuko ne voulait pas m'pouser. Il a voulu me consoler alors que moi, j'ai t soulage. Parce qu'il n'y a qu'un seul homme avec qui je veux passer ma vie.  

 

Et puis, le sacrifice qu'il a failli faire quand Sonia m'avait prise en otage. Il a t prt mourir pour moi !!!  

 

Les preuves sont l, devant moi. J'ai envie de me gifler de n'avoir rien vu avant, tant j'tais emprisonne par mes doutes et mes peurs.  

 

Il a essay si souvent jusqu' maintenant,  

Il essaie de lancer sa pierre depuis le sud, depuis l'ouest,  

Au coucher du soleil, le matin, sous diffrents angles,  

 

L'abandon dont il fait preuve en ma prsence, sa confiance mon gard. Pour un homme comme lui, avec le pass qu'il a, c'est a, sa dclaration.  

 

La plus belle preuve d'amour ? Quand il s'est endormi, la tte pose sur mes genoux alors qu'il avait en face de lui ce qui lui faisait le plus peur au monde : un avion. Un avion dans notre salon.  

 

J'ai mme t enleve pendant cette affaire avec Shoko.  

- Tu as brav ta peur. Tu as brav ta peur pour me chercher. Me chercher et me sauver, moi !!!  

 

Ma vue se brouille de larmes tant je m'en veux d'avoir perdu tout ce temps.  

 

[Il lance] diffrentes sortes de pierres ...  

De l'autre main, en sautant, en fermant les yeux  

 

Par ses mots ensuite.  

Quand il a dit qu'il voulait que je fasse partie de sa famille. Que j'tais la seule personne dont il avait besoin. J'ai cru qu'il s'agissait d'une demande en mariage. Il s'en est tir par une pirouette, et je l'ai cru. Et si  

 

Et si mon cur ne s'tait pas tromp ce jour-l ?  

- Je t'ai cru. J'ai cru ton excuse bidon parce que je n'ai jamais eu confiance en moi.  

 

Et moi qui m'agite en tous sens quand il cherche me rendre jalouse. Car c'est a le but de toutes ses manuvres depuis le dbut : me faire agir, me faire ragir, me faire hurler mon amour pour lui. Annes aprs annes, j'ai t aveugle et aujourd'hui, je vois. Alors que c'tait l, juste l, juste devant mon nez.  

 

J'ai t la seule ne rien voir. En y repensant, et c'est toute l'ironie de la chose, mme Umibozu l'a senti Umi Un aveugle voit mieux que moi Et je n'ai rien cout, alors que lui, si avare de ses mots, me l'a dit quand Miki cherchait rester auprs de lui. Je n'avais pas compris, idiote que je suis.  

- Je n'ai pas le courage d'avoir une personne que j'aime et que je protge envers et contre tout dans ce monde ! Comme c'est le cas de Ryo ! A-t-il ajout.  

 

Puis aprs l'affaire avec Mary, quand je pensais que Ryo me cachait son pass parce qu'il n'avait pas assez confiance en moi, Umi avait tout compris. Il a tent de me l'expliquer ce jour-l, rougissant devant les sous-entendus de ses paroles. Mais je n'ai pas cout. Ses mots rsonnent maintenant mes oreilles et prennent toute leur signification aujourd'hui :  

- Il te considre comme une partenaire qui est plus qu'une partenaire.  

 

Je prends ma tte dans mes mains, rsistant l'envie de m'arracher les cheveux. J'ai envie de hurler de frustration.  

 

Ma main passe mon oreille alors qu'une autre question me vient en tte : Et ma boucle ? Celle que j'ai perdu aprs cette fameuse soire. Est-ce lui ? Est-ce lui qui l'a mise dans ma poche ? Mes yeux s'carquillent devant l'vidence. Il savait ! Il savait que c'tait moi. Et son attitude ce soir-l, si doux, si insouciant. Il ne me mentait pas.  

 

Puis l, ma main sur mon front ravive le souvenir de ce baiser qu'il m'a donn, sur le toit, quand j'ai dcid de sa date d'anniversaire. Ce baiser qui m'a ttanise au point de rester dehors toute la nuit et de tomber malade. Je ris lgrement, nerveusement, alors que je rougis encore ce souvenir. Y avait-il autre chose qu'un simple merci dans ce baiser ? Oui, venant de lui, il y avait autre chose. Quelque chose qu' l'poque je n'ai pas os voir, je n'ai pas os croire  

 

Aujourd'hui je sais, j'ai compris le changement dans son regard au parc.  

 

J'ai toujours attendu de lui une dclaration classique. Je ne pouvais pas me tromper davantage. Venant de lui, un homme pudique, pragmatique, solitaire, c'est juste impossible... Et ces petites attentions, ces petits gestes qu'il a sems sont autant d'aveux plus beaux encore.  

 

De nombreuses fois, il a essay de s'loigner, de m'loigner, mais toujours, toujours on en revient au point de dpart, attirs comme des aimants. L'un vers l'autre. C'est notre vidence. Annes aprs annes, comme une fatalit, mortelle, si on est spars.  

 

Tiraill par la peur de me mettre en danger, il m'a avou ses sentiments sans pouvoir les assumer, les regards qu'il m'a adresss aujourd'hui taient la rponse toutes mes questions. Nous sommes au bord d'un prcipice et je suis prte sauter.  

 

Mais quoi qu'il se passe, comme attire,  

[La pierre] frappe toujours le centre du cercle, annes aprs annes  

 

Je sors de l'eau en vitesse et m'enroule dans une serviette. J'ai tellement peur de revenir sur ma dcision, de douter nouveau que je ne prends mme pas le temps de me scher. Je me regarde une rapidement dans le miroir, aprs avoir effac la bue. J'ai les cheveux en bataille, des gouttes d'eau dvalent mes paules mais je m'en moque. Mon regard est dtermin.  

 

J'ouvre la porte de la salle de bain et frissonne au contact de l'air froid de l'appartement. Ou de l'apprhension ? Soudain, je m'arrte dans le couloir, en haut de l'escalier. Mes doutes m'assaillent nouveau. Et si je me trompe compltement ? Et s'il n'arrive pas assumer ? Et si  

 

NON, ne pas rflchir : agir, j'ai t suffisamment immobile. A moi d'avancer maintenant.  

 

Je descends les marches en m'accrochant la rambarde. Je ne regarde pas ma main, je sais trs bien ce que je verrai : une main crispe sur ce qui me maintient debout. Mes jambes tremblent devant la rsolution que j'ai prise. Je suis terrorise et en mme temps tellement heureuse. Mon cur danse dans ma poitrine, le prcipice est l devant moi, sombre, profond, inconnu. Je vais sauter, pleine de certitudes, dans l'espoir que Ryo me rattrape. Le fera-t-il ?  

- Hein Ryo, me rattraperas-tu? Murmur-je  

 

J'arrive en bas des marches, je lve la tte et te cherche du regard. Tu me tournes toujours le dos, debout face la fentre, les yeux perdus dans le lointain, ton verre la main. Les glaons ont presque fondu. Tu as laiss la moiti de ton whisky.  

 

Qu'est-ce qui peut bien te proccuper autant ?  

Moi ?  

Je l'espre.  

Je le souhaite.  

Je le veux.  

 

Et quand je regarde ton reflet, je me rends compte que ton regard est braqu sur moi et je peux en deviner toute l'intensit. Je me sens mise nue mais pour la premire fois de ma vie je n'en prouve aucune honte.  

 

C'est l.  

C'est maintenant.  

C'est le tournant de ma vie.  

 

Alors que l'aube d'un nouveau jour nous appelle,  

 

Tu ne te retournes toujours pas mais tu ne fais rien non plus pour m'arrter. Et j'ai la certitude que tu sais parfaitement ce que je vais faire. Je m'approche de toi, mes yeux rivs ton reflet, je soutiens ton regard, je ne flanche pas.  

 

Tu ne te tournes toujours pas.  

 

Je pose mes mains tremblantes et froides de nervosit dans ton dos, travers le tissu de ton t-shirt. Ton dos est large, muscl, scurisant. Tu as enlev ta veste, tu n'as que ton t-shirt et ton holster. Je fais glisser le harnais. Tu me laisses faire, les yeux toujours rivs aux miens travers la vitre. Je pose ton python au sol nos pieds, prenant soin de diriger le canon l'oppos de l o nous sommes. Cette prcaution te fait sourire.  

 

Je me redresse, resserre ma serviette. Ma main se pose sur ton bras et remonte vers ton paule. Je tremble lgrement et je la suis du regard pour bien raliser ce que je suis en train de faire. J'ai os, j'ai franchi cette frontire invisible qui nous a toujours spars et a a abaiss toutes mes barrires. Je vois l'piderme de ta nuque ragir, un frisson la parcourir et je prends cela comme un encouragement.  

 

Tout survit dans cet univers, tout tourne dans cet univers  

Et revient vers nous, comme les cercles sur l'eau  

 

Je m'avance d'un dernier pas, rduisant totalement la distance qui nous spare. Ma poitrine est maintenant colle ton dos, j'y pose mon front, mon nez. Je sens ton odeur que j'aime tant avec la pointe de poudre qui me chatouille les narines. Mon cur a nouveau perdu tout rythme cohrent, mais je m'en moque.  

 

Maintenant que je suis arrive l, je n'ai pas la moindre ide de ce que je dois faire et ton immobilit est assez droutante. Mais je continue, un peu hsitante, j'ai envie de savoir, je dois savoir : le got de ta peau, de tes lvres sur les miennes et de ton corps imbriqu dans le mien. Je rougis cette pense, moiti de honte, moiti d'excitation.  

 

Tu restes toujours immobile, face cette fentre, ton regard toujours pos sur moi travers la vitre. Mais tu ne fais rien, tu ne dis rien. Ni encouragements, ni rprimandes.  

 

Rien.  

 

Rien ne disparait jamais tout fait  

 

Je penche la tte et j'ose poser mes lvres sur ton paule. A travers le t-shirt, je t'embrasse, m'enivrant de ton odeur suave et pice. Je suis bien. Je me sens en scurit contre ton dos. Si large. Fort. Je me sens protge. Comme lors de notre rencontre, ce 26 mars. J'avais 16 ans.  

- Tu te souviens, murmur-je  

Je reconnais peine ma voix. Elle est rauque, elle tremble. Je n'arrive pas finir ma question.  

 

Tu trsailles et bouges enfin : tu bascules un peu la tte en arrire. J'ai un mouvement de recul. Tu poses ton verre sur le rebord de fentre. Je retiens mon souffle.  

 

Tu te tournes enfin vers moi.  

 

Tu me regardes.  

 

Je remercie le ciel de n'avoir vu que le reflet de cette intensit dans la vitre, car je me liqufie entirement.  

 

Tu me regardes vraiment.  

 

- Il y a douze ans, presque jour pour jour, me rponds-tu d'une voix douce, presque murmure.  

 

Ton regard m'enveloppe d'une douce chaleur.  

 

Une sorte de parcours alatoire, un rebondissement fatal  

 

Tes pupilles sont dilates et je n'ai jamais autant aim mon reflet qu' cet instant. Enfin !!! je me vois enfin dans le noir tes yeux ! Je me dcouvre telle que tu me perois, rellement, sans te cacher, sans me mentir. Mon cur se gonfle de joie, parce que je m'y vois belle, dsire Aime.  

 

Tu dglutis, entrouvrant les lvres. Je pose une main sur ta joue rpeuse. Tu trsailles au contact de ma peau, fermes les yeux et suspends ton souffle. Mon pouce caresse ta bouche qui m'hypnotise. Tu portes ta main la mienne et l'loigne de ta joue. Mon cur se serre.  

 

Nous avons gagn ensemble et perdu nouveau  

 

Pourquoi me repousses-tu ? Noooon, pas maintenant !!! J'ai os, j'ai enfin os !! Pourquoi fais-tu a ? Pourquoi ne me rponds-tu pas ? Me suis-je trompe ? J'ai envie de pleurer, de fuir, de me cacher. Je.  

 

Puis je ralise : tu ne me repousses pas. Tu tiens ma main. Tu la serres et la portes tes lvres. Tu embrasses ma paume. Je crois rver. Je tressaille. Je tremble.  

 

Et mon corps entier s'embrase. Je me prcipite soudain sur tes lvres, lanant mes bras autour de ton cou, crasant ma poitrine contre ton torse. Je t'embrasse comme si ma vie en dpendait pour que tu comprennes tout l'amour que je ressens pour toi.  

 

Tes lvres sont douces, au lger gout de cigarette et d'alcool, ton souffle est chaud. Mon cur tambourine dans ma poitrine alors que les secondes s'grnent sans que tu ne me rpondes.  

 

Tu ne me rends pas mon baiser. Tu hsites, je relche alors mon treinte, due, blesse, les larmes aux yeux. Mon cur se brise. J'ai envie de hurler, de te frapper, de te secouer. Je sais pourtant que je ne me suis pas trompe.  

 

Et nous, immobiles, attendons simplement que la temprature change.  

Pour respirer sans regret ni tristesse  

 

Puis soudain, ta main se referme sur mon bras et m'attire violemment toi. Je suis plaque nouveau contre ton torse et nouveau mon cur s'affole alors que je lve la tte vers toi.  

 

Tu poses ta main sur ma joue. Je ferme les yeux quelques secondes pour savourer ton geste, je pose ma main sur la tienne pour accentuer la pression. Je rouvre les yeux, pleine d'apprhension quand tu bouges nouveau. Mais ton pouce caresse alors mes lvres que tu ne quittes pas des yeux. Mon cur va exploser, tant j'ai l'impression que cet instant dure une ternit.  

 

J'ai tellement envie que tu m'embrasses.  

J'ai besoin que tu m'embrasses.  

Je prononce dans un murmure :  

- Comment j'ai pu ne pas comprendre plus tt ?  

 

Un sanglot monte dans ma gorge, j'ai du mal le retenir. Ta main passe dans mon cou, dans ma nuque. Je sens les cals de tes doigts sur ma peau, ton poing qui se referme sur mes cheveux, me tirant la tte un peu plus en arrire. Ton souffle est chaud, profond, alors que ton visage s'approche lentement du mien. Tu n'hsites plus.  

 

Puis alors que ton autre main glisse doucement autour de ma taille, passant dans mon dos, allumant une rivire de feu son passage, tu t'empares avidement de mes lvres, me coupant le souffle.  

 

Enfin !!!  

 

Mon cur s'arrte de battre avant de repartir de plus belle, j'ai l'impression de toucher le paradis. Mes jambes ne me portent plus, tu le ressens et me soulves dans tes bras. Mes mains se perdent dans tes cheveux que j'ai toujours rv toucher, avec lesquels j'ai espr pouvoir jouer depuis tellement longtemps. Mon souffle est anarchique, j'en manque, j'touffe mais je veux que ce moment ne s'arrte jamais, quitte en mourir.  

 

Puis soudain, la pression sur mes lvres faiblit, tu te dtaches de moi, bout de souffle, m'arrachant un grognement de mcontentement. Tu pouffes lgrement. Je te regarde, je sais que mes yeux ptillent, comme les tiens. Tu me souris, reprenant ton souffle, la bouche lgrement entrouverte. Je te dsirais dj avant, depuis longtemps tu me troubles mais l, mon dsir s'enflamme, dcuple. Je n'aurais jamais cru cela possible, et pourtant en un baiser, tu as allum un brasier.  

 

Je veux plus, je veux tout, je te veux toi.  

 

Tu poses ta tte contre la mienne, front contre front, les yeux ferms, le souffle retrouv. Moment de flicit. Puis en parsemant ma joue de baisers, tu loges ta tte dans le creux de mon cou, me serrant contre toi. Je te serre plus encore.  

 

L, dans le creux de mon oreille, faisant naitre des frissons dans ma nuque, tu murmures :  

- Tu comprends vite, mais il faut t'expliquer longtemps, p'tite tte.  

 

Je te rponds en un sourire :  

- Si tu parlais plus aussi, abruti  

 

Et une certitude m'envahit : tu es moi ce soir et pour le reste de ma vie. 

 


Capitolo: 1


 

 

 

 

 

   Angelus City 2001/2005

 

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