Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 47 :: Chapitre 47

Publiée: 10-08-21 - Mise à jour: 10-08-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 47  

 

Impatient, j’attends dans le couloir de la clinique que tu daignes me laisser entrer dans ta chambre. Je suis arrivé il y a plus d’une heure maintenant avec Sayuri et Kimi et j’ai à peine eu le temps de te parler deux minutes que je me suis fait refouler à la porte sans raison aucune par ma belle-sœur. Dans sa grande bonté, elle m’a tout de même autorisé à garder Kimi mais, passée la partie balade dans le parc, j’ai eu le droit à la totale : changement de couche outrageusement chargée, biberon bue à la va-vite avec coulis de toutes parts puis régurgitation sur ma plus belle veste bleue…  

 

- Maintenant, j’empeste le vomi de bébé. Tu es dans une mauvaise journée ou quoi ? C’est ma fête et je ne l’ai pas vue ?  

 

Je ronchonne dans ma barbe un moment alors que Kimi, égale à elle-même, gazouille gaiement dans mes bras. Je n’arrête que lorsque Kazue s’arrête à ma hauteur en souriant, visiblement amusée de ma contrariété.  

 

- Tu recommences à faire peur au personnel, Ryo., me fait-elle savoir, taquine.  

- Mais plus pour les mêmes raisons.  

- Vraiment ? Pour quelle raison alors ?  

- Tu es de mauvaise humeur, paraît-il. Avec une si jolie fille dans tes bras, tu ne devrais pas…, plaisante-t-elle, attrapant Kimi qui se laisse faire, bienheureuse de l’attention qu’on lui porte.  

- Elle m’a vomi dessus…, fais-je en boudant.  

- Ca arrive avec les bébés, qu’ils boivent trop vite ou non mais tu le sais déjà pourtant, ce n’est pas ça qui t’avait mis de mauvais poil…, me rappelle-t-elle.  

 

Je la regarde, feignant un regard noir, puis soupire ostensiblement.  

 

- J’ai été mis à la porte par Sayuri et je me demande ce qu’elles mijotent toutes les deux.  

- Tu es jaloux de Sayuri ?, se moque-t-elle de moi.  

- Tu sais que tu n’as rien à craindre pourtant. Kaori aime les hommes… Plus important, elle n’aime qu’un seul homme., m’affirme-t-elle, malicieuse.  

- Je sais.  

 

Je sais… enfin, je suis sensé savoir parce que le fait est que notre relation n’a pas tout à fait repris comme avant comme avec les autres. Rien ne semble avoir changé entre nos amis et toi mais entre nous, il y a encore un pas à franchir pour retrouver la relation qu’on avait. Je ne sais pourquoi tu te ne veux pas le faire. Attends-tu que ce soit moi qui fasse le premier pas ? Je ne sais pas si c’est opportun. Tu me laisses te prendre dans mes bras, tu rougis à mes taquineries mais tu ne me parles pas de nous. Tu vas dans mon sens quand je parle de notre futur, de ton retour à la maison mais je ne sais pas si tu es sincère ou non.  

 

En fait, je suis peut-être bien jaloux d’être le seul à n’avoir pas retrouvé totalement ma place à tes côtés. Je suppose que c’est peut-être plus compliqué pour toi de t’abandonner complètement en sachant que ça pourrait nous conduire à un rapprochement plus intime. Je peux comprendre que tu aies encore besoin de temps pour te sentir à l’aise avec ton corps. Comment puis-je te faire comprendre encore mieux ce que je ressens pour toi, à quel point je te trouve sexy, que je ne suis absolument pas rebuté par ce que j’ai vu ? Je ne sais pas. Il ne se passe pas une visite où je ne te le dis pas d’une manière ou d’une autre.  

 

- Ca va, Ryo ? Tu as des questions, besoin de parler ou autre ? Il n’y a pas que pour elle que ça a été dur…, me fait-elle remarquer.  

- Toi, tu as cru la perdre un nombre incalculable de fois, tu as dû prendre beaucoup de décisions vitales pour elle. Il n’y aurait aucune honte à vouloir parler à un psychologue de ce que tu as vécu.  

 

Je l’observe un moment et réfléchis avant de secouer la tête négativement.  

 

- Non, ça ira. J’ai mon propre psychologue si nécessaire. Tout va bien, ne t’inquiète pas., lui dis-je.  

- Je vais voir si je peux entrer maintenant.  

 

Je reprends ma fille et toque à la porte, craignant de me faire rembarrer.  

 

- Je peux revenir ou je suis toujours en zone interdite ?  

- C’est bon, Ryo. Entre., m’invite Sayuri, un sourire dans la voix.  

 

Je pénètre dans la pièce et elle s’écarte du lit pour me laisser te voir. Je m’arrête stupéfait : tu as retrouvé ta coupe d’avant, les cheveux courts, la nuque dégagée, les cheveux peinant à rester disciplinés. Tu m’observes un peu inquiète, attendant vraisemblablement mon verdict. J’approche de toi et te tends Kimi sans un mot. Elle te fait la fête, nullement troublée par le changement. Toujours silencieux, je lève la main et glisse les doigts dans tes mèches. Ca me fait bizarre de te revoir ainsi mais ça fait du bien aussi comme si on effaçait doucement les traces de ce passage horrible dans notre vie.  

 

- Je retrouve mon Sugar Boy., fais-je dans un murmure.  

- Ca… Ca te plaît ? Tu préférais peut-être mes cheveux plus longs… Je savais… Je n’aurais pas dû. J’étais plus féminine les cheveux longs… Sinon tu me les aurais coupés entre temps… Tu dois me trouver moche…, commences-tu à t’emporter, visiblement déçue.  

- Les cheveux courts te vont beaucoup mieux. Ca correspond mieux à ton tempérament. Tu es superbe. Ta féminité ne réside pas uniquement dans ta coupe de cheveux, Kaori…, te dis-je, posant un doigt sur tes lèvres pour te faire taire.  

- Ca veut dire que j’étais plus féminine les cheveux longs ?, suggères-tu, le regard incertain.  

- Ca veut dire que j’ai toujours aimé le fait que tu étais différente des autres. Les cheveux courts te vont très bien. C’est comme ça que je te préfère.  

 

Tu me scrutes intensément du regard avant d’esquisser un sourire soulagé.  

 

- Je vais vous laisser tous les trois. J’ai un article à boucler., nous apprend Sayuri, rassemblant ses affaires.  

- Déjà ? Je pensais qu’on resterait à quatre cette après-midi.., fais-je, surpris.  

- Non, j’ai reçu un appel de mon rédac’ chef. Il me tanne pour recevoir mon article au plus vite., m’explique-t-elle.  

- Elle a failli me couper une oreille à cause de son énervement., plaisantes-tu face à mon regard dubitatif.  

- Je te ramène ?  

- J’ai déjà appelé un taxi. Tu seras bien mieux ici., m’oppose-t-elle.  

 

J’acquiesce et elle nous laisse après t’avoir embrassée.  

 

- Si on allait jusqu’à l’étang ?, me proposes-tu soudain.  

- Si tu veux, je vais aller chercher un fauteuil roulant.  

 

Ca me fait plaisir de te voir avoir envie de changer d’air, de sortir de ta chambre pour autre chose que ta rééducation.  

 

- Non, donne-moi le déambulateur là-bas. Je vais essayer de marcher jusque là-bas., m’apprends-tu.  

- Tu es sûre ? Il y a tout de même une certaine distance…, fais-je, soucieux.  

- Je veux essayer., m’affirmes-tu, bûtée.  

 

Je ne suis pas certain que ce soit une si bonne idée que cela. J’aurais préféré avoir l’aval de Tatsuya même si j’ai vu tes progrès dans la salle de rééducation. La distance n’est vraiment pas la même, ni le terrain.  

 

- Ryo, tu m’as demandé de te faire confiance alors que j’étais amnésique. Maintenant, c’est à ton tour de me faire confiance quand je prends des initiatives. Si on doit revivre ensemble un jour, tu ne pourras pas être tout le temps sur mon dos à me freiner., me dis-tu, contrariée.  

- Je sais mais ne me demande pas de ne pas m’inquiéter pour toi. C’est plus fort que moi. Je n’ai pas envie que tu repousses tes limites trop loin au risque de te blesser. Tu as déjà beaucoup trop souffert à mon goût., te réponds-je, tentant de contrôler mon appréhension.  

- A l’impossible, nul n’est tenu mais tu m’as toujours laissé de l’espace alors continue. C’est tout ce que je te demande., me fais-tu savoir d’une voix douce et conciliante.  

 

J’abdique. J’ai décidé il y a presque deux ans de cela de ne plus laisser mes peurs guider mon comportement et j’ai vécu la plus belle année de ma vie… suivie de la pire mais on ne pouvait le prévoir… Pendant ces derniers mois, il m’a fallu trouver les ressources de tenir mon engagement et je dois m’en aider pour continuer. Je vais donc chercher le déambulateur posé dans un coin et te le ramène. Après tout, s’il est là, c’est qu’il a bien une utilité.  

 

- Tiens, je te la donne. J’aurai besoin de mes deux bras., plaisantes-tu, me tendant Kimi.  

 

Je réalise qu’avec la petite à bras, je ne pourrai jamais intervenir si tu tombes et ça me fait flancher.  

 

- Kaori, on pourrait prendre le fauteuil roulant. Tu n’as rien à me prouver. Tu pourrais te promener avec Kimi dans les bras ainsi., te dis-je d’une voix neutre.  

 

Tu relèves le menton et m’adresses un regard noir, tout à fait consciente apparemment du train de mes pensées.  

 

- Si tu ne veux pas me faire confiance, alors va-t’en et ne reviens que lorsque je pourrai marcher normalement., m’assènes-tu froidement.  

- Tiens., réponds-je simplement, poussant l’engin vers toi.  

 

Il y a encore ces moments délicats où j’affronte ton hostilité. Ces moments-là me rappellent que rien n’est acquis et que le combat se mène au jour le jour pour toi comme pour moi. J’attrape Kimi et te regarde te lever en t’aidant de l’appareil. Une fois debout, tu prends un instant pour apprivoiser les sensations et trouver ton équilibre avant d’avancer. Je t’emboîte le pas, ne te précédant que pour ouvrir la porte avant de te laisser passer. Je profite de ce moment où tu es concentrée sur tes pas pour gérer l’appréhension qui est revenue suite au clash que nous venons d’avoir.  

 

En moins de dix minutes, tu m’as tout de même signifié que ton retour à la maison n’était pas acquis et je ne sais pas trop ce que je dois en penser, si tu as juste encore besoin d’un peu de temps ou si je dois redouter qu’on se batte pour la garde de notre fille, sachant que je n’aurai jamais la possibilité de me défendre légalement pour elle puisque je n’existe pas. Je ne me vois pas non plus l’emmener loin, dans une vie de cavale juste pour la garder près de moi. Ce n’est pas la vie que je veux pour elle. Je veux qu’elle nous ait tous les deux.  

 

On avance lentement et je retiens mon souffle à plusieurs reprises en te voyant flancher mais tu tiens bon même si ta progression est compliquée par les gravillons qui sont semés sur une partie du parking. Malgré tout, je te laisse faire et, tout doucement, prends confiance en ta capacité à te débrouiller par toi-même. Je pensais n’en éprouver que de la satisfaction mais quelque chose gronde en moi, quelque chose qui me fait me sentir égoïste. J’aurais voulu que tu aies besoin de moi, que tu sois moins autonome. J’ai l’impression d’être le yo-yo au bout de ta ligne. Un moment, tu me tiens dans ta main, l’autre, je m’éloigne et le suivant, je me rapproche. Je ne sais plus où on se situe l’un par rapport à l’autre. J’ai peur que tu m’échappes.  

 

- Enfin…, souffles-tu, t’asseyant sur le banc, le souffle court.  

- J’ai cru qu’on n’y arriverait jamais. Mon tee-shirt est trempé., ajoutes-tu après un temps pour récupérer.  

 

Ton sourire éblouissant ne peut me laisser insensible et j’y réponds malgré mon humeur qui s’est assombrie.  

 

- Oui, tu t’es bien débrouillée., admets-je.  

- J’ai envie d’y arriver pour elle., me fais-tu savoir.  

- Tu devrais peut-être commencer par le vouloir pour toi, pour retrouver ta vie, Kaori.  

- C’est la même chose, non ?, m’opposes-tu innocemment.  

 

Je ne sais pas si c’est juste ta phrase ou mes doutes précédents qui me font voir rouge d’un coup mais je me tourne vers toi tout en tenant Kimi un peu plus serrée contre moi.  

 

- Dans ta vie, il n’y avait pas de Kimi. Il y avait nous deux, Kaori. Il y avait City Hunter mais aussi le couple qu’on formait et je n’ai pas l’impression que tu en aies encore envie. J’ai besoin de toi comme j’ai besoin d’elle et j’aimerais bien savoir si j’ai des chances de te retrouver un jour.  

 

Je ne me rends compte que j’ai haussé le ton qu’en entendant notre fille pleurer. Je m’en veux de m’être laissé emporter mais ça a été plus fort que moi. Sans un mot, je te donne Kimi avant de me lever et de m’éloigner.  

 

- Ryo !, m’appelles-tu, surprise.  

- Je reviens dans quelques minutes. Tu as su venir jusqu’ici. Tu sauras la garder., te dis-je assez sèchement.  

 

Je m’éloigne sans un regard en arrière. Je croyais ne jamais en arriver là, je croyais que tout était assuré pour nous mais mes certitudes sont ébranlées et je n’y suis pour rien pour une fois. Enfin, c’est l’impression que j’ai. Je suis là depuis des mois à me plier en quatre pour toi comme tu l’as fait pendant des années avant mais j’espérais que maintenant que tu étais réveillée, tu me ferais un signe de temps à autre, que la température se réchaufferait progressivement entre nous. Ca s’est tiédi depuis quelques semaines mais là, je ne sais pas si je suis à bout de patience ou déçu que tu ne sois pas plus… démonstrative envers moi. J’ai besoin d’un signe comme tu en as donné pour Kimi et pas simplement que tu acceptes les gestes que j’ai envers toi en me retournant quelques paroles qui me semblent parfois dénuées de volonté réelle.  

 

Je m’arrête un moment contre le tronc d’un arbre de l’autre côté du bâtiment. Adossé, je lève les yeux vers le ciel et regarde les nuages qui passent doucement. Peu à peu, je me calme et mes pensées cessent de partir dans tous les sens. Je sais ce que je veux : nous trois. Je ne peux pas te laisser m’échapper sans me battre. Je ne peux pas baisser les bras maintenant. Je dois garder confiance en toi et en nous, oublier mes déceptions et le manque de geste de ta part et prendre ce que tu me donnes, les mots, le fait que tu ne me repousses pas quand je t’approche. Bref, te donner du temps pour nous réapprendre… Ce sera certainement à cette seule condition que je te retrouverai même si c’est dur de se retrouver dans l’expectative. C’est dur d’aimer quelqu’un sans être sûr d’être aimé en retour. Je ne sais vraiment pas comment tu as fait pour tenir tout ce temps…  

 

Apaisé, je reprends mon chemin et vous retrouve toutes les deux où je vous ai laissées, sur le banc face à l’étang. Je t’entends lui parler d’une voix calme, chercher à la rassurer sur le fait que je me suis fâché, lui dire que ce n’est pas de sa faute mais de la tienne, que tu ne sais pas quoi faire.  

 

- Prendre le temps. Prends ton temps, Kaori. Je n’aurais pas dû me fâcher. Mon impatience m’a fait dire des choses que je ressens mais que j’aurais dû réussir à garder pour moi. Tu as besoin de temps. Tu m’en accordais pendant des années, c’est à mon tour de le faire., te dis-je, posant une main sur ton épaule.  

 

Tu lèves un visage baigné de larmes vers moi et je suis surpris que tu aies réussi à parler si calmement à notre fille quand je vois la détresse dans ton regard. Je m’en veux : tu avais besoin que je sois fort et j’ai lâché mes peurs et ma frustration sur toi alors que tu as déjà plus que ton compte à supporter.  

 

- Pardonne-moi., te dis-je, m’asseyant à tes côtés.  

 

Tu ne me repousses pas quand je passe un bras autour de tes épaules et t’attire contre moi pour te rassurer. Tu te laisses aller contre moi tout en tenant notre fille et je pose la main sur son bras, le caressant du pouce.  

 

Nous restons un long moment silencieux, juste ainsi enlacés. Ca me fait du bien de te tenir ainsi et j’espère qu’il en est de même pour toi. Ca doit être le cas sinon tu te serais déjà écartée, non ? Je m’accroche à ça pour reprendre confiance, retrouver mon flegme, la capacité de tout supporter même le doute.  

 

- Je… Je n’y arrive pas, Ryo., finis-tu par soupirer.  

- Je voudrais te redonner ce qu’on avait avant mais je n’y arrive pas. Ce n’est pas toi… C’est moi, uniquement moi., m’expliques-tu, la voix tendue.  

- Toi… Je n’ai rien à redire. Tu fais ce qu’il faut. Tu es là, tu m’apportes du soutien, m’encourages, fais attention à moi, tu m’aides à créer ce lien avec Kimi et tu me donnes du temps quand j’en ai besoin… et j’en ai besoin., admets-tu.  

- J’ai peur de nous, j’ai peur de ce que ça implique. Je ne sais pas si je suis prête à… je ne sais même pas à quoi je devrais être prête. Beaucoup de choses, je crois. Tout ce qui me paraissait naturel alors ne l’est plus maintenant. Tout me pose question.  

 

Je réfléchis un moment à ce que tu m’expliques et ferme les yeux. Je n’imagine même pas ce que ça doit être et j’ai mal pour toi de cette douleur morale qui s’ajoute à la physique.  

 

- Prends le temps. Je n’abandonne pas, Kaori. Tu me connais, je manque parfois de patience., fais-je pour t’apaiser.  

- C’est légitime, je pense. Tu as quand même attendu un moment que je me réveille et après, ça n’a pas été tout rose. On est loin d’un film…, plaisantes-tu.  

- Bien loin en effet mais ça aurait été trop beau pour nous. Il fallait qu’on en bave tous les deux. C’est dans la logique des choses.  

- Tous les deux, oui. Mais pas elle. Elle ne devrait pas avoir à souffrir de tout cela. Elle devrait vivre dans un écrin de douceur et d’amour en étant sûre que ses deux parents seront toujours ensemble., m’opposes-tu, caressant les cheveux de Kimi.  

 

Je retiens le soupir de frustration qui naît en moi. Ma crainte n’est donc pas si illégitime que cela.  

 

- Tu as des doutes sur le fait qu’on puisse recommencer comme avant ?, dis-je, tentant de rester calme.  

- Pas toi ?, me retournes-tu.  

- Non, je n’en ai pas mais je suppose que ce n’est pas aussi clair pour toi. Tu dois encore avoir des questions auxquelles tu dois répondre et ne peux qu’être la seule à y répondre., admets-je.  

- Je ne sais pas si je veux encore de cette vie-là. Je ne sais pas si c’est ce que je veux pour elle ou si je serai capable de tout pour elle. Je ne sais pas si je suis encore capable de te laisser m’approcher plus qu’actuellement., m’apprends-tu.  

 

Ca fait beaucoup à encaisser mais je ne flanche pas. Je te garde contre moi, luttant contre la tension qui monte et qui me ferait me lever et faire les cent pas pour tenter de l’évacuer. Je ne suis plus cet animal sauvage-là. Je suis un homme plus posé, un compagnon, un mari et un père, ton roc dans la tempête.  

 

- D’accord. Prends le temps qu’il te faudra pour y réfléchir et trouver les réponses. Si tu as besoin de moi, je suis là., te réponds-je simplement.  

- Merci. Si on rentrait ? Je fatigue., m’avoues-tu.  

 

J’acquiesce et reprends Kimi pendant que tu mets le déambulateur dans la bonne position pour te relever.  

 

- Tu te débrouilles bien. Je n’aurais pas dû avoir peur pour toi tout à l’heure., fais-je alors que tu te relèves prudemment.  

- Merci mais tu avais raison aussi. C’est une grande distance. Je devrais y arriver mais je le paierai certainement., grimaces-tu.  

- Il nous faudra encore trouver la juste mesure alors., tempéré-je, amusé.  

 

Tu me réponds par un léger sourire avant de te tourner vers la clinique.  

 

- On est repartis…, annonces-tu avec courage.  

 

Tu fais le premier pas et t’arrêtes, le regard fixé sur les voitures.  

 

- Tu ne te sens pas de retourner à pieds ? Je peux aller confier Kimi à quelqu’un et revenir te chercher., te dis-je, soucieux.  

- Tu as sorti la panda ?, me réponds-tu, étonnée.  

- Oui, il faut bien la sortir de temps à autre.  

 

Je ne suis pas à l’aise et j’espère que tu accepteras cette explication sans aller plus loin. Tu soulèves l’appareil et l’avances et tes pieds suivent lentement. On fait ainsi quelques pas et je me dis que le sujet est clos lorsque tu t’arrêtes de nouveau, visiblement essoufflée.  

 

- Quand même ne pas te voir avec la mini, c’est étrange., plaisantes-tu.  

- Ca m’arrive de changer de voiture. Il faut la faire tourner.  

- Oui mais tu te plaignais de son confort. Tu disais aussi que c’était un danger ambulant à cause de l’usure des freins et que les portières ne fermaient plus bien., me rappelles-tu.  

- Des freins, ça se change et les portières, ça se répare.  

- C’est vrai. Tu ne mettrais pas Kimi en danger comme tu ne l’aurais pas fait pour moi., admets-tu.  

- Tout à fait.  

 

Tu reprends le chemin à mon plus grand soulagement et je te suis. Ta progression se ralentit et je vois de nouveau la sueur percer ton tee-shirt. Tes bras tremblent sous l’effort.  

 

- Tu devrais peut-être t’arrêter là et me laisser te ramener., fais-je, inquiet.  

 

Tu t’arrêtes et je me dis que tu es enfin prête à admettre que tu as dépassé tes limites. Je ne suis pas déçu de cela.  

 

- La mini…, souffles-tu soudain.  

- On était dans la mini quand…  

 

Je me sens un instant pétrifié à l’idée que tu te souviennes de ce qui s’est passé ce soir-là.  

 

- Kaori, non…, te dis-je, approchant enfin de toi.  

- On était dans la mini quand on a eu l’accident., achèves-tu.  

 

Je tiens Kimi fermement contre moi d’un bras et passe l’autre autour de toi. Ton corps n’est que tension alors que ton regard reste fixé sur la panda sans la voir.  

 

- On plaisantait. On s’était arrêtés à la maison et on avait fait l’amour dans la salle de gym et après… on allait au Cat’s. On parlait, on riait et…  

 

Je vois les larmes rouler sur tes joues. Tu trembles contre moi et j’implore silencieusement que quelqu’un arrive pour prendre notre fille parce que je sens que tu vas t’effondrer. C’était un souvenir que tu n’avais pas besoin de te rappeler, la raison pour laquelle je ne voulais pas que tu continues à parler de la mini. Je sens ton corps se faire soudain lourd et j’amortis ta chute à défaut de pouvoir te retenir.  

 

Tu ne dis rien mais tu trembles et pleures. Je te serre contre moi et te berce autant que je peux pour te calmer. Personne ne semble vouloir sortir du bâtiment et je refuse de crier pour ne pas effrayer Kimi qui reste calme pour le moment.  

 

- Calme-toi, Kaori. Calme-toi, tout va bien. C’est derrière nous tout cela.  

- La mini ?, me demandes-tu entre deux sanglots.  

- Foutue. On ne pouvait plus rien faire. J’ai dû m’en séparer.  

- Comment tu as pu ne pas être blessé ?, me dis-tu.  

- J’ai été éjecté de la voiture. Il faut croire que je devais encore être le récipiendaire de quelques miracles… au détriment de ceux que j’aime., réponds-je, déposant un baiser sur tes cheveux.  

- Ryo, tout va bien ?  

 

A mon grand soulagement, Kazue arrive suivie du Professeur.  

 

- Non, elle vient de se rappeler de l’accident. Tu peux prendre Kimi, s’il te plaît ?  

 

Je lui tends le bébé et te prends ensuite dans mes bras. Tu noues les tiens autour de mon cou et t’y niches. Déambulateur en main, le Professeur clôt la marche et nous te ramenons à ta chambre.  

 

- Je vais garder Kimi si tu veux., me propose Kazue.  

 

J’acquiesce et ils nous laissent seuls. Je m’allonge à tes côtés et te prends dans mes bras.  

 

- C’est fini, Kaori. On est tous en vie. La mini… c’étaient des souvenirs mais ce n’est que de la tôle., te dis-je, te caressant le dos.  

- Le plus important a survécu. Tu es en vie et notre fille aussi.  

 

Tu acquiesces et te serres contre moi. Je t’enlace et t’apporte le réconfort dont tu as besoin. Il y a encore tellement de choses qui peuvent surgir entre nous. Il nous faudra encore du temps pour retrouver une certaine sérénité, nous retrouver peut-être. 

 


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