Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 27 :: Chapitre 27

Publiée: 27-06-21 - Mise à jour: 27-06-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 27  

 

Je reste là un long moment, gardant ta main dans la mienne. J’aimerais un signe de ta part, un geste, un soupir, n’importe quoi qui me dirait que tu m’as entendu, que tu me pardonnes éventuellement mais tu restes immobile. Malgré tout, je ne baisserai pas à nouveau les bras.  

 

- J’ai touché le fond, Kaori. Je crois bien que je l’ai fait cette fois. Quand j’ai cru t’avoir perdue il y a quelques semaines, c’était horrible, j’étais désespéré mais, en reniant celui que j’étais avec toi, c’est comme si c’était moi qui t’avait tiré une balle dans le cœur. Sans Umi, j’aurais complètement perdu les pédales. Je ne sais même pas si je serais revenu te voir une seule fois., admets-je.  

- Je ne sais pas comment il est arrivé là mais il m’a aidé à retrouver le chemin même si j’ai dû m’enfiler je ne sais combien de litres de whisky entre deux. C’est peut-être même un miracle que je sois encore vivant après le traitement que j’ai infligé à mon corps.  

 

Je m’arrête un instant, pesant les mots qui vont suivre. Après cette expérience, j’éprouve le besoin de te réitérer mon engagement. Te demander pardon, c’est une chose, t’assurer que je suis là comme je te l’avais promis, c’en est une autre.  

 

- J’arrête les conneries, Kaori. Je ne te ferai plus faux-bond. Je tiendrai la promesse que je t’ai faite. Je serai là jusqu’au bout., te promets-je à nouveau.  

- Entrez !, dis-je alors qu’on toque à la porte.  

 

Je vois le Professeur entrer et refermer la porte derrière lui avant de m’adresser un long regard. Il me jauge, je le sais. Je m’attends à recevoir un sermon bien mérité mais rien ne vient, ce qui me déstabilise un peu.  

 

- Si vous avez envie de me passer un savon, vous en avez le droit.  

- Je pense que tu te l’aies déjà passé tout seul, Babyface. Est-ce que je me trompe ?, me demande-t-il, approchant de ton lit.  

 

Je laisse échapper un petit rire ironique.  

 

- Je ne me suis pas épargné mais je ne suis pas sûr que ça ait été à la hauteur de ma faute.  

- Peut-être. Tu es le seul à pouvoir en juger, Ryo., m’affirme-t-il, s’asseyant sur le bord de ton lit.  

- Non… elle en sera juge lorsqu’elle se réveillera., lui dis-je.  

- Crois-tu qu’il soit utile de lui infliger cela lorsqu’elle reviendra ? Ce sera déjà assez pénible pour elle. Réfléchis bien à ce que tu voudras lui apprendre le moment venu. Tu as faibli mais tu es là aujourd’hui., m’oppose-t-il posément.  

- Je n’ai pas le droit de lui mentir sur ce que j’ai fait., dis-je en serrant les dents.  

- Penses-tu lui avoir menti en taisant ton passé ?, me contre-t-il.  

- Je… non., réponds-je, ne pouvant qu’admettre cela.  

- Alors en quoi serait-ce un mensonge de ne pas lui parler de ce moment ?, me demande-t-il.  

 

Je le scrute un moment du regard, réfléchissant un moment à ce qu’il compare. Je continue à te taire mon passé pour te protéger mais taire que j’ai un moment lâché notre couple, c’est différent, non ? D’un autre côté, il n’a pas tort en me faisant remarquer que ce sera peut-être déjà assez difficile quand tu te réveilleras. Malgré toute la rééducation et les soins qu’on t’apporte, tu repartiras de loin à ton réveil. Ce ne sera peut-être pas le moment de te faire douter de nous.  

 

- Réfléchis-y. Il y a une autre question qui me préoccupe plus immédiatement, Ryo., m’apprend-il.  

 

Je sens la tension envahir mon corps parce que je sais de quoi il va me parler. Ma voix n’est qu’un murmure quand je lâche :  

 

- Le bébé…  

- Oui. Que dois-je faire ? On laisse la grossesse se poursuivre ou on l’interrompt ?, précise-t-il.  

 

Je le regarde puis ton visage endormi. Je reste un long moment figé sur tes traits apaisés avant de descendre jusqu’à la bosse que je commence à deviner sous la couverture. Pour beaucoup, ça doit encore passer inaperçu mais pas pour moi qui t’ai observé pendant des heures et des heures et qui sais. Nerveux, je passe une main dans mes cheveux en soupirant.  

 

- Ca, c’est l’une des questions à laquelle je n’ai pas trouvé de réponse. Je ne sais pas quoi faire, Professeur.  

- On a encore le temps, Ryo, mais bientôt, tu ne pourras plus cacher sa grossesse., me dit-il, posant une main sur ton ventre.  

- Je sais. Jusqu’à il y a quelques jours, la seule décision que j’avais prise, c’était de vous donner un sac plein de fric à lui donner quand elle se réveillerait et vous laisser le choix de ce qui adviendrait pendant que je retournerai à mon ancienne vie… Je suis là aujourd’hui mais je ne sais pas ce qui serait le mieux pour elle et l’enfant., admets-je.  

 

Le Professeur me regarde un moment et je sens qu’il a envie de me dire quelque chose mais il finit par soupirer et se relève.  

 

- J’espère qu’avant de sceller votre sort à tous les trois, tu repenseras aux derniers mots que je t’ai dits avant que tu partes, Ryo., me dit-il, prenant ses lunettes et les frottant.  

- Penser… je ne fais que cela depuis quelques jours. Je continuerai., fais-je cyniquement même si je ne vois pas bien à quoi ça peut nous mener.  

- Y a-t-il eu des évolutions depuis que je suis parti ?  

- On a ajusté son alimentation et ajouté des vitamines prénatales. Kazue voulait te voir. Elle est dans son bureau si tu as cinq minutes., m’informe-t-il.  

- J’irai la voir tout de suite après.  

 

Il remet la couverture qui a à peine bougé quand il s’est assis avant de sortir de ta chambre. Je reste un moment contemplatif en pensant à tout ce que l’on vient de se dire puis me lève.  

 

- Je vais juste voir Kazue et je reviens.  

 

Je pose les lèvres sur ton front et sors à mon tour, rejoignant notre amie. La porte est entrouverte lorsque j’arrive et je vois ma doctoresse préférée penchée sur ses notes, concentrée. Je toque et elle se tourne vers moi, me faisant signe d’approcher, ce que je fais avec plaisir, surtout en voyant son sourire rassurant. Arrivé à sa hauteur, elle m’enlace dans une étreinte réconfortante et je finis par la serrer contre moi, respirant encore un peu mieux. C’est fou comme on ne sent parfois pas la tension qui nous habite.  

 

- Tu ne m’en veux pas d’avoir disparu ?  

- Un peu mais je comprends après tout ce qui s’est passé mais autant te prévenir que Mick est très en colère contre toi., me fait-elle savoir, s’écartant.  

- Je m’en suis aperçu. Je l’ai croisé en arrivant.  

- Où tu étais ?, me questionne-t-elle.  

- Dans une cabane isolée à me saouler la gueule pendant des jours et des jours jusqu’à ce que je n’ai plus rien à boire. Arrivé là, je n’avais plus qu’à faire face à la réalité.  

- Et ?  

 

Je croise son regard interrogateur et hausse les épaules. Je m’attendais à cette question voilée après tout. Elle est légitime.  

 

- Je suis là, Kazue. Je ne sais pas ce que je vais faire de ce bébé mais je ne laisse plus Kaori seule., lui réponds-je.  

- C’est votre bébé, Ryo. Tu ne vas pas…, commence-t-elle mais elle s’arrête quand elle me voit prendre un air impassible.  

 

C’est plus fort que moi. Je sais que cet enfant est de moi, je n’ai aucun doute sur le sujet mais, passés les premiers moments de choc, je n’arrive pas à le qualifier comme étant notre bébé parce que je ne peux pas avoir d’enfant. C’est ton enfant ou cet enfant mais ce ne peut pas être notre enfant. C’est comme l’éventualité d’une vie à trois, ça m’a effleuré l’esprit mais je ne peux pas le concevoir autrement que comme une utopie, quelque chose d’irréalisable.  

 

- Il paraît que tu voulais me voir.  

- Oui. J’ai… J’ai abouti une formule de crème cicatrisante à partir de plantes médicinales. J’ai commencé à la tester sur Mick qui réagit bien dans le sens où il ne présente pas d’allergie ni réaction secondaire particulière. Je ne vois pas encore d’amélioration sur sa peau mais elle est si lésée qu’il mettra peut-être du temps à réagir., m’explique-t-elle.  

- Teste-la sur moi., lui dis-je.  

 

Je retire ma veste, mon holster et mon tee-shirt sans attendre et m’assieds à califourchon sur une chaise en dessous d’une source de lumière puissante, lui présentant ainsi mon dos qui présente de multiples cicatrices plus ou moins anciennes.  

 

- Tu as le choix : ancien, récent, blessures au couteau, explosion, arme à feu… Il y a peut-être même encore des traces d’ongles de Kaori., plaisanté-je pour détendre l’atmosphère.  

 

Je sens son regard stupéfait face à la multitude de traces. C’est le même que tu as eu quand tu les as vues les premières fois, teinté en plus de cette souffrance pour moi que tu me taisais mais que je ressentais malgré tout, celle-là même qui m’a poussé à ne pas tout te dévoiler de moi.  

 

- Tu sais qu’au delà de trente secondes, ce n’est plus observer mais mater., la taquiné-je pour la sortir de cet état qui devient gênant.  

- Pardon… Je… Je suis surprise. Je ne me doutais pas qu’il y en avait autant. Comment est-ce arrivé ?, me demande-t-elle, sa voix encore teintée du choc.  

- Voyons, voyons, nous ne sommes pas encore assez intimes pour cela, toi et moi.  

 

Je ne vais pas parler à Kazue de quelque chose dont je ne t’ai jamais parlé avant. Si quelqu’un devait savoir, ce serait toi mais je ne prévois pas de t’en parler parce que ça n’est pas utile à mes yeux et, surtout, je veux voir ton sourire comme je le voyais il y a quelques semaines, franc, chaud, sans aucune ombre.  

 

- Pardon… Ca m’a échappé., s’excuse-t-elle, une main devant sa bouche.  

- Choisis ta zone, dis-moi quand tu veux me revoir. Je suis ton cobaye entier et dévoué.  

 

Je sens ses doigts se poser sur mon dos, traçant et tâtant mes cicatrices une à une. Je la sens peu à peu se concentrer sur une zone plus définie qu’elle trace au stylo avant de prendre une photo.  

 

- Ca sera l’état à T0. Tu pourras te laver, la marque ne partira pas. Il faut un produit spécial. Ca me permettra d’évaluer l’évolution., m’explique-t-elle.  

- Tu es sûr de vouloir faire ça ?, me redemande-t-elle.  

- Je ferai tout ce qu’il faut pour elle.  

 

Dans le reflet d’une vitrine, je la vois acquiescer et aller chercher un pot dans une armoire. Je sens la spatule appuyer doucement sur ma peau appliquant une texture crémeuse sur toute la surface ciblée.  

 

- Combien de fois par jour ?  

- Une fois. J’ai concentré la formule. Je ne peux pas te certifier que ça fera disparaître totalement la cicatrice mais ça devrait l’atténuer beaucoup plus rapidement., m’affirme-t-elle.  

- Combien de temps avant de savoir s’il risque d’y avoir des réactions ?  

- Quelques minutes pour une allergie éventuelle, quelques jours pour des effets secondaires autres. Je pense que d’ici deux semaines, si tu ne présentes aucun symptôme et Mick non plus, on pourra commencer le traitement sur elle., m’apprend-elle.  

 

La question suivante me brûle les lèvres mais j’ai pourtant du mal à la laisser sortir pour ce que ça pourrait impliquer. Pourtant, il faut que je sache. Je dois faire le maximum.  

 

- Des risques pour sa grossesse ou le bébé ?  

- Non, aucun. J’ai étudié ces plantes de près et il n’y a aucun risque connu sur ces plans-là., me rassure-t-elle.  

- D’accord. Merci, Kazue. Merci d’avoir pris ce temps-là pour elle., lui dis-je tout en me rhabillant.  

 

Je l’étreins amicalement, reconnaissant de son aide, avant de la relâcher.  

 

- On se revoit donc demain à la même heure, je suppose ?  

- Oui. Et surtout viens avant si tu ressens quelque chose qui ressemble à une allergie. Je passerai même avant de partir pour m’assurer que tout va bien., me fait-elle savoir.  

- Ne prends pas trop goût à la vue de mon corps. Il est la propriété d’une autre.  

 

Elle rit légèrement à mon ton taquin et mon clin d’œil et je la laisse pour te rejoindre. Je m’allonge à tes côtés passant un bras sous ta tête. Je t’attire tout contre moi, faisant attention quand je pivote ton bassin. Je glisse une de tes jambes sur les miennes pour te maintenir dans une position adéquate et mon bras passe dans ton dos pour te soutenir. Je ne devrais peut-être pas me permettre cela après ce que j’ai fait mais j’en ai besoin et je pense que ça te fait du bien aussi. Je veux te donner tout ce dont je t’ai privée pendant ces deux semaines d’absence. Je veux te rassurer, t’entourer et te réchauffer. Je suis sûr que tu en as besoin et que ça te fait du bien.  

 

Ainsi, enlacés, je me laisse aller et somnole pendant un moment. Ton souffle sur mon torse m’apaise plus que je ne saurais le dire. Sentir ton corps contre le mien me laisse un moment croire que tout va bien, qu’on est juste dans notre lit, endormis, comme d’habitude. Ca fait du bien ce moment de paix qui permet d’éloigner les problèmes temporairement. J’oublie que tu es dans le coma, j’oublie que tu es enceinte, j’oublie que j’ai une décision à prendre, j’oublie un peu que j’ai fauté.  

 

Une heure plus tard, je rouvre les yeux et te réinstalle correctement dans ton lit avant d’en descendre. On toque à la porte alors que je remets les draps en place.  

 

- Rentre, Umi.  

 

Mon ami pénètre dans la chambre, l’emplissant de sa massive carrure. Je ne fais pas le fier mais, malgré tout, je m’avance vers lui et lui tends la main.  

 

- Merci.  

- C’est moi qui dois te remercier de m’avoir donné une bonne occasion de te flanquer une raclée., plaisante-t-il, me serrant la main… me l’écrasant même.  

- Si je n’avais pas autant bu, tu n’aurais jamais eu une chance., ne puis-je m’empêcher de rétorquer.  

- Ouais, la prochaine fois, j’espère bien que tu seras en pleine possession de tes capacités., m’assène-t-il.  

- Il n’y aura pas de prochaine fois.  

 

Je suis sûr de moi. Je pense vraiment avoir touché le fond du fond. Rien ne peut être pire. Il me jauge du regard et finit par acquiescer.  

 

- Ca me va ainsi.  

- Comment as-tu su où me trouver au fait ?  

- Mes indics t’ont vu écumer les bars toute l’après-midi. Quand on m’a dit que tu ne cherchais rien à part boire et que Mick m’a dit que tu n’étais pas à la clinique lorsque Kazue est repartie et que tu n’étais pas non plus chez toi, je me suis douté que t’allais faire une connerie., m’explique Umibozu, prenant la chaise de Ryo auprès de Kaori.  

- Tu aurais pu me laisser plonger., lui fais-je remarquer.  

- Ecoute-moi bien, crétin. Tu veux te faire du mal, c’est ton problème, mais je ne te laisserai pas la blesser quand je peux l’en empêcher., m’assure-t-il, fronçant pour une fois les sourcils.  

- Pourquoi m’emmener à la cabane avec tout cet alcool plutôt que de me mettre les points sur les I ?  

 

Je m’appuie sur ton lit à tes côtés. J’aurais pu lui demander d’aller tenir cette conversation à l’extérieur, loin de tes oreilles, mais je ne veux rien te cacher de ce moment.  

 

- Parce que tu n’aurais probablement pas autant réfléchi qu’en étant seul face à toi-même. On se serait certainement battus, engueulés mais ça ne t’aurait pas fait avancer, au contraire., m’affirme-t-il.  

 

Un sourire désabusé étire mes lèvres : il me connaît trop bien, l’animal. Je me serais réfugié derrière un écran de violence pour ne pas avoir à affronter mes démons.  

 

- Tu me donneras la note pour les caisses laissées à la cabane. Tu aurais pu y mettre un paquet de café…, plaisanté-je.  

- Je te ramènerai les bouteilles vides dès que possible.  

- Je suis déjà allé les récupérer. Si je t’attends, je ne les aurai pas avant des mois., grommelle-t-il.  

- Comme bon te semble.  

- Envie de parler de ce qui t’a amené là ?, me propose-t-il.  

 

C’est rare de sa part. Malgré tout, je n’ai pas envie d’en parler. J’ai besoin de réfléchir à la situation sans pression. Le Professeur a cependant raison : il me faudra prendre une décision rapidement. Quand ça se verra, les opinions s’inviteront dans la discussion et je n’ai pas besoin de cela. Toi non plus, je pense, surtout si ça engendre des tensions autour de toi.  

 

- Pas pour le moment…  

- Très bien. De toute façon, j’ai mieux à faire., me dit-il, se penchant vers le lit.  

- Tu peux sortir prendre l’air., m’indique-t-il.  

- Et si je veux rester ?  

 

Je suis un peu surpris de me voir presque éjecté de cette pièce par Umibozu, de savoir qu’il veut rester seul avec toi.  

 

- Miki n’est pas venue ?  

- On ne peut pas fermer le café tout le temps. Aujourd’hui, il y a du monde et, comme je voulais te parler et que Mick m’a dit que tu étais de retour, c’est moi qui suis venu., m’indique-t-il.  

- Ok, j’ai compris. Et ça te dérange si je reste ? Je n’ai pas vraiment envie de m’éloigner pour le moment.  

- Tu culpabilises ?, m’interroge-t-il, curieux.  

- Oui. Je l’ai abandonnée., admets-je à mi-voix.  

- Ca, tu peux le dire… mais tu peux rester. Il n’y a rien de confidentiel dans ce que je vais lui dire., m’affirme-t-il.  

 

Je me hisse sur le bord du lit et pose la main sur ta cuisse, me faisant silencieux. Un temps, Umi ne pipe mot puis il finit par se lancer. Je l’écoute te parler de la journée au café, de son dernier essai pour un mélange de café qui s’est avéré être un échec. Il te parle de la livraison du matin, du nouveau livreur qui a dragué Miki sans aucune honte jusqu’au moment où il est apparu et l’a terrifié. Il en rit légèrement avant de se reprendre. Il te parle ensuite de la décoration de certaines vitrines pour Noël qui approche.  

 

Je pourrais en rire, me moquer de lui. C’est ce que j’aurais fait quelques années en arrière en l’entendant te parler de la pluie et du beau temps, lui qui est si peu expansif en temps normal. Mais je ne le fais pas. Je suis impressionné. Je mesure enfin le respect et l’affection qu’il a pour toi. Je n’en avais en fait qu’un petit aperçu. Tu as changé tellement de choses dans nos vies, Kaori, que ce soit moi, Mick et Umi aussi.  

 

Je finis par sortir de la chambre, vous laissant tous les deux. Vous avez le droit d’avoir votre espace. Je sors de la clinique et fais le tour du jardin, attendant patiemment qu’il sorte de là. Ca lui prend encore une demi-heure, une demi-heure où j’ai le temps de regarder le jardin en sommeil, sentir le froid qui m’entoure, qui me semble bien doux par rapport à la morsure de l’eau glacée sur ma peau il y a encore quelques jours, et faire des projets.  

 

- La place est libre. Tu dors ici ce soir ?, me demande mon ami.  

- Non, je vais rentrer à l’appartement. J’ai du rangement à faire et quelques choses à récupérer.  

- Rentrer ? Je dois arpenter les rues du Kabuki-cho ?, m’interroge-t-il d’un air bourru.  

 

Je laisse échapper un léger rire, un peu gêné. Je ne l’ai pas volée celle-là.  

 

- Non, ce ne sera pas nécessaire. Si je sors, ce sera uniquement pour aller faire des courses., lui promets-je.  

- Pas d’alcool, pas de fille., ajouté-je pour le rassurer.  

- Si j’apprends que t’as déconné, ce ne sera pas qu’un poing dans la gueule que je te mettrai., me prévient-il.  

- Ce n’est pas demain que tu auras mal au poing. Salue Miki de ma part., lui dis-je, tapotant son bras avant de me diriger vers la clinique.  

 

La journée se termine tranquillement et se conclut par la venue de Kazue qui examine mon dos.  

 

- Pas d’allergie apparemment. C’est un bon début., me dit-elle.  

- Passe une bonne soirée, Ryo.  

- Toi aussi. Je vais y aller aussi, Kaori. Demain soir, je dormirai ici avec toi mais, ce soir, j’ai à faire à l’appartement. Je t’aime. Repose-toi bien. A demain.  

 

Je dépose un baiser sur tes lèvres avant d’observer ton visage un moment. J’ai du mal à te quitter mais je me force et quitte ta chambre.  

 

Lorsque j’arrive à l’immeuble, je ressens une présence à l’intérieur et ouvre la porte, soulagé d’avoir enfin un retour depuis le temps.  

 

- Ryo ! Où est-elle ? J’ai été à l’hôpital et ils m’ont dit que Kaori était morte.  

 

J’observe Sayuri et son visage baigné de larmes. Je l’approche et la prends dans mes bras pour la rassurer.  

 

- Elle est vivante, Sayuri. Elle est dans un endroit protégé mais j’ai assuré ses arrières en la faisant passer pour morte. Ca fait des semaines que j’ai essayé de te joindre. Pourquoi tu ne m’as pas contacté avant ?  

 

Elle s’écarte de moi et baisse les yeux, visiblement coupable.  

 

- Je préparais un reportage de fond en dehors des Etats-Unis. Je ne pouvais pas consulter mes messages. C’était trop risqué., m’explique-t-elle dans un soupir.  

- Préviens la prochaine fois, s’il te plaît.  

- Que s’est-il passé ?, me demande-t-elle, plongeant dans mon regard.  

- Un accident de voiture. Pour faire court, elle a failli mourir. Elle revient de très loin, Sayuri.  

- Je peux la voir ? Tu veux bien m’emmener ?, m’interroge-t-elle.  

- Demain matin. Demain matin, je t’emmènerai là-bas.  

- Maintenant, Ryo. Je veux la serrer dans mes bras, lui parler, lui dire que je l’aime., me dit-elle d’une voix empressée.  

- Elle est dans le coma, Sayuri.  

 

Je la vois vaciller et la conduis jusqu’au divan où elle se laisse tomber, livide. Je prends place à ses côtés et prends sa main dans la mienne.  

 

- Elle a guéri de ses blessures physiques mais elle est restée dans le coma après la fin de la sédation. On ne sait pas si c’est dû à l’accident ou à son enlèvement. On ne peut qu’attendre et voir comment ça évolue., lui dis-je.  

- Ma petite sœur… Je ne veux pas la perdre, Ryo. Mais où est-elle si elle n’est pas à l’hôpital ?, me demande-t-elle.  

- Dans la clinique privée d’un ami de confiance.  

- Elle est vraiment entre de bonnes mains ?, m’interroge-t-elle.  

- Les meilleures et, en plus, on n’a pas la contrainte des horaires de visite. Tu viens d’atterrir ?  

- Oui. En fait, je suis rentrée hier à New York. J’ai passé deux heures au journal avant de rentrer à l’appartement. Dès que j’ai entendu tes messages, j’ai refait mon sac et filé à l’aéroport., m’explique-t-elle, visiblement épuisée.  

- Ecoute, Kaori va bien et est entre de bonnes mains. On va dîner, dormir et on ira la retrouver demain matin… en pleine forme pour affronter la journée., lui dis-je la voyant prête à objecter.  

 

Elle me regarde, désespérée, réfléchis puis finit par acquiescer.  

 

- Viens, tu vas prendre la chambre de Kaori., lui dis-je, prenant son sac et l’emmenant à l’étage.  

- Va prendre une douche pendant que je prépare le dîner.  

 

Elle se laisse guider et je la quitte après avoir posé son sac sur le lit. Quelques minutes après, je l’entends arriver au pas de charge et me tourne vers elle alors que je finis de préparer le repas. Elle déboule dans la cuisine comme une furie, me faisant penser à toi. Le regard noir, elle se poste devant moi, les poings sur les hanches.  

 

- Tu as l’intention de virer ma sœur quand elle sera rétablie ?, me demande-t-elle d’un ton sec.  

- Non, pourquoi ?  

- Parce qu’il n’y a plus aucune de ses affaires dans son armoire., me fait-elle savoir.  

- C’est normal. Elles sont dans ma chambre., lui dis-je.  

- Kaori et moi sommes en couple depuis plus d’un an. Elle a emménagé dans ma chambre depuis autant de temps.  

 

Elle me regarde, ébahie, sa fureur diminuant rapidement pour faire face à une certaine incrédulité.  

 

- Enfin, une bonne nouvelle., soupire-t-elle, soulagée.  

- Donc tu ne vas pas la quitter après tout ça ?, ajoute-t-elle, anxieuse.  

- Non, même si elle a des séquelles. La seule personne qui décidera de mettre fin à notre histoire, ce sera elle… mais il faudra qu’elle ait de bonnes raisons parce que je ne la laisserai pas partir si facilement., lui fais-je savoir.  

 

Je repense à ce que j’ai voulu faire il y a deux semaines et je comprends à quel point j’aurais pu me tromper.  

 

- C’est bon à entendre. C’est au moins une bonne nouvelle., murmure-t-elle.  

- Elle est forte, Sayuri. Elle est revenue de très loin, tu sais., lui dis-je pour l’encourager.  

 

Je l’invite à s’asseoir et lui raconte toute l’histoire en servant le repas. Elle mange peu, passe par toutes sortes d’émotions mais finit par retrouver espoir. Je suis soulagé qu’elle soit enfin arrivée. Tu as besoin d’elle à tes côtés. Les choses se mettent en place doucement. Peut-être que son arrivée est ce qu’il te fallait pour revenir. Je croise les doigts. 

 


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