Hojo Fan City

 

 

 

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Rated R - Prosa

 

Autore: cityxyz

Status: Completa

Serie: City Hunter

 

Total: 38 capitoli

Pubblicato: 08-06-11

Ultimo aggiornamento: 02-09-17

 

Commenti: 75 reviews

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RomanceAction

 

Riassunto: /!\ AU 24/12/17 chapitre 1, 2, 3, 4 et 5 réécrit /!\ La vie apporte parfois des événements qui poussent les individus à agir en conséquence... C'est la mystérieuse et douloureuse expérience à laquelle va faire face le nettoyeur ainsi que ses fidèles camarades d'armes... Entre amour et raison, ils vont devoirs arriver à dompter leurs sentiments...

 

Disclaimer: Les personnages de "XYZ : De vous à moi..." sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: Amour Ultime

 

Capitolo 1 :: 1

Pubblicato: 08-06-11 - Ultimo aggiornamento: 04-12-16

 


Capitolo: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38


 

Chapitre 1 : L’entracte !  

 

*chapitre réécrit le 04.12.16  

 

 

C’était une nuit fraîche où la douceur du printemps s’installait doucement. L’odeur de la poudre et du sang s’emmêlaient avec la grâce de cette délicate saison. La nuit était tombée sur les épaules frêles des deux nettoyeurs. Assis sur le sol de cet entrepôt dévasté par les coups de feu, ils se posaient pour que l’adrénaline sinistre redescente. Encore une nuit où ils avaient décidé d’unir leur soif de bestialité pour combattre la criminalité. Là où la balance de la justice ne pouvait s’équilibrer, les acteurs du milieu clandestin rentrait en scène. Le rideau se levait sur des protagonistes et antagonistes, prêt à se déchirer la liberté de régner. Un sort macabre, souvent joué devant un public déconcerté par tant de haine.  

 

Ce soir, un démon de plus voulait s’en prendre au justicier le plus redouté : City Hunter. Ryô Saeba, le numéro un, le génie du milieu dissimulé. Il valait gros, financièrement et populairement, d’avoir sa peau. La liste de ceux qui voulait l’abattre était longue, mais à chaque tentation, un échec.  

 

- Merci de m’avoir aidé Kenji…  

 

Ryô remerciait gracieusement un camarade de s’être déplacé pour lui prêter main forte. Il ne redoutait rien ni personne, mais Saeko avait indiqué à Ryô que le vampire qui voulait son sang se déplacerait avec une véritable armée. Comme aujourd’hui était un jour particulier – et ne souhaitant par conséquent mêler Kaori à ce défis – il avait suscité l’aide d’un ami de confiance.  

 

- Je déteste vraiment ton côté sentimental Ryô ! Invite-moi plutôt à boire un verre dans un endroit chaud !  

- Mais quelle bonne idée, allons-y ! Dit-il les yeux en cœurs  

- Oui, très bonne idée, allons-y tous les trois…  

- Exactem…  

 

L’air enjoué de Ryô disparu à l’entente de la voix d’une troisième personne qui n’était autre que Kaori. Comme à son habitude, elle salua son partenaire amicalement, en lui infligeant une massue de cent tonnes pour sa bonne conduite sur la tête. Et dire que cette tête qui valait gros ne serait jamais obtenue vaillamment que par la jalousie de sa propre partenaire.  

 

- Je suis vraiment furieuse contre toi ! Prendre la décision de partir seul affronter toute une armée d’homme, sans m’en parler, est-ce vraiment le comportement d’un partenaire ?!  

- Allez, allez, tu étais tellement occupée aujourd’hui, que je n’ai pas osé te déranger ! Ricane Ryô  

 

Kaori était véritablement en colère contre Ryô. Depuis plusieurs semaines, il était secret et presque réservé. Il refusait même le contrat de certaines femmes pour partir en catimini exécuter d’autre mission. Son partenaire, refusait de s’occuper de « miss mokkori », le monde tournerait-il à l’envers ?  

 

- Tu avais raison Ryô, un vrai tempérament de feu… Répliqua son camarade, s’allumant une cigarette.  

 

Kaori se tourna vers l’individu qui semblait faire allusion à son caractère affirmé. Cet homme était d’une beauté sans nom, et elle rougit comme une enfant en croisant son regard de braise. Toutefois, son admiration d’adolescente s’évapora rapidement. Le coéquipier d’un soir de Ryô ressemblait à une âme errante sur terre sans savoir pourquoi. Elle le trouvait furtivement vide, le fond de ses yeux ne dégageant rien de particulier, même pas un soupçon d’humanité. Il était loin de ressembler aux autres « amis » de Ryô. Un point étonnant, son jeune âge, elle ne lui donnait pas plus de vingt-cinq ans, et son apparence fluette ne le rendait pas très viril. Kaori éprouva une certaine peine, l’apparence ambulante et stérile de tout attachement à la vie, lui rappelait le Ryô de leur rencontre…  

 

- Je te présente Kenji Gabriell’s, un ami… Sourit Ryô, devinant les pensées de Kaori.  

 

Kaori tendit sa main, et la rendue chaude pour accueillir chaleureusement Kenji dans sa bulle d’intimité. Elle sourit affectueusement, et tenta d’amadouer ce chat craintif.  

 

- Kenji, tu connais déjà ma sulfureuse partenaire, Kaori !  

- Je ne la connais qu’à travers tes confessions lorsque l’alcool à soûler ta raison !  

- Ah oui, et qu’est-ce qu’il raconte ? Taquina Kaori  

- Rien, rien du tout ! Ricana gêné Ryô. Au fait, comment tu as fait pour nous trouver ?  

- Saeko bien sûr ! Elle, elle est toujours au courant de l’endroit où tu te trouves ! Bouda-t-elle  

 

Ryô se mit à gratter le derrière de sa tête, et rit nerveusement ; il sait qu’une électrique dispute l’attend en rentrant à la maison. Bien que, le nettoyeur trouvait sa partenaire bien calme compte tenu des circonstances, que préparait-elle ?  

 

- Si ces messieurs ont fini leur carnage, peut-être pourraient-ils rentrés se débarbouiller et se changer pour être présentables !!  

- Présentable ?! Et pourquoi ?! Questionna Ryô  

- Ne discutez pas et faite ce que je vous dis ! Argumenta fermement Kaori. Quand vous serez prêt, rendez-vous à cette adresse !  

 

Kaori tendit un bout de papier à Ryô sur lequel se trouvait la direction du lieu où se rendre. À la lecture de l’adresse, le nettoyeur pâlit et une fureur le gagna. Mais il n’eut guère le temps de sermonner sa partenaire, qu’elle s’était déjà enfuie comme une voleuse.  

 

- Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda Kenji  

 

Malgré les réticences de Ryô, il exécuta les faveurs de Kaori. Avec son ami, ils partirent à l’appartement se rendre présentables, et se mirent en route vers la destination ordonnée par sa partenaire.  

 

Ryô devinait avec évidence pourquoi ils étaient conviés ce soir, seulement, savoir que Kaori avait connaissance de ce « lieu » le terrorisait.  

 

Le nettoyeur s’était embarqué dans une affaire complexe à la sollicitation de son ami Kenji. Un passé hors du commun lié les deux amis, et Ryô n’avait pas pu dire non à sa requête solennelle. Une confiance aveugle se tissait entre eux, même si au début, personne n’aurait parié sur leur amitié future, en cet instant, une complicité féroce les unissait.  

 

Ce « lieu » que connaissait désormais Kaori était un endroit de repaire où Kenji, sa bande et Ryô accompagné de ses camarades pouvaient échanger en toute discrétion. La mission était délicate, et sortait du cadre des contrats habituels de City Hunter. Il n’avait pas souhaité mettre Kaori au parfum pour la raison même que ce n’était pas commun comme travail, mais apparemment, la force du destin le poussait une fois de plus à ne pas se séparer de sa fidèle partenaire…  

 

- Tu t’inquiètes pour rien ! Ce lieu ne mettra pas en danger ta « précieuse » Kaori !  

 

« Précieuse » ? Kenji utilisait ce terme comme si sa partenaire pouvait se comparer à un diamant d’une importante valeur ! C’était bien plus que ça… Kaori n’était pas seulement précieuse pour Ryô, elle était vitale, viscérale, tout se passait dans son ventre. Elle rongeait depuis des années son cœur, son foi, son estomac, en faisant intégralement partit de chaque grain de sa peau tâché de crime illégitime. Hide avait commencé à tâter le terrain d’une certaine illusion à faire chambre commune avec une vie plus sereine, plus juste, plus humaine, sachant s’entourer d’affection… Kaori avait concrétisé ce mirage en réalité…  

 

- Et c’est quand que tu couches avec ? Demanda brutalement Kenji  

 

Ryô était tellement poignardé par cette question qu’il en perdit le contrôle du véhicule, et dû éviter par la seule force de son corps, de commettre des accidents de la route.  

 

- T’es un grand malade ! Hurla Ryô, très gêné  

- Depuis quand l’étalon de Shinjuku est prude ? Se moqua Kenji  

- Ça n’a rien à voir… !!  

- Je n’arrive pas à croire qu’une seule femme, une seule, puisse te faire passer d’un obsédé pervers comme toi, à un homme complètement mordu et timide !  

 

Ryô toussota, comme pour couvrir la vérité subite de Kenji au ciel. Quelle véritable ironie il avait posé sur la table. C’était vrai, avec Kaori, tout était complètement différent…  

 

- Et toi alors, quand est-ce que tu arrêtes de jouer avec toutes les femmes qui passe ? Blâma Ryô, vraiment très gêné  

- Moi ? Je suis damné… Sourit-il, comme fier de son sort  

 

Kenji – appelé Gabriell’s dans le milieu clandestin – reflétait le passage qui se situait entre la vie et la mort. Cet homme avait la capacité à ne rien ressentir ni dévoiler. Il était l’ombre de sa propre ombre, condamné à errer sans réel but ou objectif, et attendre patiemment la mort. Ryô était par la force des choses, le seul à connaître son passé, et les circonstances qui avait forgé l’homme sans âme qu’il était devenu.  

 

Ce professionnel était redouté, il avait de grande capacité au combat et une adresse certaine pour les armes. Aussi, malgré son air détaché, il était ingénieux et très réfléchit. Il s’adaptait facilement, étant donné sa grandeur à ne s’attarder sur rien ni personne. Aucun détail ne serait déstabiliser Kenji au moment opportun, même pas ses trois coéquipières.  

 

Bel homme, aux yeux verts éclatants, une taille imposante, un corps certes délicat, mais robuste, son physique juvénile était attractif. Les femmes modernes se sentaient attirés comme le papillon à la lueur d’une bougie par les hommes détachés ; à croire qu’elle appréciait ce concours de « qui » ferait craquer l’indomptable.  

 

Kenji avait par conséquent, bien su s’entourer. Au début de sa carrière de nettoyeur, il avait collaboré avec un homme de la pègre. Ce dernier avait donné carte blanche à Kenji pour s’entourer de professionnel compétent. Il n’avait jamais souhaité travailler avec des hommes – son passé en était la principale raison – mais aussi parce qu’il savait qu’il aurait une totale emprise sur les femmes, et qu’il pouvait les dompter facilement à sa guise.  

 

La première de ses recrues fut Marie, une amie qu’il avait rencontrée à l’âge de quatorze ans dans les rues de Shinjuku. Proches, très proches, le goût de la chaire n’avait pas de secret pour eux. Un lien certain les unissait, sûrement parce qu’il se ressemblait beaucoup.  

 

Par la suite, il avait fait la connaissance de Déborah, une danseuse de pole-dance dans un bar chaud de Shinjuku. Le genre de femme qui s’amourachait de lui était semblable : froide, indépendante, et assumant la donation de leur corps. Seulement, elle, c’était mordue de Kenji bien plus que les autres, et rien de mieux pour le garder près d’elle que de lui faire un enfant caché… Au début, il avait douté, puis un test de paternité avait confirmé son statut de père. Ryô connaissait bien Kenji, et le fait qu’il eut assumé le rôle de père ne l’étonnait guère, et ceux malgré sa nature solitaire. Son fils Quentin était âgé de trois ans et demi aujourd’hui…  

 

La dernière de ses « femmes » était Amélie. Une blonde tumultueuse qu’avait recueilli Déborah très jeune ; une enfant abandonnée par des parents mafieux.  

 

L’osmose entre les quatre nettoyeurs subsistée, et lorsqu’ils étaient lancés dans une mission ensemble, l’ennemi avait tout intérêt à se cramponner, car ils ne laissaient rien sur leur passage.  

 

La mini rouge de Ryô se stoppa, les voilà arrivés au point de rendez-vous. Le cœur du nettoyeur bondissait toujours de colère ! Qui avait été assez inconscient pour mettre Kaori dans la confession de ce lieu. Ici, se réunissaient les plus fidèles et moins infidèles du milieu, sans compter les conquêtes passées sataniques d’une nuit de l’étalon. Vraiment, comment expliquer ou argumenter cette atmosphère particulière du milieu à sa partenaire, lui qui jusqu’à présent avait réussi à la préserver de ce côté le plus sombre…  

 

Le sang du nettoyeur bouillonnait, il était prêt à exécuter le traître qui avait dévoilé ce secret à sa partenaire. L’aura meurtrière de Ryô embaumait tout le quartier, et ce fut avec une certaine haine qu’il ouvrit la porte, cependant,  

 

- Joyeux Anniversaire Ryô !  

 

Le nettoyeur tomba des nus et tout son étonnement se concentra à s’étaler sur le sol. Une bande d’hystérique venue lui crier haut et fort un heureux jour d’anniversaire et ce fut pour le moins surprenant.  

 

Mick, sentant le désarroi et surtout, n’ayant pas manquée son aura meurtrière avant d’ouvrir la porte, venu décoincer son ami en le prenant par le cou et en lui tendant un verre d’alcool. Ryô était légèrement déboussolé. C’était la première fois qu’il participait à un anniversaire digne de ce nom. Depuis que Kaori avait choisi sa date d’anniversaire, les jours où il avait fallu le fêter ne s’était jamais entendu à le faire convenablement.  

 

- Elle a voulu faire bien cette année… Argumenta Mick  

 

Kaori s’était résignée… Vouloir fêter l’anniversaire de Ryô en tête à tête se vouer constamment à l’échec. Une affaire, un contrat, un duel ou une femme venaient toujours contrecarrer ses attentes. Décidant d’agir autrement pour ce vingt-six mars, elle avait décidé de réunir dans une seule et même pièce toutes les raisons qui avaient fait précédemment échouer sa tentative de fête d’anniversaire…  

 

Ryô en tombait de sa chaise ! Ce tableau, ce plan rempli de tension et de ferveur de sa partenaire ne l’étonnait finalement pas, mais quel tempérament tout de même. Prendre la décision de mettre au pied de ses responsabilités Ryô, comme si tout était de sa faute, fit beaucoup rire Mick et Falcon.  

 

- Sulfureuse tu disais… Ironisa Kenji, s’allumant une cigarette  

 

Par terre, à se remettre de ses émotions, Ryô riait nerveusement. Kaori avait toujours su faire passer ses messages de manière subtile et efficace. Mais derrière ce ricanement détendu, se cachait un visage un peu triste. Sa partenaire avait toujours tout mit en œuvre pour faire de ce jour une importance capitale dans la vie de Ryô, pour qu’il sache davantage combien la vie avait de l’importance, et surtout pour elle… Ils s’étaient promis de fêter tous les ans sans exception leur anniversaire, ensembles…  

 

Ryô dessina un visage contrarié. Kenji avait tout simplement raison, une femme, une seule, pouvait le rendre maladivement timide et coincé. Il allait devoir puiser tout au fond de lui, une ressource capable de dire « merci » convenablement à Kaori.  

 

- Propose-lui une nuit torride ! Ricana Mick  

- Ce n’est pas vrai, vous avez tous l’esprit tordu ce soir ! S’énerva Ryô  

- Non mais on rêve, tu oses nous faire la morale par rapport à ça !  

- Les garçons… Glissa une voix engourdie  

 

Les quatre hommes se retournèrent, et croisèrent une Kaori rougissante. Ryô n’avait même pas remarqué qu’elle s’était vêtue d’une somptueuse robe pastel et s’était même légèrement maquillée. Une force incroyable avait dû guider ses gestes, elle qui était très mal à l’aise lorsqu’il s’agissait de s’apprêter comme toutes les femmes de la ville. Elle souhaitait certainement faire bonne figure devant ses camarades. Qui sait ce qu’elle avait entendu de désagréable ce soir.  

 

- Tu voulais quelque chose Kaori ? Demanda Mick  

- Euh, oui, nous allons servir le gâteau et les cadeaux… Rougit-elle  

 

Ryô était étonné d’avoir une aussi jolie table, où une gigantesque pâtisserie décorative trônait, entourée d’une montagne de présent. Visiblement, le nettoyeur sous-estimait ses proches, il semblait beaucoup compter pour chacun d’entre eux. Toutefois, malgré la pile imposante de faveur, il cherchait désespérément lequel appartenait à sa partenaire…  

 

Au fur et à mesure que le papier se déchirait, que les rubans s’ôtaient et que les boîtes tombaient à terre, Ryô s’angoissait de découvrir le présent de Kaori. Qu’avait-elle imaginé pour le combler… Le sort ne décidant pas d’être de son côté, le dernier cadeau se trouvait être celui de sa partenaire. Il était comme un enfant, excité et tétanisé. Jamais, jamais au grand jamais il n’aurait imaginé qu’une femme puisse le rendre aussi vulnérable, à tel point de sentir son cœur battre à tout rompre, et ses doigts trembler à la simple ouverture d’un présent… Était-ce plutôt aussi ses regards insistants et perçants qui le rendaient autant nerveux.  

 

Lorsque le couvercle se souleva par la main de Ryô, son âme vacilla. Une gourmette, une gourmette en or blanche, gravée de son nom, prénom et date de naissance fit son apparition. Kaori lui offrait une véritable identité. Non pas qu’il se considérait comme étranger ou vagabond, mais c’était par le cœur que Kaori lui confirmait qui il était…  

 

Comment, comment lui faire face maintenant, comment la remercier intimement devant un public qui retenait son souffle comme attendant le dénouement d’une histoire d’amour. Quels mots employés ? Mais avant même de savoir comment lui dire « merci », il devait puiser au fond de son être la force de pouvoir bouger sa jambe droite pour faire un pas vers elle… Où se ressourcer pour glisser ses yeux dans les siens… Le souffle de Ryô se coupa, et ce fut en essayant de murmurer un mot incompréhensible qu’une invitée arriva en trombe et se pointa sous son nez !  

 

- Joyeux anniversaire Ryô !!  

- « Sauvé »…  

 

Ryô n’avait jamais été autant soulagé d’apercevoir l’intrépide Marie. Élancée, sa taille en imposait, mais c’était son éternel regard marron foncé qui mettait mal à l’aise les plus redoutables criminels du milieu. Au premier abord, ce n’était pas une femme agréable, pas du tout féminine malgré une poignante beauté. Elle ne savait pas prendre soin d’elle, coiffant ses éternels cheveux châtain foncé en queue de cheval. Munie d’un jeans et d’un tee-shirt, elle était toujours à l’aise pour se ruer sur son ennemi…  

 

- Vite, ouvre ton cadeau !  

 

La nettoyeuse pointait au visage de Ryô, un présent bien emballé. Il se demandait bien ce qu’avait pu lui offrir cette insociable. Et pourtant, l’assemblée se mise à rire en découvrant un livre s’intitulant « la drague pour les nuls ».  

 

- Tu as beaucoup d’humour Marie ! Ricana jaune Ryô  

- Utilises-le surtout !  

- J’y penserais !  

- Eh, Kenji, sert moi un verre !  

 

Après l’ouverture des cadeaux, les invités se dispersèrent de nouveau dans la salle. Kaori se retrouva mystérieusement seule. Observatrice, elle remarquait que beaucoup de personne c’était déplacées pour Ryô, elle ne s’imaginait pas qu’il avait autant de proche. Pour la plupart d’entre eux, elle ne les avait jamais vu ni entendu parler, pas même Kenji, celui qui semblait être le plus familier. Ce qui l’attristait davantage…  

 

Ryô n’avait toujours pas autant confiance en elle pour continuer à lui révéler des parts de lui qui avait de l’importance. Son partenaire semblait à l’aise, et bien s’amuser, alors qu’elle commençait à se sentir encore plus éloigné de lui…  

 

Sentant qu’elle allait craquer, elle se dirigea le plus discrètement possible vers l’escalier qui menait au toit, mais une main brusque l’attrapa, et l’empêcha de continuer.  

 

- On ne se connaît pas je crois ?! Répliqua Marie, inopinément  

- Je… Je suis Kaori, la partenaire de Ryô…  

- Jamais entendu parler de toi !  

- Hum…  

 

Kaori se sentait étrange. D’abord froissée par sa remarque, elle se mit soudainement à éprouver de la tristesse pour Marie, dont le regard ne transmettait rien. Elle était comme un ordinateur qui répondait automatiquement, un robot que l’on distinguait de l’humain par la différence des sentiments.  

 

- Arrête de picoler Marie ! Intervient Kenji, arrachant son verre  

- C’est la meilleure ça, Kenji qui me fait la morale par rapport à l’alcool !  

 

Marie lâcha prise sur Kaori, et déversa une colère monstre sur Kenji. Elle ne sut que penser d’eux. Ils n’avaient pas la même aura que Falcon ou Mick… Une pesante solitude et rancune paraissait gronder au fond de leur âme… Étaient-ils à sauver… ?  

 

À une certaine heure tardive de la nuit, quelques invités se préparaient à partir. Kaori en profita pour s’échapper sur le toit afin de libérer ses pensées. S’accoudant à la rambarde, elle observa la ville. Shinjuku était sublime la nuit : les lumières des commerçants encore en train de travailler et les immeubles illuminés par les nuits blanches des habitants étoilaient la ville.  

 

Kaori se repassait les événements de ce soir. Malgré les incertitudes et les troubles, elle se satisfaisait de sa surprise, et Ryô avait l’air de s’être amusé. Absorbée par ses songes, la nettoyeuse ne réalisa pas tout de suite, qu’elle n’était pas seule, et qu’une main s’était posée sur son épaule. Puis, sentant des doigts glisser sur sa peau, elle se retourna furtivement, et chassa le visiteur ?  

 

- Ryô ?! Excuse-moi, je ne t’avais reconnu ! Panique-t-elle  

- Ce n’est rien, je constate avec plaisir que tu as du réflexe partenaire ! Dit-il d’un clin d’œil  

 

Kaori lui rendit fièrement un sourire. Elle adorait entendre le mot « partenaire » dans la bouche de Ryô. C’était un statut qu’elle avait dû travailler durement avant de l’obtenir. Être équipier dans un tel métier, relatait d’une confiance inestimable de confier sa vie à l’autre…  

 

- Merci pour ton présent Kaori, il m’a fait très plaisir… Dit-il, la gorge serré  

- Je suis heureuse qu’il te plaise… Elle n’est pas trop grande… ? Dit-elle, attrapant sa main  

- Non, parfaitement à la bonne taille…  

 

Kaori avait encerclé sa main puissante avec les siennes. Ryô pouvait sentir sa peau douce et chaude. Instinctivement, il avait quelque peu refermé sa main, et de son pouce, il c’était laissé aller à caresser sa paume. La friction entre leur chair, créé un éclair foudroyant qui partit de l’échine à leur ventre. Il s’écrasa sur leur estomac comme la foudre vient frapper la terre en pleine tempête.  

 

Jusqu’à aujourd’hui, Ryô c’était interdit tout contact charnel avec Kaori. Mais depuis quelques mois, depuis la révélation à cœur ouvert de leur sentiment, la barrière de la censure craquelait, se fissurait, et il adorait entendre sa respiration se saccadait légèrement au moindre rapprochement. Ce soir, il était même tenté par un baiser…  

 

Mais pourquoi ? Pourquoi justement maintenant ? À cause de l’euphorie de son anniversaire ? Ou pour une autre raison....  

 

- Kaori… Tu sais, pour cet endroit…  

- Ne t’en fais pas Ryô, tout va bien… Je suis toujours heureuse de découvrir une partie de toi…  

 

Une partie de lui ? Non, Kaori se trompait. C’était par la force des choses qu’il était en ce moment, prit dans un tourbillon mafieux. Il n’avait éprouvé aucun plaisir à retrouver cet endroit, et ces hommes et femmes du milieu clandestin. S’il avait accepté secrètement le contrat de Kenji, c’était par amitié, et parce qu’il n’aimait pas savoir ses amis en danger. Alors, ces hommes qui n’étaient guère ses amis, et ces femmes d’une nuit, n’avaient aucune valeur aux yeux de Ryô. Mais, Kaori s’entêtait… Elle était toujours prête à se tenir à ses côtés, quel que soit les épreuves à réceptionner.  

 

Une partie de lui était bien évidemment cet homme appelé « nettoyeur » essayant de rendre justice aux êtres démunis. Néanmoins, la seconde et dernière partie de lui, était l’homme. L’homme farfelu, cachant une immense timidité derrière un personnage excentrique et perverti. Un homme sensible, aimant, devenu humain et plus homme de terrain grâce au cœur généreux d’Hide, et à l’âme humaniste de Kaori…  

 

- Merci… Murmure-t-il  

- Quoi… ?  

- Merci de faire de ma vie une réalité…  

- Ryô…  

 

Une perle de larme se glissa dans le coin de l’œil droit de Kaori. Ryô avait la voix si compressé en cet instant, comme s’il était effrayé d’ouvrir son cœur. Elle s’attendrit par sa sensibilité bien dissimulée, et venue lui donner de l’assurance, en posant sa tête contre son torse.  

 

Leurs mains étaient toujours enlacées, et se serraient davantage. Ils puisaient de la force dans le corps de l’autre. Kaori se sentait étrange, comme flottante, enivrée par la fièvre d’être aussi proche de Ryô. Et poussée par ce sentiment agréable à goûter, elle osa lever le regard sur lui.  

 

Ses joues rougirent, Ryô l’observait depuis bien longtemps, avec ce regard enflammé, touchant la passion. L’interdit : un jouet venant de l’enfer pour l’humain, et vouloir voler un baiser à Kaori en fut un. Quelle frustration que de n’avoir échangé qu’un seul baiser, et qui plus est, derrière une vitre où la mort aurait pu les séparer. Son cœur s’amusait à cogner tel le tambour annonçant l’exécution. Il priait pour que sa partenaire n’entende pas ce bruit assourdissant, intimidé.  

 

Ryô était homme de raison, et il se posa mille questions sur l’impact d’un baiser. S’il était homme civil, jamais aucune hésitation ne le frôlerait. Kaori serait une femme parmi la foule d’invité, une femme séduisante qu’il aurait abordé avec certitude, et l’embrasser sur ce toit de manière fougueuse se passerait sans l’ombre d’une incertitude.  

 

Seulement voilà, ils n’étaient tous deux aucunement ce genre de couple, ce genre de rencontre fusionnel où dès le premier regard échangé, un doute ne s’immiscerait. Caresser les lèvres de Kaori avec les siennes remettaient en cause tout ce passé enchaîné, prisonnier par la quiétude de perdre l’autre par ce lien unique.  

 

- Kaori… Dit-il raclant sa gorge  

- Ne… Ne te justifie pas… Dit-elle d’une larme  

 

Kaori ressentait l’incertitude de Ryô. Il se tenait droit, son visage restait presque figé devant sa question tortueuse, « dois-je l’embrasser ? ». Peut-être devait-elle faire le premier pas ? Elle restait là, à supporter sa tourmente, alors qu’elle n’hésitait pas une seconde à échanger un baiser avec l’homme qui chavirait sa vie entière.  

 

Alors, elle ne sut si ses pensées parvinrent à Ryô à ce moment-là, mais son visage s’approcha, hésitant, doucement du sien. Il émettait un léger sourire, comme exprimant son bonheur de vivre cet instant vacillant, car n’était-ce pas la sensation du premier baiser qui nous fait tomber amoureux de l’amour ?  

 

Elles se frôlèrent, s’engagèrent un court instant, ses lèvres assoiffées d’un baiser langoureux. Ils sentirent de nouveau ce frisson gambader dans leur dos jusqu’au rein, et plus ils se rapprochaient, plus le désir se défaisait de ces liens…  

 

Mais ce fut à ce moment que le charme fut rompu, encore…  

 

- Eh, Ryô !!  

 

La voix criarde de Marie venue abîmer l’instant unique et précieux que Kaori et Ryô avaient décidé de partager.  

 

- C’est impoli de faire attendre une jolie femme ! Répliqua Marie  

- Quoi ?!  

 

Marie s’approcha violement de Ryô et le tira par le col de sa chemise sous la stupéfaction de Kaori ; elle n’aurait imaginé avoir une rivale au caractère de fer.  

 

Rejoignant les invités encore présent dans la salle de réception, Kenji observa Kaori qui s’approchait évasivement de l’assemblée. Elle venait de mordre ses lèvres, comme pour écraser un moment qui n’était jamais arrivé. Car si elle eue vécu ce baiser échangé, elle serait en train de lécher ou toucher ses lèvres en cet instant.  

 

Kenji se trouvait intrigué et défait devant Kaori. L’aura qui l’enveloppait troublait : la douceur de ses gestes, son sourire maternelle, son regard franc et sincère, sans parler de sa beauté frappante, et de son jeune âge printanier. Ce caractère de femme affirmée cachait une frustration certaine de n’être égoïstement le centre d’attention de Ryô. Il réussit à sourire à cette pensée, les femmes sont d’irrésistibles jalouses et possessives créatures.  

 

Et puis, il y avait ce quelque chose en plus chez Kaori dont parler souvent Ryô, que lui-même ne serait décrire. Mais son ami dictait la plus part du temps, la vaillance de Kaori, son courage, sa générosité, et sa loyauté. Un trio de qualités responsables de l’amour qu’il éprouvait pour elle…  

 

Kenji sortit de sa réflexion en entendant le rire alcoolisé de Marie venue s’asseoir à côté de lui.  

 

- Tu ne sais vraiment pas te conduire comme il faut parfois ! Reproche-t-il  

- De quoi tu parles ?!  

- Rien…  

 

Marie ne retient pas la réprimande de Kenji, et concentra son attention sur Ryô, en train de se faire malmener par une strip-teaseuse entreprenante.  

 

Par ailleurs, le nettoyeur souriait bêtement, mais Kenji voyait bien qu’il se sentait terriblement mal à l’aise, il le devinait à sa main toujours posée derrière sa tête. Kaori elle, tenait un sourire moqueur, mais devait bouillir de l’intérieur, à rester sans rien faire, et regarder ce misérable spectacle ! L’instant de magie s’évaporait dans les filets de chronos…  

 

Kenji était encore intrigué par ce partenariat. Ryô et Kaori, c’était un peu comme le jour et la nuit, terriblement différent, mais ne pouvant survivre l’un sans l’autre. Ils étaient complémentaires, et ce visage d’ange était parvenu à devenir la moitié de City Hunter. Ryô devait éprouver un sentiment intense pour avoir gardé près de lui une femme civile pendant cinq années, et se demandait chaque jour s’il avait ce légitime « droit » de la garder auprès de lui…  

 

Kenji analysait bien, mais ne comprenait pas, comme à son habitude. Malgré son air de pervers bien connu, la facette de Ryô ne faisait aucun doute pour ses plus proches amis. Il restait et resterait sûrement fidèle à Kaori, idée qui échappait à Kenji. Appartenir corps et âme à une seule femme ? Était-ce véritablement possible ? Ça lui semblait complètement légendaire de laisser son cœur s’envahir de sentiment mièvre, et pour une unique femme. Est-ce qu’il serait un jour capable de rencontrer lui aussi une âme sœur…  

 

- « Aucune chance » ! Se dit-il  

 

Kenji était tellement absorbé par ses songes, qu’il ne sentit même pas le baiser qui venait d’être déposé dans son cou.  

 

- Et bien mon chéri… Tu rêves…  

 

Kenji reconnu subitement la voix d’Amélie… La jeune femme vint se poser à ses côtés, en posant sa tête sur son épaule, calant son corps au sien pour un peu de chaleur. Kaori s’étonna que cet homme aux allures d’animal indomptable, se laissait subitement aller à de l’intimité. Était-ce sa petite-amie ? Ou peut-être était-elle particulière pour lui.  

 

Une seconde femme pénétra dans la pièce, et elle prit place également à côté de Kenji. Elle tendit la main devant le visage du jeune homme, et ce dernier sortit instinctivement un paquet de cigarette puis un briquet qu’il déposa au creux de sa paume. Allumant le bâtonnet de nicotine, elle se mit à étirer son cou et masser sa nuque.  

 

- Tu es blessée ? Demande Kenji  

- Je suis mal tombée c’est tout…  

- Ta grosse tête à amortie la chute ! Se moque Marie, venant s’asseoir auprès de Déborah  

 

Kaori ressentit un sentiment particulier en les observant tous les quatre. Au-delà de l’aura froide et pudique qui se modulaient entour de leur âme, une certaine alchimie, une vague nostalgique et une force patriarcal semblait les souder. Ils ne devaient pas se le dire très souvent, pour de nombreuses raisons, mais ils étaient aux uns et aux autres, comme une famille… La seule qu’ils avaient probablement…  

 

- Tu ferais mieux de ne pas trop les dévisager… Souffla Ryô à son oreille  

 

Kaori recula instinctivement à ce contact qu’il eut surprise. Ryô se comportait de manière étrange en cette soirée, et bien qu’il fêtait son anniversaire, elle le trouvait plus euphorique, plus sérieux que d’ordinaire, et son instinct lui dictait que ce n’était pas uniquement à cause de la fête.  

 

- Et pourquoi je ne dois pas les observer ?! Demanda-t-elle sur un ton sec  

 

Si Kaori avait fait la houleuse rencontre de Marie et s’était frottée à son caractère acéré, Déborah et Amélie se voyaient bien plus acides.  

 

- Je suis crevée ! Se plaignit Marie  

- Tu n’avais pas qu’à pas te bourrer la gueule ! Répondit Kenji  

- Mon chéri est tendu ce soir… Se moqua Amélie  

- Ouais, et tu sais ce qui te détendrais, une partie de jambe en l’air ! Ricana Marie  

 

Kaori en recracha son jus de fruit par le nez. Ces jeunes femmes n’avaient aucune tenue et elles se comportaient comme de véritable chiffonnières. Décidément, ce qu’elle ressentait envers eux se voyait paradoxal. Un peu touchée, un peu désarmée…  

 

- Je crois que tu as gênée la demoiselle qui nous observe comme des animaux en cage depuis tout à l’heure ! Se moqua Déborah  

- Une sainte-ni-touche… Répliqua Marie dans un hoquet de sobriété  

- Les vierges sont toujours prudes… Sourit Amélie, vicieusement  

 

Kaori prit comme un coup de poignard dans le cœur. Elle n’était pas du genre à se laisser insulter, et à prendre aux mots les injures des autres femmes. Mais ce soir, recevoir ce genre d’insulte dans la bouche d’inconnues et qui tomba dans les oreilles de Ryô, l’a blessa. Et ce fut avec une certaine fierté qu’elle quitta la pièce pour se rendre à l’extérieur, en gardant son dos droit et sa tête levée.  

 

La vision de Kaori quittant la pièce avec un visage fière, mais attristée par les injures, retourna le cœur de Kenji. C’était la première fois qu’il rencontrait cette femme, ils ne c’étaient que très peu parlés, avaient peu échangés, et pourtant, le nettoyeur se noyait déjà dans sa pureté et sa grâce. Et ce fut avec dédain qu’il se défit de l’étreinte d’Amélie pour rejoindre Kaori à l’extérieur, en ignorant complètement les remontrances de cette dernière.  

 

Kaori s’était assise sur une caisse, le coude posé sur son genou droit pour que sa main repose son esprit pensive. Kenji prit place à ses côtés en s’allumant une autre cigarette. Il regarda dans la même direction qu’elle, en espérant deviner où les pensées de cette femme mystérieuse pouvaient se réfugier. Mais le nettoyeur n’aimait pas le silence, il avait besoin du bruit pour se sentir encore en vie, et il ne résista pas à l’idée de poser une question à Kaori.  

 

- Sérieusement… Qu’est-ce que tu fous parmi nous ? Demanda-t-il sans délicatesse  

- Et vous… Qu’est-ce que vous faîtes dans ce milieu ? Répondit Kaori sur le même ton, arborant son regard pomme  

 

Kenji se sentir piégé pour la première fois de sa vie. Kaori avait une attraction, une aura protectrice que nul individu ne pouvait détruire. C’était parce qu’elle possédait cette force que Ryô la gardait auprès de lui… Quel gaspillage pensa-t-il ; une telle femme ne devrait pas se retrouvait auprès d’un homme comme Ryô. Ce soir, ils auraient pu y passer tous les deux et c’était uniquement à cause de l’égoïsme de Ryô, qui ne voulant pas mettre en danger sa partenaire, avait dû appeler un professionnel en renfort.  

 

Cependant, malgré ce ressenti, Kaori ne paraissait pas faible, et pour pouvoir être le partenaire de City Hunter, il fallait avoir un sacré cran, un courage de plomb, et une confiance aveugle l’un dans l’autre. Dans ce cas… Pourquoi Kaori le regardait intensément, pourquoi son regard transpercé sa poitrine pour arracher son cœur, et prendre en otage sa conscience…  

 

Kenji réfléchit, il se mit à penser, penser avec son cœur, et depuis bien longtemps une telle force ne l’eut habité. Le nettoyeur eut à sa grande surprise un rire nerveux, il venait de comprendre, comprendre pourquoi Kaori, la City Hunter le regardait avec une telle intention, elle se méfiait de lui, elle essayait de comprendre qui il était, tout simplement parce qu’elle avait deviné…  

 

- Ryô ne peut absolument rien vous cacher… Répliqua-t-il, un peu moqueur  

- Ryô est très fidèle en amitié… Et s’il a une dette envers vous, je sais qu’il est capable du pire et du plus dangereux pour tenir sa promesse… !  

 

Le regard de Kaori n’était ni doux ni tendre ni compréhensive ; elle montait sur ses gardes, prenant une posture défensive, et rien, plus rien, même pas le diable le plus effrayant ne pouvait faire reculer cette femme ! Kenji était stupéfait, la force, le courage et la volonté qui habitait son corps entier, son âme de la tête au pied le transcendait. Ce n’était plus de l’amour, mais une rage, une rage dès plus épidémique qu’elle avait pour Ryô.  

 

- Vous vous trompez…  

- À quel propos ? Demanda-t-elle agacée  

- Ce n’est pas Ryô qui a une dette envers moi, c’est moi qui en aie une envers lui…  

 

Kaori baissa sa garde. Le regard de Kenji en prononçant cet aveu fut triste et douloureux. Elle avait bien remarqué le détachement certain de ce jeune homme envers la vie, un sentiment sombre le maintenait au sol, le traînant jusqu’à son châtiment. Au début, elle se méfiait un peu de sa personne, elle l’avouait, parce qu’elle ne le connaissait pas, parce que Ryô l’avait appelé lui, et non elle, qu’il semblait solitaire, près à entraîner dans sa chute, mais son instinct indiquait subitement qu’une immense peine habitait ce garçon ; une douleur qu’il n’était pas parvenu à surmonter.  

 

- Kaori !  

 

La voix de Ryô l’appela de manière autoritaire ; il était temps que la conversation entre Kenji et Kaori se termine. Le nettoyeur descendit de son perchoir, il voyait arriver derrière son ami ces trois partenaires, et il craignait le pire.  

 

- Tu nous laisses pour une chaste rosière maintenant mon chéri… Débita Amélie  

 

Kenji s’approcha de son amie, et bouscula les trois femmes pour leur faire comprendre qu’il était temps de partir, et ainsi décuver l’alcool qu’elles avaient ingurgité. Il regarda une dernière fois Kaori, indiscutablement bouleversé en un rien de temps par cette femme…  

 

Ryô s’approcha de sa partenaire qui semblait le bouder. Curieux, il avait écouté dans l’ombre la conversation de Kaori et Kenji, et il rouspétait contre elle à l’intérieur de lui-même. Ne pouvait-elle pas une seconde rester à sa place et lui faire confiance. La mission qu’il occupait avec Kenji ne ressemblait à aucune autre vécu jusqu’à présent, et il était hors de question, quelque fut les raisons honorables de sa partenaire, de la mêler à cette affaire.  

 

Leurs yeux s’observèrent de longues minutes, essayant par tous les moyens de se convaincre l’un l’autre. Mais Kaori et Ryô savaient pertinemment que ce jeu pourrait durer des heures, des jours, des mois, des années…  

 

Avec délicatesse, Ryô tandis sa main à Kaori en toute galanterie pour l’aider à descendre. Elle accepta sa main avec courtoisie, séduite par ce regard et ce sourire séduisant. Mais elle savait, elle savait qu’il la charmer pour mieux l’embrouiller, pour mieux la déstabiliser, mais elle ne tomberait pas dans son piège. Il avait promis qu’ils seraient des partenaires à part entiers, et elle comptait bien respecter ce contrat.  

 

- Tu rentres avec ta sainte-ni-touche de partenaire ? Questionna-t-elle boudeuse  

- Tu sais… Elles ont torts… Sourit-il, séducteur  

- Ah… Oui ? Rougit-elle  

- Et bien… Entant que garçon manqué, tu as dû séduire un paquet de femme, et rien de mieux qu’une femme pour toucher une autre femme… Non ? Rit-il fortement et fièrement  

 

Un grognement se fit entendre de la bouche de Kaori, et avec une force que seul le ciel pouvait déceler, elle frappa Ryô sur la tête avec sa fidèle massue. Ce fut avec une démarche pour la moins masculine, qu’elle s’éloigna de son partenaire, en marmonnant des blasphèmes à son intention.  

 

Ryô ricana sous le poids de colère de sa partenaire. Il se rassurait ainsi, si sa partenaire réagissait à ses sottises, c’était que sa tête ne se concentrait pas uniquement sur les soucis qui arriveraient bientôt.  

 

Mais ce jeu lassait… Il aurait souhaité la consoler d’une autre façon, d’une manière plus délicate, plus attentionné, plus virile. Ceux qui le connaissaient bien, savaient que derrière cette carapace de pervers invétéré, se cachait une timidité maladive, et bien plus lorsqu’il s’agissait de Kaori… Le peur l’emportait dans la maladresse, et il se demandait bien quand le courage de faire un pas de plus vers elle, prendrait le pas sur la crainte.  

 

Encore une fois, malgré ce moment intime passé sur le toit de l’immeuble plus tôt, où sa pudicité s’était dissipée, ils rentrèrent chez eux, simplement, se souhaitant une « bonne nuit », et chacun gagna son lit avec des remords, des regrets, bien plus lourd que ceux de la veille…  

 

…..  

 

Déborah, Amélie et Kenji étaient rentrés eux aussi. Les trois camarades vivaient dans des petites maisonnettes dans les profondeurs d’un bois en dehors de Tokyo.  

 

Le nettoyeur était venu border son fils, mais ce soir, il ne se laisserait aller à aucune luxure avec Amélie ou Déborah. Il préféra rentrer chez lui, s’allonger dans son lit, et se laisser aller à ce sentiment nouveau qu’était la fascination – créé par Kaori.  

 

Quant à Marie, elle aussi rentrée chez elle, c’était dans une cabane au bord de la plage qu’elle résidait avec son père, Jeff, et sa petite-sœur adoptive, Hélène. En pénétrant dans la maison, titubante, elle tomba sur les ronflements de son père, assommé lui aussi par une soirée bien arrosée, rattrapée par le fauteuil situé à l’entrée.  

 

- Bonsoir…  

 

La voix fluette de sa petite-sœur raisonna dans sa tête. L’amour fraternel ne liait pas les deux sœurs, du moins, Marie n’éprouvait aucun sentiment qui s’en rapprochait pour elle. Hélène, elle, essayait en vint de tenter un rapprochement, de former une brèche qui les conduirait au moins vers un sentiment d’amitié.  

 

- Tu veux que je te fasse un café… ? Demanda Hélène, inquiète de l’état de son aînée  

- J’ai bu comme une éreinter et pourtant c’est toi qui me rends soûl !  

- Je…  

- Non, non, commence pas à bégayer, et file dans ta chambre, tu me donnes la nausée !  

 

Hélène fut encore une fois flagellée par les mots acerbes de sa sœur aînée. En larme, elle partit se réfugier dans sa chambre, déverser toute sa peine devant le mur qu’était Marie. Elle se demandait toujours ce qu’elle avait bien pu faire ou dire pour mériter sa colère, son indifférence, sa haine…  

 

Ce soir, de nombreux cœurs hurler et confesser au ciel leur perdition.  

 

 

 

 


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