Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prosa

 

Autori: saintoise , laeti , KitHAWKE , grifter

Status: Completa

Serie: City Hunter

 

Total: 4 capitoli

Pubblicato: 20-11-06

Ultimo aggiornamento: 20-11-06

 

Commenti: 31 reviews

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RomanceFantasy

 

Riassunto: Fic alternative se déroulant dans un pays imaginaire. Hideyuki est bien mort mais Ryo ne connait pas encore Kaori. Laissez vous bercer par ce magnifique conte de fées, écrit tout spécialement pour notre amie Sandrine, à l'occasion de son anniversaire.

 

Disclaimer: Les personnages de "Au pays des mille te une nuits" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojon sauf Sukebe et Shereika:) .

 

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   RRS :: Au pays des mille et une nuits

 

Capitolo 1 :: Le marché aux esclaves

Autore: saintoise

Pubblicato: 20-11-06 - Ultimo aggiornamento: 20-11-06

Commenti: Coucou tout le monde et particulièrement coucou Sand. Voici une petite fic écrite rien que pour toi. j'espère que ça te plaira, ça a été fait avec amour. Je te fais plein de grosses bises et je te souhaite une très bonne lecture. Caro

 


Capitolo: 1 2 3 4


 

Imaginez un royaume de lumière, peuplé de génies et de lampes merveilleuses, de princes et de princesses, de mages et de sultans. Les palais poussent en abondance le long du Tigre et les danseuses orientales hypnotisent par leur grande beauté, et font tomber fou d’amour les âmes perdues.  

Nous sommes à Bagdad au pays des mille et une nuits.  

 

Maintenant, approchons-nous un peu plus. N’ayez pas peur et suivez-moi, j’aimerais vous faire découvrir le plus beau palais de tous les temps. Voyez-vous cette énorme boule lumineuse qui brille au beau milieu du désert ? Et bien, non, ce n’est ni une étoile, ni un mirage et vous ne rêvez pas. Voici un palais fait d’or et de pierres précieuses. Ici habite un homme hors du commun. Les gens de ce pays ne le connaissent pas vraiment mais nul ne s’en plaint. A chacune de ses apparitions, les génies rentrent vite dans leur lampe pour s’y cacher, les tapis volants craignent d’être interpellés pour effectuer une virée nocturne des plus effrayantes. Les vizirs eux-mêmes, le connaissant pourtant très bien et prêts à exécuter ses moindres désirs, n’en mènent pas large lorsque Sa Majesté déambule à travers les somptueuses pièces.  

 

Ce Sultan règne sur son pays et rares sont ceux qui osent lui tenir tête. Sa loi est celle de la justice et il use de tous ses pouvoirs pour que la paix perdure au pays des mille et une nuits. Redoutable et invincible, aucun de ses adversaires ne lui survit. Son nom : Ryo Saeba.  

 

Maintenant, si vous le voulez bien, nous allons pénétrer dans son gigantesque palais et je vais vous faire découvrir la féerie de ce lieu si mystique. Ah, un conseil, n’essayez pas d’attraper un des nombreux tapis volants, il ne vous écouteraient pas car il n’obéissent qu’à leur souverain. De plus, ils sont très farceurs alors ignorez-les.  

Garons ici nos chameaux et entrons. Revêtez ces capes qui feront de nous des êtres invisibles, c’est plus prudent : les vizirs de Sa Majesté n’hésitent pas à trancher toute tête étrangère qui leur paraît suspecte. Par conséquent, ne prenons pas de risques inutiles.  

 

Tout le monde est prêt, alors rentrons !  

 

 

Le palais était entouré d’une impressionnante forteresse dont plusieurs gardes en protégeaient l’entrée. Derrière les lourdes portes décorées de diamants, une magnifique oasis se dressait, imperceptible pourtant de l’autre côté. Plusieurs femmes en maillots de bain se baignaient et se délectaient de la fraîcheur qui leur était offerte. Elles étaient toutes aussi belles les unes que les autres et semblaient très heureuses. L’insouciance se lisait sur leurs visages. Mais qui étaient ces déesses ? Etaient-elles toutes les femmes du sultan ? Les retenait-il prisonnières dans son palais ? Redoutable certes, mais quel coquin tout de même ! De toutes façons, aucune d’entre elle ne paraissait malheureuse. J’aurais été également tentée moi aussi de faire un plongeon dans cette eau si claire, le voyage à dos de chameau à travers le désert pour vous emmener jusqu’à Sa Majesté m’ayant éreintée. Mais ne nous laissons pas distraire et poursuivons notre visite.  

 

 

Le palais comptait une centaine de chambres, destinées aux compagnes de Ryo Saëba. Chaque nuit, ce dernier passait la nuit avec l’une d’entre elle. Celle qui avait l’honneur d’être choisie était comblée pour les mois à venir. Il lui arrivait pourtant de se lasser de ses compagnes et les renvoyaient chez elles moyennant une bourse d’écus importante afin qu’elles puissent avancer dans la vie et l’oublier. Ses vizirs lui en ramenaient alors plusieurs autres, achetées sur le plus grand marché du royaume. Mais à vrai dire, aucune ne le satisfaisait entièrement. Il se sentait en fin de compte très seul et son harem ne le comblait pas. Flottant au-dessus de Bagdad la nuit sur son tapis volant préféré, il pouvait admirer les multitudes lumières de la ville. Il surveillait son pays et éloignait toute trace de criminalité. Ses nombreux génies n’avaient malheureusement pas le pouvoir de rendre honnête tout méchant homme.  

 

Lorsqu’il regagnait ses appartements, son vizir préféré, le dénommé Mick, lui organisait des formidables soirées avec des danseuses orientales. Le sultan était complètement fan de ces spectacles et bavait devant les jolies jeunes femmes. Leurs courbes étaient si parfaites et leurs déhanchements si sensuels, qu’il s’essayait lui aussi à ce divertissement aphrodisiaque.  

 

Ryo Saëba était de surcroît très beau. Lorsqu’il enlevait son turban de soie blanche et de fil doré, il révélait sa sublime chevelure ébène. Ses yeux étaient d’un noir si profond qu’ils le rendaient mystérieux. Son corps d’athlète en faisait fondre plus d’une. Malgré son effroyable réputation, il était très tendre avec les femmes et ces dernières tombaient toutes folles amoureuses de lui et ne voulaient plus le quitter. Le palais de leur souverain était si grand qu’elles n’en connaissaient pas les moindres recoins, et il exauçait tous leurs souhaits. C’était pour ces raisons qu’à chaque fois qu’il en renvoyait une chez elle, il s’arrangeait pour qu’elle ait les moyens de refaire dignement sa vie.  

 

Mais un soir, il n’avait plus envie de s’amuser et ne rentra pas dans la chambre d’une jeune femme qui l’attendait pourtant impatiemment. Aucune ne l’amusait plus. Il décida de se rendre lui-même le lendemain matin au marché afin d’y trouver la femme de sa vie, qui deviendrait sultane et qui règnerait avec lui sur Bagdad.  

 

La demoiselle délaissée n’avait cependant pas fermé l’œil de la nuit, et à chaque bruit de pas qui s’étaient approchés de sa chambre, elle avait cru que c’était lui. Mais non, il n’était pas venu ! Quel goujat ! Elle s’était faite belle pour lui durant toute la journée et avait attendu son tour pendant plusieurs mois. Le lendemain, elle regarda sur le planning des visites nocturnes du Sieur Saëba. Son nom était bien inscrit pour la veille. Pourquoi ne l’avait-il pas rejointe ? Avait-il succombé aux faveurs d’une autre ? Impossible. Sa Majesté respectait toujours scrupuleusement le planning, affiché dans l’immense salle où toutes les femmes se rassemblaient dans la journée. Et il n’était pas malade car elle l’avait vu s’exercer au sabre avec son ami, le vizir Mick. Elle n’avait vraiment pas de chance et n’osait pas aller lui demander les raisons qui l’avaient poussé à la délaisser. Peut-être avait-il une préférée ?  

Cette jeune femme se prénommait Shéhéreika et était la plus jolie fille du harem.  

 

Après son sport matinal, Ryo Saëba fit atteler son plus beau cheval. Tout de blanc vêtu, il le chevaucha. Tout un cortège l’accompagnerait sur le marché. Ses vizirs et ses gardes le suivaient de très près. Un magnifique cheval blanc était également du voyage, destiné à être monté par l’élue de Sa Majesté. Il sentait que celle qu’il avait attendue depuis tant d’années était toute proche. Et, alors qu’ils traversaient le désert pour atteindre la ville, le vent qui dispersait les grains de sable et les faisaient voltiger dans l’air, semblait dessiner le visage de sa promise. Il soupira et lança son cheval au galop. Son geste fut imité par sa troupe, laissant sur leur passage un nuage de poussière.  

 

Une heure après, ils arrivèrent sur la plus grande place de Bagdad, bombée de monde. Certaines Emirs venaient de très loin afin d’acheter LA plus belle femme sur ce marché, réputé comme étant le meilleur de tout le continent. Les pauvres filles qui étaient exhibées à la vues de tous ces hommes, étaient la plupart du temps enlevées à leur famille ou vendues à un bon prix par leur père. Elles étaient alors facilement la proie d’esclavagistes, frappées et violées par leur maître. Plusieurs mourraient sous les horribles traitements qui leur étaient infligés. D’autres avaient plus de chance mais à aucun moment, aucune ne s’était jamais échappée. Elles étaient toutes soumises et entièrement dévouées à leur futur maître. Avant de montrer leurs sublimes trouvailles, les marchands les préparaient et les habillaient de somptueuses toilettes.  

 

Toute la gente masculine, riches et pauvres, beaux et hideux se délectaient du spectacle.  

 

Ryo Saëba mit pied à terre et donna les rennes de sa monture à son vizir Mick. Il s’approcha alors du podium où les femmes seraient présentées une par une puis vendues au meilleur offrant. A son apparition, tout le monde s’écarta et le salua en mettant un genou à terre. Il les ignora et ordonna aux marchands de dévoiler leurs femmes sur le champ. Ces derniers s’exécutèrent. Nul désirant être châtié par le plus grand sultan du royaume.  

Alors, des hommes amenèrent leur première découverte. Cachée derrière un voile marron, les cheveux longs lui tombant sur les reins. Elle était superbe. Lorsqu’on lui ôta sa robe en lui dénouant un nœud derrière sa nuque, tout le monde put admirer son corps. Très mal à l’aise d’être complètement dévêtue, elle se laissait pourtant faire, sachant qu’aucune échappatoire n’était possible. Elle fut achetée par un important homme d’affaire du pays à un très bon prix.  

 

Pourtant très belle, elle n’avait pas plu à Sa Majesté. Et pour lui, elle n’était guère différente de toutes les femmes qu’il possédait dans son harem. Non, lui, il cherchait la perle rare.  

 

Le défilé continua et les créatures, aussi envoûtantes les unes que les autres, furent toutes vendues. Puis. Un des marchands claqua dans ses mains pour intimer le silence et annonça qu’une beauté rare allait apparaître devant eux. Ryo Saëba se rapprocha un peu plus, soudain plus curieux. Le sommeil l’avait gagné et il n’arrêtait pas de bailler.  

 

Deux hommes amenèrent la femme. Cette dernière se démenait comme un beau diable et ils devaient user de force pour qu’elle pénètre enfin dans la fosse aux lions. Enfin une qui se démarquait dores et déjà de part son caractère, si on la comparait à ses précédentes compagnes. Le souverain se fit alors beaucoup plus attentif.  

 

La demoiselle se cachait derrière un voile bleu lagon et portait une magnifique couronne. Ses cheveux auburn plutôt courts semblaient très soyeux. Sa longue robe, assortie au voile, marquait merveilleusement sa généreuse silhouette et ses seins galbés. On lui ôta le voile toujours en la maintenant sinon, elle se serait échappée. Tous s’exclamèrent devant ce visage qui leur était révélé. Des « Oh comme elle est belle » ou des « Elle est pour moi » raisonnèrent de part et d’autre. Pourtant, elle ne souriait pas. Elle restait fière, la tête haute, dénigrant cet amas d’hommes en rut.  

 

Le marchand vanta alors les charmes de sa belle :  

 

- Messieurs, voici devant vous une des plus belles femmes du monde, sans aucune comparaison possible avec les filles qui sont passées avant elle. Regardez-moi ces traits comme ils sont fins, cet air fier, ces cheveux qui brillent au soleil et ces yeux qui habitent des milliers d’étoiles et qui semblent vous dire « je t’aime ».  

 

Tous les spectateurs applaudissaient, sauf un, Ryo Saëba. En effet, il était subjugué devant cette femme qui ne désarmait pas devant l’humiliation. Il nota chez elle un air malicieux, ses yeux l’envoûtaient et sa bouche l’appelait. Elle était belle et si courageuse.  

Le marchand poursuivit tout en scrutant le sultan, conscient de son intérêt pour sa marchandise de premier choix :  

 

- Et vous n’avez encore rien vu Messieurs. Votre Majesté, si vous voulez bien vous donner la peine de venir vous-même lui ôter ce rempart qui recèle son corps de déesse.  

 

Il ne se fit pas prier et enjamba soudainement l’estrade. Il s’avança vers elle sans la quitter des yeux. La colère se lisait dans son regard, non, c’était de la haine. Mais il y vit aussi de la peur. Orgueilleuse jusqu’aux ongles, elle le défia du regard.  

 

« Diable, quel caractère ! » Pensa-t-il. Il la dépassait d’une bonne tête et, de part sa forte carrure, il la dissimulait aux yeux des autres hommes, mais personne n’osa lui dire de se pousser pour admirer la femme. Sa robe était la même que les autres filles mais elle la mettait terriblement plus en valeur, seule la couleur différait. Ses mains frôlèrent alors sa nuque et il la sentit trembler. Il stoppa son geste l’espace d’une seconde puis défit le nœud.  

 

Alors que la robe faisait mine de glisser nonchalamment, il stoppa la chute du léger tissu à hauteur de la poitrine de la demoiselle. Ses mains apposées de chaque côté de son buste préservaient sa nudité. Elle le regarda, ne comprenant pas son geste et mais ses yeux semblaient le remercier.  

Sous l’œil étonné du marchand, il lui renoua sa robe derrière le cou et lui prit la main., tout cela sans cesser de la regarder. Puis, il lui dit :  

 

- Etes-vous prête à m’accompagner jusque dans mon palais ?  

 

La réponse inattendue fut cinglante :  

 

- Ne vous attendez pas à ce que je vous remercie par mes charmes. Vous ne valez pas mieux que toute cette masse de gros porcs qui nous observent. Je préfère encore être fouettée plutôt que de devenir votre esclave.  

 

Les yeux de la belle lançaient maintenant des éclairs. Le marchand les interrompit, encore plus mielleux que tout à l’heure :  

 

- Combien Sa Majesté compte-t-elle acheter cette merveille de la nature ?  

- Une telle beauté est inestimable, répondit Ryo Saëba, et ne peut en aucun cas être vendue ou achetée. L’amour n’a pas de prix.  

- Que de belles paroles dans votre bouche ! Jeta la jeune femme. Je n’irai nul part avec vous.  

- Ah oui ? Répondit le sultan. Vous auriez pu tomber sur pire que moi. Regardez comme tous ces vautours vous dévisagent. Vous serez une proie délicieuse pour eux. Si je vous laisse à leur merci, je ne donne pas cher de votre peau.  

 

Ryo Saëba se poussa légèrement et elle put en effet les voir. Tous ces yeux posés sur elle, ces ricanements d’hommes assoiffés de sexe et d’extase… non, jamais elle n’appartiendrait de cette façon à quiconque. Elle recula soudainement en arrière, prise d’une peur panique, réalisant son triste sort. Elle leva ses yeux vers cet homme qui semblait pourtant différent des autres. Mais il ne fallait pas se leurrer, son destin avec lui serait le même qu’avec les autres. Il espérait la même chose. Mais il avait eu la bonté ne pas l’humilier davantage qu’elle ne l’était déjà.  

Alors, doucement, elle se rapprocha instinctivement de lui et comprit qu’il valait mieux le suivre pour l’instant au lieu de mourir violée et torturée par ces animaux.  

 

- Je vois que vous venez de prendre la meilleure des décisions, lui fit le Sultan en reprenant sa main et en la tenant plus fortement. Alors on y va.  

 

Voyant qu’il partait sans payer la marchandise, plusieurs marchands les entourèrent.  

 

- Oseriez-vous me défier ? Demanda le sultan le plus calmement du monde.  

 

Tous ses vizirs qui ne le quittaient quasiment jamais, apparurent alors, sabre en main et s’approchèrent dangereusement. Ryo Saëba leur demanda de ne pas intervenir d’un signe de main.  

 

- Allons, réitéra-t-il aux marchands sans élever la voix, laissez-nous partir sans encombres si vous tenez à la vie.  

 

Ces derniers ne réfléchirent pas plus longtemps et s’écartèrent à contre-cœur. Le souverain s’avança et sauta en bas de l’estrade, et offrit galamment son aide à sa nouvelle conquête. Elle prit sa main tendue et il l’attrapa. Elle n’eut pas d’autres choix que de lui tomber dans les bras.  

Interloquée par ce Don Juan, elle comptait pourtant rester digne.  

 

- Lâchez-moi, cria-t-elle en lui bombardant le torse de coups de poings.  

- Hola, doucement ma belle, rétorqua le Sultan en la déposant à terre.  

 

Sitôt ses pieds touchèrent-ils le sol qu’elle s’élança à toutes jambes loin de ce marché. Elle était désespérée et courrait à perdre haleine. Elle n’avait même pas le temps de pleurer. Elle devait s’enfuir le plus loin possible.  

Elle avait été si rapide que le souverain n’eut à peine le temps de réagir. Non, il ne voulait pas la perdre car il l’aimait déjà. Une longue course s’ensuivit dans Bagdad.  

 

Essoufflée, elle s’engouffra dans une étroite ruelle, pensant être hors de danger. Mais elle ne vit pas l’homme sournois, totalement ivre, sale, et d’une laideur incommensurable qui s’approchait d’elle. Elle sentit alors son haleine tiède dans son cou. Elle tourna vivement la tête et poussa un cri. Il l’attrapa sauvagement d’un bras et de l’autre lui mit la main sur la bouche. D’un geste violent, il lui déchira la robe au niveau de la poitrine et la plaqua contre le mur. Elle était terrorisée et ne pouvait esquiver le moindre mouvement.  

Les mains de la créature lui touchait maintenant les cuisses et remontait encore plus haut.  

C’est alors que des bras puissants le firent virevolter sur le mur d’en face, et il tomba à terre inconscient. La jeune femme se laissa choir au sol et cette fois, ne put retenir ses larmes. Le sultan l’avait retrouvée et sauvée à temps. Il s’agenouilla devant elle et la porta. Elle ne gesticula pas et se laissa faire. Elle ne voulait plus lutter, pas pour le moment, elle était trop fatiguée.  

 

Ryo Saëba la déposa en amazone sur le cheval blanc et se mit à califourchon derrière elle. C’est au galop que toute la troupe regagna le somptueux palais.  

Malgré les soubresauts de leur monture, elle n’avait pas bougé ni desserré les lèvres. Aussi étrange que cela pouvait pourtant lui paraître, elle se sentait étonnamment bien collée au corps de son nouveau maître, comme protégée.  

« Maître ». Ce mot lui fit mal. Car, même s’il ne l’avait pas payée, il l’avait enlevée et elle n’avait pas eu d’autres choix que de le suivre. Certes, il l’avait sauvée et elle aurait pu tomber sur pire homme que lui, mais elle ne voulait pas de cette vie. Elle ne voulait pas appartenir à un homme de cette façon, immensément riche de surcroît, car, elle se rappelait comment le marchand l’avait appelé : « Sa Majesté ». Pourvu qu’elle parvienne à se battre de toutes ses forces pour lui échapper. Jamais on ne lui volerait ce qu’elle ne voulait pas donner, jamais cet homme ne la souillerait.  

 

Les marchands avaient tué son frère, son unique famille et s’étaient emparés d’elle pour la vendre et en récolter un très bon prix. Elle le vengerait et se battrait pour lui.  

 

Elle sentit leur cheval s’arrêter. Ils étaient arrivés devant le palais. Elle ouvrit les yeux et fut éblouie par le soleil qui se reflétait sur l’or et les pierres précieuses de sa nouvelle prison. La majestueuse porte s’ouvrit. A cet instant, le sultan lui repositionna son voile devant le visage. Elle fut surprise du geste mais ne broncha pas. Elle n’en crut pas ses yeux : devant elle, une oasis qui s’étendait sur plusieurs mètres. L’eau semblait l’appeler tellement elle avait soif et les ombres des gigantesques palmiers lui donnaient envie de se prélasser. Mais c’est alors qu’elle remarqua toutes ces femmes qui la regardaient d’un air plus que curieux. Un attroupement s’était formé autour du cheval du souverain tant et si bien qu’il ne put plus avancer.  

 

- Allons mesdames, laissez-nous passer, fit le vizir Mick.  

 

Les femmes commencèrent à la toucher. Elle avait la peau si blanche et si douce. Mais d’où sortait-elle ? Si le sultan lui avait caché le visage, c’est qu’elle devait assurément être très belle. La jalousie se lut alors sur leur visage et elles comprirent qu’il avait enfin trouvé la femme qu’il aimerait, qu’elle serait sa préférée et que bientôt, toutes les autres seraient renvoyées du harem.  

 

Ryo Saëba descendit de cheval et posa à terre sa dulcinée.  

 

- Suivez-moi, lui dit-il en lui prenant la main. Je vais vous emmener jusqu’à votre chambre et vous pourrez vous remettre de vos émotions et vous mettre à votre aise.  

- Et que m’arrivera-t-il ensuite ? Demanda-t-elle acerbe.  

- Nous pourrions juste faire connaissance. Je ne connais même pas votre nom, mais j’ai hâte de tout savoir sur vous.  

 

Elle ne répondit pas et le suivit à travers les couloirs du palais. Ce dernier lui parut très mystérieux, comme s’il renfermait des secrets, mais en même temps, il était magnifique et très clair. Il contenait beaucoup de belles fontaines. Ce lieu, sans savoir pourquoi, lui semblait magique. Le sultan ouvrit une porte.  

 

- Nous y sommes, déclara-t-il. C’est la plus belle chambre de mon palais, et c’est la votre. Vous trouverez de magnifiques toilettes dans votre garde-robe.  

 

Comme si elle marchait sur des œufs, elle rentra. Sa chambre était digne d’une princesse, son lit, les tapis d’orient, les voilages, tout respirait le conte de fées. Mais voilà, ça n’en était pas un.  

 

- Autant me tuer sur le champ ! S’écria-t-elle alors. Je me fiche pas mal de votre fortune, ni de tout ce que vous pourrez m’offrir, je veux ma liberté et sur le champ. Et si vous ne me la rendez pas, je me sauverais de toutes façons. Jamais je ne vous appartiendrais.  

- Vous voulez partir, très bien, répondit calmement Ryo Saëba. Je vous rendrai votre liberté si vous la désirez vraiment. Mais je vous en prie, essayez au moins de me connaître. En plus, vous êtes fourbue et si vous repartez, je ne donne pas cher de votre peau. Vous êtes si belle que vous serez encore revendue sur un autre marché ou pire, maltraitée par des bandits, et là, je ne viendrai plus vous sauver. Vous êtes ici chez vous. Jamais je ne fermerai cette porte. Vous pouvez aller et venir à votre gré. Pour le moment reposez-vous, vous aurez les idées plus claires à votre réveil.  

 

Elle le regardait, n’en croyant pas ses oreilles. Ainsi, il la laisserait s’en aller ! Sornettes ! Trop de gentillesse pour pouvoir l’amadouer. Mais avec elle, ça ne marcherait pas et elle comptait bien s’enfuir d’ici dès que possible.  

 

Le sultan reprit :  

 

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas et demandez-le à mon vizir et ami Mick que voici.  

 

Ce dernier apparut lui faisant une révérence.  

 

- Je suis à votre disposition princesse !  

 

« Princesse » ! Décidément, elle n’y comprenait plus rien. Les deux hommes s’en allèrent. Elle resta interdite au beau milieu de sa chambre. Puis, elle recouvra ses esprits et tourna la poignée de sa porte. Ouverte ! C’était donc vrai ! Elle tenta un pas en dehors et là, une femme qui était cachée elle aussi derrière la porte, la fit vite retourner sur ses pas.  

 

- Mais qui êtes-vous ? Demanda-t-elle. Qu’est-ce que vous me voulez ?  

- Je m’appelle Shéhéreika. Et je vais te tuer. Le sultan est à moi, tu comprends. Jamais tu ne seras à lui !  

- Mais… je…  

 

Elle brandit son poignard sur la nouvelle qui hurla et recula tout au fond de la pièce. Elle cherchait de quoi se défendre mais ne trouva rien. Shéhéreika se rapprochait dangereusement de sa victime. Cette dernière passa par-dessus le lit pensant pouvoir s’échapper et l’enfermer dans sa chambre. Mais là, apparut le vizir Mick qui arrivait en courant suite au cri de la jeune femme. Il vit Shéhéreika avec le poignard, s’approcha d’elle et lui l’arracha de force.  

 

- Lorsque le sultan va apprendre ça, nul doute qu’il te bannira à tout jamais de son palais, déclara Mick. Et s’il fait cela, tu l’auras bien cherché. Quant à vous, si vous souhaitez vous enfuir, soyez prudente, voyez comme vous êtes jalousée. Enfermez-vous à double tour dans votre chambre.  

 

Il claqua la porte et la jeune femme suivit ses conseils. Que d’émotions ! Lasse, elle visita sa luxueuse suite, prit une douche, se changea et enfila une magnifique robe rose et blanche qui se laçait sur les côtés et qui mettait en valeur son opulente poitrine. Elle s’allongea sur son lit et s’endormit, avec, sans le vouloir, une pensée pour le beau et ténébreux sultan qui l’avait sauvée aujourd’hui.  

 

Quelques heures après, elle rouvrit les yeux. Sa chambre était éclairée et la nuit était descendue. Elle ne reconnut pas tout de suite où elle était mais se rappela alors les événements de la veille. Devant elle, un succulent plateau repas. Son ventre gargouillait et elle avait faim. Elle voulut goûter un fruit lorsqu’elle entendit un petit rire dans la pièce. Elle regarda partout mais ne vit personne. Sa fenêtre était grande ouverte et quelqu’un avait du rentrer dans sa chambre par effraction. Encore une fois, elle entendit ce même petit rire. C’est alors qu’en levant les yeux, elle aperçut un joli petit tapis couleur bordeaux, frangé, et qui volait dans la pièce. Elle pensa rêver et s’essuya les yeux. Soudain, il descendit et flotta devant elle.  

 

- Serais-tu un tapis volant ? Demanda la jeune femme, se sentant incroyablement honteuse de parler à un tapis.  

 

Le bout de tissu virevolta dans les airs en émettant un léger sifflement. Elle n’en revint pas. Elle essaya alors de l’attraper mais le petit tapis ne se laissa pas faire et l’attendit patiemment sur sa terrasse. On aurait même dit qu’il l’avait emmenée exprès à cet endroit.  

 

Curieuse, elle le suivit. C’est alors qu’il descendit à sa hauteur.  

 

- Quoi, fit-elle, que veux-tu que je fasse ?  

 

Il flotta alors plus près d’elle, encore plus près. Il n’était plus qu’à quelques centimètres d’elle. Elle posa sa main sur l’étoffe ; il était drôlement soyeux. Le petit tapis semblait apprécier cette caresse et ronronnait de bonheur.  

 

- Et en plus de cela, tu ronronnes ! J’aurais décidément tout vu !  

 

Impatient, le tapis passa sous ses jambes et la fit tomber. Mais au lieu de choir sur sa terrasse, il la récupéra et se plaça en-dessous d’elle. Elle poussa un petit cri de surprise. Voilà qu’elle était assise sur un adorable tapis volant.  

Elle comprit qu’il voulait l’emmener à quelque part. Elle n’était pas très rassurée et n’osait même pas en descendre de peur qu’il ne s’envole d’un coup.  

 

- Mais où comptes-tu m’emmener ?  

 

Le tapis s’envola alors à vive allure et elle dut s’accrocher férocement à ses bords pour ne pas en tomber. Elle voltigea dans les airs et ferma les yeux de peur d’avoir le vertige. Mais quand elle les rouvrit, elle était au firmament et voyageait parmi les étoiles ; elle n’osait bouger de peur de tomber, mais elle était sûre qu’elle pourrait les toucher juste en levant les bras. Elle survola le désert et contempla Bagdad avec sa multitudes de lumières. C’était merveilleux.  

 

Le tapis semblait se diriger vers un lieu bien précis. Au loin, elle eut l’impression de distinguer un autre tapis volant avec une personne dessus qui ressemblait… au Sultan !. En effet, lorsqu’elle fut plus proche, elle le vit, habillé comme un prince de légende. Son cœur s’emballa. Sa magnifique ballade l’avait propulsée en plein rêve. Les deux tapis furent bientôt très proches l’un de l’autre. Agenouillée sur le sien, elle le vit lui, debout et qui l’attendait, le sourire aux lèvres. Son tapis étant alors plus stable, elle se releva et lui fit face.  

 

- Quel est votre nom, charmante demoiselle ?  

- Kaori.  

 

Ses yeux brillaient et n’avaient à cet instant, rien à envier aux étoiles. Il lui tendit une main qu’elle accepta et le rejoignit sur son tapis. (nda : qu’est-ce qu’il est facile de faire tomber une fille amoureuse au pays des mille et une nuit, hein Ryo ?). Ils se rassirent et continuèrent leur voyage à deux qui dura une bonne partie de la nuit. Il lui parla de ce pays qu’il aimait plus que tout, lui apprit le nom des montagnes car même de nuit il savait les reconnaître. Il était près d’elle et voilà tout ce qui lui importait. Mais il savait que le cœur de sa belle, même moins farouche, n’était pas encore conquis.  

 

 


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