Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

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   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 38 :: Chapitre 38

Publiée: 30-07-21 - Mise à jour: 30-07-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 38  

 

Lorsque Miki et Umibozu arrivent, tu te reposes après ta séance avec l’orthophoniste. Je n’ai pas pu y assister à sa demande et je sais juste qu’elle trouve que tu es volontaire et que la situation n’est pas catastrophique étant donné le temps que tu as passé dans le coma. Je suppose qu’elle est donc optimiste quant au fait que tu puisses recouvrer l’usage plein et entier de la parole.  

 

- Si tu savais comme on est heureux de te voir…, souffle Miki, les larmes aux yeux.  

- Moi au… ssi., réponds-tu, fatiguée.  

 

La journée commence à prendre son dû. C’était peut-être ambitieux de commencer la rééducation active, l’orthophonie et voir tout le monde le même jour. Je culpabilise un peu de ne pas avoir prévu le coup et d’avoir présumé de tes forces mais ton sourire néanmoins ravi atténue la chose.  

 

- Tu as l’air fatiguée, Kaori. Comment tu te sens ?, s’inquiète-t-elle, me jetant un coup d’oeil.  

- Pas t… t… mal., balbuties-tu.  

- Elle a eu une séance de kiné ce matin et d’orthophonie cette après-midi. Ca lui a demandé beaucoup d’efforts., leur apprends-je.  

- Oh… Tu… Tu as mal ?, te demande-t-elle, soucieuse.  

- Un peu… cou… cour… ba… tu… rée., réussis-tu à dire.  

- Tu as du mal à parler ? Ca reviendra, tu verras. Après tout ce que tu as fait, ce n’est pas ça qui va t’embêter. Tu vas nous revenir en pleine forme et surtout avec un beau bébé. C’est une sacrée surprise, non ? Tu t’attendais à ça ?, t’interroge-t-elle.  

- Miki…, grogne Umibozu.  

 

Elle le regarde sans comprendre puis toi qui ne sais quoi lui répondre et enfin moi qui toque sur mon crâne pour lui rappeler ton problème de mémoire. Elle réalise alors.  

 

- Oops… pardon…, s’excuse-t-elle, mortifiée.  

 

Tu fais pour parler mais finis par un signe de main pour lui dire d’oublier avant de me regarder. Tu es épuisée et m’appelles. Je ne me fais pas prier et viens te rejoindre, te prenant dans mes bras.  

 

- Ca va aller ?  

- Oui., me dis-tu, posant ta tête contre moi.  

- Le… ca… fé ?, demandes-tu, offrant un sujet où ton amie pourra se lancer.  

- On a refait la carte. J’ai voulu intégrer des choses un peu différentes pour attirer du monde., commence-t-elle.  

 

Elle se lance à t’expliquer tout ce qu’ils ont ajouté, les raisons pour lesquelles ils ont choisi tel ou tel plat et elle est tellement passionnée par le sujet qu’elle parle très vite et de manière emportée. Je ne peux m’empêcher de te jeter un regard au bout d’une dizaine de minutes et je vois que tu as décroché. Ton regard est perdu dans le vide et tu luttes pour garder les yeux ouverts.  

 

- Si tu continues, tu vas nous détailler la recette., ironise Umibozu, la coupant dans son flot.  

- Oh pardon… Je me suis laissée emporter. Je suis tellement contente de te voir réveillée. Si tu savais… Je suis aussi un peu fâchée d’avoir cru pendant un an que vous en étiez toujours à rien… et…, te dit-elle avant de s’arrêter en te regardant.  

- Elle s’est endormie…, souffle-t-elle, émue.  

- Elle est fatiguée. Il était peut-être trop tôt pour les visites., dis-je pour t’excuser, sentant ton poids contre moi.  

- Non, ce n’est pas grave. C’était déjà agréable de pouvoir la voir. Tu crois qu’elle pourra reparler normalement ?, me demande-t-elle, inquiète.  

- Je croyais que tu n’en doutais pas ?  

- Je ne veux pas être négative devant elle., m’avoue-t-elle, anxieuse.  

- Elle reparlera normalement mais parle moins vite quand tu es avec elle. C’est encore difficile pour elle de suivre une conversation alors si tu débites à cent à l’heure, ça lui demande encore plus d’efforts.  

- Désolée, j’étais nerveuse. J’avais peur qu’elle ne se souvienne plus de moi., nous confie-t-elle.  

 

Je comprends ses craintes pour les avoir eues au moment où tu t’es réveillée mais il va falloir qu’elle prenne sur elle pour ne pas te les faire porter. Tu as déjà assez à gérer.  

 

- Kaori est convalescente, Miki. Tu vas devoir maîtriser tes émotions., lui fait savoir Falcon, m’épargnant d’avoir à intervenir.  

- Je le ferai. Je serai plus rationnelle, promis., affirme-t-elle, résolue.  

- Tant mieux.  

- Comment se passe sa rééducation ?, m’interroge-t-elle, curieuse.  

- On a vraiment commencé la version active aujourd’hui. C’est dur mais elle s’accroche comme toujours. Pour le moment, il s’agit de lui rendre la maîtrise de la partie haute de son corps pour ne pas abréger sa grossesse. Pour la marche, on verra après.  

- Tu crois qu’elle sera prête pour la naissance du bébé ?, continue-t-elle.  

- C’est ce qu’elle espère mais ça fait un peu court., lui réponds-je.  

- Elle a beaucoup de ressources en elle. Elle en est capable., annonce Umibozu.  

 

Je le pense aussi mais je ne veux pas te mettre la pression : tu le fais déjà assez toi-même.  

 

- Nous allons vous laisser. Nous reviendrons demain., m’informe-t-il.  

- Déjà ?, lâche Miki, déçue.  

- Kaori dort. On profitera plus d’elle quand elle sera en meilleure forme., lui oppose-t-il.  

- D’accord. A demain, Ryo. Embrasse-la pour nous quand elle se réveillera., me demande-t-elle.  

- Ce sera fait. Merci d’être venus., leur dis-je, les regardant s’en aller.  

- Sacrée Miki… C’est une amie fidèle. Je pense que tu lui pardonneras tes ongles multicolores. Et toi, jeune demoiselle, tâche de rester encore au chaud un moment. Maman a besoin de temps. Elle est capable de miracle mais, sur ce coup-là, ce serait un peu trop lui demander., fais-je, caressant ton ventre arrondi.  

 

Je sens le bébé sous ma paume même si elle ne bouge plus beaucoup. Je m’en suis inquiété il y a quelques jours mais Kazue m’a vite rassuré : elle manque de place désormais, alors les mouvements sont limités. D’un autre côté, lorsqu’elle bouge, c’est impressionnant. Un sourire étire mes lèvres lorsque je me souviens de cette pointe qui a déformé l’arrondi de ton ventre comme si elle cherchait à sortir.  

 

- J’aurais aimé que tu aies plus de souvenirs de ta grossesse mais tu en auras déjà quelques-uns. Ce n’est pas si mal.  

 

Je pose la tête contre l’oreiller et ferme les yeux, somnolant un moment aussi. Je ne sais pas vraiment ce qui me réveille mais en croisant ton regard noisette posé sur moi, je me dis que c’est le sentiment d’être observé, chose à laquelle j’ai appris à être sensible mais j’avoue que, venant de toi, c’est nettement plus agréable. Je me permets de t’imiter et reste plongé dans ton regard un moment également. Je le vois se mettre à briller d’une lueur chaude et un sourire étirer tes lèvres. Je te sens détendue et j’irais peut-être même jusqu’à dire heureuse.  

 

Tu fronces soudain les sourcils et lèves la main. Je te laisse faire et tu parviens à l’amener jusqu’à mon visage. L’atterrissage est un peu brutal mais le geste en lui seul me fait plaisir. Tes doigts glissent sur ma peau et je te laisse faire, te regardant. Tu parcours les lignes du bas de mon visage doucement comme si tu réapprenais mes traits. Je sens ta caresse sur mes joues, mes pommettes, mon nez. Tu continues sur ma mâchoire puis traces le contour de mes lèvres. Je vois les tiennes s’entrouvrir et tu exhales un soupir un peu nerveux.  

 

- Em… emb… br… brasses… moi., me demandes-tu.  

- Avec plaisir.  

 

Je pose la main sur ta joue, la caresse du pouce aussi doucement que tu l’as fait. Je reproduis tous tes gestes avec tendresse pour te faire ressentir ce que j’ai ressenti. Tes lèvres tremblent quand je passe le doigt dessus et je souris à ton impatience que tu contiens difficilement. Mettant fin à tes souffrances, je me penche et pose ma bouche sur la tienne. Je t’entends gémir et moi aussi, il me semble. Je taquine la pulpe, la mordille légèrement, presse doucement et je te sens répondre, te laissant guider. C’est toi qui viens taquiner mes lèvres du bout de la langue et je te laisse envahir mon antre.  

 

C’est bon de te retrouver parce que ça, c’est ce que nous partagions avant l’accident. C’est un savoureux mélange de douceur et de passion, de retenue et d’audace nourri par la confiance et le respect que l’on se porte mutuellement… et ouvertement depuis le jour du mariage de nos amis. Ca a pris du temps de passer outre les habitudes que nous avions mais nous y sommes arrivés. En ce qui me concerne, je suis encore plus sûr de moi depuis cette épreuve, plus à l’aise dans mon rôle de conjoint.  

 

- Je t’aime., te dis-je à voix basse, les yeux dans les yeux.  

- Je t’aime au… aussi., réussis-tu à dire presque sans hésitation.  

- Mer… ci d… d’ê… te… là., ajoutes-tu.  

- C’est à moi de te remercier d’être toujours là.  

 

Tu souris à ma voix taquine mais où perce une pointe de sérieux, comprenant parfaitement mes mots, leur implication. Je sens ta main glisser de nouveau vers mon visage et la prends et la porte à mes lèvres.  

 

- Je sais que je suis irrésistible mais tu te fatigues. Je ne voudrais pas que tu te blesses.  

- Il f… faut… que je… m… m’en… t… tr… traîne., m’opposes-tu.  

- Tu pourrais au moins dire que je suis irrésistible., fais-je, boudeur.  

- T… trop… dur…, plaisantes-tu.  

- On fait un pari : quand tu sauras me dire irrésistible, je t’emmène au restaurant même si je dois te porter.  

- C’est d’acc… d’accord., approuves-tu.  

- C’é… tait… co… comme… ça n… nous… d… deux ?, me demandes-tu.  

 

Je te contemple un instant et remets une mèche de cheveux derrière ton oreille. Je n’avais pas fait attention qu’ils avaient autant poussé en huit mois. Pourtant, c’est visible.  

 

- Tu voudras que je te coupe les cheveux ?, dis-je distraitement.  

 

Je vois ton froncement de sourcils lorsque je sors de ma contemplation, intrigué par ton silence.  

 

- P… Pour… quoi tu… ne… r… ré… p… p… ponds… pas à… ma q… ques… tion ?, me demandes-tu, soucieuse.  

- Parce que te regarder me distrait. Tu as toujours eu cet effet-là sur moi même quand nous n’étions pas ensemble. Tu étais certainement la seule qui était capable de me faire perdre mon légendaire sang-froid… et ça s’est confirmé quand nous avons franchi le pas. Tu es la seule femme qui a réussi à me faire perdre la tête au lit… et la seule à avoir pris mon cœur., te réponds-je honnêtement.  

 

Je te vois rosir de plaisir.  

 

- Tu es… heu… reux ?, m’interroges-tu, te mordillant la lèvre.  

- Oui, très heureux. J’ai enfin trouvé un équilibre grâce à toi. Tu m’as aidé à accepter celui que je pouvais être.  

- Tu… es r… res… té là t… tout… le t… temps ?  

 

Je te regarde et hésite un instant : dois-je tout te dire ? Dois-je t’épargner les moments les plus durs, les doutes, ma fuite ?  

 

- Non., finis-je par dire, fixant le plafond.  

- J’ai dû parfois m’absenter pour le travail… et il y a aussi eu un moment où j’ai baissé les bras, où ça a été trop lourd pour moi. Je suis désolé, Kaori. J’aurais voulu être plus fort pour toi.  

 

L’honnêteté est la base de notre couple depuis qu’on est ensemble. On ne s’est pas tout dévoilés mais on parle plus franchement. Je n’ai pas envie que tu apprennes par hasard ma disparition. Je préfère te l’avouer moi-même, même si je dois lire la déception dans ton regard et répondre à tes questions.  

 

- Tu… Tu es… re… venu. C’est… tout… ce qui… comp… te., me réponds-tu.  

 

J’ose alors affronter ton regard et je n’y lis aucune colère, aucun reproche. C’est tout toi. Tu passes une éponge sur mes erreurs. Tu m’acceptes comme je suis avec mes défauts et mes quelques qualités en me faisant croire que je suis quelqu’un de bien. Le pire, me dis-je, c’est que tu ne veux même pas me le faire croire : tu le penses vraiment.  

 

- P… Pour… quoi ?, m’interroges-tu.  

- Oublie ça, c’est le passé. Je ne m’en irai plus.  

- Ryo…, me rabroues-tu doucement.  

 

Je plonge de nouveau dans tes yeux et grogne de dépit. Tu ne seras pas en paix tant que je ne t’aurais pas expliqué. Tu veux être là pour moi comme je le suis pour toi et je ne me sens pas le droit de te priver de cela.  

 

- J’ai flippé quand j’ai appris pour le bébé et que j’ai dû choisir. Après tout ce que tu avais traversé, je ne savais pas si le garder était une bonne idée. J’ai fui, Kaori. Pendant deux semaines, je n’ai pas été là. J’ai d’abord essayé de redevenir celui que j’étais et d’oublier en buvant., admets-je.  

 

Je ne veux pas te relater l’épisode où j’étais prêt à coucher avec deux autres femmes. J’ai trop honte et je ne veux pas te faire encore plus mal.  

 

- Umi est intervenu et m’a mis au vert. J’ai touché le fond et, après, je suis remonté. Je suis revenu.  

 

C’est une version abrégée mais c’est le plus que je te donnerai pour le moment. Tu es réveillée depuis seulement deux jours et je te fais déjà porter le poids de mes errances alors que ce serait à moi de porter tes doutes, tes douleurs et tes espoirs. Tu as besoin d’encouragements, de légèreté et de chaleur. Tu as besoin de te sentir aimée et entourée, pas la source de mes contrariétés.  

 

- Tu… tu veux… v… vr… vraiment le bébé ?, me demandes-tu.  

 

Je me doutais que la question reviendrait sur le tapis. Je te connais trop bien, Sugar. Je chasse toutes mes errances passées de mon esprit et affiche toute ma sérénité et ma détermination.  

 

- Oui. J’ai paniqué, Kaori, mais c’est fini. Je vous veux toutes les deux dans ma vie. N’aie aucun doute sur le sujet. Je n’ai pas abdiqué ou peur de te perdre. J’ai gagné une personne en plus avec qui partager ce qu’on ressent. Tu m’entends ? J’ai gagné. Alors oublie ce moment de faiblesse. Je suis là maintenant et je ne bougerai plus si ce n’est temporairement pour nécessité ou obligation professionnelle., te fais-je savoir d’une voix affirmée.  

- D’accord… et toi… ne c… culpa… bilise pas. Tu es… un ê… t… tre… humain, Ryo., me dis-tu.  

 

Je me mets à rire doucement face à cette inversion des rôles avant de t’embrasser de nouveau légèrement puis d’amener ton visage contre moi, ma main dans tes cheveux. Nous restons un moment ainsi, simplement enlacés. Notre moment est interrompu lorsqu’on toque à la porte.  

 

- Ca doit être Saeko et Reika. Tu es prête ?  

- Oui., acquiesces-tu.  

- Entrez.  

 

Confirmant mon intuition, les deux sœurs Nogami entrent dans ta chambre et s’approchent du lit. Obligeamment, je me redresse un peu sans quitter mon poste.  

 

- Bonjour, Kaori., te saluent-elles, un sourire aux lèvres.  

- Comment tu te sens ?, te demande Saeko, se postant au pied de ton lit.  

- Fati… guée mais… ça va., lui réponds-tu.  

- On ne va pas rester longtemps. Tu as encore besoin de repos. On voulait juste te dire à quel point on est heureuses que tu sois de retour parmi nous., te fait savoir l’inspectrice.  

- Moi aussi, je… suis… ra… v… vie. R… Rei… ka, m… mer… ci…, bafouilles-tu.  

 

Je sens à ton élocution laborieuse que la fatigue revient. La journée a été longue pour toi.  

 

- Merci mais… pourquoi ?, te répond-elle, surprise.  

- Pour l’aide que tu m’as apportée, n’est-ce pas ?, lui fais-je savoir, te jetant un regard.  

 

Tu acquiesces avec un léger sourire et elle ne sait quoi répondre, rendue un temps muette par la surprise.  

 

- De rien. On était tous inquiets. On voulait ce qu’il y a de mieux pour toi et il te fallait Ryo. Alors j’ai fait ce que je sais faire., explique-t-elle modestement.  

- Elle m’a aidé et je l’ai aidée sur ses enquêtes. Elle m’a même rémunéré pour que je puisse payer les factures d’hôpital.  

 

Je sens la tension naître en toi à cette mention. Tu dois déjà calculer comment s’en sortir vu l’état de nos finances avant ton coma. Ce n’était pas catastrophique mais pas mirobolant non plus.  

 

- Tout a été réglé et les comptes ne sont pas dans le rouge, alors détends-toi. Je te jure., fais-je face à ton regard sceptique.  

 

Tu t’apaises et te tournes de nouveau vers les deux sœurs, posant ta tête contre moi.  

 

- Tu as une belle mine. Tu as repris des couleurs., remarque Saeko qui cherche un sujet assez neutre.  

- J’ai é… té un p… peu de… hors., leur dis-tu.  

- En fauteuil roulant. On pourra le refaire si tu veux et si le temps le permet., fais-je.  

- Oui. J’aime… rais bien.  

 

J’ai l’impression que certains engrenages se remettent en place doucement sans travail particulier, juste en participant à diverses conversations. C’est peut-être fatigant mais ça porte ses fruits.  

 

- On le refera., te promets-je.  

 

Tu souris et nous reprenons une conversation à laquelle tu participes un peu, autant que la fatigue arrivant te le permet. Nous sommes coupés par l’arrivée de Kazue avec un plateau-repas contenant toujours cette infâme bouillie qui te tire une grimace de dégoût… tout comme à nos deux camarades qui en profitent pour s’enfuir.  

 

- On va te laisser manger., annonce Saeko.  

- On reviendra te voir., complète Reika.  

- A bientôt., leur réponds-tu.  

- Je vais te laisser aussi, Kaori. Il faut que j’aille faire le tour de mes indics et quelques achats.  

 

Je vois la déception dans ton regard mais tu te reprends rapidement et forces un sourire sur tes lèvres.  

 

- Tu me… ram… ramènes un aut… tre… tee… shirt… rouge demain ?, me demandes-tu, malicieuse.  

- Je te ramène d’autres vêtements., te fais-je savoir.  

- Merci., souffles-tu.  

- Dors bien, Sugar… et pas de bêtise, toi. Tu restes encore là., fais-je à notre fille, caressant ton ventre.  

 

Sous le regard de notre amie, je dépose un baiser sur tes lèvres avant de te laisser. Je n’ai pas vraiment envie de dormir seul ce soir mais le temps d’aller faire le tour et les courses prévus, de laver le linge et faire un peu de ménage à l’appartement, il serait tard quand je reviendrais alors autant ne pas te réveiller et se revoir demain matin.  

 

Quand je rentre à l’appartement trois heures plus tard, j’entends Sayuri qui chantonne dans son appartement. Je passe mon chemin pour aller mettre tout de suite en route la machine à laver, pendre celle qui a tourné le matin avant que n’arrive celle de ce soir. J’irai la voir après. Je sais que chaque minute que je passe ici doit être utile voire doublement utile alors j’ai appris à m’organiser pour les questions ménagères comme je le suis dans le travail. Cette fois, ça me plaît bien d’être un tueur de corvées.  

 

Ca me plaît d’autant plus que ça me donnera plus de temps à passer avec toi et notre fille, me dis-je, sortant du sac le cinquième doudou que je lui achète en quelques mois avant de le mettre à laver lui aussi. Je te les ramènerai peut-être demain si j’y pense pour que tu décides celui qu’on lui présentera à sa naissance. Il paraît que c’est important pour un bébé, que ça peut même le suivre longtemps dans sa vie. Je n’ai aucune idée de ce à quoi ressemblait le mien, si tant est que j’en ai eu un un jour mais, aujourd’hui, je sais qui je désignerais comme mon doudou, celui qui ne me quitte pas la nuit : toi. Je me mets à rire de ma propre bêtise, la mettant sur le compte de la fatigue accumulée. Ryo Saeba a un doudou… n’importe quoi…  

 

Oui, n’importe quoi… comme le fait que je ne peux m’empêcher d’aller dans la chambre de bébé aménagée pour la énième fois et de vérifier à nouveau que tout est bien en place. Les couches, les produits, les habits, les couvertures, les gigoteuses, les bodys… J’appuie sur le bouton du mobile qui se met en route, emplissant l’air de sa musique enfantine, son quelque peu incongru pour mes oreilles de nettoyeur mais porteur d’un vent nouveau. Je n’arrive pas à m’imaginer ce que je pourrai ressentir lorsque je verrai notre enfant dans ce lit dormir paisiblement. De la tendresse peut-être comme ce que je ressens pour toi dans la même situation… De l’amour certainement… un besoin irrépressible de la protéger… C’est étrange, exaltant et en même temps terrifiant parce qu’elle dépendra de nous pour son bonheur.  

 

- Tu es là., entends-je derrière moi.  

 

Je ne bondis pas malgré la surprise et me tourne vers Sayuri. Des années de pratique à ne rien laisser paraître finissent par en faire un réflexe.  

 

- J’ai frappé mais tu ne répondais alors je me suis permise d’entrer., s’excuse-t-elle.  

- Tu as bien fait. Je regardais si je n’avais rien oublié.  

- Pas plus que la fois dernière, je suppose., me taquine-t-elle.  

- J’ai préparé un repas et j’en ai fait dix fois de trop. Tu veux venir dîner avec moi ? Je ne te retiendrai pas pour la soirée mais ça me ferait plaisir de ne pas manger seule., me dit-elle.  

- Avec plaisir. Donne-moi dix minutes pour étendre la lessive que j’ai lancée ce matin et j’arrive., lui réponds-je, ravi de m’épargner au moins la cuisine.  

 

Ca aurait fini avec un grignotage en bonne et due forme et, pour ne rien gâcher, Sayuri cuisine bien.  

 

- Alors cette première journée de rééducation, ça donne quoi ?, m’interroge-t-elle alors que nous commençons à dîner.  

- Une Kaori combative mais épuisée. Néanmoins, côté parole, ça semble déjà porter ses fruits. Je la trouve moins hésitante même si ça reste laborieux. Elle bute moins sur les mots et sons déjà prononcés. C’est un bon début., lui apprends-je.  

- C’est bien et, au niveau moteur, tu as noté des résultats après la séance de ce matin ?  

- Elle essaie, Sayuri. Tu connais ta sœur, elle ne baisse pas facilement les bras. Elle veut pouvoir tenir son bébé dans ses bras et elle fera tout ce qu’il faut pour le faire. On devra peut-être même la restreindre pour ne pas qu’elle en fasse trop., lui dis-je.  

- C’est vrai… mais comment juger où est le juste milieu ?, me fait-elle remarquer dans un soupir.  

- Connaissant Kaori, ce sera quelque part entre ce que nous jugeons prudent et le moment où elle trouvera notre prudence intolérable., fais-je sur le ton de la boutade.  

 

Elle me regarde et acquiesce en riant.  

 

- Ca lui ressemble bien effectivement., approuve-t-elle.  

- Au moins, c’est une chose qui n’a pas changé chez elle., ajoute-t-elle.  

- A Kaori., fais-je levant mon verre d’eau.  

- A Kaori., m’imite-t-elle. 

 


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