Hojo Fan City

 

 

 

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Rated G - Prosa

 

Autore: laeti

Beta-reader(s): Kaori28, Saintoise

Status: In corso

Serie: City Hunter

 

Total: 16 capitoli

Pubblicato: 24-02-06

Ultimo aggiornamento: 11-09-06

 

Commenti: 181 reviews

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RomanceDrame

 

Riassunto: Ryô décide de partir et de laisser Kaori vivre sa vie à la fois pour lui mais aussi pour Kaori. Que va-t-elle devenir sans lui ? Comment va-t-elle pouvoir continuer à vivre sans sa moitié ? Et ce départ est-il vraiment définitif ?

 

Disclaimer: Les personnages de "L'appel au secour" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: L'appel au secours

 

Capitolo 15 :: Le test 1/2

Pubblicato: 15-07-06 - Ultimo aggiornamento: 15-07-06

Commenti: Désolée de m'être une fois de plus faite attendre (pas taper s'il vous plaît...). Beaucoup de travail et peu de temps pour moi à ma décharge. J'espère que l'histoire vous plaît toujours autant et que vous apprécierez ce nouveau chap. Bisous à tout le monde et merci pour vos reviews qui me font toujours autant plaisir.

 


Capitolo: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16


 

- Que savez-vous de moi exactement ?  

 

- Oh, ne vous inquiétez pas ! Du moins, pas tout de suite. Je n’ai pas encore eu le temps de fouiller votre passé mais sachez que votre cas m’intéresse tout particulièrement.  

 

- Ah bon, et pourquoi ce traitement de faveur ?  

 

La nettoyeuse n’appréciait pas trop l’intérêt plus que prononcé que lui portait Toshio. S’il venait à apprendre qu’elle avait été la partenaire de City Hunter, il se méfierait bien plus d’elle ; Cela pourrait jouer en sa défaveur et inciter cet inspecteur à lui refuser toute intervention sur l’enquête. C’est que Ryô n’avait jamais été particulièrement apprécié par la police… En effet, son passé de tueur à gages ne lui rendait pas service.  

 

Mais le jeune officier était loin de se douter des frasques de la personne qui lui faisait face et de ses liens avec la pègre tokyoïte.  

 

- Votre cas m’intéresse tout simplement. J’ai rarement vu quelqu’un dont l’apparence jurait autant avec la personnalité. Vous êtes, pour moi, une énigme que je me suis promis de résoudre…  

 

Incrédule, Kaori l’observa fixement durant quelques secondes. Elle essayait de comprendre pourquoi cet homme tenait tant que ça à connaître ses motivations. Elle ne put observer en lui qu’une curiosité sincère, sans aucune malveillance. Mais elle préféra quand même rediriger l’intérêt de son interlocuteur sur un autre sujet que sa personne et rentrer derechef dans le vif du sujet. Les fioritures n’étaient, pour elle, qu’une perte de temps !  

 

- Bon, je suppose que si vous m’avez attirée dans cette ruelle, c’est que vous vouliez me parler hors des éventuelles oreilles indiscrètes.  

 

- Bien vu !  

 

Enfin, la conversation prenait une tournure qui plaisait à la jeune femme.  

 

- Je souhaite travailler avec vous. Je veux être votre taupe dans l’organisation du Clown.  

 

Et avant qu’il n’émette un seul mot, elle embraya sur des arguments qui lui semblaient imparables :  

 

- Je saurais vous aider. J’ai une certaine expérience du milieu et je sais parfaitement me défendre. Et puis, comme vous l’avez dit vous-même tout à l’heure, j’ai un physique passe partout. Je ne risque pas d’être repérée comme la plupart des flics en civil.  

 

- En effet, on ne peut vraiment pas vous confondre avec l’un des nôtres. C’est le moins que l’on puisse dire !  

 

Le regard du policier devint, à cet instant, un savant mélange de lubricité et d’envie. Son regard la déshabillait de la tête aux pieds sans la moindre honte : le qualificatif de « passe partout » n’était pas le plus approprié pour ce qui était du physique de la jeune femme qui lui faisait face.  

 

- Pour ma part, je ne vois que des avantages à notre collaboration.  

 

Un léger filet de bave apparut à la commissure des lèvres de Toshio qui se contrôler de plus en plus difficilement face à la nettoyeuse.  

Kaori, de son côté, le dévisageait d’un air passablement dégoûté. Ses manières lui rappelaient étrangement celles de son ex partenaires et cela était loin de la ravir. Pour avoir passé plus de huit longues années à supporter un tel comportement, elle savait très bien reconnaître les signes annonciateurs d’une transformation en pervers lubrique. Elle s’apprêtait à lui en faire la remarque musclée lorsque le visage du policier redevint tout à coup sérieux.  

 

- Bon, assez plaisanté comme ça ! Vous voulez donc intervenir dans l’enquête du Clown. Le problème est que je ne sais rien de vous. Et pour ne pas arranger les choses, ma supérieure n’a pas l’air de trop vous porter dans son cœur.  

 

- Pour ce qui est de Saeko, vous vous trompez. Nous avons simplement des divergences d’opinions.  

 

- Des divergences d’opinions qui font qu’elle vous refuse tout accès à l’enquête. Honnêtement, je ne sais pas quoi vous dire. Votre proposition me tente bien parce que vous correspondez parfaitement au profil recherché mais à côté de ça, je risque ma place. Comme vous avez certainement pu le constater, l’inspecteur Nogami n’est pas trop enthousiaste à l’idée d’une infiltration. De plus, elle est loin de me porter dans son cœur.  

 

Des petites larmes apparurent dans ses yeux.  

 

- D’ailleurs, je sais vraiment pas pourquoi elle m’aime pas. Je suis la gentillesse incarnée et vous trouverez jamais plus sociable que moi !  

 

Kaori, une main en appui sur le front, était vraiment atterrée par un comportement si enfantin.  

 

- C’est pas bientôt fini tout ce cinéma ?  

 

S’il s’entêtait à agir comme un gosse, elle se chargerait de le corriger comme tel. A l’image qui lui traversa l’esprit, un sourire sadique apparut sur son visage.  

Mais elle se reprit bien vite.  

 

- Vous ne voudriez pas revenir sur notre sujet de conversation ? Vos histoires de cœur avec Saeko ne m’intéressent pas vraiment.  

 

- Vous devez bien la connaître pour l’appeler par son prénom. Je me trompe ?  

 

- Oui, en effet. Nous nous connaissons depuis des années. En fait, mon frère a été son partenaire pendant quelques temps.  

 

Kaori, qui avait involontairement laissé échapper une bribe de son passé, ne s’en formalisa pas pour autant. De toute manière, s’il venait effectivement à faire une enquête sur elle, il aurait vite découvert cette partie de sa vie. L’important était qu’il ne sache rien de ce qui s’était passé après la mort de son cher frère.  

Toshio fut étonné d’apprendre cette nouvelle.  

 

- Alors votre frère travaille dans la police ?  

 

- « Travaillait » dans la police. Il est décédé depuis plus de huit ans.  

 

- Désolé, je ne savais pas.  

 

Ce qu’il venait d’apprendre de la bouche de la jeune femme éclairait pas mal de choses en fait. Il comprenait mieux, à présent, le fait que sa supérieure ait toléré que Kaori se permette de lui parler si « énergiquement ».  

Saeko ne voulait surtout pas mêler la jeune femme à leur enquête en mémoire de son défunt frère. Les liens qui se tissaient entre les policiers étaient souvent très forts. Le danger perpétuel ainsi que les menaces qui résultaient de leur profession renforçaient les sentiments de chacun.  

 

Il n’y avait donc rien d’étonnant à ce que l’inspectrice refuse catégoriquement d’intégrer Kaori à l’affaire du Clown. Elle ne voulait tout simplement pas salir la mémoire de son ex partenaire. Mais lui n’avait pas autant de scrupules que la fille du Préfet. Il voyait en Kaori une occasion en or de démontrer à sa supérieure toute la perspicacité de son plan.  

 

En observant la femme qui lui faisait face, Toshio était persuadé de faire le bon choix. Personne ne pouvait mieux convenir qu’elle. Il en eut la certitude en plongeant son regard dans celui de sa vis-à-vis. Ses yeux, qui ne reflétaient qu’une froide détermination, et plus généralement son attitude si sûre d’elle, laissaient à penser que cette femme était dangereuse.  

 

- C’est d’accord ! Je veux bien vous impliquer sur l’affaire mais vous allez devoir faire vos preuves avant. Prouvez-moi que je peux avoir confiance en vous et en vos soi-disant capacités.  

 

- Aucun problème. Que dois-je faire ?  

 

- Laissez-moi y réfléchir un moment. Je vous contacterai pour vous donner plus de détails. D’ailleurs, à ce sujet, il me faudrait un numéro où je sois sûr de toujours pouvoir vous joindre.  

 

Kaori, trop heureuse d’avoir réussi à convaincre le policier, s’empressa de lui donner son numéro de portable et s’apprêtait à se retirer lorsque la voix du jeune homme l’arrêta.  

 

- Au fait, mon nom est Toshio Nataka. Pourrais-je connaître le votre ?  

 

Kaori prit conscience, qu’en effet, ils ne s’étaient pas présentaient. Elle se retourna et observa la main tendue dans sa direction. Un véritable sourire vint éclairer son visage qui en fut pour le coup totalement métamorphosé. Elle répondit à son geste en lui serrant la main.  

 

- Kaori Makimura. Enchantée de vous connaître…Partenaire.  

 

Il l’observa quitter la ruelle en se disant que, décidemment, cette fille avait tout pour lui plaire. Mais il avait bien reçu le message. Il ne l’intéressait pas. De toute manière, il était hors de question qu’il se passe quoi que se soit entre eux s’ils devaient travailler ensemble. Une infiltration représentait assez de risques comme cela, alors si en plus on y ajoutait des sentiments… C’était courir à la catastrophe !  

 

Il ne put s’empêcher de penser à Saeko en retournant vers sa voiture. Elle le tuerait lorsqu’elle apprendrait qu’il était passé outre ses ordres et avait autorisé Kaori à intervenir sur leur enquête.  

Etrangement, cela le perturba. Ils avaient passé une bonne partie de l’après-midi ensemble et il avait l’impression que leurs rapports s’étaient améliorés. Du moins, elle ne l’avait pas étripé de ses blanches mains lorsqu’il avait, une nouvelle fois, tenté de la faire fléchir sur la question de l’infiltration. Elle s’était contentée de soupirer et de lui rétorquer un énième refus d’une voix lasse.  

 

Il arrivait devant son véhicule lorsqu’il repensa à la fin de sa conversation avec Kaori. Il devait réfléchir rapidement pour lui trouver de quoi faire ses preuves. Il était persuadé qu’elle ne lui avait pas menti en affirmant être capable de se protéger, mais serait-elle à la hauteur si par malheur elle se retrouvait dans une position délicate qui l’obligerait à tirer sur un homme ? Ca, il en doutait fortement.  

Malgré son attitude froide et désinvolte, il se doutait que la jeune femme cachait un cœur généreux et sensible. Cette carapace qu’elle s’était apparemment forgée saurait-elle tenir face à ce fou furieux de Clown et aux horreurs qu’il commettait ? Il devait absolument se rassurer et lui imposer un test pour pouvoir vérifier ses capacités. (nda : il est pas totalement fou ce Toshio !)  

 

Kaori rentrait tranquillement à l’appartement. Finalement, tout s’était bien passé. Elle avait craint, l’espace d’un instant, que Nataka ne l’éloigne de l’affaire à son tour. Mais non ! Il était d’accord pour l’intégrer à leur équipe. Il prenait de gros risques en faisant cela et elle en était parfaitement consciente. Saeko ne leur pardonnerait pas d’avoir outrepassé ses directives. Mais, franchement, elle s’en fichait pas mal. La fin justifie les moyens comme on le dit si bien !  

La jeune nettoyeuse n’éprouvait aucun scrupule à se servir des uns et des autres. Faire ses preuves était la seule chose qui importait. Elle voulait plus que tout passer à l’acte et démontrer à la face du monde qu’elle n’était plus la si gentille et naïve petite Kaori. En fait, l’image de femme froide qu’elle renvoyait désormais n’était qu’une façade, une carapace qu’elle s’était forgée pour ne plus souffrir. Le départ de Ryô n’avait été que l’élément déclencheur mais son mal remontait à bien plus loin, ancré depuis déjà bien longtemps en elle.  

 

Elle s’était toujours sentie gauche face à des professionnels tels que Miki, Falcon, Mick et Saeko. N’ayant jamais eu l’occasion de faire ses preuves, elle s’était peu à peu renfermée sur elle-même lorsque l’action prévalait sur la réflexion. Elle se savait incompétente et dangereuse pour les personnes qui l’entouraient, étant bien incapable de se défendre par ses propres moyens. Il fallait toujours que quelqu’un vienne à son secours. Et c’est ce qu’elle ne pouvait plus supporter… qu’on la considère comme un poids mort !  

 

A là base, cela ne lui avait jamais trop posé de problèmes. En effet, son rôle à elle était tout autre mais n’était certainement pas négligeable. Elle se voyait un peu comme un soutien moral pour les clients de City Hunter. Elle les rassurait, les écoutait lorsqu’ils avaient besoin de se confier. Elle était toujours présente pour eux, même si elle aurait préféré se rendre plus utile en combattant sur le terrain.  

 

Lorsqu’elle repensait à cette époque révolue, elle ne pouvait s’empêcher de se traiter de gourde pour avoir fait passer le bonheur des autres avant le sien, et tout ceci durant huit longues années.  

 

Finalement, le revirement de son ancien équipier lui avait permis d’ouvrir les yeux sur sa soi-disant condition de « partenaire ». On ne lui avait jamais laissée l’occasion de faire ses armes sous prétexte qu’elle était une des rares à n’avoir jamais eu de sang sur les mains. Mais, qui ne s’était jamais soucié de savoir ce qu’elle désirait vraiment ? Elle aurait tout donné pour qu’on la regarde autrement que comme la « sainte » Kaori, si pure, si innocente ! Combien de fois avait-elle espéré les aider sans pouvoir esquisser le moindre geste au risque que quelqu’un n’ait à payer de son incompétence.  

 

Son amertume semblait ne plus avoir de limite.  

 

Dans le but d’endiguer ce flot de pensées négatives, Kaori s’empressa de monter les cinq étages qui la séparait de son appartement afin de s’équiper pour un petit footing qui lui permettrait de dépenser son trop plein d’énergie.  

 

En fait de petit footing, elle courut pendant trois bonnes heures. Se dépenser physiquement était la seule chose qui lui permettait de faire le vide en elle. Elle ne se sentait bien que lorsque son organisme arrivait au bout de ses limites et que chacun de ses muscles la tiraillaient. Son esprit était alors totalement déconnecté du monde qui l’entourait.  

 

Elle était rentrée depuis seulement dix minutes lorsque son téléphone sonna.  

 

- Kaori Makimura à l’appareil.  

 

- Kaori ? C’est Nataka.  

 

- Je ne pensais pas vous entendre si vite ! Auriez-vous des nouvelles en ce qui me concerne ?  

 

Elle savait pertinemment qu’il ne la contacterait pas si ce n’était pas le cas. Du coup, un large sourire vint éclairer son visage qui était resté fermé depuis sa petite introspection.  

Toshio, de son côté, hésitait tout de même à prendre une décision. Devait-il se fier à son propre jugement et l’impliquer, ou se plier à la volonté de sa supérieure qui prétendait que l’action était beaucoup trop risquée pour être tentée ? Mais bon, dans toute cette affaire, il fallait inévitablement prendre des risques, et cette jeune femme l’attirait comme un aimant.  

 

- Effectivement, il se pourrait que j’ai du nouveau pour toi. Au fait, dorénavant je te tutoierais et je te conseille d’en faire autant. Nous serons amenés à nous rencontrer assez souvent donc autant ne pas s’encombrer de fausses civilités. J’espère que cela ne te dérange pas au moins ?  

 

- Pas du tout, c’est bon pour moi.  

 

- Bon alors retrouve moi à 21h derrière l’entrepôt n°17, près des quais. C’est un vieux bâtiment abandonné mais il semblerait qu’il ait de nouveaux occupants donc sois discrète ! Je t’expliquerais tout sur place.  

 

- Compris. A ce soir.  

 

Kaori coupa la communication et s’empressa de se préparer pour son escapade nocturne.  

 

Quelques instants plus tard, le téléphone retentit dans l’appartement mais la jeune femme l’ignora. Au bout de quelques sonneries, le répondeur se mit en marche… mais Kaori avait déjà quitté les lieux.  

 

 

 

« Bonjour, vous êtes bien chez Ryô et Kaori ! Nous ne sommes pas là pour le moment mais vous pouvez toujours laisser un message et nous vous rappellerons. ». En effet, la jeune femme n’avait pas pris la peine de modifier le message du répondeur.  

 

- Kaori ?  

 

Une voix profonde et grave aux intonations bien connues résonna dans l’appartement vide.  

 

- Kaori… c’est moi, je…  

 

Un silence s’installa puis l’interlocuteur raccrocha sans poursuivre la fin de sa phrase.  

 

 

 

Pendant ce temps, notre « apprentie » nettoyeuse se dirigeait d’un pas alerte vers les quais où l’attendait l’inspecteur Toshio Nataka. Elle avait bien pris soin de se garer à une centaine de mètres du lieu de rendez-vous afin d’éviter d’être repérée par qui que ce soit. Lorsqu’il la vit arriver de loin, il lui fit un signe discret pour l’attirer dans sa direction.  

 

Kaori était sur ses gardes. Elle ne savait toujours pas ce que lui avait concocté Toshio. Etait-ce une véritable affaire ou s’était-il contenté de lui monter un « cas type » dans le seul but de vérifier ses compétences. Par précaution, elle préférait miser sur le cas réel et agissait en conséquence : discrétion et concentration sur son environnement. Du coup, elle dénombra plusieurs présences autour d’elle mais aucune tension meurtrière n’émanait du lieu. Elle se rapprocha rapidement de l’inspecteur tout en détaillant les bâtiments qui l’entouraient afin de se faire une idée des lieux. Lui se contentait de lui sourire tout en conservant une attitude décontractée qui était démentie par sa posture. En effet, il était couché à même le sol et habillé de noir de la tête aux pieds.  

 

- Hello ma jolie ! Alors, on fait une petite balade nocturne ?  

 

- Ben oui, j’aime bien ce genre d’endroits. On est toujours sûre d’y faire des rencontres charmantes.  

 

Kaori lui souriait. La décontraction de son vis-à-vis l’amenait à penser que cette histoire n’était pas bien sérieuse mais comme tout bon professionnel qui se respecte, elle restait sur ses gardes et était prête à parer à toute éventualité.  

 

- Alors, explique-moi un peu ce que tu as prévu pour ce soir ?  

 

Elle avait hâte de savoir ce qui l’attendait mais rien dans son attitude ni dans sa voix ne le laissait transparaître. Toshio, le front plissé sous le signe d’une profonde réflexion, semblait intensément réfléchir à la question de la nettoyeuse. Kaori attendit patiemment qu’il se décide à lui exposer les raisons de leur venue dans ces lieux.  

 

- En ce qui me concerne, je vote pour un bon dîner aux chandelles suivi par une nuit torride dans mon lit. Ça te tente ?  

 

Un corbeau égaré vint soudainement percuter la tête de la jeune femme qui l’écarta bien vite pour se saisir d’une de ses massue « spéciale abruti, le retour ». Le geste fut précis et sans appel. Elle lui démonta quelques vertèbres tout en prenant garde de faire le moins de bruit possible. Toshio, la larme à l’œil, la regardait avec un petit air de chien battu. Pourquoi était-elle aussi susceptible ?  

 

- T’es vraiment une méchante toi ! (nda : mdr)  

 

- T’as qu’à pas me chercher ! Je croyais que tu avais compris que je ne supportais pas les obsédés ! Mais apparemment non. Par conséquent, tu paies le prix de ta bêtise. Alors ne vient pas te plaindre.  

 

Kaori prit sur elle et relança la conversation sur le sujet qui l’intéressait.  

 

- Bon, maintenant que tu sembles calmé, tu vas pouvoir m’expliquer en quoi consiste ma tâche pour ce soir.  

 

Le visage de l’inspecteur reprit son sérieux après un craquement des cervicales. La rigolade était terminée.  

 

- Regarde devant toi. On a une pleine vue sur le fameux entrepôt n°17 dont je t’avais parlé. Observe bien les lieux et dis-moi ce que tu en penses.  

 

En effet, ils se trouvaient tous les deux sur l’arrière du bâtiment à une cinquantaine de mètres de la première caisse marquant l’une des entrées de l’entrepôt. Leur position, sur une butte légèrement en hauteur, leur permettait d’avoir une vue d’ensemble sur les lieux. Jusque là, rien de spécial à signaler! Il ne semblait pas y avoir âme qui vive en dehors du bâtiment. Une faible lueur émanait du léger entrebâillement de la lourde porte d’acier qui faisait office d’entrée principale. Aucun son n’était perceptible à cette distance pour les deux partenaires.  

 

- Premièrement, je peux te dire que nous sommes loin d’être seuls. Je ne peux pas le dire avec exactitude mais je pense que nous avons à faire à une vingtaine d’hommes ce qui peut paraître bizarre pour un lieu soi-disant abandonné. Pour le peu que j’ai vu, je dirais que le bâtiment compte seulement deux sorties : la sortie principale plus une autre située sur l’arrière gauche. Rentrer dans l’entrepôt ne sera pas évident. Seules les caisses devant l’entrée peuvent nous cacher mais nous devrons principalement évoluer en terrain apparent, ce qui peut évidemment être un problème si tu espères une arrivée discrète. Satisfait monsieur l’inspecteur ?  

 

- Assez, oui !  

 

Toshio était bien plus que satisfait en fait. On pouvait même dire qu’il était limite ébahi devant le discours de la jeune femme. Comment avait-elle eu le temps d’observer tout ça alors que lui-même n’avait réussi qu’à faiblement discerner les alentours. De même, il avait parfaitement ressenti des présences étrangères mais n’aurait pu dire, même approximativement, le nombre de personnes présentes. Et dire qu’on le considérait comme un des meilleurs !  

 

Kaori avait remarqué la petite lueur d’étonnement dans les yeux du jeune homme et en fut heureuse. Apparemment, elle avait passé la première épreuve avec succès.  

 

- Bon, maintenant qu’on a fait le tour du sujet, tu peux me dire pourquoi je suis là moi ? Et c’est quoi cet entrepôt exactement ? Ca a quelque chose à voir avec le Clown ?  

 

- Pas du tout. Je t’ai dit que je voulais avant tout te tester donc il n’y avait aucun intérêt à t’impliquer de suite dans l’affaire si tu ne conviens pas. J’ai préféré te mettre sur quelque chose d’un peu différent.  

 

- Explique toi un peu mieux. J’avoue que je ne vois pas trop où tu veux en venir.  

Kaori était déçue de ne pas intervenir directement sur l’affaire du Clown. Elle avait secrètement espéré que Toshio profiterait de l’occasion pour la confronter au réseau du criminel.  

 

- Ne sois pas si impatiente. Je t’avais dit que je voulais d’abord vérifier si tu étais aussi compétente que tu le prétendais. Je n’allais tout de même pas te lancer dans la cage aux lions sans être sûr que tu puisses t’en sortir sans dommage.  

 

- Ok ! Mais ça ne me dit toujours pas ce que l’on fait ici.  

 

- Vilaine impatiente ! Bon, puisque tu insistes… Je veux que tu t’infiltres dans cet entrepôt et que tu me récupères quelque chose ou plutôt quelqu’un.  

 

Kaori était surprise par la demande que lui faisait l’inspecteur. Dans quoi voulait-il l’entraîner ?  

 

- Pourrais-tu approfondir ?  

 

Toshio ne lui était jamais apparu aussi sérieux et charismatique. Elle se fit la remarque que lorsqu’il s’agissait de son travail, cet homme était d’un rare professionnalisme. Ses traits étaient figés par une intense concentration.  

 

- Je t’explique ! Ce bâtiment est le repaire d’un gang qui se fait appeler « les Méduses ». Ne me demande pas l’origine de leur nom, seuls eux le savent apparemment. Ils se sont spécialisés dans les vols depuis quelques temps. Leur dernière tentative, dans une bijouterie de Harajuku, n’a pas fonctionné comme ils l’avaient espéré. Ils se sont faits repérés et ont pris un otage pour assurer leur fuite. Apparemment, l’otage se trouverait maintenant dans cet entrepôt, sous bonne garde d’après nos derniers renseignements.  

 

- J’ai entendu parlé de cette histoire. Il paraît qu’ils ont obligé la police à leur procurer un hélicoptère et ont embarqué leur otage avec eux pendant leur fuite pour plus de sûreté. Mais comment se fait-il que tu saches où ils se trouvent mais que tu n’interviennes pas ? C’est une affaire qui vous concerne en tout premier lieu, surtout qu’ils vous ont ridiculisés d’une certaine manière.  

 

Kaori n’avait pas voulu se montrer dédaigneuse mais il était vrai que cette affaire avait fait baisser le peu d’estime qu’avait la population pour la police tokyoïte. Les médias avaient largement participé à la critique ambiante. La jeune femme ne voyait pas l’intérêt d’intervenir sur cette affaire. Il aurait mieux valu dépêcher une équipe sur les lieux et tenter une riposte musclée qui aurait remis du plomb dans le cerveau des nombreux détracteurs.  

Toshio voulut éclaircir la situation. Il n’appréciait que moyennement les critiques qui avaient été lancées contre ses confrères. Lors de la prise d’otages, ils avaient tout tenté pour soustraire le pauvre homme qui avait été retenu par les Méduses, mais sans résultat. Aucune occasion réelle ne s’était présentée sur le moment, ce qui expliquait sa présence en ces lieux au beau milieu de la nuit.  

 

- Malgré la surprise de se faire encercler par la police, le gang s’est débrouillé pour s’enfuir sans que nous ne nous rendions compte de quoi que ce soit. Ils se sont séparés en deux groupes. Le premier, constitué de seulement deux hommes, avait pour objectif de détourner l’attention de nos services en faisant exploser une bombe fumigène dans les locaux, tandis que le second profitait de la diversion pour s’échapper à bord de l’hélicoptère affrété une demie-heure auparavant. Nous n’y avons vu que du feu. On a cru que le gang avait paniqué et que, sous la pression, ils avaient fait exploser une bombe pensant profiter de l’agitation pour s’enfuir par les vitrines de la bijouterie. D’une certaine manière, c’est ce qui s’est produit mais nos tireurs postés sur les toits des immeubles voisins n’ont détecté aucun mouvement suspect autour de l’hélico. C’est ce qui nous a perdu…  

 

Kaori laissa le silence prendre place. Elle sentait bien que cette affaire était restée en travers de la gorge du jeune homme. En ce qui la concernait, elle admettait totalement que l’erreur puisse être humaine. De plus, les conséquences de cet échec n’étaient pas si dramatiques puisque l’otage était encore en vie et que le lieu où ce dernier était retenu était désormais connu des services de police. Il suffisait de rattraper le coup au plus vite en délivrant l’otage discrètement ! Et elle se ferait un plaisir de s’en charger.  

 

- Bon, est-ce que tu as d’autres informations ? As-tu une idée approximative de l’endroit où ils retiennent leur otage ou bien s’ils ont prévu l’artillerie lourde pour un éventuel sauvetage ou autre ?  

 

- En fait, on ne sait rien d’autre, si ce n’est que les membres du gang qui ont pu s’enfuir avec l’hélico se sont ensuite réfugiés dans cet entrepôt après avoir abandonné l’appareil à quelques kilomètres de là. Depuis, plus aucun signe de vie de leur part. Personne n’est entré ou sorti du bâtiment. Donc, aucune précision !  

 

- Bon, je ferai avec alors !  

 

Toshio était impressionné devant le calme de la jeune femme. Dans les minutes qui suivraient, elle pénètrerait dans un lieu dont elle ne connaissait rien, si ce n’est que des hommes armés étaient prêts à l’accueillir à bras ouverts. Il ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter pour elle. Elle paraissait si innocente…  

Alors que Kaori s’élançait vers l’entrée du bâtiment, il lui saisit soudainement le poignet, l’obligeant à le regarder.  

 

- Fais très attention, ce ne sont pas des enfants de cœur que tu auras en face de toi. Je n’aimerais pas qu’il t’arrive quelque chose de fâcheux.  

 

Elle lui fit un sourire rassurant.  

 

- Ne t’inquiète pas. Je suis une grande fille et les méchants pas beaux ne font pas peurs.  

 

Et elle disparut dans la pénombre ambiante.  

 

 


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