Hojo Fan City

 

 

 

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Rated G - Prosa

 

Autore: laeti

Beta-reader(s): Kaori28, Saintoise

Status: In corso

Serie: City Hunter

 

Total: 16 capitoli

Pubblicato: 24-02-06

Ultimo aggiornamento: 11-09-06

 

Commenti: 181 reviews

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RomanceDrame

 

Riassunto: Ryô décide de partir et de laisser Kaori vivre sa vie à la fois pour lui mais aussi pour Kaori. Que va-t-elle devenir sans lui ? Comment va-t-elle pouvoir continuer à vivre sans sa moitié ? Et ce départ est-il vraiment définitif ?

 

Disclaimer: Les personnages de "L'appel au secour" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

Tricks & Tips

I'm almost 18. Can I get access to the NC-17 section?

 

No. Legally, you are not major, before you are 18 years old. I don't care if it's in a day or a week. Make your request when you are actually 18.

 

 

   Fanfiction :: L'appel au secours

 

Capitolo 14 :: Quand Kaori prend les choses en main

Pubblicato: 27-06-06 - Ultimo aggiornamento: 27-06-06

 


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- Ne bougez pas ! Finalement, je crois que nous allons bien nous entendre…  

 

Kaori, qui avait parfaitement compris la manœuvre de Saeko, arrêta Toshio dans son geste. Il était hors de question de le laisser quitter la pièce avant qu’elle ne lui expose l’idée qui avait germé lorsqu’elle avait entendu le terme « infiltration ».  

 

- Je pense être la personne qu’il vous faut pour cette enquête. Si j’ai bien saisi le problème, vous avez besoin de quelqu’un pour tenter une infiltration sur l’affaire du Clown. Je me trompe peut être ?  

 

Alors que Toshio allait répondre, Saeko le prit de court :  

 

- Kaori, cette affaire ne te concerne pas. Par conséquent ne t’en mêle pas. Je te propose de repasser plus tard si cela ne te dérange pas.  

 

- Et bien si Saeko, cela me dérange. Ne fais pas l’innocente. Tu sais parfaitement la raison de ma venue mais sache que tu ne pourras pas m’empêcher d’agir. Que ce soit toi ou quelqu’un d’autre, cela n’a aucune importance. Je trouverais toujours un moyen d’arriver à mes fins.  

 

Kaori, qui ne voulait pas justifier ses actes devant Toshio, parlait par sous-entendus. Mais l’inspectrice avait parfaitement reçu le message.  

 

Cette dernière était choquée : la petite sœur du seul homme qu’elle n’ait jamais aimé et qu’elle avait vu grandir au fil des années venait de la remettre à sa place, et pas de la plus sympathique des manières ! Elle ne l’avait encore jamais vue comme ça.  

 

Miki n’avait pas exagéré lorsqu’elle lui avait affirmé que Kaori avait changé. Elle non plus ne la reconnaissait plus. Elle lui était toujours apparue comme une personne de cœur qui agissait, avant tout, par générosité et bonté d’âme. Elle n’aurait jamais pensé avoir à affronter une femme aussi froide. Le regard de son « amie » avait perdu cette petite flamme qui trahissait son caractère enjoué et sa joie de vivre, et ne dévoilait désormais plus aucune chaleur humaine.  

 

L’inspectrice avait la désagréable impression de se retrouver devant Ryô lors de leur première rencontre. Elle l’avait alors classé derechef dans la catégorie des personnes dangereuses. Son aura et plus généralement, tout se qui émanait de lui à l’époque n’était que solitude, tristesse et dureté. Il était inflexible et ne faisait pas dans la demi-mesure. Il n’était ni plus ni moins qu’un tueur à gage sans aucun état d’âme.  

 

Puis, au contact de Makimura et de Kaori, il avait changé progressivement pour devenir plus « humain ». Il s’était peu à peu créé un entourage, une famille d’adoption dont elle-même faisait partie à sa plus grande surprise. Et tout ceci grâce à la famille Makimura. Et aujourd’hui, devant la jeune femme qui lui faisait face, elle devait bien avouer se sentir perdue. Elle ne la reconnaissait tout simplement plus et ne savait pas comment réagir face à la situation. Cet état de fait la déstabilisait profondément, ce qui pouvait paraître étonnant quand on connaissait la réputation de femme de glace qu’elle s’était forgée au fil des années, que ce soit dans son travail ou dans sa vie privée. Elle avait pour habitude de contrôler tout et tout le monde, ce qui ne pouvait vraisemblablement pas se vérifier avec la nouvelle Kaori.  

 

Un raclement de gorge se fit entendre. Toshio voulait reprendre la conversation là où elle s’était arrêtée mais craignait de se faire « rembarrer » par Saeko une fois de plus.  

L’aplomb de la jolie brunette face à sa supérieure l’avait décidé à retenter sa chance. Il avait parfaitement pris conscience du malaise de son inspectrice chérie devant la répartie cinglante de Kaori, puisque tel était son nom apparemment, et comptait bien en profiter pour retourner la situation à son avantage. Enfin, du moins essayer.  

 

- Donc, si je comprends bien, mademoiselle se porterait volontaire pour une infiltration ? C’est bien ça ?  

 

- Toshio, il me semble vous avoir déjà dit de ne pas vous mêler de cette conversation !  

 

Raté ! Elle n’était pas si troublée que ça finalement et il venait, une fois de plus, de se casser les dents devant la belle Saeko. Et cela avait le don de plus en plus l’irriter. Il ne la laisserait pas faire aussi facilement. Mais ce fut Kaori qui vint finalement à son secours. Il l’en remercia silencieusement par un regard de reconnaissance mais n’obtint aucune réponse en retour.  

 

- Saeko, je viens de te dire quelque chose n’est-ce pas ? Ne me sous-estime pas ou tu risques sincèrement de le regretter !  

 

La fin de sa phrase ne fut qu’un murmure que seule l’inspectrice put entendre. Mais cela ne changea en rien sa décision. Il était hors de question de mettre Kaori sur l’affaire. C’était beaucoup trop dangereux pour elle, même si ses progrès étaient aussi impressionnants que le laissait entendre Mick. Quand bien même elle serait la meilleure sur le circuit, elle ne s’autoriserait jamais à se servir de la petite sœur d’Hyde comme d’une solution de secours. Question de principe…  

 

- Kaori, il est hors de question que tu travailles pour moi. J’espère que tu m’as bien entendue ! Tu peux rentrer chez toi, tu n’obtiendras rien de moi.  

 

Leurs regards s’affrontèrent durant quelques secondes dans un lourd silence qui mit les nerfs de la jolie inspectrice à vif. Le regard sombre et imperturbable de Kaori lui faisait froid dans le dos mais elle s’était jurée de ne pas céder et tint parole.  

 

- Bien, alors je me débrouillerais apparemment sans toi. Sur ce, veuillez m’excuser tous les deux mais j’ai à faire.  

 

La nettoyeuse se releva et prit la direction de la sortie bien tranquillement. Trop tranquillement au goût de Saeko qui se méfiait dores et déjà des réactions de la jeune femme. Elle aurait mis sa main à couper qu’elle préparait déjà un mauvais coup. Cependant, elle avait beau se creuser les méninges dans tous les sens, aucune réponse cohérente ne lui apparut. Elle attendrait de voir ce que lui préparait Kaori, ne doutant pas d’avoir rapidement de ses nouvelles. Elle observa la jeune femme quitter la pièce en silence.  

 

- Bon… A nous deux maintenant.  

 

Elle venait de se tourner vers Toshio, prête à entamer la discussion qu’elle n’avait cessé de repousser depuis plus de deux semaines. Il fallait reconnaître qu’elle avait tenté d’avancer sur ce dossier toute seule, mais cela n’avait donné aucun résultat tangible.  

 

Les informations qu’elle avait réussi à glaner à droite et à gauche auprès de types pas forcément très recommandables, ne l’avaient menée à rien de concret. Elle devait donc accepter l’aide de cet homme qui l’horripilait au plus haut point même si elle n’en comprenait pas vraiment la cause. Etait-ce le fait qu’il jouait de son physique et maniait le sarcasme à la perfection pour arriver à ses fins, ou le fait que son propre père lui ait imposé sa présence ? Elle ne saurait pas vraiment le dire.  

 

D’un point de vue extérieur, on pouvait comparer leur méthode respective et, étrangement, on observait de nombreuses similitudes entre elles. Chacun d’eux avait une grande confiance en leur jugement et était plus que sûr de leurs charmes. D’ailleurs, ils en abusaient tous les deux habilement durant leurs enquêtes, ouvrant de nombreuses portes grâce à leur culot démesuré.  

 

- Allez-y ! Je suis toute ouïe.  

 

Saeko avait repris la parole et était décidée à avancer sur leur affaire, quitte à devoir supporter son vis-à-vis.  

 

- Enfin ! Vous vous décidez à m’écouter.  

 

Le grincement de mâchoire de l’inspectrice indiqua clairement à Toshio qu’il devait surveiller ses paroles. Il obtempéra alors et accepta provisoirement l’armistice qu’elle lui proposait sans vraiment l’avouer… Du moins, pour le moment.  

 

- Je suppose que vous avez lu les derniers rapports. Vous avez pu observer par vous-même que le Clown a encore fait des siennes.  

 

Le ton était volontairement sarcastique. Cette autodérision amena un léger sourire sur les lèvres de la jeune femme. La tension retombait petit à petit.  

 

- En effet, j’ai pu constater qu’il n’était pas prêt de nous laisser tranquille. Mais en ce qui concerne votre proposition d’infiltration, je ne pense toujours pas que ce soit une bonne idée.  

 

- Je peux très bien comprendre votre scepticisme. Vous avez perdu un de vos hommes sur cette affaire et vous ne souhaitez sûrement pas revivre la même situation, mais réfléchissez bien.  

 

Il s’arrêta un instant dans son argumentation, le temps de mettre un dossier sous le nez de Saeko.  

 

- Nous n’avons pas réussi à obtenir la moindre information concrète sur notre homme. De plus, son réseau de drogue a beau s’étendre, nous n’arrivons pas à coincer un seul de ses dealers, ni même à en repérer un. Alors j’ai repris chaque déposition en essayant de repérer les liens entre les différentes victimes. Et devinez ce que j’ai trouvé ?  

 

Devant le froncement de sourcils de son homologue, Toshio abandonna bien rapidement sa devinette. La demoiselle ne semblait pas réellement apprécier le trait d’humour.  

 

- Et bien, en parcourant les dépositions et en retraçant les trajets quotidiens de chacun, j’ai découvert que le Clown, ou plutôt ses sous-fifres, se sont répartis Tokyo en trois zones distinctes. Bon d’accord, chacune d’entre elles est assez large mais, au moins, nous avons maintenant un point de départ.  

 

- Précisez votre pensée. Ça deviendrait presque intéressant là !  

 

Le policier ne fit même pas attention au sarcasme. Il commençait à avoir l’habitude d’un tel traitement de faveur de la part de sa supérieure. Il ne s’en formalisait quasiment plus.  

 

- Et bien, comme nous l’avions déjà constaté, notre Clown a apparemment une prédilection pour les jeunes. Il profite de la détresse psychologique de ses victimes pour revendre sa marchandise. Souvenez-vous ! Ce détail avait déjà attiré notre attention. En fait, il semblerait que chacune d’entre elles ait été retrouvée près des lieux à forte affluence, à savoir les quartiers de Shibuya, de Roppongi et de Shinjuku.  

 

- Jusque là, rien de bien extraordinaire ! Les dealers vendent là où ils sont sûrs de trouver des clients.  

 

- Et c’est la votre erreur, inspecteur chéri !  

 

Toshio était visiblement très content de lui-même. Il poursuivit donc sur son idée.  

 

- D’habitude, les dealers essayent de rester les plus discrets possibles, de peur de se faire repérer par nos agents. On les trouve généralement dans des ruelles sombres ou à des coins de rue déserts. En ce qui concerne cette affaire, il semblerait que la discrétion ne soit pas vraiment le maître mot de notre Clown. Au contraire ! Les trafiquants se mêlent directement à la population d’après les dépositions que nous avons enregistrées et les transactions se font à la vue de tous, de jour comme de nuit.  

 

Visiblement, Saeko ne voyait pas où il voulait en venir et cela semblait quelque peu l’irriter. Son agacement se traduisait à travers son attitude fermée : bras fermement croisés sur la poitrine, lèvres pincées et clignotements nerveux de la paupière gauche.  

 

- Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que la seule explication logique à cette prise de risque c’est que le réseau ne peut être constitué que de personnes à l’apparence irréprochable et dont il ne nous viendrait jamais à l’esprit de nous méfier.  

 

Saeko avait un pli soucieux qui venait lui barrer le front, signe d’une intense réflexion. Toshio, lui, attendait patiemment les conclusions que sa supérieure n’allaient pas manquer de tirer.  

 

- Oui et alors, en quoi cela peut-il nous aider ?  

 

Toshio faillit en tomber de son fauteuil. Se rattrapant maladroitement au bureau de sa chef, il se reprit rapidement et se repositionna. Décidemment, ils avaient un sérieux problème de communication tous les deux. Il reprit donc son explication :  

 

- Réfléchissez ! Les personnes du milieu passent rarement inaperçues au milieu de la foule. Nous avons toujours un indic ou un agent qui observe les allées et venues suspectes. Mais là, rien à signaler pour qui que ce soit, ce qui ne peut signifier qu’une seule chose… Nous n’avons pas à faire à des professionnels mais, tout simplement, à des personnes bien sous tout rapport, dont on ne se méfierait jamais en temps normal.  

 

L’orgueil pouvait se lire sur le visage enchanté de Toshio. Il était fier de lui et de sa déduction. Saeko, de son côté, semblait enfin voir où son collègue voulait en venir. Un sourire de satisfaction apparut sur ses lèvres. Le seul depuis bien longtemps, en y réfléchissant bien.  

 

- Je crois comprendre où vous voulez en venir.  

 

Le jeune homme attendait patiemment que l’inspectrice poursuive son discours. Il était tout heureux de voir qu’elle avait enfin saisi le sens de ses explications et qu’elle semblait, de plus, y accorder une grande attention.  

 

- Ce sont, selon vous, des personnes innocentes qui sont utilisées pour revendre la drogue. Si on suit votre raisonnement, on pourrait facilement en conclure que ces mêmes personnes auraient probablement subi un conditionnement, ou seraient alors elles-mêmes sous l’emprise d’une drogue quelconque. On pourrait également imaginer un éventuel chantage, mais je ne pense pas que cette dernière hypothèse soit plausible : le Clown n’aurait pas pu collecter autant d’informations sur un si grand nombre de personnes en si peu de temps.  

 

- Je suis d’accord avec vous. Le réseau s’étend de plus en plus et je ne crois pas, moi non plus, que notre homme ait eu le temps de faire pression sur qui que ce soit.  

 

- Reprenons… Nous pensons désormais que le Clown utilise des personnes tout à fait ordinaires pour développer son réseau. Ces mêmes personnes ont du subir un quelconque sévisse ou lavage de cerveau pour accepter de coopérer avec ce fou dangereux. Il ne nous reste qu’à découvrir quel moyen il utilise pour arriver à ses fins.  

 

- Exactement ! Et une fois fait, nous pourrons intervenir et c’est à ce moment là qu’il faudra faire entrer en piste notre taupe.  

 

Saeko le regarda de travers tout à coup. Il tentait encore de profiter de l’effervescence de leur avancée sur l’affaire pour recaser son histoire d’infiltration. Jolie manœuvre ! Mais elle ne se laissa pas prendre au piège grotesque du jeune homme.  

 

- Toshio, ne profitez pas de mes bonnes grâces pour me convaincre d’adhérer à votre cause. Ça ne marche toujours pas !  

 

Mais elle ne put s’empêcher de laisser échapper un sourire devant sa mine déconfite. C’est qu’il y croyait encore, lui, à son infiltration ! Il se promit de remettre le sujet sur le tapis dès que l’occasion se présenterait.  

 

C’est à cet instant que la porte du bureau de l’inspectrice s’ouvrit brusquement sur un homme en uniforme qui semblait avoir énormément de mal à reprendre son souffle. Les deux mains en appui sur les genoux, la tête baissée et le souffle haletant, il tenta d’expliquer cette entrée brutale.  

 

- Inspecteur Nogami…nous avons…nous avons arrêté une … une femme dans le quartier de Shinjuku. Elle…Elle dissimulait de la drogue dans la… Dans la poussette de sa fille !  

 

Il termina sa phrase avec le peu d’oxygène qui lui restait et s’effondra aux pieds de l’inspectrice, inconscient. Saeko se fit un devoir de la réveiller et le secoua comme un prunier. Reprenant ses esprits progressivement, l’homme se redressa du mieux qu’il put.  

 

- Sergent Oshito, expliquez-vous un peu mieux s’il vous plaît.  

 

L’officier, qui avait repris quelques couleurs, se lança dans ses explications.  

 

- Nous étions en patrouille avec le sergent Myoto dans le quartier de Shinjuku. C’est mon collègue qui a repéré l’attitude étrange de la femme en question. Elle discutait avec une adolescente tout en fouillant dans sa poussette.  

 

Saeko le regarda, attendant la suite pour pouvoir juger de l’intérêt de l’information par elle-même.  

 

- Ce qui nous a paru bizarre, c’est que la poussette semblait être écrasée sous un poids important, bien plus imposant que celui d’un bébé. Lorsque nous nous sommes approchés, elle s’est empressée de poser une couverture sur le siège de la poussette, qui était vide d’ailleurs. Nous avons alors procédé à un contrôle de routine et c’est à ce moment que j’ai vu comme des bouts de plastic qui dépassaient de sous la couverture. J’ai demandé à la jeune femme de bien vouloir la retirer et nous avons alors découvert une vingtaine de petits sacs contenant une sorte de substance blanchâtre. Nous l’avons donc arrêtée et conduite au poste. On a transféré les sacs aux stups pour expertise. Elle n’a pas décroché un mot depuis son arrestation.  

 

- Quel rapport avec moi ? Je ne travaille pas pour les stupéfiants.  

 

- Si on est venu vous voir, c’est parce que la suspecte ne fait que répéter une seule chose depuis qu’elle est arrivée au poste : « le Clown se vengera ».  

 

Saeko se releva précipitamment et entraîna Toshio à sa suite tout en admonestant le pauvre sergent Oshito.  

 

- Mais pourquoi ne pas avoir commencé par là, espèce de crétin ! Où l’avez-vous amenée ?  

 

Le policier, dépité, répondit d’une petite voix.  

 

- En salle d’interrogatoire. On attendait que vous preniez le relais.  

 

- Bien ! Nous y allons de ce pas alors.  

 

Et elle partit, traînant rageusement Toshio à sa suite. Ils traversèrent les couloirs de la Préfecture ainsi et se rendirent en salle d’interrogatoire. L’inspectrice s’arrêta brusquement devant la porte pour s’adresser au jeune homme.  

 

- Toshio ! Pendant que j’interrogerai la suspecte, vous vérifierez notre hypothèse de tout à l’heure. Observez le moindre signe qui pourrait vous faire penser à un éventuel conditionnement mais n’oubliez pas qu’elle peut également être droguée.  

 

 

Quatre heures plus tard, Toshio ressortait épuisé de la Préfecture. L’interrogatoire avait été épuisant. Il n’avait pas eu besoin de se creuser les méninges bien longtemps pour découvrir que la jeune mère avait subi un lavage de cerveau.  

Son regard fixe et son absence de réaction face aux personnes qui l’entouraient étaient des signes parfaitement reconnaissables. Saeko avait bien essayé de lui soutirer des informations mais aucun résultat n’en était ressorti. C’était comme si on lui avait effacé la mémoire.  

 

Après quatre longues heures de harcèlement perpétuel, la suspecte avait quitté la pièce sans que le moindre trait de son visage n’ait bougé. Aucune réaction, aucun sentiment mais surtout aucune parole ne lui avait échappée sauf cette éternelle phrase qu’elle répétait à l’infini : « le Clown se vengera ».  

 

C’était déprimant !  

 

Franchement, ce dernier avait vraiment bien réussi son coup ! Personne n’était parvenu à la sortir de son état léthargique. Saeko l’avait confiée aux mains des meilleurs spécialistes de la criminelle en espérant qu’ils pourraient « briser » l’emprise du Clown sur la jeune femme.  

Au moins, ils savaient à quoi s’en tenir maintenant. Il s’agissait bel et bien de conditionnement. La jeune mère, qui en fait se nommait Rui Shinoko, avait une vie des plus ordinaires : un mari, une petite fille, des amis et un travail de secrétaire à mi-temps. Rien ne la prédisposait à devenir une criminelle, ce qui venait une fois de plus confirmer l’hypothèse de l’hypnose. Et c’est bien se qui semblait être le plus inquiétant. Comment allaient-ils bien pouvoir arrêter les dealers du Clown si rien ne pouvait les différencier des honnêtes gens ?  

 

Quel casse-tête toute cette affaire !  

 

Toshio ne voyait aucune issue se dessiner. Il avait beau réfléchir, aucune solution ne lui venait à l’esprit. En fait, ce n’était pas tout à fait exact. En effet, il restait persuadé que seule une infiltration pouvait les sortir de ce mauvais pas. Et les derniers évènements ne faisaient que confirmer ses dires. Il suffisait simplement de mettre la main sur quelqu’un à l’aspect irréprochable et au casier vierge.  

 

Tout en étant profondément plongé dans ses pensées, le jeune homme sortit du bâtiment et s’apprêtait à rejoindre sa voiture lorsqu’une main agrippa son bras. Cette main qui le tenait fermement était vraisemblablement celle d’une femme, et quelle ne fut pas sa surprise lorsque son regard remonta le long du bras et découvrit un visage connu. Devant lui se tenait celle qui avait tenu tête à sa supérieure.  

 

En effet, Kaori se dressait devant lui. La détermination se lisait sur ses traits, et Toshio ne put une fois de plus se soustraire à son regard implacable.  

Elle était vraiment d’une beauté à couper le souffle mais il suffisait de croiser son regard pour être définitivement refroidi en un temps record. Pourtant, à la base, personne ne se méfierait d’une telle plante ! Au premier abord, elle n’inspirait qu’innocence et honnêteté mais ses yeux la trahissaient plus sûrement que ses paroles. Toshio se posait beaucoup de questions sur les raisons d’un tel comportement. Sans savoir pourquoi, il était persuadé qu’elle avait du énormément souffrir pour paraître si insensible aujourd’hui. Il se promit, une fois de plus, de découvrir les secrets que cachaient la jolie Kaori.  

Mais, en attendant, cela n’expliquait pas la raison de sa présence devant le commissariat. Apparemment, elle l’attendait. Maintenant, la question était de savoir pour quelle raison ! Mais il avait déjà sa petite idée.  

- Comme on se retrouve ! Je ne pensais pas vous revoir avant un p’tit moment.  

 

Kaori laissa un léger sourire ironique lui échapper. Mais déjà, le visage du jeune homme se transformait pour laisser apparaître une grande fierté.  

 

- Laissez moi deviner… Vous avez changé d’avis et vous venez m’inviter à boire un verre ! Mais je ne suis pas un homme facile moi, mademoiselle !  

 

Devant une telle répartie, la jeune femme failli s’écrouler de stupeur. Mais quel abruti ce type ! Pensait-il sérieusement qu’il pouvait l’intéresser ?  

 

- Mais non, je vous fais marcher. Je crois avoir suffisamment pris de veste pour aujourd’hui ! Bon, on va le prendre ce verre ? J’imagine que vous ne souhaitez pas vraiment ébruiter notre rencontre.  

 

Kaori comprit alors que Toshio avait deviné son intention.  

En effet, après le refus catégorique de Saeko, la jeune nettoyeuse avait opté pour une autre solution. Elle avait écouté la conversation entre les deux policiers avec beaucoup d’attention et avait compris que Toshio voulait tenter une infiltration dans l’organisation du Clown, mais que Saeko ne semblait pas enchantée par ce plan d’action. Kaori avait alors préféré s’adresser directement à Nataka qui serait sûrement plus « réceptif » à ses arguments que l’inspectrice. C’est dans cet objectif qu’elle avait patienté plus de quatre heures devant l’entrée de la Préfecture, guettant l’apparition du jeune homme.  

 

- Eh bien, qu’est-ce que vous attendez ? Je ne vais pas vous attendre toute la soirée !  

 

- J’arrive !  

 

Kaori s’empressa de rejoindre le policier et régla son pas sur le sien. Apparemment, ils allaient faire une petite balade. Mais au bout de quelques mètres, Toshio dévia son chemin et s’enfonça dans une ruelle sombre.  

 

- Je pense que ce lieu conviendra bien mieux à notre entrevue qu’un espace bondé. Au moins, aucun risque que des oreilles malintentionnées n’ébruite notre rencontre. Bon, allez-y, je vous écoute.  

 

Kaori le fixa quelques secondes avant de prendre la parole. Elle commençait à se demander si elle ne l’avait pas jugé un peu vite finalement. Il n’avait plus rien, tout à coup, d’un lamentable dragueur en manque de jolies femmes.  

Bon, et bien puisqu’il semblait pressé d’en finir, autant ne pas tourner autour du pot plus longtemps…  

 

- J’ai décidé de travailler avec vous. Je veux être votre taupe sur l’affaire du Clown.  

 

- Au moins, vous êtes directe. Donc, vous voulez tenter une infiltration… Savez-vous dans quoi vous vous engagez au moins ? Je ne sais rien de vous et, honnêtement, je n’ai pas confiance. (ndb : il m’énerve lui, faut savoir ce qu’il veut !)  

 

Kaori n’avait pas pensé que le jeune homme lui poserait des problèmes. Aussi, fut-elle quelque peut déstabilisée par ses paroles.  

 

- Qu’attendez-vous de ma part ? Un CV ! Si vous voulez des informations à mon sujet, vous n’avez qu’à en demander à l’inspecteur Nogami ou alors, vous pouvez toujours consulter mon casier à la Préfecture.  

 

Toshio ne montra pas de réaction devant la pertinence de la nettoyeuse.  

 

- Votre casier ne m’intéresse absolument pas. Je suis persuadé que si j’y jetait un œil, je ne trouverais absolument rien. Je me trompe peut-être ?  

 

Kaori fut surprise par la perspicacité du policier. L’aurait-il percée à jour ? Aurait-il des soupçons sur elle, sur sa véritable profession ou essayait-il simplement de la tester en la mettant sous pression ?  

 

- Que savez-vous de moi exactement ? Lui demanda-t-elle alors.  

 

Un léger sourire apparut sur les lèvres du jeune homme alors que ses yeux d’un bleu intense fixaient obstinément la jeune femme, la sondant silencieusement.  

 

 

 


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