Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 9 :: Chapitre 10

Publiée: 03-06-21 - Mise à jour: 03-06-21

Commentaires: Bonsoir, voici la suite de cette histoire que je vous livre maintenant avec la seule interruption du mercredi. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 9  

 

Lorsque je me réveille le lendemain matin, j’ai bien du mal à émerger et c’est très rare pour moi. Je me sens vaseux et je sais que j’ai dormi comme une masse. C’est certainement normal après les deux nuits précédentes sans sommeil mais je ne suis pas habitué. Je ne pensais même pas être capable de fermer l’oeil de la nuit mais il faut croire que Morphée aussi sait jouer de la massue. Peut-être en a-t-elle eu marre de me voir rêver éveillé…  

 

J’attrape mon téléphone posé sur la chevet avec un peu d’appréhension. Je ne pense pas avoir raté d’appel mais je préfère vérifier. Rien à part une mise à jour à faire. On verra ça plus tard. Je ne vais pas risquer de manquer l’appel de l’infirmière Yoshi même s’il est possible qu’elle m’oublie. Après tout, elle a d’autres patients aussi, donc d’autres familles à soigner. Elle n’a certainement pas le temps d’appeler chacun chaque matin.  

 

J’ai rêvé de toi cette nuit, de nous. Je me suis repassé tous ces moments où les choses auraient pu basculer en notre faveur en me demandant si j’avais vraiment été con ou obtus à ce point. Tant de choses auraient pu être différentes mais est-ce qu’on aurait été plus heureux ? Je ne pense pas. Je pense que notre moment n’est arrivé qu’il y a un an. Avant… Avant, on avait des choses à régler, enfin surtout moi et, toi, je ne t’ai pas aidée à prendre l’assurance dont tu aurais eu besoin pour t’imposer et m’imposer tes sentiments. J’aurais certainement pu t’aider en étant moins vache mais, que veux-tu ?, j’aimais te voir te mettre en pétard. Je me disais que, tant que tu le faisais, je t’intéressais… On a grandi ensemble.  

 

Soudain, le téléphone sonne et je me dépêche de décrocher.  

 

- Monsieur Saeba, c’est Mademoiselle Yoshi. Je vous appelle comme convenu. Kaori a passé la nuit sans incident., me dit-elle.  

- Merci. Merci de votre appel., lui réponds-je, soulagé.  

 

Une première nuit sans incident alors que ton état était critique, c’est un bon signe pour moi, alors je prends. Je sais que ça ne signe pas la fin de la guerre mais c’est une bataille remportée et je me prends à sourire, l’esprit plus léger.  

 

- Je vous en prie, Monsieur Saeba. Passez une bonne journée., me souhaite-t-elle.  

- Vous aussi.  

 

Je raccroche, rasséréné, et me lève, bien réveillé. On va y arriver, ma Kaori. On va battre le destin et ressortir encore plus forts. Je file sous la douche et, moins d’un quart d’heure plus tard, je descends, frais et dispos, prêt à affronter la journée. Je prépare un petit-déjeuner rapide et j’ai à peine fini qu’on frappe à la porte. Détendu, j’y vais et ouvre à ma nouvelle partenaire.  

 

- Bonjour, Reika. Nous avons du travail ?, l’interrogé-je.  

 

Je ne tiens pas particulièrement à rajouter une contrainte supplémentaire mais la normalité est requise pour ta sécurité donc je n’y couperai pas.  

 

- Non, il n’y avait rien au tableau hier ni aujourd’hui d’ailleurs., m’apprend-elle, pénétrant dans l’appartement.  

- Des nouvelles de Kaori ?, me demande-t-elle.  

- Elle a passé une bonne nuit, la première depuis son hospitalisation.  

- C’est un bon signe… enfin, je crois., me dit-elle, hésitant.  

- Je pense aussi. Tu veux un café ?  

 

Elle acquiesce et je lui fais signe de me suivre dans la cuisine où je lui verse une tasse. J’ai un peu l’impression de ne plus avoir tout à fait la même personne en face de moi, comme si les masques étaient tombés et qu’on pouvait enfin être. Reika s’assoit à la table face à son café mais je reste appuyé au plan de travail, plus par habitude qu’autre chose.  

 

- Je réfléchissais à votre situation. Je me disais que, si tu le souhaitais, je pouvais te confier quelques-unes de mes affaires si le travail se faisait trop rare. Vous allez avoir besoin d’argent pour payer les soins médicaux. L’assurance maladie ne couvrira pas tout., m’explique-t-elle.  

- Je sais. J’apprécie ta proposition mais je ne veux pas te voler ton travail et je veux vraiment garder du temps pour aller à l’hôpital., lui dis-je.  

- Tu sais, ça m’arrangerait en fait parce que j’en suis à refuser certains clients. On pourrait peut-être trouver un arrangement où tu fais une partie du boulot selon tes possibilités. Ca m’avance une partie du travail et ça te permet de mettre de l’argent de côté pour l’hôpital sans te prendre tout ton temps. Bien évidemment quand tu as une affaire, on suspend les choses., m’oppose-t-elle avec un sourire bienveillant.  

- Je te promets de ne pas être sur ton dos à te demander des comptes. Je sais que tu peux être très sérieux quand tu le veux.  

- Pourtant, tu as bien vu Kaori me tanner pendant des années pour bosser…, lui fais-je remarquer sur un ton ironique.  

 

Elle pose son coude sur la table, appuie le menton sur sa main et m’observe posément, un léger sourire aux lèvres.  

 

- Je ne pense pas que tu aies de temps à perdre actuellement et ose me dire que tu ne prenais pas un certain plaisir à la faire tourner en bourrique., me répond-elle.  

- Et merde, je suis démasqué., plaisanté-je.  

- Tu as dormi cette nuit, non ?, me dit-elle soudain, un peu étonnée.  

- Oui.  

 

Je la fixe un moment du regard avant de détourner les yeux. Se demande-t-elle comment j’ai pu fermer l’oeil alors que tu es entre la vie et la mort ? Y voit-elle un signe que finalement mon attachement n’est pas si fort que cela, qu’il y a peut-être de la place pour elle ?  

 

- C’est bien. Tu es un peu plus léger… parce que le Ryo qui culpabilisait me donnait envie de te frapper. Kaori n’aimerait pas te voir dans cet état et tu le sais., m’affirme-t-elle.  

- Je sais mais c’est difficile d’admettre qu’on ne contrôle pas tout.  

- Bienvenue en ce bas monde, Ryo, mais, si on ne te l’a pas déjà dit, accroche-toi et prends soin de toi. C’est aussi important si tu veux être là pour elle., me dit-elle.  

- Je crois que j’ai compris. Je dois t’avouer quelque chose : je suis très… surpris par ton comportement. Je savais ce dont tu étais capable mais je ne m’attendais pas à ce que tu réagisses ainsi. Je pensais que tu en profiterais pour accentuer un peu plus le jeu., lui dis-je.  

 

Certaines choses ont changé depuis ton accident, Kaori. Je connais les personnes qui nous entourent mais certaines d’entre elles étaient comme moi, presque toujours en train de jouer un jeu, porter un masque pour ne pas se dévoiler et on dirait que ce qui t’est arrivé à changer la donne. J’ai cessé de faire l’imbécile face à eux tout comme Reika a cessé de prétendre face à moi, Saeko pareil.  

 

- Ca donne à réfléchir tout cela. Kaori… Elle en a déjà tellement bavé par le passé et toi aussi. Je n’ai plus envie de jouer. Elle s’est toujours battue et le fait encore aujourd’hui. Ca force l’admiration, même la mienne. Je ne peux pas faire grand-chose pour elle alors je t’aide toi pour que tu l’aides elle. Accepte ma proposition, Ryo. Je ne veux pas qu’elle ait à trimer comme une malade quand elle sera rétablie pour payer les frais d’hôpital. Il faut que tout cela soit du passé quand elle reviendra parmi nous., me dit Reika.  

 

En fait, elle ne me le dit pas, elle m’implore. Ce que sa voix ne transmet pas, ses yeux le trahissent. Elle t’a parfois rabaissée et utilisée mais, aujourd’hui devant moi, elle n’est qu’une amie qui veut ton bien.  

 

- C’est d’accord. Je passerai en début d’après-midi pour qu’on voit tes dossiers et comment je peux intervenir., lui proposé-je.  

- Ca me va. Et pour la rémunération, combien tu veux ?, me demande-t-elle.  

- Je m’en fous. Paye-moi ce que tu estimes me devoir., lui réponds-je.  

 

Je ne vais pas cracher sur ce qu’elle va me payer mais nous ne sommes pas aussi à découvert que j’ai bien voulu te laisser le croire pendant des années. J’ai toujours une bonne partie de l’argent volé à l’Union bien planqué dans l’immeuble. J’y ai pioché lorsqu’on avait vraiment besoin de se fournir en armes et munitions et plus un rond officiellement de côté mais, tout le reste, je le gardais au cas où je devrais te mettre à l’abri un jour. Ce n’est pas très honnête et j’aurais pu t’épargner certaines insomnies mais, voilà, pour une fois, j’avais une vision de long terme.  

 

- D’accord. Je suppose que je mets les chèques au nom de Kaori., lâche-t-elle.  

- Tu supposes bien.  

- Au fait, Saeko a obtenu les noms des personnes du service où se trouve Kaori. Je vais enquêter sur chacun pour m’assurer que Kaori ne risque rien.  

- Merci Reika. J’allais justement m’y mettre. Tu m’ôtes une épine du pied.  

 

Va-t-elle encore réussir à m’étonner d’ici la fin de notre conversation ? Encore un peu et je me croirais dans la quatrième dimension… Je suis touché plus que je ne saurais le dire. Je m’attendais à cela de nos amis plus proches mais nous avons toujours eu un rapport un peu plus compliqué avec Reika.  

 

- Tu devrais en discuter avec Mick et Falcon voire le Professeur. Ils pourraient certainement t’aider et ça leur ferait plaisir, je pense.  

- Je le ferai. Tu sais, tu n’es pas le seul à être surpris. Il y a encore une semaine, tu me sautais dessus et me draguais. Aujourd’hui, on discute sans aucune ambiguïté, sérieusement. C’est… agréable., me fait-elle savoir avec un léger sourire.  

- Et ça fait plus de trois minutes…, ne puis-je m’empêcher d’ajouter.  

- Oui, c’est exceptionnel., rit-elle.  

- Bon, je vais te laisser. Je suppose que tu as à faire avant d’aller à l’hôpital., me dit-elle, se levant.  

- Le tour de mes indics. Ca a déjà pas mal étonné que je sois absent trois jours. Maintenant, il va falloir que je trouve le moyen de faire passer discrètement le message que Kaori est partie sans avoir l’air d’arriver avec mes gros sabots.  

 

Rien qu’à l’idée de ce mensonge, un soupir m’échappe et mon humeur s’assombrit. Je ne sais pas ce que ça va entraîner comme conséquence. Est-ce que certains vont partir à ta recherche, histoire de te piéger pour faire pression sur moi ou te faire payer d’avoir été ma partenaire ? Est-ce qu’ils vont juste tourner la page et braquer les yeux sur moi ? Je ne sais pas. C’est quelque chose que je ne peux pas contrôler, encore une, me dis-je cyniquement.  

 

- Fais attention à toi, Reika. Tu vas arriver dans la ligne de mire des personnes qui m’en veulent., la préviens-je.  

- J’ai l’habitude. Je sais me défendre., me dit-elle, tapotant son sac à main où elle a rangé son arme.  

- Fais attention quand même.  

 

La suivant jusqu’à l’entrée, je ne peux m’empêcher de me demander si je ne devrais pas la laisser en dehors de tout cela. Je sais très bien ce qu’elle me répondra si je le lui propose maintenant. Il va donc falloir que je me fie à elle, que j’apprenne à lui faire confiance pour ne pas commettre d’erreur ni prendre de risque inutile… comme je t’ai fait confiance.  

 

- Pourquoi Ryo ?  

 

Pris dans mes pensées, je ne l’ai pas vue s’arrêter à la porte. Elle m’observe, curieuse, la tête légèrement penchée sur le côté.  

 

- Pourquoi quoi ?, lui réponds-je, intrigué.  

- Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ?, explicite-t-elle.  

- Je n’ai pas de réponse à t’apporter, Reika, sauf peut-être que c’était le moment. Pourquoi Kaori et pas une autre ? Je ne sais pas. Ce n’est pas la femme parfaite, ce n’est pas une séductrice, elle n’est pas plein de choses mais elle est la femme qu’il me faut., lui dis-je simplement.  

- Si elle n’était pas là, il y aurait de la place pour une autre ?, me demande-t-elle.  

 

Je l’observe un moment. Je sais qu’elle a des sentiments pour moi et que, contrairement à toi, elle n’avait ni peur de les exprimer ni aucune honte à chercher à m’attacher à elle. Elle me brandissait son contrat de mariage quand je l’approchais aussi vite que tu brandissais ta massue lorsque je faisais l’andouille pour bien me signifier qu’elle n’était pas la fille d’un soir. Seulement, cela faisait déjà un moment, un très long moment même que je t’étais attaché par des liens bien plus informels mais beaucoup plus durables. La promesse que j’ai faite à ton frère n’a été que le point de départ de l’acceptation de quelque chose qui avait commencé bien avant. Je ne dirais pas que je suis tombé amoureux de toi lorsque tu avais seize ans parce que j’en étais bien incapable mais tu m’avais déjà marqué d’un sceau indélébile. Le reste s’est fait lentement, naturellement.  

 

- Si elle n’avait pas été là, il n’y aurait jamais eu de place pour personne. Si elle n’était plus là…  

 

Je n’arrive pas à finir cette phrase. Ma gorge se serre comme mon cœur, douloureusement. La vie sans toi… impossible. Je ne peux pas y croire.  

 

- La question ne se pose même pas., finis-je, la voix étranglée.  

- Kaori reviendra et on finira notre vie ensemble, mariés si elle le veut.  

- Excuse-moi, ma question était… idiote., bafouille-telle.  

- Tu n’as pas à t’excuser. Ce serait plutôt à moi de le faire. Tu as des sentiments pour moi et j’en ai joués autant que tu as joué avec moi. Je suis désolé.  

 

Apparemment, mes excuses la sidèrent et je crois que je peux comprendre. Seraient-elles venues si tu n’avais pas été blessée ? Je ne pense pas. Beaucoup de choses ont changé depuis ton accident.  

 

- Maintenant, on sait ce qu’il en est, Ryo. Sache que, malgré tout, mon amitié vous est acquise. Dis-lui que je pense à elle, qu’elle a intérêt à se bouger les fesses pour récupérer sa place. Peut-être que ça la fera sortir de ses gonds suffisamment pour revenir parmi nous., plaisante-t-elle, m’adressant un clin d’œil qui n’a rien d’équivoque.  

- Je garde cet argument en réserve. Pour le moment, elle est peut-être mieux endormie., lui dis-je.  

- Elle serait encore foutue de faire sauter ses points de suture à force de se demander s’il ne se passe rien entre nous., ajouté-je sur le ton de la plaisanterie.  

 

Je me dis surtout que tu souffres peut-être moins ainsi, que tu n’as pas des journées à tergiverser sur le quand et comment tu sortiras de tout cela, te demander si ça change quelque chose pour nous.  

 

- Oui, c’est possible. Bon, à cette après-midi, Ryo., me salue Reika avant de s’en aller.  

 

J’acquiesce et enfile sans tarder mon holster et ma veste avant de sortir de l’appartement. Je modifie quelque peu mon tour des indics commençant par tâter le terrain auprès des plus bravaches, de ceux qui n’auront pas peur de me dire ce qu’ils savent sur toi.  

 

- Tu as viré la rouquine, Saeba ? J’ai vu la brunette qui te tourne autour aller à la gare.  

 

Voilà, l’information que j’attendais. Ca n’aura vraiment pas mis longtemps avant de commencer à circuler, me dis-je, amer.  

 

- Que veux-tu ? J’en avais ma claque de son caractère insupportable et de sa bouffe dégueulasse., déclaré-je, dédaigneux.  

- Pourtant, c’est qu’elle en a eu de la patience avec toi. On aurait juré qu’elle avait le béguin…, s’esclaffe l’autre.  

- Le béguin ? Cette folle de la massue ? C’est l’amour vache à ce niveau-là. Bon débarras., enchéris-je, me frottant les mains.  

- Bon, sinon quoi de neuf ? Parce que franchement j’attends autre chose qu’une conférence sur mon incapable de partenaire, ex-partenaire, devrais-je dire.  

 

Une cigarette allumée avec dédain aurait été du plus bel effet mais, voilà, j’ai arrêté. Alors je hausse simplement les épaules.  

 

- Ben faut dire que la nouvelle a largement monopolisé les conversations. C’est la surprise de la semaine voire du mois. Vous deux, ça faisait quand même un moment que ça durait…, ricane-t-il.  

- Trop longtemps mais elle s’accrochait., mens-je.  

- J’aurais jamais cru qu’elle lâcherait un jour…, continue-t-il.  

 

Ca me tue de devoir jouer les salauds à ton égard, de te dénigrer ainsi mais je suis persuadé que c’est le meilleur moyen de te préserver.  

 

- Ouais, ben, c’est un sacré soulagement. Je vais enfin pouvoir profiter des petits plaisirs de Tokyo sans craindre la répression., me vanté-je.  

 

Je me note mentalement de faire quelques apparitions dans la ville en mode pervers et je vais devoir faire don de ma personne ou trouver de bonnes alliées pour le laisser penser, la deuxième option me plaisant beaucoup plus que la première. Je n’ai aucune envie de te tromper, même pour ton bien, mais il faut bien que j’appuie ton alibi et Ryo Saeba est un dragueur, l’Etalon de Shinjuku. Si j’avais su tout ce que ça risquait d’impliquer, j’y aurais peut-être réfléchi à deux fois mais bon, je n’avais pas non plus prévu de me retrouver dans ma vie avec une rouquine qui bousculerait pas mal de choses.  

 

- Tu m’étonnes…, ironise mon indic.  

- Bon, je sais tout ce que tu as à me dire puisque ça me concerne alors tu ne m’es plus d’aucune utilité., fais-je dédaigneusement.  

- Ingrat… Ta petite vie nous intéresse aussi, tu sais, Saeba., me lance-t-il.  

- A part achevée, ma petite vie n’intéresse personne.  

 

Ca, c’est une conclusion réaliste même si elle est extrêmement cynique. Je sais que la plus belle nouvelle qui pourrait intéresser les clans, ce serait que je sois mort. Je ne leur ferai pas ce plaisir-là, pas avant de très nombreuses années et, si ça doit être moins, pas avant que tu sois sortie de l’hôpital et capable de prendre le large ou de te défendre. Je t’ai fait une promesse dans cette clairière et tu en as une à tenir envers moi. J’entends bien être là pour te voir l’accomplir.  

 

Sans plus un mot, je le quitte et continue ma tournée. Presque tous mes autres indics me remontent la même nouvelle, celle de ton absence. Certains s’en foutent comme de l’an quarante mais d’autres, plus nombreux, sont catastrophés. Je sens leurs regards qui me jaugent, je vois la lueur de tristesse ou de désillusion chez quelques-uns, d’appréhension chez d’autres. Eux aussi se sont rendus compte de la place que tu as dans ma vie ? Eux aussi savent que tu es beaucoup plus que ma partenaire, l’autre plateau de la balance, celui qui équilibre mes mauvais penchants, fait taire une partie de moi que je suis volontiers prêt à oublier ? Je secoue la tête et continue ma route.  

 

Il est à peine passés dix heures lorsque j’arrive à l’hôpital. Il n’y a personne à l’entrée et je me dirige directement vers la salle pour me changer puis gagner ta chambre. Je suis anxieux même si je n’ai reçu aucun appel. J’ai besoin de te voir. Ca fait trop longtemps maintenant. A l’entrée, je m’arrête et relâche ma respiration. Je prends une dose de gel sans même regarder, ne pouvant détourner mes yeux de toi. Je me dépêche d’appliquer le produit pour pouvoir enfin te toucher. Sentir la chaleur de ta peau, sa douceur, entendre les battements de ton cœur même au travers des bips de la machine devient essentiel.  

 

J’attrape la chaise et m’assieds à tes côtés. La sensation de tes doigts dans ma main est comme un baume sur mon cœur. Tu as tenu jusque maintenant, Kaori. Tu as tenu et j’ai envie de croire que le pire est derrière nous, qu’il ne nous reste que la partie certes la plus longue mais la moins dangereuse devant nous.  

 

- Merci, Kaori.  

 

Ma voix n’est qu’un murmure. J’ai tellement de choses qui se bousculent dans ma tête que je ne sais pas par où commencer.  

 

- Officiellement, tu es partie, Kaori. Tu en as eu marre de mon sale comportement et tu t’es tirée. Officieusement, si tu comptes te faire la malle, compte sur moi pour venir te rechercher où que tu sois. Même un avion ne m’empêchera pas de te retrouver. Tu sais que j’en suis capable… pour toi, rien que pour toi. Je l’ai déjà fait, Kaori.  

 

Je souris légèrement en repensant à ce moment si particulier. C’est la première fois que j’ai admis à quelqu’un qui n’était pas un proche que je t’aimais, même si je n’ai pas su articuler clairement les mots. Tu me pousses hors de mes zones de confort, Kaori, comme je t’ai poussée en dehors des tiennes.  

 

- C’est cela aimer ? Etre plus à deux ? Plus fort, plus heureux, plus confiant ? Je sais que tu m’aimes, Kaori. Je le sens dans tes gestes, tes mots, tes regards depuis tellement longtemps. Je le sens exsuder de ton corps depuis un an, dans tes baisers, dans nos étreintes tendres et passionnées. J’ai la sensation de toucher ton amour du bout des doigts, d’en être entouré. Alors, oui, armé de cette sensation, cette force, je serais capable de prendre l’avion ou de faire l’impossible pour te retrouver.  

 

L’impossible et plus encore, me dis-je. Tu vaux tout cela. Tu en as fait tout autant en me rendant une humanité, une vie.  

 

- J’ai parlé avec Reika aujourd’hui. Ne te fâche pas. Il ne se passera rien entre nous et, si le bruit court, ne t’en inquiète pas : ça ne restera qu’un bruit. Parce que je t’aime et je n’aime que toi. Elle m’a cependant posé une question intéressante, tu sais.  

 

Je regarde ton visage, cherchant un signe, quelque chose mais rien ne vient. Un court instant, je sens mon humeur s’assombrir mais je me reprends. Positif, tu as besoin de positif.  

 

- Elle m’a demandé : pourquoi toi et pourquoi maintenant ? Tu as une réponse à m’apporter ? Parce que moi, tout ce que j’ai su lui répondre, c’est que c’était le moment et que tu étais la seule, qu’il n’y en aurait jamais d’autre et qu’aucune autre n’aurait pu me toucher comme tu l’as fait. Tu vois, ça, c’est une autre raison à ajouter à la liste de celles pour lesquelles tu dois vivre. Il faut que tu m’aides à comprendre comment tu as pu tomber amoureuse d’un type comme moi. Parce que, moi, je sais pourquoi je t’aime et personne ne se pose la question. Tu es… Ben, tu es toi en fait…  

 

Je m’arrête et je me mets à rire. « Tu es toi en fait » Waouh, ça, c’est un discours du tonnerre, Ryo. C’est tout moi avec mon incapacité à formuler ce que je ressens. Pourtant, je n’ai pas tes deux prunelles noisettes posées expectativement sur moi. Tu dors. Tu as les yeux fermés et je peux te dire tout ce que j’ai sur le cœur sans risquer de te voir pleurer ou rire ou t’attendrir ou de m’attendrir ou vouloir contourner en te suggérant un petit tour par la case galipettes en passant par la case préliminaire…  

 

- J’y arriverai un jour, j’y arriverai…, te promets-je, pressant doucement ta main. 

 


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