Hojo Fan City

 

 

 

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Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 53 :: Chapitre 53

Publiée: 22-08-21 - Mise à jour: 22-08-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Bon dimanche, bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 53  

 

- Bonjour, Sugar., fais-je lorsque tes yeux s’ouvrent le lendemain matin.  

 

Ca fait près d’une demi-heure que je t’observe dormir. Une partie de moi s’est satisfaite de ce moment, rattrapant des mois où je n’ai pu le faire, pendant qu’une autre partie de moi s’inquiète de ta réaction au réveil. Regretteras-tu ce qu’il s’est passé ? Est-ce que j’ai répondu au contraire à tes attentes ? Es-tu déçue de cette nuit, tes souvenirs t’en ayant donné une meilleure idée ?  

 

Moi, j’en ai savouré chaque instant. Je t’ai retrouvée comme à nos débuts, hésitante, timide, inhibée mais tu t’es libérée au fil des heures, devenant câline et quémandeuse de mes attentions. Je n’ai rien retenu que ce soit en geste ou en mot à part la passion animale qui m’animait, laissant la tendresse prendre le dessus. J’espère que tu auras senti malgré tout le désir que j’avais de toi en plus de mon amour.  

 

- Bonjour., murmures-tu, scrutant rapidement les lieux.  

 

Contre toute attente, tu viens t’allonger sur moi et m’embrasses langoureusement.  

 

- C’est toujours aussi bon de se réveiller à tes côtés., murmures-tu, t’écartant de mes lèvres.  

- C’est d’autant plus appréciable de se réveiller ici avec toi., admets-tu.  

- Tu ne regrettes pas cette nuit alors ?  

 

Tu poses un regard inquiet sur moi et fais pour t’écarter mais je te retiens, pressant tes formes contre moi, ce qui est loin de me laisser indifférent.  

 

- Non, je ne regrette pas… et toi ? Je n’ai pas été à la hauteur ? J’étais meilleure au lit avant ?, me demandes-tu, soucieuse.  

 

Je manque de m’étouffer en entendant cela et je rirais bien si tu ne semblais pas aussi désemparée. Te tenant toujours contre moi d’une main, je caresse ton visage de l’autre.  

 

- Tu as été parfaite comme toujours, Kaori. Tu as laissé parler ton cœur et ton corps. J’y ai pris beaucoup de plaisir. Je me suis senti aimé et désiré.  

- Tu es sûr ?, insistes-tu.  

 

Je ne sais comment te faire comprendre, doutant que les mots te suffisent. D’un geste assuré, je nous fais basculer, inversant nos positions.  

 

- Tu crois que j’aurais envie de remettre ça si ça avait été nul ?, fais-je, t’adressant un regard lourd de désir.  

 

Tu ne peux pas ne pas sentir mon envie de toi et ton rougissement confirme ma pensée. Te mordillant les lèvres, tu bouges ton bassin contre le mien timidement et il ne m’en faut pas plus pour entendre ton appel. Je me penche sur toi et prends ta bouche avec entrain. Nos souffles se mêlent, nos langues dansent ensemble, nos lèvres se goûtent, s’effleurent, se caressent, s’écartent et se cherchent de nouveau. Lorsqu’on se sépare quelques minutes, nos respirations sont saccadées, nos cœurs battent la chamade mais à l’unisson et nos regards sont soudés.  

 

- Si tu ne m’arrêtes pas de suite, je vais te faire l’amour à nouveau, Kaori., te préviens-je.  

- On… On ne devrait pas aller chercher Kimi ?, souffles-tu.  

- Non, on a toute la matinée devant nous. Miki est partie la balader et je ne compte pas la priver de ce moment… surtout si c’est pour nous… à moins que tu n’aies envie d’aller la voir., te dis-je, soucieux de tes besoins.  

- J’ai envie de la voir mais donnons-nous ce moment., m’accordes-tu.  

 

Ton regard brille et j’en souris, lisant plus que tu ne veux me dire.  

 

- Toi non plus, tu ne veux pas affronter Miki, n’est-ce pas ?  

- Certainement pas. Je me souviens de son caractère. Très douce en apparence mais elle sait ce qu’elle veut. Je suppose qu’elle aimerait bien amadouer Umi., plaisantes-tu.  

- Ca, je ne sais pas mais tu lui poseras la question lors d’une discussion entre filles. Si, pour le moment, on s’occupait des questions auxquelles on peut apporter des réponses ?  

- Si ça concerne ta menace d’il y a quelques minutes, je pensais que tu passerais plus vite à l’action., rétorques-tu, mutine.  

 

J’adore retrouver ces petits échanges entre nous, cette taquinerie qui n’a jamais cessé d’exister mais qui est passée de mesquine à amoureuse. Le poids que tu portais encore sur tes épaules hier semble avoir bien diminué et j’en suis heureux. Je te retrouve légère, malicieuse, un peu plus audacieuse… oserais-je aller jusqu’à dire que tu es bien dans ta peau ? Je n’en suis pas encore sûr mais on est sur le bon chemin. J’ai l’impression de voir enfin vraiment le bout du tunnel.  

 

- Je me fais peut-être vieux, que veux-tu ?, te dis-je avec une moue déçue.  

 

Ton regard s’enflamme alors que ta main glisse entre nous pour aller chercher ma virilité qu’elle empoigne fermement.  

 

- Tu as raison : tu es peut-être vieux vu comme tu es raide., me dis-tu avec un petit sourire coquin.  

 

Soudain, tu réalises ce que tu viens de dire et te mets à rougir furieusement avant de me lâcher. Je ne te laisse cependant pas le temps de t’éloigner bien loin avant de ramener ta main où elle était.  

 

- Alors j’ai bien besoin d’un petit massage et tes doigts me semblent bien experts en la matière. Je le sais de source sûre., fais-je, glissant mon autre main le long de ton flanc jusqu’à ta nuque avant d’emmêler mes doigts dans ta crinière rousse.  

- Fais-toi plaisir et fais-moi du bien, Sugar., murmuré-je avant de t’embrasser.  

 

Tes doigts se mettent à glisser le long de mon sexe tendu alors que nos bouches ne se quittent plus. Je ne tiens pas longtemps avant d’immiscer les miens dans ton intimité et de faire monter la chaleur dans ton corps autant que tu le fais dans le mien. Je suis au bord de la jouissance comme tu l’es lorsque tu me relâches et noues tes jambes autour de mes hanches, tes bras autour de mon cou. Nos lèvres se séparent enfin mais nos regards se verrouillent l’un sur l’autre et je n’ai besoin d’aucun mot pour savoir ce que tu attends : la même chose que moi.  

 

Les yeux dans les yeux, je pénètre ton antre humide et chaude, sentant les frissons que te tire mon intromission. Je me sens puissant et si faible à la fois, devant régner sur mes pulsions pour ne pas m’emballer. Je n’ai plus de sang dans mes veines, que de la lave en fusion et, si je ne me retiens pas, ce sera explosif. Alors que mes mouvements se font réguliers et forts sans être sauvages, tu poses les mains sur mes bras et resserres l’étau de tes cuisses autour de mon bassin, te soulevant légèrement, juste assez pour donner le tempo que tu désires, tes hanches devenant le métronome de notre ballet. Je perds le contrôle et, à en juger ton regard, c’est ce que tu cherches.  

 

Je te laisse guider nos ébats pendant quelques minutes et tu alternes entre rapidité et une lenteur qui me met eu supplice. Je n’ai plus aucun doute sur ta mémoire, tu te souviens de ce qui me fait décoller. Ne tenant plus, j’attrape tes chevilles et les dénoue avant de les glisser sur mes épaules. Ta souplesse retrouvée, tu lâches un cri de surprise qui se transforme en long gémissement lorsque je reviens en toi brusquement et laisse une partie de mon poids t’écraser.  

 

- Encore…, soupires-tu, les paupières fermées, la tête en arrière.  

- A vos ordres, Mademoiselle., me plie-je avec obligeance.  

 

Je me retire et reviens en toi, renouant avec les sensations de nos derniers ébats, plus osés, plus sauvages parfois, de cette qualité que donnent les rapports sous le sceau du respect et de la confiance, ceux où nous laissions parler notre côté animal sachant que ça n’entacherait en rien l’amour que nous nous portions. Tes gémissements se transforment en râles, je retiens difficilement les jurons qui menacent de sortir sous la force de ce que je ressens alors que la jouissance te frappe et que ton intimité enserre un peu plus ma virilité. Tu devrais savoir que ce n’est pas ce que je pense de toi mais je ne prendrais pas le risque d’une méprise.  

 

- Ryo…, grognes-tu, t’agrippant à mes épaules.  

 

Tes ongles s’enfoncent dans ma peau mais je m’en fiche complètement. Tu peux me marquer autant que tu le veux, je suis à toi et tu m’es revenue. Je le sais maintenant, je le sens. Il n’y aura plus de retour en arrière. Tout ira bien pour nous. Mon corps s’apaise et mes mouvements se font plus amples mais plus lents aussi. Tu es à moi, je suis à toi. L’ordre est revenu dans notre vie. C’est toi et moi pour le reste de notre vie. J’en ai la certitude en plongeant dans ton regard.  

 

- Je t’aime, Kaori., finis-je par murmurer avant de t’embrasser avec tendresse.  

- Moi aussi., me réponds-tu lorsque nous nous séparons.  

 

Mes lèvres descendent le long de ta gorge et se logent au creux de ton cou avant de remonter le long de ta nuque jusqu’à ton oreille. Je me pose sur le point juste en dessous et le butine un moment avant de me redresser en appui sur mes mains. J’ai envie de te regarder lorsqu’on ira côtoyer le septième ciel. Tu retires tes chevilles de mes épaules et les noues de nouveau autour de mon bassin, tes mains s’agrippant à mes poignets. Tu accompagnes mes mouvements du bassin et je sens la vague arriver.  

 

Soudain, tu te redresses sur tes mains et viens chercher mes lèvres. Ton corps se colle contre le mien et je sens tes tremblements monter en puissance. J’ai besoin de te sentir contre moi et, me mettant à genoux, je te relève contre moi, te tenant fermement. Il n’en faut pas plus pour que la vague nous prenne. Tu gémis alors que tout ton corps se contracte et je ne peux que te suivre dans cette explosion des sens, soufflant ton prénom, incapable de le crier comme si j’étais sonné. Comme si tu le sentais, tu entoures mon cou de tes bras et m’attires contre toi, posant ma tête contre ton épaule comme pour me protéger et m’apaiser. Comme c’est bon de retrouver ces gestes en retour… Tu ne les as pas eus cette nuit et ça me manquait.  

 

- Merci, Ryo. Merci de m’avoir rendu ma vie comme elle était. J’avais tellement peur que tu ne me vois plus comme une vraie femme après mes blessures, ce que tu avais fait pour moi et la naissance de Kimi. Merci de m’avoir montré que je me trompais., me murmures-tu avec une telle dévotion dans la voix que j’en ai les yeux qui piquent.  

- Tant qu’à en être aux remerciements, laisse-m’en une part., fais-je en plaisantant.  

 

Je relève la tête pour être à la hauteur de ton regard et t’embrasse avec tendresse avant de continuer.  

 

- Merci à toi de t’être battue, d’être revenue et de m’avoir fait confiance… de nous avoir fait confiance. J’espère que ça t’aidera pour la rencontre avec Kimi cette après-midi.  

- Ca ira. Même si ça ne se passe pas bien, je m’accrocherai. Je ne baisserai pas les bras. Je lui donnerai le temps comme tu l’as fait avec moi., me promets-tu, la confiance colorant tes paroles.  

- Ca, c’est ma Kaori. Confiance, combativité et force. Je suis fier de toi., te dis-je, caressant ta joue.  

- C’est vrai ?, me réponds-tu, étonnée.  

- Oui, je t’assure. Je suis fier de toi.  

- Merci., souffles-tu, les pommettes rosies.  

 

Je t’enlace sans aucune arrière-pensée bien que nos corps soient encore imbriqués l’un dans l’autre. Nous restons ainsi un moment, échangeant quelques mots dans des murmures intimes, quelques caresses emplies de tendresse, avant de nous écarter l’un de l’autre.  

 

- On devrait peut-être se lever, non ?, me dis-tu.  

- On a encore le temps avant d’aller récupérer Kimi.  

- Je sais mais… je voudrais aller à la clinique m’excuser auprès du Professeur pour ma fuite. Ce n’était pas poli.  

- D’accord. Va prendre ta douche. Je vais préparer le petit-déjeuner.  

- Tu as déjà cuisiné hier. Je vais…, m’opposes-tu.  

- Pour ce que tu en as goûté, je dois recommencer aujourd’hui pour être sûr que tu étais juste bouleversée et pas dégoûtée de ce que je t’ai proposé., te coupé-je, malicieuse.  

- Mais je n’étais pas…  

- File te doucher ou je viens avec toi et on devra aller chercher Kimi encore plus tard., te coupé-je une fois encore, pointant le doigt vers la salle de bains.  

 

Je vois à la petite flamme dans ton regard que l’idée ne te déplairait pas mais tu finis par t’exécuter. Une demi-heure plus tard, nous nous en allons, direction la clinique. Tu es nerveuse, triturant tes doigts à n’en plus finir jusqu’à ce que je pose la main dessus.  

 

- Tout va bien se passer. Tu verras, il est sage, le vieux schnock.  

- Tu mériterais un bon coup de canne pour ton impolitesse., me grondes-tu, un sourire aux lèvres.  

- Tant que ça te fait sourire, je peux en prendre quelques-uns. Après les massues, ce ne sont que caresses après tout.  

 

Je t’entends rire et ça me tire un sourire à mon tour. Ca fait du bien de faire la route avec toi à mes côtés. Maintenant que les nuages se dissipent, je retrouve toutes ces choses que nous partagions. Nous arrivons peu après à destination et j’attrape ta main pour t’apporter mon soutien. J’approuve ta démarche. Tu as besoin de soulager ta conscience même si, dans le fond, tu as fait ce que tu devais faire.  

 

- Bonjour Professeur., murmures-tu en le croisant.  

- Bonjour Kaori. Ca fait plaisir de te revoir., te répond-il avec un sourire affectueux.  

 

Je vois son regard se poser un instant sur nos mains jointes et la satisfaction y briller.  

 

- Moi aussi. Je suis venue vous présenter mes excuses pour m’être enfuie., lui dis-tu, baissant les yeux.  

- Enfuie ? Je pensais que tu avais estimé que ta convalescence était finie., pipe-t-il, remontant ses lunettes sur son nez surmontant un léger sourire amusé.  

 

Sa bonhomie te soulage et te fait sourire.  

 

- Je vois que tu te déplaces sans difficultés. Profitons-en si tu as quelques minutes pour faire un petit contrôle si tu veux bien., te propose-t-il, t’indiquant la salle d’examen.  

 

Il nous laisse tous deux seuls un moment pour aller chercher le dossier.  

 

- Tu devrais peut-être lui demander une contraception d’urgence. Je n’ai pas pris mes précautions cette nuit., te dis-je, réalisant mon oubli alors que tu retires ta robe.  

- Ne t’inquiète pas, je lui avais déjà demandé avant de partir de me remettre un implant en prévision de mon retour à la maison et de ce qui pourrait arriver., me réponds-tu.  

- Tu envisageais donc d’attenter à ma pudeur ?, fais-je, taquin.  

- Non !, t’écries-tu avant de te raviser.  

- Non… mais je me souvenais de… notre activité nocturne. Je ne voulais pas être prise au dépourvu si ça dérapait… Parce que je ne savais pas encore si j’étais prête à passer à l’acte avec toi même si mes sentiments étaient là… et je ne voulais surtout pas retomber enceinte par accident., m’expliques-tu, me lançant des regards anxieux.  

- Tu as bien fait. Chaque chose en son temps…  

 

Mes mots te rassurent mais je vois la question naître dans ton regard au moment même où la porte s’ouvre sur notre ami. Tu me regardes longtemps, répondant brièvement aux questions médicales alors que ton esprit tourne à cent à l’heure. « Chaque chose en son temps... » autant te dire que je ne suis pas contre un deuxième enfant si tu en as envie mais plus tard quand tout ira bien, qu’on aura retrouvé notre rythme, notre osmose, quand Kimi sera plus grande, qu’on aura eu le temps d’en discuter et d’en envisager la possibilité. J’ai envie de revivre ce moment avec toi, j’ai envie que tu connaisses ce moment.  

 

- Tout va bien. Je suis épaté par les progrès accomplis. Tu verras avec Tatsuya s’il faut continuer les séances., te suggère-t-il.  

- D’accord, merci à vous. Et encore une fois, je suis désolée d’être partie ainsi., lui redis-tu.  

- Oublie tout cela, Kaori. Après tout ce que tu as vécu, tu avais bien le droit à quelques fantaisies. Sans beaucoup m’avancer je pense, certaines choses rentrent dans l’ordre et c’est le principal., affirme-t-il, tapotant ta main affectueusement.  

- Allez, allez retrouver votre fille. C’est l’heure., nous fait-il savoir.  

 

Nous nous regardons et acquiesçons, un peu nerveux tous les deux, je pense. J’ai envie tout comme toi que ça se passe bien. Je te tends la main et, après un simple au revoir à notre ami, nous nous en allons.  

 

La route me semble longue jusqu’au Cat’s. Je me retiens à plusieurs reprises d’enjoindre la panda à avancer plus vite, sachant très bien qu’elle n’y peut rien, que ce n’est qu’une question de subjectivité. Ma nervosité augmente lorsque des panneaux de travaux font leur apparition sur ma route et que nous nous dirigeons vers le carrefour où tout a basculé il y a un an tout juste à quelques heures près. Je n’ai même pas besoin de te regarder pour savoir que tu sais où nous sommes : je sens ta tension irradier jusque moi.  

 

- Arrête-toi., souffles-tu.  

- Kaori, ce n’est pas une bonne idée., fais-je, mal à l’aise.  

- Arrête-toi, s’il te plaît., répètes-tu plus urgemment.  

 

Résigné, je gare la voiture le long du trottoir et te suis lorsque tu sors de la voiture. Tel un automate, tu avances jusqu’au carrefour où tu t’immobilises, les bras serrés autour de toi. A la fois pour te protéger et parce que j’en ai besoin, je me mets dans ton dos et t’enlace, créant un rempart supplémentaire, certes illusoire, entre les souvenirs et toi. Le silence s’installe pendant de longues minutes avant que tu ne pipes mot. Tu ne trembles pas, ne pleures pas mais je sens la tension bien présente en toi… comme en moi.  

 

- Je n’arrive pas à me souvenir exactement de ce qu’il s’est passé., m’avoues-tu.  

- Moi non plus. Tout a été si vite., te réponds-je dans un murmure.  

- Ca semblait si irréel lorsque c’est arrivé. J’ai été éjecté de la voiture mais j’avais l’impression de ne pas bouger, que c’était la mini qui s’écartait de moi. Je n’ai rien ressenti ni choc, ni douleur. C’était… irréel, c’est le meilleur mot… enfin meilleur…, ironisé-je.  

- On ne devrait pas rester ici, Kao. Ca ne sert à rien de remuer tout cela.  

- On ne peut pas passer notre vie à éviter ce carrefour, Ryo. C’est ce que tu allais faire, non ?, me dis-tu.  

- Oui., admets-je à contrecœur.  

 

Pour toi, pour ton bien, pour garder ce sourire que je viens à peine de retrouver, parce qu’on doit retrouver notre fille.  

 

- Il ne reste aucune trace visible comme pour moi. La vie continue, Ryo. Je ne veux plus retenir que cela : la vie continue. On a fait le plus dur., m’affirmes-tu.  

 

Je te regarde, sens tes mains se poser sur les miennes, chaudes, rassurantes, et je finis par acquiescer.  

 

Soudain, un petit groupe vient se mettre à nos côtés, chacun tenant deux fleurs. Un homme d’une quarantaine d’années se tourne vers nous, l’air sombre. On sent la tristesse qui émane d’eux tous.  

 

- Veuillez nous excuser. Notre père est mort ici l’année dernière dans un accident de voiture. Nous sommes venus lui rendre hommage ainsi qu’à la jeune femme qu’il a tuée accidentellement., nous explique-t-il.  

 

Abasourdis, nous restons tous deux silencieux un moment avant que tu ne lèves les yeux vers moi.  

 

- Il y a eu deux morts ?, me demandes-tu.  

- Non, un seul, le chauffeur de la première voiture. Nous n’avons pas encore démenti ton décès., me souviens-je.  

 

Tu t’écartes de moi sans un regard et approches du groupe, touchant l’épaule de l’homme qui vient de nous parler.  

 

- Je suis navrée pour votre père., leur dis-tu.  

- Je vous remercie. C’est très gentil de votre part., acquiesce-t-il.  

- Vous me donneriez la deuxième fleur pour que je lui rende hommage également., lui demandes-tu.  

 

Je te reconnais bien là. Surpris, l’homme hésite en regardant les deux fleurs.  

 

- J’aimerais beaucoup mais je veux absolument rendre hommage à la jeune femme décédée…, t’oppose-t-il.  

- Ce n’est pas nécessaire. Je m’appelle Kaori Makimura. Je suis la personne qu’il a percutée. J’ai été conduite dans un état critique à l’hôpital. J’aurais dû mourir ce jour-là mais j’ai survécu tout comme la fille que je portais sans le savoir., lui apprends-tu.  

 

Tout le groupe se tourne vers toi et tu leurs offres un sourire serein, plein de compassion comme tu sais le faire. Je comprends alors que tu n’étais pas fâchée contre moi en t’écartant. Tu avais juste besoin de les soulager et je viens me mettre à tes côtés.  

 

- J’aimerais beaucoup rendre hommage à votre père également., leur dis-je, posant une main sur ton épaule.  

- Mon conjoint, Ryo., me présentes-tu.  

- Alors papa n’a pas… Si vous saviez ce que nous sommes soulagés… Papa n’aurait jamais supporté cette idée., nous apprend l’homme.  

- Nous sommes vraiment désolés pour ce qui est arrivé., fait-il, s’inclinant.  

- C’était un accident, un simple accident. Ne vous en veuillez pas., objectes-tu d’une voix douce.  

 

Une vieille dame approche, je suppose que c’est la veuve du chauffeur et, les larmes aux yeux, te tends la deuxième fleur qu’elle tenait avant d’attraper et presser tes mains en silence. Son fils me donne sa seconde fleur et, une minute après, quand tout ce petit monde est en place, il récite une prière avant que les fleurs ne soient posées sur le bord du trottoir. Nous les imitons, restant silencieux tout ce temps.  

 

- Merci à vous. Je vous souhaite de bien vous porter et d’être heureux., nous salue le fils avant de se retirer.  

- Vous aussi., murmures-tu avant de les regarder s’éloigner.  

- Ca va aller, Kaori ?, fais-je, inquiet.  

 

Pendant quelques secondes, j’ai l’impression que tu ne m’as pas entendu. Je suis soucieux de savoir quelles répercussions cette rencontre peut avoir eu sur toi. Dois-je te ramener à la maison, à la clinique ? Vas-tu t’effondrer ou remettre en cause tous les progrès accomplis ? Va-t-on revenir des semaines en arrière ? Mes pensées se bousculent jusqu’à ce que tu te retournes vers moi, les yeux brillants de larmes mais un léger sourire aux lèvres. Tu es visiblement soulagée et émue aussi.  

 

- Il avait une famille aimante qui méritait de le connaître encore longtemps., murmures-tu.  

- Oui, c’est vrai., réponds-je, ne sachant sur quel pied danser.  

- J’aurais aimé qu’on puisse le sauver.  

- Il était déjà mort avant le choc d’après l’autopsie. Les secours n’auraient rien pu faire., t’apprends-je.  

 

Tu acquiesces et viens te serrer contre moi, cherchant un peu de chaleur que je suis plus qu’enclin à te donner.  

 

- Et si nous allions retrouver notre famille nous aussi ?, me suggères-tu après un moment.  

 

Sans un mot, le bras autour de tes épaules, je te guide jusqu’à la voiture avant de reprendre la route du Cat’s, direction Kimi. 

 


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