Hojo Fan City

 

 

 

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Rated G - Prosa

 

Autore: laeti

Beta-reader(s): Kaori28, Saintoise

Status: In corso

Serie: City Hunter

 

Total: 16 capitoli

Pubblicato: 24-02-06

Ultimo aggiornamento: 11-09-06

 

Commenti: 181 reviews

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RomanceDrame

 

Riassunto: Ryô décide de partir et de laisser Kaori vivre sa vie à la fois pour lui mais aussi pour Kaori. Que va-t-elle devenir sans lui ? Comment va-t-elle pouvoir continuer à vivre sans sa moitié ? Et ce départ est-il vraiment définitif ?

 

Disclaimer: Les personnages de "L'appel au secour" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: L'appel au secours

 

Capitolo 12 :: Une prise de conscience tardive…

Pubblicato: 02-06-06 - Ultimo aggiornamento: 02-06-06

Commenti: Alors là... va y avoir des heureuses...lol

 


Capitolo: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16


 

Les jours qui suivirent cette journée cauchemardesque pour la pauvre Miyuki ne furent guère plus heureux. En effet, entre la surveillance constante exigée par son supérieur durant sa présence au sein de l’hôpital et l’indifférence feinte de Ryô qui campait sur ses positions, la vie de la jeune femme ne ressemblait aucunement à l’image idyllique qu’elle s’était faite de sa nouvelle vie. Elle évoluait dans un état de stress permanent et ne voyait aucune porte de sortie se dessiner.  

 

Comme tous les matins depuis bientôt une semaine, Miyuki se réveilla sur les coups des cinq heures du matin. Le réveil n’avait pas réussi, une fois de plus, à réveiller son compagnon qui dormait comme un bienheureux. Son visage détendu contrastait fortement avec la mine sévère qu’il conservait le reste de la journée. Miyuki n’avait pas réussi à instaurer une trêve entre eux et ne comprenait pas vraiment l’origine de la mauvaise humeur de son homme.  

 

En effet, que pouvait-il désirer de plus qu’il n’avait déjà ? Il passait ses journées, affalé sur leur canapé, à ne rien faire de spécial si ce n’est prendre du bon temps en attendant son retour. Elle lui préparait ses repas et s’occupait de l’appartement pendant son trop rare temps libre afin que Monsieur n’ait ni à salir ses blanches mains, ni à se fatiguer.  

 

En fait, elle souhaitait surtout arranger les choses entre eux deux mais ce dont elle n’avait absolument pas conscience c’était qu’en agissant de la sorte, elle l’excluait du peu d’activités encore à sa disposition, ce qui n’arrangeait en rien l’humeur désastreuse de son homme.  

Décidemment, elle ne le comprenait pas et plus le temps passait et moins le besoin d’y remédier se faisait ressentir. Une sorte de lassitude commençait à s’installer au sein de leur couple. Lui-même ne faisait aucun effort pour la comprendre, la soutenir. Elle aurait tellement souhaité l’avoir près d’elle pour qu’il l’aide à passer ce cap difficile dans sa vie professionnelle.  

 

Il était tranquille toute la journée, lui, et n’avait pas à surveiller chacun de ses gestes, noter chaque appréciation ou suggestion sur les différents cas qui lui étaient présentés.  

De plus, elle devait supporter la présence de l’interne de service qui la suivait tout au long de ses consultations afin de vérifier si, par hasard, elle ne reproduisait pas la même erreur que lors de son premier jour de travail avec le petit Soshio, qui soit dit en passant, se portait comme un charme depuis son hospitalisation en urgence.  

 

De plus, l’interne qui avait été désigné pour sa surveillance ne lui inspirait aucune confiance. Ce type était à peine plus âgé qu’elle et ne semblait aucunement préoccupé par son travail. Il passait le plus clair de son temps à courir après les infirmières qui avaient le malheur de l’approcher d’un peu trop près.  

Cet obsédé de première avait même tenté sa chance avec elle lors de leur présentation respective mais elle l’avait rapidement remis à sa place en l’informant du fait qu’elle était déjà prise et que les types dans son genre l’horripilait (nda : tiens…y aurait pas comme un problème là ? Ca ne vous rappellerait pas quelqu’un par hasard ? mdr) (ndb : comme quoi son Ryo n’est pas aussi naturel que ça envers elle !).  

 

En repensant à la situation dans laquelle elle se trouvait, elle soupira bruyamment. Elle aurait pu en arriver à douter d’elle-même et de ses capacités si elle n’avait pas une confiance sans borne dans son jugement. Cette histoire avec le petit Soshio l’avait profondément troublée. Elle s’était même l’espace de quelques heures remise en question, se demandant si elle était vraiment responsable des conséquences de ce maudit diagnostic. Après réflexion, elle s’était dit que, de toute manière, il lui aurait été impossible d’approfondir son examen et de modifier ce dernier. L’enfant ne se serait jamais plié à sa volonté et sa mère n’avait pas fait un geste pour le calmer. Dans de telles conditions, comment mener à bien une auscultation ?  

 

De plus et pour ne pas arranger les choses, tous les soirs, lorsqu’elle rentrait après une dure journée de travail sous une « étroite » surveillance, elle avait droit à la même scène de la part de son compagnon :  

 

Ryô était confortablement installé devant le poste de télé, regardant à peine les images qui défilaient. Il avait le regard lointain, comme ailleurs… Vraiment…Il pourrait faire un effort et essayait de comprendre son mal-être et lui montrer un minimum d’attentions ! Elle le sentait s’éloigner d’elle dans ces moments là et aurait bien voulu connaître le fond de ses pensées. Elle n’ignorait pas que son inactivité lui pesait mais que pouvait-elle bien faire pour y remédier ? Elle lui avait bien proposé de sortir pendant ses absences mais il n’avait eu aucune réaction vis-à-vis de sa proposition.  

 

En fait, il ne savait pas quoi faire de ses journées. Sortir ne lui disait absolument rien. Il ne voulait pas se mêler aux gens qui défilaient, sans discontinuer, dans les rues de la ville. Il n’en voyait pas l’intérêt si ce n’était que de pouvoir observer à quel point la plupart d’entre eux avait une vie bien plus riche et remplie que la sienne. Il s’y refusait tout simplement.  

 

Shinjuku lui manquait atrocement. Il avait été forcé de l’admettre puisque même son inconscient le lui disait à travers les rêves qu’il ne cessait de faire nuit après nuit. Il regrettait le temps où il pouvait sortir à toute heure sachant pertinemment qu’il ne manquerait pas de trouver une occupation digne de ce nom. Entre les vilains mafieux et les cabarets du Kabuchiko, il n’avait que l’embarras du choix ; et si par malheur, il lui était impossible de sortir, il savait se contenter d’être enfermé chez lui, sachant pertinemment qu’il en profiterait pour faire enrager sa partenaire. La conséquence directe de ses attaques sarcastiques et moqueuses envers cette dernière était bien connue de notre ancien nettoyeur mais il s’en fichait éperdument. Un coup de massue ne le tuerait assurément pas et il s’était tellement amusé à la voir réagir au quart de tour. Combien de soirées avait-il passé ainsi…à visiter chaque mur de leur appartement ?  

 

Un soupir s’échappa de ses lèvres à ces souvenirs heureux.  

 

Miyuki restait dubitative devant les absences de son homme. Elle essayait de le comprendre mais désespérait d’y arriver. A chaque fois qu’elle avait tenté de lancer la conversation sur le sujet qui semblait le préoccuper, elle s’était retrouvée face à un mur. Il ne lui répondait jamais et ne semblait même pas l’entendre. Elle était triste de voir que l’homme qu’elle aimait ne semblait ne pas avoir assez confiance en elle pour lui parler de ses problèmes et de ses doutes. Car il s’agissait bien de doutes, elle en était intimement persuadée aux vues de l’expression qui ne quittait plus le visage de Ryô depuis quelques temps.  

 

Ils n’avaient plus refait l’amour depuis le jour de leur arrivée à Osaka et la présence de son homme à ses côtés, lui manquait atrocement. Ses sentiments semblaient exacerbaient par l’indifférence de ce dernier. Plus il semblait lointain et plus elle était en manque de lui. Il était devenu sa drogue et le voir ainsi se détourner d’elle, la rendait triste et malheureuse.  

 

Les jours se transformèrent en semaines et rien ne semblait s’arranger entre les deux tourtereaux. Un climat tendu et plein de doutes s’était installé au sein de leur couple. En effet, plus le temps passé et plus Ryô se remettait en question.  

 

Avait-il fait le bon choix ? Pourquoi n’arrivait-il pas à faire une croix définitive sur son passé ? Est-ce que son ancienne vie lui manquait tant que cela ?  

 

Il savait bien, en quittant Shinjuku, qu’il aurait du mal à s’adapter à la vie normale, lui qui avait toujours eut une existence qui sortait de l’ordinaire (nda : c’est peu de le dire !!!).  

Mais il pensait sincèrement pouvoir s’accommoder d’un tel changement.  

 

L’amour qu’il ressentait pour Miyuki lui avait paru suffisant pour satisfaire la moindre de ses attentes. Comment ne pas être heureux avec une telle femme ?  

La réponse lui sauta au visage au moment même où cette question avait envahi son esprit.  

 

Elle ne le comprendrait jamais véritablement.  

 

Elle ne le connaissait pas vraiment. Il n’avait pas voulu l’effrayer et s’était, par conséquent, bien gardé de lui parler de son passé. Elle savait juste ce qu’il lui avait appris et cela se résumait à peu de choses en fait : qu’il avait été City Hunter. Mais elle ignorait à quel point son métier l’avait profondément marqué. En fait, seules les personnes faisant parties du milieu pouvait le comprendre.  

 

Le dégoût de soi-même, la peur de perdre les gens auxquels on tient, la guérilla et l’enfer qui allaient de pair … toutes ces choses qui faisaient qu’elle ne pourrait jamais vraiment savoir qui il était vraiment. Il n’arrivait pas lui faire partager tout ça. C’était au dessus de ses forces. Il ne lui en avait jamais parlé, préférant de loin garder pour lui toutes ses peurs et ses souvenirs douloureux. La seule personne qui pouvait se targuer de le connaître véritablement ne faisait désormais plus partie de sa vie.  

 

… Kaori…  

 

Elle était la seule qui le connaissait vraiment. Certainement pas grâce à lui bien sur.  

 

N’aimant pas se confier, elle avait reconstruit le puzzle de son existence avec des bribes d’informations glanées à droite et à gauche.  

Mary y avait été pour beaucoup lorsqu’elle lui avait parlé de son passé de guérillero et de ce qu’il avait enduré tout au long de son enfance.  

Elle en avait souffert pour lui. Apprenant l’existence dénuée d’amour dans laquelle il avait évolué, elle s’était sentie pitoyable face à ce qu’il avait enduré pour ne pas juste vivre mais survivre.  

 

La mort de son frère, son adoption…tous ces drames qui avaient jalonné son existence étaient apparus à Kaori comme des broutilles face à son passé. Pourtant, lui-même savait par quelles épreuves la jeune femme était passée et en avait mal pour elle.  

 

Elle n’avait pas mérité cette vie où chaque malheur s’enchaînait avec un autre comme si elle devait payer les erreurs de son entourage, et plus particulièrement les siennes.  

 

Il n’avait jamais accepté de la voir se détruire petit à petit à chaque nouvelle enquête. La peur de le perdre la rongeait constamment. Il avait toujours eu parfaitement conscience des sentiments de sa partenaire à son égard et les avaient partagés pendant longtemps sans jamais vraiment se l’avouer.  

Pour lui, c’était une faiblesse qui pouvait lui coûter cher et pour rien au monde il n’aurait souhaité la perdre.  

 

Elle était beaucoup trop importante pour lui.  

 

C’était elle qui lui avait donné envie de vivre, de s’accrocher à cette chose que l’on nomme espoir. Avant qu’ils n’apparaissent dans sa vie, elle et son frère - qui par la suite était devenu son meilleur ami - il n’avait fait que survivre…attendant patiemment la balle qui mettrait définitivement fin à sa triste vie.  

Et puis, ils avaient débarqué sans prévenir, telle la lumière du phare qui éclaire soudainement le naufragé pris dans la tempête…  

Il n’aurait jamais pensé de lui-même pouvoir changer à un tel point mais les Makimura avaient plus d’un tour dans leur sac et une détermination à toute épreuve. Ils lui avaient imposé leur présence sans qu’il ne trouve grand-chose à y redire.  

 

Ryo avait tout d’abord fait la connaissance d’ Hyde, qui lui avait apporté une stabilité et un bien être que le nettoyeur n’avait jamais connu auparavant. Toute sa vie, il n’avait fait que voyager sans poser ses valises, n’en ressentant aucunement le besoin. Quatre murs, un lit et de quoi se laver lui avait toujours amplement suffi. Il n’avait jamais ressenti le besoin de s’installer, de poser ses marquer dans un endroit à lui sachant pertinemment qu’il pouvait à tout moment, être amené à quitter les lieux dans l’urgence, sous une menace quelconque.  

 

Makimura lui avait fait prendre conscience d’un manque dans sa vie. Ce dernier l’avait vu évoluer dans son environnement sans le juger ni s’appesantir sur son passé de tueur à gages Il l’avait accepté tel qu’il était sans se poser de question. C’est à partir de ce moment-là que Ryô s’était senti humain pour la première fois.  

 

Puis se fut au tour de Kaori de prendre place dans sa vie. Il la rencontra pour la première fois alors que cette dernière n’était qu’une jeune lycéenne cherchant des repères qu’elle ne trouvait pas encore. Quand Hyde fut assassiné, il décida de la prendre sous son aile dans le seul et unique but de la protéger et, par la même occasion, de tenir la promesse qu’il avait faite à son ami avant que ce dernier n’expire son dernier souffle.  

A la base, il avait souhaité qu’elle quitte ce milieu où elle était tombée par un pur concours de circonstances. Mais elle ne l’avait pas écouté et s’était autoproclamée sa nouvelle partenaire, la deuxième moitié de City Hunter. Et pendant huit longues années et de nombreuses péripéties, elle avait parfaitement tenu son rôle malgré les nombreuses tentatives du nettoyeur pour l’éloigner et la renvoyer dans une vie ordinaire.  

 

Elle s’était accrochée à lui, le considérant comme le dernier membre de sa famille, le seul homme qui ait jamais fait battre son cœur. Il savait ce qu’elle ressentait mais ne pouvait se permettre de répondre à ses attentes. Cela aurait été beaucoup trop dangereux pour elle et elle était bien trop importante pour lui. Il n’aurait jamais accepté qu’il lui arrive quoi que se soit par sa faute.  

 

Elle avait illuminé sa vie par sa seule présence. Elle était le seul être qui l’avait toujours soutenu dans les pires moments et qui avait également partagé la plupart de ses instants de bonheur.  

Sa présence si douce et réconfortante l’avait toujours aidé à supporter toutes les épreuves qui n’avaient pas manqué de se présenter.  

Sa générosité l’avait profondément touché et l’avait changé. En effet, à son contact, il avait revu bon nombre de ses préjugés, réalisant que la vie n’était pas faite de noir ou de blanc mais pouvait se teinter de couleurs bien plus chaudes.  

 

Oui, elle lui avait prouvé que l’existence de tout être humain avait une signification et un sens. La sienne était d’aider et de protéger les personnes qui l’entouraient, souvent au péril de sa propre vie.  

C’est elle qui avait fait de l’homme si sombre et impitoyable qu’il était, un être capable de ressentir de la compassion, de la peine mais aussi de la joie et du bonheur.  

Et elle ne s’était pas arrêtée là…elle lui avait créé une famille. Bien sur, il ne s’agissait pas de liens de sang mais pour lui, il n’y avait aucune différence : Mick, Falcon, Miki, Kazue et même le Doc constituait cet étrange foyer qui s’était édifié dans le sang, la douleur mais aussi dans les moments de joie et de rires. Chaque souvenir heureux le ramenait forcément à sa douce Kaori ; elle lui avait tant apporté et il ne l’en avait jamais réellement remercié. Du moins, pas comme il l’aurait du.  

 

Et c’est à cet instant précis que tout s’éclaircit, qu’il comprit… Malgré son choix de partir, malgré toutes ses peurs et tous ses doutes et surtout, malgré tout le mal qu’il savait lui avoir fait…il l’aimait.  

Du plus profond de son être et aussi loin qu’il s’en souvienne, il l’avait toujours aimée. Ce sentiment, il l’avait délibérément étouffé au contact du monde dans lequel ils évoluaient. Il s’était efforcé de cacher ses propres émotions pour ne pas avoir à les affronter, ne pas avoir à y faire face, mais là, loin de tout et surtout d’elle, ces sentiments prenaient toute leur signification et avaient gagné en intensité.  

 

Un amour profond le liait à la jeune femme qui avait fait de lui la personne qu’il était aujourd’hui : un homme juste. Et cet amour, qu’il avait cru partager avec Miyuki, s’empara de son être comme jamais auparavant. Un large sourire apparut alors sur ses lèvres.  

Il revoyait son si beau visage, son corps qu’il avait dénigré pendant des années dans le seul et unique but de ne pas avoir à lui avouer à quel point ses courbes le troublaient. Il revivait, à travers ses souvenirs, les trop rares mais si magnifiques moments d’intimité qu’ils avaient partagés.  

 

Cette prise de conscience fut totale.  

 

D’un coup, il fut rappelé à la réalité. La porte de l’entrée venait de s’ouvrir brusquement et la femme qui partageait sa vie pénétra en trombe dans l’appartement. Les traits durs de son visage ne l’inspirèrent aucunement. Ils étaient figés par la colère.  

Elle s’avança jusqu’à lui et le fixa droit dans les yeux. Il se sentit pris au piège. Qu’est ce qu’elle allait bien pouvoir lui reprocher cette fois-ci ?  

 

- Ryô ! Cette fois-ci, j’en ai plus que marre !  

 

Sa colère n’étant ni sourde ni cachée, Ryô sentit ses tympans littéralement exploser sous l’intensité de la voix de sa compagne.  

 

- Mais t’as pas fini d’hurler comme ça ? J’suis pas sourd et encore moins idiot alors au lieu de te jeter sur moi toutes griffes dehors, tu pourrais commencer par t’expliquer !  

 

Sa voix avait également pris quelques octaves. Mais qu’est-ce qui lui prenait à celle-là de le harceler alors qu’il n’avait rien fait de spécial ? Enfin rien qui ne sorte de l’ordinaire du moins. Une fois de plus, il était resté enfermé entre les murs de l’appartement attendant désespérément que le temps passe. Il ne préférait pas penser à sa soudaine prise de conscience. Ce n’était pas vraiment le moment de commencer une introspection profonde. Il n’avait pas encore eu le temps de penser à l’avenir et encore moins à ses sentiments réels envers la jeune femme. La seule chose dont il était sûr maintenant, c’était qu’il avait peut être bien fait la plus grosse erreur de sa vie. Dieu savait qu’il était expert en la matière.  

 

- Ne me dis pas que tu ne te souviens même pas de ce qui s’est passé ce matin ?  

 

Cette phrase n’était pas une interrogation mais plutôt un constat, voir même une accusation.  

Ryô ne voyait absolument pas de quoi voulait parler la jeune femme et sa perplexité devait se lire sur son visage à la vue du regard incendiaire de Miyuki.  

 

- J’hallucine ! Tu ne te souviens de rien ? Alors je vais me charger de remettre de l’ordre dans ta mémoire défaillante. Ce matin, alors que j’allais partir, je suis passée par la chambre pour t’embrasser une dernière fois…  

 

Elle laissa délibérément le silence s’installer entre eux, espérant toujours que l’homme qui lui faisait face ait une soudaine illumination mais elle dut se rendre à l’évidence. Il ne se rappelait de rien. Et bien qu’à cela ne tienne, elle allait lui rafraîchir la mémoire à ce rustre !  

 

- Et pour me remercier de mon geste, tu m’as prise dans tes bras en me susurrant que j’étais la plus belle chose qu’il t’était arrivé…et tu as fini ta phrase en m’appelant Kaori…  

 

Un silence de mort s’installa et cette fois-ci ni lui, ni elle, ne voulait le briser. Elle espérait des explications et les avaient attendues tout au long de la journée, se repassant sans interruption la scène dans sa tête en essayant de trouver une explication logique aux paroles de son compagnon.  

Sa colère n’avait fait qu’augmenter au fur et à mesure que le temps passait. Qu’il pense à une autre femme alors qu’il était dans ses bras lui était insupportable et de savoir qui était cette autre femme était bien pire pour elle. Elle ne comprenait pas comment cette oie blanche de Kaori pouvait inspirer de tels sentiments à Ryô alors qu’il avait une femme d’un tout autre « calibre » à ses côtés. Comment pouvait-il soupirer sur une femme qui se rapprochait plus du camionneur que de la femme fatale ? (ndb : grr je la déteste de plus en plus celle-là !) Ce garçon manqué n’avait aucun charme et sa violence ne pouvait que dégoûter la gente masculine.  

Alors pourquoi avait-il prononcé son prénom alors qu’elle l’embrassait langoureusement ?  

 

De son côté, Ryô ne savait pas quoi répondre à la jeune femme. Devait-il être franc et avouer ce que lui-même avait encore du mal à concevoir ? Et s’il lui mentait en affirmant ne rien ressentir pour son ancienne partenaire, comment ferait-il par la suite pour lui expliquer le motif de leur rupture ?  

 

Et là, son esprit fit un arrêt sur image. Pourquoi avait-il pensé à une éventuelle rupture ? Pourquoi envisager une hypothétique séparation ? Et même si dans l’hypothèse où il venait à se séparer de sa pédiatre préférée, que ferait-il après ? (ndb : il est complètement pommé ! je me charge personnellement de son cas !)  

 

La réponse fusa dans son esprit. Il voulait retourner à Shinjuku. Il souhaitait plus que tout reprendre sa vie de nettoyeur là où il l’avait laissée. Cette vie faite de danger et d’incertitude, mais tellement plus passionnante et excitante que ce qu’il vivait en ce moment, lui manquait plus que jamais.  

Il en avait par-dessus la tête de jouer au parfait petit homme d’intérieur. Tous les jours, il attendait patiemment le retour de sa petite femme fatiguée après une longue et harassante journée de travail. De plus, il ne fallait pas oublier le récit détaillé de la moindre petite méchanceté que ses si nombreux collègues n’avaient eu de cesse de lui dispenser, et qui, par-dessus le marché, ne voyaient en elle qu’une incapable qui avait failli à sa tâche !  

 

Soudain, il se rendit compte qu’il ne la supportait plus et que cela n’était pas nouveau. Depuis plusieurs semaines, elle commençait à sérieusement lui taper sur les nerfs. Au début, il avait mis ce sentiment sur le compte de son inactivité forcée, mais non, en fait il s’aperçut que le problème ne venait pas que de lui. Elle était si imbue de sa petite personne qu’elle n’envisageait même pas la possibilité d’être en faute.  

Le petit Soshio avait failli mourir par sa faute, à cause de son jugement hâtif mais en ce qui la concernait, elle n’était aucunement responsable.  

Pour elle, toute la faute reposait sur la mère du jeune garçon qui n’avait pas su tenir son fils pendant l’auscultation.  

 

Kaori n’aurait jamais réagi comme ça.  

 

Elle se serait morfondue dans la culpabilité, surtout qu’il était question d’un enfant innocent. Il l’aurait alors consolé, lui faisant comprendre que l’erreur était humaine et qu’il fallait qu’elle se pardonne.  

Mais là, il n’était pas du tout question de son ancienne partenaire, de la femme qu’il aimait du plus profond de son cœur mais bien de Miyuki. Cette femme qu’il avait idolâtrée un temps mais qui le décevait chaque jour un peu plus. Elle n’affichait que mépris pour les personnes qui n’allaient pas dans son sens et la suite de la discussion ne fit que le confirmer dans ses dires.  

 

- Explique moi comment tu peux penser à une femme comme elle alors que je suis dans tes bras ? Non, franchement là tu me déçois beaucoup Ryô. Je ne savais pas que tu donnais dans le travelo. Si j’avais su, je me serais équipée pour. (ndb : elle est odieuse !)  

 

Elle n’eut pas le temps de poursuivre son monologue. Une gifle retentissante vint lui brûler la joue. Instinctivement, elle porta la main à son visage. Elle était sous le choc.  

 

- Ne parle plus jamais, j’ai bien dit JAMAIS, de Kaori dans ces termes. Tu n’es même pas digne de la regarder et tu es loin de lui arriver à la cheville. Ca, tu peux me croire. (ndb : et voilà que Monsieur se réveille)  

 

Son regard ténébreux était empli de colère. Il n’aurait jamais pensé frapper une femme et encore moins elle. Même s’il ne l’avait pas aimée comme elle l’aurait souhaité, il avait eu des sentiments très forts pour elle.  

 

Il ne serait jamais parti de Tokyo si cela n’avait pas été le cas.  

 

Mais au moment où les paroles de la jeune femme l’avaient atteint, il n’avait pas su se contrôler et le coup était parti tout seul. Il s’en voulait déjà mais cela avait l’avantage de ne plus retarder la décision qu’il avait prise quelques secondes auparavant.  

 

- Je vais te quitter Miyuki. Nous deux, ça ne marchera jamais.  

 

Elle commençait déjà à faire un geste dans sa direction pour le retenir mais il se dégagea bien vite.  

 

- N’essaie pas de me retenir, ça ne sert vraiment à rien. Je ne suis pas fait pour ce genre de vie et tu le sais aussi bien que moi. Cela fait plusieurs semaines que je me pose des questions sur nous et surtout sur moi. Et ce soir, je viens de comprendre. Je suis désolé…mais je ne t’aime pas. Du moins, pas comme tu le voudrais…Et je ne le pourrais jamais pour la simple et bonne raison que nous sommes beaucoup trop différents. Nous n’attendons pas du tout la même chose de la vie et je ne pourrais jamais répondre à tes ambitions. Ma vie n’est pas ici.  

 

Et sur ces derniers mots, il se leva et se dirigea en direction de leur chambre.  

 

Elle resta figée de stupeur devant la scène qui venait d’avoir lieu. Elle n’avait pas pensé une seconde qu’il pourrait la quitter comme ça. Elle s’était imaginée qu’ils traversaient juste une mauvaise passe et que cela ne durerait pas.  

 

Elle avait toujours cru qu’il ne pourrait jamais se passait d’elle. Il lui l’avait même dit de nombreuses fois et elle, comme une imbécile, l’avait cru. Elle s’en voulait de s’être laissée prendre au piège comme une gamine qui tombait amoureuse pour la première fois. Elle venait de se rendre compte qu’il ne l’avait jamais vraiment aimée. Et ce n’est que lorsqu’elle avait vu une flamme danser dans ses yeux quand il avait parlé de son ancienne partenaire, qu’elle en avait véritablement pris conscience. Jamais il ne lui avait parlé avec une telle ferveur dans la voix, ni avec une telle envie d’ailleurs.  

Les larmes lui montèrent doucement aux yeux et elle s’effondra lentement sur le canapé où Ryô lui-même était installé quelques minutes plus tôt. Leurs destins étaient scellés. Elle en avait parfaitement conscience. Il allait la quitter.  

 

Elle resta plusieurs heures ainsi, le visage reposant sur l’accoudoir du canapé, fixant obstinément le plafond d’un regard vide.  

Ryô en avait profité pour plier bagages. En seulement deux heures, il avait récupéré l’ensemble de ses affaires et était près à partir. Il s’arma de courage et retourna dans le salon, ses sacs sous le bras.  

 

- Miyuki ?  

 

Elle ne lui répondit pas et ne fit aucun signe qui pouvait laisser supposer qu’elle l’avait entendu.  

 

- Miyuki, je suis désolé pour tout à l’heure. Je n’aurais jamais du te frapper. Je m’en veux mais cela ne change en rien ma décision. Je m’en vais. Je sais que tu te remettras bien vite de notre séparation. Tu trouveras quelqu’un de bien mieux que moi qui saura te comprendre et t’aimer pour ce que tu es.  

 

Même lui, devant la platitude de ses mots, se sentait minable. Franchement, il aurait pu faire mieux. Il voyait parfaitement qu’elle souffrait à cause de lui mais il n’avait plus le choix. Ca ne pouvait pas marcher entre eux deux.  

 

Alors, il s’en alla, refermant doucement la porte sur leur histoire.  

 

Plus ses pas l’éloignaient de l’appartement et plus le poids qui lui enserrait la poitrine depuis des semaines s’allégeait…Il rentrait chez lui et rien d’autre n’était plus important que ça.  

Un sentiment intense de liberté et de bonheur le parcourait de la tête au pied.  

Il allait retrouver sa famille et plus que tout, il allait retrouver la femme qu’il aimait. Du moins, il allait tout mettre en œuvre pour la retrouver sachant pertinemment qu’elle avait du quitter la ville ou s’installer ailleurs après son propre départ.  

Mais il avait confiance…Il la retrouverait coûte que coûte et personne ne pourrait alors l’empêcher de lui avouer enfin ses sentiments. Il ne savait pas encore comment elle réagirait mais il n’en avait que faire pour le moment.  

 

Il se battrait et y laisserait toutes ses forces s’il le fallait, mais il la reconquérrait.  

 

 


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