Hojo Fan City

 

 

 

Data File

Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

Astuces & Conseils

Je vais bientôt avoir 18 ans. Est-ce que je peux avoir accès à la section NC-17?

 

Non. C'est simple. D'un point de vue légal, vous n'êtes pas majeur tant que vous n'avez pas 18 ans. Ca m'est égal que ça soit dans un jour ou dans une semaine. Ne faites votre demande qu'après vos 18 ans.

 

 

   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 16 :: Chapitre 16

Publiée: 12-06-21 - Mise à jour: 12-06-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Bonne lecture et merci pour vos commentaires^^

 


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Chapitre 16  

 

Debout face à Sagasaki, mon arme braquée sur lui et la sienne sur moi, j’entends Himiko pleurer derrière moi, terrifiée. C’est la fin de cette affaire, je le sais. Dans quelques minutes, l’un de nous deux sera mort et j’aimerais être certain que ce ne sera pas moi mais il se trouve que j’ai un très bon tireur face à moi. Ma main ne tremble pas cependant. Mes yeux sont rivés sur lui tout comme quatre-vingt-dix pour cents de mon cerveau. Les dix autres sont avec toi mais ce n’est pas grave parce qu’ils m’évitent de me laisser emporter par les paroles que me lance mon adversaire, paroles qui ne visent qu’à me faire perdre le contrôle et je ne peux pas. Mais tu es là, autour de moi, en moi et tu me protèges de la violence qui pourrait éclater et me faire perdre le contrôle. C’est ensemble que nous allons finir cette mission, Kaori.  

 

- Alors Saeba, tu crèves de trouille ? Je te laisse une dernière chance d’avoir la vie sauve., ricane Sagasaki.  

- Donne-moi la fille. Ce n’est qu’une petite greluche sans intérêt pour toi. Tu pourras repartir tranquille et savoir qu’on laissera ton ex-partenaire en paix., m’offre-t-il avec une lueur de malveillance dans le regard.  

 

Je n’ai aucune once d’inquiétude te concernant. Il te cherche, c’est sûr, mais, pour le moment, il est loin, bien loin de toi. Ses hommes te cherchent au nord, sur l’île d’Hokkaido suite à la nouvelle intox que j’ai lancée le week-end dernier sachant que certains se mettaient à ta poursuite. La seule chose que je n’avais pas prévue, c’était l’incendie de la salle où devait avoir lieu le dernier shooting d’Himiko pour la saison prochaine. C’est ce qui nous a menés ici ce soir, l’un face à l’autre avec une mannequin uniquement parée de ma veste au dessus des sous-vêtements qu’elle portait pour la prise photo. Elle doit être frigorifiée avec la bruine qui tombe et le vent qui souffle un air froid venu de la baie.  

 

- Tu m’as habitué à plus de clairvoyance, Tatsuo… Ce serait plutôt à toi de quémander ma clémence., ironisé-je.  

- Ta clémence ? Tu n’es rien, Saeba. Rien d’autre qu’un rat, un cafard, de la vermine que j’extermine en l’écrasant., me répond-il.  

- C’est ce qu’était Terumi pour toi ? Tu as couché avec elle puis tu l’as jetée comme un vulgaire mouchoir en papier ?, lui demandé-je.  

- Cette idiote s’est laissée embobiner. Je n’ai eu qu’à me baisser pour la mettre dans mon lit. Sa conscience ne l’a pas éloignée très longtemps de son réel usage., crache-t-il.  

- Son usage ?, bafouille Himiko derrière moi.  

- Quel usage ?, l’interroge-t-elle.  

 

Je l’entends se relever et trébucher en avançant vers moi. J’aurais préféré qu’elle ne bouge pas. Elle était plus à l’abri avant.  

 

- Le même que le tien : satisfaire mon plaisir personnel… sauf que tu avais plus de classe que ta copine. C’était assez sympa de se balader auprès d’un mannequin pour lingerie et de la baiser dans l’intimité. Quand je pense qu’il m’a suffi de deux-trois belles paroles pour que tu me manges dans la main… Remarque, ta bêtise me convenait bien : tout ce qu’il te fallait, c’était de beaux bijoux, de bons restaurants, de bonnes parties de jambes en l’air, et je dois même avouer que tu étais vraiment pas mal au pieu. Terumi était plus perspicace, un peu trop même, et ce bébé… non, ça n’était pas dans mes plans et je ne m’encombre pas de choses inutiles. Un petit shoot et un grand plongeon, l’affaire était réglée., affirme-t-il, sans aucune considération pour les sentiments de son ex.  

- Espèce de salaud !, crie-t-elle, me dépassant, furieuse.  

 

Je n’ai pas le temps de la retenir qu’elle se jette sur lui et tambourine sa poitrine de ses poings en le traitant de tous les noms. Il n’en faut pas plus pour le faire sourire satisfait et l’attraper, la ceinturant.  

 

- Je savais que tu étais folle de moi, bébé., ricane-t-il, plaçant son arme contre sa tempe.  

- Bon, Saeba, je crois que tu n’as plus vraiment le choix…, fait-il, caressant sa joue du canon.  

 

Himiko tremble et ferme les yeux, réprimant un cri de terreur. Je l’oublie, j’oublie ma colère et je deviens froid, imperméable au moindre sentiment.  

 

- Je suis désolée, Ryo…, gémit-elle.  

- Ryo ? Mais c’est intéressant tout cela… Tu te l’es faite, Saeba ?, me demande-t-il, laissant glisser son arme sur son corps, la posant sur son intimité.  

- Tu l’as trouvée comment ? Elle est souple, n’est-ce pas ? Et chaude aussi, très chaude, non ? J’ai trouvé ses compétences orales particulièrement délectables. Et tu as eu le droit d’aller…, commence-t-il à me narguer.  

- T’as bientôt fini ? Tu connais ma réputation, non ? Elle n’est pas née d’un écran de fumée., réponds-je avec un sourire ironique.  

- Elle m’a tout donné, tout, et pas qu’une fois, dès la première nuit. Je ne remets pas le couvert en général mais, là, j’avais une mission précise : te faire oublier. Je pense que ma mission est accomplie, n’est-ce pas, Himiko ?, fais-je, jetant un regard intense à la jeune femme, espérant qu’elle jouera le jeu.  

 

Elle me regarde, un instant perdue, et je hoche légèrement la tête alors que Sagasaki l’observe un instant, les sourcils froncés.  

 

- Ou… Oui… On a… On a couché ensemble… comme il le dit…, acquiesce-t-elle, jetant un rapide coup d’œil vers l’arme toujours posée sur son intimité.  

- Et il a eu le droit de… alors que tu me le refusais depuis deux ans ?, l’interroge-t-il, caressant son ventre à la lisière de sa culotte du bout de l’arme.  

- Il… Il en a une plus grosse., répond-elle, se mordant la lèvre.  

- Et ça t’a incitée à… J’arrive pas à y croire. T’es vraiment qu’une grosse…, gronde Sagasaki, furieux.  

- Tatsuo… Un peu de correction… Ce n’est pas beau d’être envieux., le sermonné-je, narquois.  

- Il m’a fait perdre la tête. Il peut me demander tout ce qu’il veut, je le lui donnerai., affirme-t-elle, prenant confiance.  

- Moi aussi, je t’ai fait perdre la tête !, se fâche l’homme, blessé dans sa fierté masculine, enfonçant le canon dans le ventre de son ex-compagne, lui arrachant un cri de douleur.  

 

Malgré tout, je vois Himiko lever un regard déterminé vers lui, prenant sur elle pour lutter contre sa peur. A-t-elle compris ce que je voulais faire ? Règle-t-elle ses propres comptes ? Je ne sais pas mais ça me va.  

 

- Je simulais. Je ne faisais que simuler. Tu manquais cruellement d’imagination. Ryo, lui, sait y faire., lui crache-t-elle à la figure.  

 

Ouch… ça doit faire mal ça, me dis-je, et la réaction est immédiate. Furieux, Sagasaki la retourne et la gifle, l’envoyant valser loin de lui. Je n’attends pas une seconde de plus et tire sur sa main, son arme s’envolant dans les airs avant de retomber à un mètre de lui. J’aurais pu le tuer. Il me suffisait de viser la tête mais je n’aurais pas pu te regarder en face le jour où je t’en aurais parlé parce que j’avais le choix. Pointant toujours mon arme sur lui, j’avance vers Himiko et l’aide à se relever.  

 

- Ca va, Himiko ?  

- Oui, merci. Désolée de m’être jetée sur lui., s’excuse-t-elle d’une petite voix.  

- Oh… J’ai l’habitude des furies., plaisanté-je.  

 

Tu l’aurais certainement explosé à coups de massue, quoique, le frapper de tes poings, tu l’aurais peut-être fait aussi.  

 

- On va ligoter celui-là et laisser la police l’embarquer puisqu’il a avoué le meurtre de Terumi et que tout a été enregistré., lui dit-je, retirant le magnétophone de la poche intérieure de ma veste encore sur la jeune femme.  

- Que tu crois, Saeba…, ricane Sagasaki.  

 

Je me retourne, couvrant Himiko. Ce salaud a une grenade dans sa main encore valide. Je recule d’un pas puis d’un autre, ma cliente m’imitant. Nous continuons ainsi progressant lentement sous le regard menaçant du malfrat.  

 

- Vous croyez vraiment m’échapper tous les deux. Vous allez crever comme les sales rats que vous êtes !, nous prévient-il.  

- Tu mourras toi aussi, Sagasaki., lui fais-je remarquer, vue le peu de distance qu’il y a encore entre nous.  

- Courez, Himiko., lui dis-je, la poussant.  

- Mais toi?, s’inquiète-t-elle.  

- Ne vous inquiétez pas pour moi. Je ne peux pas mourir., lui réponds-je, confiant.  

 

Rien ne m’arrachera à toi. Je te l’ai dit, Kaori, je ne partirai jamais avant de t’avoir au moins vue réveillée et je compte bien avoir beaucoup plus de temps que cela, et pas des mois mais des années. Je jette rapidement un coup d’œil en arrière, accrochant son regard.  

 

- Allez-y et ne vous retournez pas.  

- D’accord., souffle-t-elle.  

 

Je l’entends se retourner et courir aussi vite qu’elle le peut avec ses talons hauts. Le sol est traître, troué à de multiples endroits sur ce terrain vague mais elle semble voler au dessus.  

 

- Crève, salope !, hurle Sagasaki.  

 

Il attrape la goupille avec ses dents, l’arrache et fait pour la lancer vers nous mais j’ai percé son coude juste avant qu’il la lâche. La grenade retombe entre ses genoux mais il ne s’en aperçoit pas, cloué par la douleur. Je ne demande pas mon reste et me tire de là, comptant dans ma tête le nombre de secondes qui défilent. Je vois soudain ton image apparaître devant moi et c’est comme si tu me tendais la main pour m’aider. J’arrive, Sugar. J’arrive. On va bientôt se retrouver. Mes pas s’allongent sans que je m’en rende vraiment compte. Huit secondes pour mettre quarante-cinq mètres d’écart au moins entre lui et moi, je peux le faire. Certains font bien cent mètres en dix secondes et ils sont bien loin de risquer leur vie ou de vouloir retrouver l’amour de leur vie…  

 

Trois… Deux… Un…  

 

L’explosion résonne derrière moi. Je vois Himiko s’arrêter et se retourner, les yeux écarquillés. Je ne ressens rien, pas de morsure d’un éclat qui m’aurait atteint, pas de souffle, rien… J’ai réussi, Kaori. On a réussi. Imitant ma cliente, je me retourne et observe la fumée s’élevant dans les airs au loin…  

 

- C’est… C’est fini ?, entends-je derrière moi.  

 

Je me retourne et vois les larmes rouler sur le visage d’Himiko. Elle s’approche de moi et je lui tends les bras, sentant son besoin d’être réconfortée après cette journée cauchemardesque.  

 

- Oui, c’est fini. Il ne vous fera plus rien., lui dis-je.  

 

Son corps est secoué par les larmes et je sens la tension accumulée s’effondrer. Ca dure quelques minutes, jusqu’à ce que j’entende les voitures de police arriver au loin.  

 

- Himiko… Himiko, il va falloir être forte.  

 

Elle se redresse et me regarde, le regard encore noyé. Remettant ses mèches derrière ses oreilles, elle relève le menton et acquiesce.  

 

- La police va arriver et ils ne doivent pas me voir avec vous. Dites-leur ce qui s’est passé et qu’un inconnu vous a aidée. Ne citez surtout pas mon nom. La police va vous proposer de vous ramener chez vous. Acceptez. Reika vous y attendra pour vous ramener à l’appartement. Ne vous inquiétez pas si je n’y suis pas. Elle attendra avec vous.  

- D’accord. Tout ce que vous voudrez., m’affirme-t-elle, ne sachant pas quel risque elle aurait pris des années en arrière.  

- Très bien. Je ne serai pas loin. Je ne vous laisse pas seule tant que les flics ne sont pas là. Je vais aussi reprendre ma veste mais donnez leur ça., lui fais-je savoir, lui tendant le magnétophone après l’avoir frotté.  

 

Je ne peux pas laisser d’indice de ma présence à portée des uniformes bleus. Je la regarde une dernière fois, évalue la distance avec les policiers qui arrivent et m’en vais, me fondant dans l’obscurité. Une minute après, les voitures encerclent Himiko et les policiers l’entourent, baissant aussitôt leurs armes : sa modeste parure de dentelles, aussi belle soit-elle, ne permet en aucune manière de cacher une arme.  

 

- Ca va, Mademoiselle ?, s’inquiète une policière.  

- Je… J’ai été enlevée., bredouille-t-elle, les bras serrés autour d’elle.  

 

Elle tremble de froid, la pauvre. Filez-lui une couverture, bande de crétins. Enfin, je vois un autre policier arriver, dépliant une couverture de survie et la lui tendant.  

 

- Vous savez par qui vous avez été enlevée ?, lui demande la policière.  

- Je prends le relais., indique Saeko qui vient d’arriver sur les lieux.  

- Qui vous a enlevée ?, reprend-elle.  

- Mon ex, Tatsuo Sagasaki., lui répond Himiko, attirant le regard des policiers, éberlués.  

- J’ai aussi ça pour vous. Il a… Il a avoué le meurtre de ma meilleure amie, Terumi Hibashi., lui apprend-elle, tendant le magnétophone.  

- Vous savez où est votre kidnappeur ?, lui demande mon inspectrice.  

- Là-bas… Je pense qu’il est mort. Il a utilisé une grenade, je crois., explique-t-elle, pointant du doigt le fond du terrain vague.  

 

Saeko fait signe à des policiers d’aller voir et deux voitures de patrouille foncent vers l’endroit indiqué, encerclant le corps de Sagasaki. Il est toujours là, Himiko est entre de bonnes mains, il ne me reste qu’à m’éclipser, ce que je fais sans tarder, prévenant Reika sur le chemin qui me mène à la voiture. Je tourne un moment dans Tokyo, ayant besoin de remettre de l’ordre dans mes idées après cette affaire qui a été prenante. Les choses se sont conclues cette semaine comme je l’avais envisagé mais pas de la manière prévue. Je parie que Saeko m’apprendra que l’incendie était criminel. Sagasaki a dû l’ordonner pour maîtriser l’endroit où il pourrait enlever Himiko. De là, les choses se sont accélérées. Je n’ai pas eu trop de mal à la retrouver avec le traceur que j’avais mis dans son pendentif et après…  

 

Je reviens à la réalité quand je coupe le moteur. Un sourire se dessine sur mes lèvres en voyant où je suis arrivé. Je devrais encore attendre quelques heures mais je ne tiens plus. Je sors de la voiture, fais le tour du bâtiment et trouve le point faible par lequel j’entre. J’esquive toutes les caméras et me glisse dans les couloirs, l’odeur de désinfectant m’entourant comme pour me souhaiter la bienvenue après cette longue absence. Même si je ne devrais pas perdre de temps, j’enfile ma camisole jaune, la charlotte et les sur-chaussures avant de me faufiler dans le service, ta chambre étant heureusement dans un recoin.  

 

Mon cœur bat fort alors que j’y pénètre, prenant un peu de gel pour me désinfecter les mains. J’avance vers toi restant dans le coin le moins éclairé pour ne pas être repéré. Le pansement sur ton nez me semble moins volumineux et je vois le bleu au niveau de tes paupières, les restes de l’opération, m’a prévenu Kazue. Ton front, tes pommettes, tout le reste semble intact. Instinctivement, je prends ta main et la presse doucement avant de la regarder. Tu n’as plus tes attelles. Tes mains ont aussi repris leur allure normale et ça fait un bien fou. Les choses ont évolué positivement et mon sourire ne me quitte plus.  

 

- Merci, Kaori. Merci de te battre pour nous. Merci d’avoir été là., te dis-je, posant les lèvres sur ton front.  

- Je ne peux pas rester mais je voulais te dire que j’ai fini notre mission. Demain, je reviendrai te voir plus longuement. Je t’aime, Sugar. A demain matin.  

 

Je caresse tes cheveux un instant, appréciant ce contact que je n’avais plus eu depuis presque un mois, pose mes lèvres sur ta tempe une dernière fois et je me retire avant de changer d’avis, de ne plus être capable de te laisser. Ca n’a duré que deux minutes environ mais, ce moment, j’en avais besoin. Il a allégé le poids que j’ai sur les épaules depuis l’explosion de cette grenade. Je n’ai pas tué Sagasaki de mes balles mais je ne l’ai pas sauvé non plus.  

 

Empruntant le même chemin avec la même prudence, je ressors de l’hôpital et retrouve la panda.  

 

- C’était toi ou lui, Ryo. Lui n’avait aucun doute et n’aurait certainement eu aucun regret. Toi, tu voulais le livrer à la police. C’est lui qui a sorti la grenade., me dis-tu… enfin t’entends-je me dire.  

 

Et ça, je sais que c’est le fruit de mon imagination parce qu’on n’a jamais eu de conversation de ce genre, me dis-je, souriant légèrement.  

 

- Je vais retrouver ta partenaire, Saeba. Je vais la retrouver et je vais en faire tout ce que je voudrais. Le plus dommage, c’est que tu ne seras pas là pour le voir. Tu ne pourras pas m’empêcher de la violer, de l’entendre hurler de douleur quand je m’enfoncerai profondément dans son p’tit cul, quand je la donnerai en pâture à tous mes hommes. Quand ils en auront tous fini avec elle, qu’elle saignera de toutes parts, qu’elle m’implorera de l’achever pour abréger ses souffrances, alors, là seulement je commencerai à m’amuser. Je te laisse le choix : cigarette ou couteau ? Tu crois que ça lui plaira de se retrouver à plusieurs reprises avec une corde autour du cou ou encore la tête dans une bassine d’eau froide au bord de la mort ? Peut-être même que je la redonnerai à tous mes hommes après y être repassé un petit coup alors qu’elle agonise. Tu crois qu’elle essaiera encore de se débattre, qu’elle pleurera ? Elle t’appellera peut-être mais tu ne seras pas là., m’a affirmé Sagasaki fièrement quand on était là-bas.  

 

J’aurais pu le tuer rien que pour ces paroles-là. L’ancien moi l’aurait fait mais je ne suis plus cet homme froid et sanguinaire et je n’ai plus besoin que tu sois là pour l’empêcher d’exister. Je n’ai même pas réfléchi au fait que tu ne l’apprendrais pas, que j’avais quelque part carte blanche. C’est en moi. Je ne l’ai pas sauvé mais je ne l’ai pas tué. Il l’a fait tout seul.  

 

Je jette un dernier coup d’œil à l’hôpital avant de m’en aller, sachant que demain matin, dans quelques heures à peine, nous nous retrouverons. Soulagé, le cœur léger, je rentre chez nous. Je retrouve Himiko, habillée de vêtements amples, assise sur le divan aux côtés de Reika. Deux tasses fumantes sont posées devant elles et elles se tournent toutes deux vers moi.  

 

- Ryo, tu es rentré !, s’écrie ma cliente, se levant et venant se jeter à mon cou.  

- Il faut bien si je veux dormir. Mon lit est ici., réponds-je, amusé.  

 

Elle me regarde, riant légèrement, et m’emmène vers le divan, me faisant asseoir entre elles deux.  

 

- Bonsoir Reika. Merci de t’être déplacée.  

- On est partenaires. C’est normal. L’affaire est finie, non ?, me dit-elle.  

 

Elle doit être étonnée qu’Himiko dorme encore ici cette nuit. C’est une mesure de prudence pour moi. Sagasaki était à la tête d’une grande organisation. Il faut le temps que la nouvelle se répande et que cesse la poursuite contre la jeune femme. Elle dormira donc ici cette nuit et ne s’en ira qu’après que j’ai fait le tour de mes indics demain de bonne heure.  

 

- Sagasaki est mort mais je veux m’assurer que tous ses hommes ont abandonné leur mission avant de la laisser. Je ferai mon tour demain matin., lui dis-je.  

- La journée a été longue. Il est temps pour nous d’aller nous coucher.  

 

Pour ponctuer ma remarque, je me lève et les deux jeunes femmes m’imitent. Reika nous laisse et je monte suivi par Himiko.  

 

- Au fait, vous pouvez être fière de vous, Himiko. Vous avez compris mon stratagème face à Tatsuo. Vous nous avez sauvé la vie.  

 

Ma remarque la fait rougir légèrement, certainement un peu gênée par le compliment.  

 

- C’est toi qui nous as sauvé. Moi, je n’ai fait que suivre.  

- Vous n’avez pas flanché malgré le danger. Vous avez gardé la tête froide. Vous pouvez être fière., insisté-je.  

- D’accord. Bonne nuit, Ryo.  

- Bonne nuit, Himiko.  

 

Je la laisse et me dirige vers notre chambre. Son regard est posé dans mon dos, je le sens, mais je ne me retourne pas et pénètre dans notre antre. Je referme la porte et m’appuie dessus, fermant les yeux. Mon esprit se focalise aussitôt sur toi. Je revois ton visage endormi, le tube toujours présent dans ta bouche, le pansement sur ton nez, je sens tes doigts dans ma main. Je me concentre sur cette sensation et les images changent. Me laissant entraîner, je me dirige vers le lit, me déshabillant machinalement avant de me glisser dans les draps.  

 

- Tu es rentré., soupires-tu, te pressant contre moi.  

- Oui, je te l’avais promis, non ?  

 

Mes doigts tracent la ligne de ton dos, suivent la courbe de tes fesses avant de remonter et de se poser sur ta hanche.  

 

- Oui. Ne le dis même pas., réponds-tu, un sourire dans la voix.  

- Te dire quoi ?  

- Que tu tiens toujours tes promesses., m’expliques-tu.  

- D’accord, je ne le dis pas… de toute façon, tu l’as dit à ma place… et je vois que tu as tenu la tienne., fais-je, mon autre main glissant sur ton épaule jouant avec la bretelle.  

- Je n’ai qu’une parole… même si je ne vois pas l’utilité d’investir dans une nuisette que je ne garderai que quelques minutes voire secondes., m’opposes-tu, me rappelant notre discussion dans la boutique.  

 

Je souris au souvenir de ton visage cramoisi alors que je te proposais des tenues plus osées, Eriko m’appuyant. Ton choix s’est porté sur une nuisette plus sage que j’avais dans mon viseur depuis le départ parce qu’elle te conviendrait tout simplement. Ce n’était pas la plus sexy, la plus échancrée ou la plus transparente mais c’était plus toi… Mes doigts remontent de ton épaule à ton menton et je te pousse à lever le visage pour t’embrasser doucement.  

 

- J’aime cette nuisette. Le blanc te va à ravir. C’est très sexy sur toi.  

- Tu me dis ça aussi du noir…, me fais-tu remarquer avec une petite moue dubitative.  

- Le noir, c’est sexy sexy et le blanc rehausse ton côté virginal, pur…, te dis-je, caressant ta joue.  

- Si tu ne t’en es pas rendu compte, ça fait quelques mois que je ne suis plus vierge., t’amuses-tu, caressant mon torse du bout de l’index.  

- Je le sais et j’en suis pour mes frais…, fais-je d’un air faussement épuisé avant de suggérer :  

- C’est peut-être moi qui me refais une virginité.  

 

C’est l’impression que j’ai parfois depuis que je te connais et encore plus quand je suis entre tes bras. Je croise ton regard surpris, pétillant et, moi qui m’attendais à ce que tu te moques de moi, je ressens ta compréhension. Ca me met un peu mal à l’aise à vrai dire. Je ne sais pas comment réagir parce que rien ne pourra un jour effacer ce que j’ai fait dans le passé.  

 

- Je vais devoir suggérer un changement d’appellation alors… Le poulain de Shinjuku ?, suggères-tu, malicieuse.  

- Le poulain de… Ca va pas la tête ? On va me prendre pour un enfant de chœur ! Tu veux pas non plus que je me balade avec un pistolet à eau ?  

 

Je m’insurge mais je sais ce que tu as voulu faire : alléger l’ambiance qui aurait pu se tendre. Ca ressemble peut-être à une punition mais, en réaction, mes doigts sur ta hanche s’agitent, te chatouillant traîtreusement. Tu éclates de rire et je me repais de ce son que j’adore. Il enchante mon cœur et vibre dans mes oreilles encore un long moment après que j’ai arrêté mon attaque injustifiée. Aujourd’hui encore, je l’entends et il me tire un sourire ravi.  

 

- Pour te prouver que l’investissement n’a pas été inutile, tu ne perdras pas ta nuisette cette nuit., te dis-je.  

- Vraiment ?, me retournes-tu, un sourcil levé.  

- Vraiment., conclus-je, saisissant ta main qui caresse mon torse.  

 

J’en baise le bout des doigts avant de la reposer sur mon cœur, la tenant immobile. Je suis un homme fort mais pas de marbre non plus. Tu as gardé ta nuisette cette nuit-là. J’aurais pu simplement te dire que je voulais te tenir dans mes bras mais je n’ai pas su. J’ai trouvé un subterfuge qui tient jusqu’au petit matin quand tes lèvres me tirent du sommeil juste avant de te sentir venir sur moi.  

 

- J’avais envie de te réveiller agréablement, me dis-tu, faisant aller ton bassin de bas en haut avec une lenteur exquise.  

- C’est plutôt réussi mais laisse-moi améliorer les choses., te proposé-je.  

- Tout ce que tu voudras., soupires-tu.  

 

Je me redresse. Je commence par t’embrasser, t’entendant gémir contre mes lèvres, avant d’attraper le bas du vêtement que je remonte et jette au loin. Je me rallonge, te tenant les hanches par moments ou laissant mes doigts voguer sur ton corps, attrapant tes seins, les malmenant en sentant ta réaction autour de mon membre, tes mouvements s’accélérant, tes muscles se contractant jusqu’au moment où mon pouce trouve ton bouton d’amour et ta danse devient effrénée, terriblement érotique, jusqu’à son apogée.  

 

C’est en repensant à ce moment que je me réveille le lendemain matin, le désir courant dans mes veines. Je sens ton corps qui s’effondre sur moi, essoufflé, moite, et qui se love tout en douceur contre moi. Les spasmes qui agitent ton corps ravivent déjà le mien mais j’ai le temps. Mes doigts courent de ta nuque à ta chute de reins et en sens inverse pendant que les autres sont nichés dans tes cheveux les caressant doucement. Tu t’apaises, déposes des petits baisers sur mon torse tout en caressant mes flancs, me faisant tressaillir par moments.  

 

Quand enfin tu redresses le visage vers moi, tu sais ce qui va se passer et ton regard s’illumine de nouveau. Je te pousse à venir chercher mes lèvres et, si tu me taquines un moment, tu finis par m’embrasser. Mon bras autour de ta taille, je nous fais basculer et tu te retrouves sous moi. Notre baiser s’approfondit, nos langues se mêlent et démêlent langoureusement pendant que nos mains repartent en exploration. Les tiennes s’en prennent à mon pantalon de pyjama que tu ne m’as pas retiré pendant notre première danse. Tes ongles griffent mes fesses lentement et je dois me contrôler pour ne pas perdre les pédales. Je me retire de toi, me déleste de mon vêtement et, avant que tu n’aies pu m’attraper, je cloue tes deux mains au dessus de ta tête.  

 

- C’est à moi de jouer maintenant., t’apprends-je juste avant de venir de nouveau chercher tes lèvres.  

 

J’explore ton corps d’une main, l’autre emprisonnant les tiennes. Mes gestes ne sont que douceur et tendresse contrairement à notre première étreinte passionnée, te tirant gémissements, ondulations, frissons, et tu m’implores rapidement de venir en toi. J’ai l’impression de défaillir quand je le fais, tant les sensations sont intenses alors que je prends tout mon temps pour me glisser au plus profond de toi. Je lâche enfin tes mains pour mieux enlacer tes doigts. Mes mouvements sont lents et je dois parfois maîtriser ton impatience, et la mienne, mais je veux te montrer tout ce qu’on peut faire en matière de sexe tous les deux. Nous deux, ce n’est pas qu’une danse débridée, ça peut aussi être quelque chose de très maîtrisé et en être tout aussi beau, voire plus encore si j’en juge par les larmes qui roulent de tes yeux après avoir atteint la jouissance ensemble.  

 

- Tu as changé ma vie, Kaori.  

- Et toi la mienne., nous avouons-nous quelques minutes plus tard.  

- Et ce n’est pas fini., me dis-je, sortant de mon lit, l’option douche venant à point marquant le début de la journée réelle.  

 

Il est neuf heures et demi lorsque je rentre de ma tournée des indics et de mon détour par le parc, y croisant pas tout à fait par hasard Saeko. Himiko est dans le séjour faisant les cent pas, anxieuse.  

 

- L’organisation est en déroute. Votre tête n’est plus mise à prix. Vous êtes libre, Himiko., lui apprends-je.  

- C’est vrai ? Oh merci, Ryo., s’exclame-t-elle, se jetant dans mes bras.  

- De rien, c’est mon boulot.  

- Tu… Tu as quand même fait un peu plus que ça., pipe-t-elle, s’écartant un peu.  

- J’ai décidé de ne pas renouveler mon contrat comme mannequin de lingerie. Je vais me réorienter vers la mode plus habillée., m’apprend-elle.  

- Je vais aussi essayer de reprendre des cours à distance et terminer mes études. Tout ça… enfin surtout toi, ça m’a fait réfléchir à ce que j’avais fait de ma vie et celle que je voulais être., m’explique-t-elle.  

- C’est une bonne nouvelle. Bon courage alors., lui dis-je, fier de sa prise de conscience.  

- Merci… Tu crois… Tu crois que tu pourrais éprouver quelque chose pour moi d’ici quelques temps ?, me demande-t-elle en rougissant.  

 

J’imagine très bien ton regard exaspéré en voyant une nouvelle cliente tomber amoureuse de moi. Je me retiens cependant de sourire pour ne pas la vexer.  

 

- Oublie-moi, Himiko. Trouve-toi quelqu’un de bien, de ton âge avec qui passer ta vie. Nous ne sommes pas faits pour être ensemble. Je ne peux pas abandonner toutes les femmes qui me font rêver.  

 

Elle jette un regard vers le canapé avant de revenir sur moi, un sourcil levé.  

 

- Tu sais, une vraie femme, ça peut être mieux que mille images glacées. Il suffit de trouver la bonne., me répond-elle sur le ton de la confidence.  

- J’y songerais. Il faut que je trouve celle qui se réveillera d’un baiser peut-être., lui dis-je avec un clin d’oeil.  

 

Ma réplique la fait rire. Elle me signe un chèque, me fait la bise et s’en va sans plus un mot. J’endosse le paiement à ton nom et sors à mon tour de l’appartement. Il est temps pour moi de te retrouver officiellement et, après un détour par la banque où je me dis que tu serais fière d’avoir déposé ce petit bout de papier, j’arrive à l’hôpital, enfile mon attirail et me dirige vers ta chambre, heureux de te revoir, baignant encore un peu dans le reste de volupté de mes rêves-souvenirs de cette nuit et ce matin.  

 

A la porte, je me fige. Un homme est penché sur toi et je ne le connais pas. 

 


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