Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

Astuces & Conseils

Comment changer son pseudo?

 

Je n'autorise pas les gens à changer leur pseudo en ligne, mais je peux le faire si vous me contacter en me donnant votre ancien pseudo et votre mot de passe (question de securité) et ce quelque soit les changements (mettre une majuscule au début du pseudo, changer l'orthographe,...) Cela ne me prendra que quelques secondes.

 

 

   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 50 :: Chapitre 50

Publiée: 16-08-21 - Mise à jour: 16-08-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 50  

 

Le petit matin nous retrouve endormis, toujours l’un contre l’autre. Le soleil darde insolemment ses premiers rayons sur ton visage mais tu ne tressailles même pas, toujours profondément endormie. Ce moment est paisible et très agréable et je décide d’en profiter un maximum, ne sachant si c’est un renouveau ou le début de la fin. L’air est frais autour de nous mais ça ne me dérange pas, même en l’absence de drap. J’ai la meilleure couverture au monde, la seule capable de me faire sourire en plus de me réchauffer.  

 

Ton souffle chaud caresse la peau dénudée de mon torse. Je ferme les yeux et me laisse bercer un moment par les sensations qui montent. Je me sens bien. Il ne me manque qu’une seule chose : le babillement au réveil de Kimi. Soudain, je te sens bouger et je n’ai pas vraiment envie de briser cette bulle de sérénité qui s’est créée. Je rouvre les yeux et les tiens sont encore fermés. Tu t’agites juste dans ton sommeil et je glisse mes doigts dans tes cheveux, les caressant doucement. Tu te calmes et te niches contre moi, calme.  

 

- Dors, Kaori. Dors encore. Ca te fera du bien… et à moi aussi., fais-je dans un murmure.  

 

Un peu anxieux de te voir te réveiller, j’observe les traits de ton visage et les imprime pour pouvoir tenir jusqu’à ce soir au cas où les choses ne se passeraient pas bien. Je revois un instant ton visage parsemé de cicatrices, coloré par les ecchymoses et de bandages après l’accident. Ca m’a fait mal mais, aujourd’hui, c’est du passé. Ton visage a retrouvé sa beauté antérieure. Je le vois même vraiment serein alors que tu dors, chose qui n’était pas arrivé depuis un moment. Alors, je reste là à t’observer jusqu’à ce que tu te réveilles.  

 

- Bonjour, bien dormi ?  

 

Tu me regardes un moment égarée avant d’acquiescer.  

 

- Oui. Ca faisait longtemps que je n’avais pas aussi bien dormi., m’avoues-tu.  

 

Je te vois hésiter, probablement te demandant si tu veux, ou peux, rester là et finalement, tu reposes la tête contre moi.  

 

- Et toi ?, m’interroges-tu.  

- Pareil. Tu m’as manqué, Kaori., te dis-je, te serrant contre moi.  

 

Je te sens te tendre et je desserre mon étreinte, te laissant le choix de t’éloigner.  

 

- Je sais que cette nuit ne présage rien. Je veux juste que tu le saches.  

- Quand tu as dit que j’ai été tout le temps avec toi, que voulais-tu dire, Ryo ?, m’interroges-tu.  

 

Je fronce un instant les sourcils et me souviens de notre conversation de la veille.  

 

- Juste ça, que tu étais là avec moi. Quand je flanchais, quand j’avais une décision à prendre, je repensais à toi, à nous, à des moments de notre histoire et ça m’aidait à tenir. Quand je suis venu ici, je me suis même souvenu d’un de nos moments ici., fais-je, ce souvenir me donnant une idée.  

- Tu es venue ici pour voir si tu pouvais de nouveau être vraiment toi, c’est cela ?  

- Oui.  

- Alors tu en es arrivée à une conclusion ?  

- Non, je n’avais pas fini de tester mes compétences physiques., m’apprends-tu.  

 

Je vois à ton regard qu’il y a d’autres choses que tu n’as pas fini de faire mais dont tu ne veux pas me parler, certainement pour ne pas gâcher ce moment.  

 

- Si tu me laisses t’accompagner, je pourrais en juger également. Je pourrais éprouver tes compétences.  

 

Tu me regardes et soupèses ma proposition. Tu hésites, fronces les sourcils et finis par te détendre.  

 

- Tu es peut-être le meilleur juge pour cette partie-là en effet mais pas de privilège., réponds-tu.  

- Ca marche. Alors tu vas commencer par aller faire le café. C’est la partie la plus importante de notre partenariat après tout., dis-je, taquin.  

- Vraiment ?, répliques-tu, un sourcil levé, te redressant dans le lit.  

- Professionnel en tous cas… Pour le personnel, il réside ailleurs.  

- Je vois., pipes-tu, détournant le regard, t’assombrissant.  

 

Ailleurs mais pas là où tu penses visiblement si j’en juge la promptitude avec laquelle tu te lèves soudain. Huit mois d’inconscience, quatre mois de montagnes russes intenses et déroutantes peuvent amoindrir la connaissance implicite que l’on a l’un de l’autre. Il me faudra donc cesser d’être énigmatique avec toi, de ne dire que les choses à moitié au risque de générer une incompréhension qui, à ce stade, pourrait être fatale à notre couple, surtout si, pour éviter le conflit, tu t’enfuis plutôt que de me confronter…  

 

J’attrape mes vêtements, ton jean et sors te rejoindre auprès du feu que tu as déjà allumé et sur lequel tu fais bouillir de l’eau. Sans un mot, je pose nos vêtements à tes côtés et me déshabille complètement avant d’aller plonger dans l’eau. Je sens ton regard se poser sur moi et je me demande ce à quoi tu penses : envie ou répulsion ? Je ne saurais dire, surtout que je refuse de me retourner pour te regarder. Le retour me permettra peut-être de mieux juger.  

 

Je me savonne rapidement avant de jeter la barre sur la rive et de plonger dans l’eau. J’en profite pour nager une dizaine de minutes avant de revenir vers le rivage. Je n’aurai pas l’occasion de savoir puisque je te croise dans l’eau.  

 

- Tu vas nager un peu ?, fais-je, un peu déçu de ne pas pouvoir prendre mon café avec toi.  

- Oui. Le café est trop chaud à mon goût. Je reviens dans quelques minutes., m’apprends-tu.  

 

Bon point pour moi… Je te regarde t’éloigner, nageant aussi souplement qu’avant avec un peu moins de rapidité cependant.  

 

- Ne force pas trop. J’ai prévu un programme corsé !, te préviens-je.  

 

Tu te retournes un instant, nageant sur place, avant de me décocher un sourire moqueur.  

 

- On verra qui baissera pavillon avant l’autre…, me nargues-tu avant de reprendre ta course.  

 

Je te regarde faire en souriant même si je n’oublie pas qu’il y a ce point à clarifier pour le côté personnel. Je remonte sur la rive et me retourne, encore nu, pour t’observer nager. J’avoue, je suis un peu inquiet à l’idée de te voir faiblir et disparaître sous la surface mais, plus le temps passe, plus je m’apaise. Tes gestes sont assurés et le rythme régulier. Le tout doit durer un bon quart d’heure et, soudain, tu t’arrêtes et regardes autour de toi avant de te tourner vers le rivage. Je t’observe et tu m’observes en retour. Tu es assez loin mais tu dois malgré tout voir que je ne suis toujours pas habillé. Le temps semble se figer un moment et je me demande quelle tenue tu portes… ou ne portes pas.  

 

Brusquement, tu plonges sous l’eau et la dernière image que j’ai pendant quelques secondes, ce sont tes pieds qui semblent me narguer avant de disparaître. Ca me fait sourire et, malgré ma curiosité, je vais quand même enfiler mon caleçon sans même me sécher avant de m’asseoir décontracté près du feu, laissant la chaleur faire son travail. Tu réapparais soudain et finis ton périple dans un crawl. A première vue, un jeu d’enfants pour toi mais ce n’est pas le cas à en juger ta grimace en sortant de l’eau alors que tu fais aller ton bras gauche en tenant ton épaule. Ca éclipse presque la vision de ta silhouette dégoulinante, ton tee-shirt blanc moulant tes formes appétissantes, laissant deviner tes tétons érigés sur des aréoles plus sombres. L’effet ne manque pas et je ne me cache qu’à peine, posant mon jean sur la protubérance qui tend mon caleçon.  

 

- Tu as mal à l’épaule ?, fais-je, soucieux.  

- Oui, certaines douleurs restent., m’informes-tu.  

- Viens là., te dis-je, t’indiquant la place entre mes jambes.  

 

Tu hésites, visiblement inquiète. Je peux comprendre : tu voulais être seule pour réfléchir et ne pas te laisser influencer et j’ai déboulé dans ton havre de paix. Tu dois craindre mes tentatives pour te convaincre de revenir mais j’essaie de ne pas t’influencer. Ca ne m’empêche pas de me soucier de toi.  

 

- Viens, je vais juste masser la zone pour te soulager. Rien de plus., te promets-je.  

 

Tu baisses les yeux vers mon entrejambe, sachant pertinemment ce qu’il se passe, et je comprends que tu puisses douter de mes intentions, pourtant plus qu’honorables.  

 

- Oui, je bande pour toi, Kaori, mais je sais encore me contrôler. Je te promets que ce sera en tout bien tout honneur., te dis-je.  

- D’accord., acquiesces-tu.  

 

Tu t’assieds entre mes jambes et je pose les mains sur ton épaule, te faisant faire plusieurs mouvements pour voir où se situe exactement la douleur avant de te masser.  

 

- Ca fait du bien ?  

- Oui. Je me suis habituée à la douleur mais ça soulage, merci., m’avoues-tu, reconnaissante.  

- Tout à l’heure, je pense que tu t’es méprise sur ce que je voulais dire.  

- A quel propos ?, répliques-tu posément.  

- Sur ce qui fonde notre partenariat personnel.  

- Vraiment ?, pipes-tu, le doute nuançant ta réponse.  

- Oui. Tu sais ce qui fait, ou faisait comme tu préfères, que ça marche bien entre nous ?  

 

Tu relèves la tête et fixes les arbres sur l’autre rive, gardant le silence un moment. Je me demande à quoi tu penses, si tu es ouverte à ce que j’ai à te dire ou si tu te blindes pour ne rien entendre.  

 

- Le sexe, non ? On était plutôt actifs sur ce plan-là… mais je ne sais pas si j’en ai encore envie., me réponds-tu à mi-voix.  

- Le sexe… C’est vrai qu’on était plutôt insatiables sur ce plan-là., fais-je en souriant.  

- C’est un des bons côtés de l’évolution de notre relation mais notre relation était personnelle bien avant que l’on devienne un couple, Kaori. L’as-tu oublié ?  

- Non., souffles-tu après un moment de silence.  

 

Je lâche ton épaule et attrape la tasse qui est restée non loin, encore tiède grâce à la chaleur du feu, pour te la tendre. Te laissant un peu de répit, je m’en verse une également et en sirote quelques gorgées.  

 

- Tu as ton ticket pour notre partenariat professionnel., fais-je en plaisantant.  

 

Je ne sais pas si ça te fait sourire ou non parce que tu n’as pas bougé. Tu es toujours entre mes jambes, me tournant le dos, et j’en suis fort aise, comme si tu m’envoyais un signe, conscient ou non, je ne sais pas.  

 

- Qu’est-ce qui fonde notre relation personnelle alors ?, me demandes-tu quelques temps plus tard.  

- Je ne sais pas si je dois te le dire. Tu dois peut-être t’en souvenir seule., fais-je, me levant.  

 

J’éteins le feu et reprend la cafetière et mes vêtements avant de me diriger vers la cabane.  

 

- Dépêche-toi. On doit tester tes capacités.  

 

Tu te lèves et me suis. On se change rapidement et, dès qu’on est prêts, je t’emmène dans la forêt en dehors des sentiers battus vers une zone plus accidentée. Nous marchons pendant deux bonnes heures surmontant des rochers, des troncs d’arbres couchés en travers de notre chemin. Je t’entends souffler plus fort que d’habitude mais jamais tu ne montres de signe de fatigue, de douleur ou ne demandes à t’arrêter. C’est moi qui, au bout d’un moment, en impose une sous couvert.  

 

- Attends-moi ici cinq minutes. Je dois explorer les environs pour la suite., mens-je.  

 

Je connais parfaitement les lieux. Je sais où nous irons mais je fais exprès de tourner en rond quelques minutes tout en t’observant. Je ne sais pas si tu es consciente de mon subterfuge mais tu restes stoïque, sur tes gardes, debout sur tes deux jambes plutôt que de t’appuyer sur un arbre ou t’asseoir sur une pierre pour te reposer. Je suis fier de toi… même si j’ai envie de te dire de profiter de la pause.  

 

- On y va. J’ai trouvé ce que je cherchais.  

 

Tu me rejoins sans un mot et me suis dans un recoin de la forêt où les rochers forment une espèce de demi-cercle sur deux mètres de hauteur. Je sors mon magnum, vérifie le barillet avant de te le tendre.  

 

- Si j’avais su, j’aurais pris ton arme mais il faudra faire avec la mienne. Pas de cible précise. Je veux juste que tu tires les six balles dans une zone restreinte. Si elle est trop puissante, on testera à la maison.  

- Ca ira., m’affirmes-tu, prenant mon revolver.  

 

Tu te postes face au rempart de pierres et vises une cible imaginaire. Au premier tir, tu recules, laissant échapper un cri de douleur et de surprise mêlées. Je suis néanmoins derrière toi pour te rattraper, les mains sur ta taille.  

 

- J’avais oublié ce que ça faisait., m’avoues-tu.  

- On peut arrêter là si tu veux.  

- Non. Il me reste cinq balles., t’entêtes-tu.  

 

Je n’insiste pas et te laisse te remettre en position. Au deuxième tir, tu es encore surprise par le recul de l’arme et, légèrement de biais, je vois ta grimace de douleur. Si la grimace reste pour les quatre autres tirs, tu ne bouges néanmoins plus et, au moment de juger, je ne peux que m’incliner.  

 

- Moins de dix centimètres d’écart entre les deux impacts les plus éloignés. Après un an d’inactivité, c’est bien, surtout avec une arme inadéquate.  

- C’est vrai ?, fais-tu, incrédule.  

 

Tu approches alors de l’endroit et constates par toi-même le résultat, un léger sourire trahissant ta fierté.  

 

- On continue notre périple ? Je ne voudrais pas que tu t’endormes sur tes lauriers…, fais-je, taquin.  

- On y va !, réponds-tu, enjouée.  

 

Je te vois reprendre confiance en toi et j’espère que cela t’aidera à y voir plus clair. J’ai vu le travail que tu as fourni à la clinique et je sais en te voyant maintenant que les jours que tu as passés ici n’ont pas été de tout repos non plus. Tu as dû t’apercevoir de tes progrès mais est-ce que ça a été suffisant pour rebooster ton ego malmené ?  

 

Nous marchons encore un long moment quand, soudain, je m’arrête devant un arbre. Tu te mets à mes côtés et lèves les yeux vers la cime, mettant ta main pour protéger tes yeux des rayons du soleil qui filtrent malgré le feuillage encore dense.  

 

- Tu te mets au tree-hugging (NDA : calin aux arbres) ?, plaisantes-tu.  

- Non. On va prendre de la hauteur pour pouvoir admirer le paysage., t’apprends-je avec un sourire.  

 

Pour la première fois depuis notre départ, je te sens réticente. Tu regardes l’arbre avec un air fermé avant de baisser les yeux.  

 

- Je ne pense pas en être capable., admets-tu.  

- Moi, je pense que si. Tu vas passer en première et je serai derrière toi à chaque instant. Regarde, il y a un premier palier à environ cinq mètres où on pourra se reposer. Si tu décides d’arrêter là, on redescendra. Si tu veux continuer, on continuera. Ainsi de suite.  

- Mais on n’a pas de corde pour nous assurer. Si on tombe, on pourrait être blessés… même pire… Tu imagines la vie de Kimi ? On ne peut pas lui faire ça, Ryo. Elle doit vivre avec ses parents., me retournes-tu, inquiète.  

 

C’est la première fois que tu parles vraiment d’elle depuis que je suis arrivé et, mieux encore, tu parles d’elle avec nous deux et ça, ça vaut son pesant d’or à mes yeux.  

 

- Alors on ne va pas tomber. Je comprends ton inquiétude mais il faut qu’on essaie. Si vraiment ça ne va pas, on arrêtera mais il faut essayer, Kaori. Je suis là., fais-je, me mettant derrière toi, les mains sur tes épaules.  

 

Tu observes encore un long moment l’arbre et je finis par me dire que tu ne vas pas le faire quand tu avances d’un pas.  

 

- D’accord, on y va., m’affirmes-tu.  

- Tu ne me lâches pas, Ryo, parce que j’ai vraiment peur., me confesses-tu.  

- Je suis là comme toujours.  

 

Tu te tournes vers moi un moment, plongeant ton regard dans le mien et je retrouve la Kaori de nos débuts, celle qui m’avait confié sa vie dans ce parc alors qu’on ne se connaissait que depuis quelques jours.  

 

- Je sais., murmures-tu avant de chercher ton premier appui sur le tronc.  

 

Je te laisse prendre un peu d’avance pour ne pas te gêner avant de te suivre. Tes gestes ne sont aussi fluides que la première fois que nous avons fait cet exercice et je redouble d’attention sur toi alors que pour moi, c’est aussi inné que pour un singe. Tu lâches un léger cri de frayeur lorsque ton pied glisse mais tu tiens bon et je te vois reprendre l’ascension jusqu’au premier palier qu’on s’est fixés.  

 

- Assieds-toi sur la branche., te dis-je, prenant place sur une autre, face à toi.  

- Alors, comment tu te sens ?  

- Fatiguée et courbaturée mais ça va., me dis-tu avec le sourire.  

 

Je connais cet air-là. Tu es en transpiration, le souffle court mais tu es fière de ta prouesse, d’avoir vaincu ta peur et ça se comprend. L’exercice est réussi pour moi même s’il s’arrête là.  

 

- On redescend ?, fais-je, te laissant le choix.  

 

Tu regardes un coup en bas avant de lever les yeux.  

 

- Tu m’as dit qu’on avait une belle vue. Je voudrais bien voir si tu m’as menti…, me lances-tu, te relevant.  

- Toujours à me tester…, maugréé-je juste pour la forme, te suivant de nouveau.  

 

Pour moi, la vue est déjà belle à ce niveau, me dis-je, contemplant les deux protubérances qui se dandinent devant mes yeux. Par moments, j’ai même un petit aperçu de celles plus au Nord, ce qui ne laisse pas mon imagination en paix…  

 

- Tu traînes, Ryo., me taquines-tu.  

 

Piqué au vif, j’accélère le mouvement et te rattrape.  

 

- On va s’arrêter là. Ca devrait être suffisant. Prends la branche de gauche., te dis-je.  

 

Tu t’exécutes et te mets à califourchon dessus. Sans prévenir, je me mets derrière toi.  

 

- Tu n’as pas peur qu’elle cède avec nos deux poids dessus., fais-tu, jetant un regard anxieux sur le vide sous nous.  

 

C’est vrai qu’à cette hauteur, aucune chance d’y réchapper mais bon je prends le risque quand même.  

 

- Non, ça ira., te promets-je rassurant.  

- D’accord. Tu m’avais promis une belle vue. Tu m’as encore une fois eue…, boudes-tu, ne voyant que les arbres qui nous entourent.  

- Pas vraiment. Regarde mieux.  

 

C’est vrai que je t’avais fait le coup la dernière fois qu’on était venus. On avait grimpé comme aujourd’hui pour ne voir que le même spectacle : du vert, du vert et encore du vert… alors que tu espérais voir le lac et le ciel, m’avais-tu appris après être redescendus.  

 

- Il n’y a que des arbres, Ryo. Juste des arbres., m’affirmes-tu.  

- Nous ne sommes pas sur n’importe quel arbre. Regarde mieux., te redis-je.  

 

Tu tournes un peu le visage vers moi, les sourcils froncés, et je le pousse délicatement vers le tronc, te redressant le menton. Je t’entends prendre une petite inspiration surprise et tu tends la main vers l’endroit où l’écorce est lésée de deux initiales : C.H.  

 

- C’est l’arbre dans lequel on avait grimpé la dernière fois…, murmures-tu, stupéfaite.  

- Oui.  

- Mais comment tu as fait pour le retrouver ? Je n’y serais jamais arrivée., t’étonnes-tu.  

- Je me suis laissé guider par mes souvenirs et l’instinct ou l’espoir comme tu préfères.  

 

Tu traces les lettres du bout des doigts et je te laisse faire en silence pendant un moment. Cependant, l’heure tourne et il est hors de question qu’on regagne la cabane dans le noir.  

 

- Si on retournait à la cabane ?  

 

Tu acquiesces et nous entamons notre descente, moi en premier, toi me suivant. Je suis soulagé quand nous arrivons en bas car tu commences à montrer des signes de faiblesse. Te savoir sur la terre ferme est donc rassurant pour moi. Je me tourne pour partir mais tu n’esquisses aucun mouvement, restant les yeux levés vers l’endroit où nous étions une demi-heure plus tôt.  

 

- Kaori ?  

- On avait musé sur ce que des inconnus qui ne savent pas ce que ça veut dire mettraient sur ces deux lettres., te rappelles-tu.  

- Oui. On y avait passé un bon moment.  

- On avait bien ri ce jour-là, on en riait encore sur le chemin du retour., te souviens-tu.  

- C’est vrai. Il faut qu’on avance, Kaori. Sinon on ne sera pas à la cabane avant la tombée de la nuit.  

 

Tu prends encore un moment avant de te tourner vers moi et de me faire signe qu’on peut y aller. On fait la route du retour en silence. Il n’est pas gêné ni pesant donc ça ne me dérange pas. Je te sens pensive et tu fatigues si j’en juge ton rythme qui ralentit. Je m’adapte.  

 

Avec soulagement, nous retrouvons trois heures plus tard la cabane et nous asseyons sur les deux chaises posées là, vannés. Je te vois lutter contre le sommeil et j’ai pitié de toi.  

 

- Repose-toi un peu. Je vais aller pêcher des poissons et les faire cuire. Je viendrai te chercher quand ce sera prêt.  

 

Tu acquiesces et t’allonges sur les matelas au sol alors que je sors et prépare un feu avant d’aller trouver de quoi dîner. Je reviens avec deux gros poissons bien frais près du feu et j’ai la surprise de t’y trouver, endormie. Amusé, je vide les bêtes et les embroche pour les faire cuire, pensant que l’odeur te réveillera, ce qui n’est pas le cas. J’ai beau essayer de t’appeler, rien n’y fait, tu dors profondément et, finalement, j’abdique, dînant seul.  

 

Je prolonge un peu le moment en contemplant les étoiles. Je me demande comment va Kimi, si je lui manque, si elle arrive à dormir. A moi, elle me manque et je me plais à l’imaginer avec nous ici dans quelques années. Je te jette un bref coup d’oeil et j’espère que ça se réalisera, que ces trois jours finiront sur une note positive même si tout ne sera peut-être pas résolu. J’en ai envie, vraiment. Il me reste deux jours pour que cela devienne réalité, deux jours pour comprendre ce qui te bloque encore.  

 

En attendant, il est temps de profiter d’une bonne nuit de sommeil. J’éteins le feu et te prends dans mes bras pour te ramener à la cabane. J’espère bien faire en te déposant sur notre lit improvisé comme la nuit dernière. Tu ne bouges pas d’un pouce quand je m’allonge à tes côtés et je m’endors ainsi, un peu déçu. Au petit matin cependant, tu dors contre moi, accrochée à mon bras. C’est une journée qui commence bien…  

 


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