Hojo Fan City

 

 

 

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Rated G - Prose

 

Auteur: Mercury80

Status: Complète

Série: City Hunter

 

Total: 55 chapitres

Publiée: 11-04-21

Mise à jour: 24-08-21

 

Commentaires: 36 reviews

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DrameRomance

 

Résumé: "Je survivrai par n'importe quel moyen pour celle que j'aime." Survivras-tu pour moi ?

 

Disclaimer: Les personnages de "Toi et moi sans toi" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.

 

Astuces & Conseils

Je vais bientôt avoir 18 ans. Est-ce que je peux avoir accès à la section NC-17?

 

Non. C'est simple. D'un point de vue légal, vous n'êtes pas majeur tant que vous n'avez pas 18 ans. Ca m'est égal que ça soit dans un jour ou dans une semaine. Ne faites votre demande qu'après vos 18 ans.

 

 

   Fanfiction :: Toi et moi sans toi

 

Chapitre 44 :: Chapitre 44

Publiée: 06-08-21 - Mise à jour: 06-08-21

Commentaires: Bonjour, voici la suite de l'histoire. Courage encore onze chapitres après celui-ci pour arriver au dénouement de l'histoire. Peut-être une éclaircie en vue... Bonne lecture et merci pour vos reviews^^

 


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Chapitre 44  

 

Kimi à bras, je pénètre dans le Cat’s et fais face à toute la bande. Le silence se fait et ils se tournent tous vers moi.  

 

- Alors c’est ici que vous traînez tous un samedi matin ? Vous n’avez rien de mieux à faire ?, leur dis-je en plaisantant.  

- En fait, non., fait Mick, approchant de nous et me prenant ma fille.  

- J’ai perdu mon occupation du matin il y a un mois, pareil pour Miki et Umi pour l’après-midi. Heureusement qu’on peut faire un peu de baby-sitting de temps à autre., dit-il, câlinant Kimi.  

- D’ailleurs, c’est mon tour., lui affirme Saeko, s’imposant et tendant les bras.  

- Ah non, c’est le mien., lui oppose Reika.  

 

Qui eut cru qu’un jour ces trois-là se disputeraient la possibilité de garder un bébé ? Pas moi, en tous cas. J’y aurais cru autant qu’à la possibilité de devenir père.  

 

- Evitez de la blesser dans votre combat. Je compte bien récupérer ma fille d’ici quelques heures. Je vous laisse décider de qui garde qui mais je veux la retrouver cette après-midi ici. Vous êtes sûrs que ça ne vous dérange pas ? Sayuri est partie faire un reportage dans le nord., demandé-je à Miki.  

- Pas de souci. On l’entend si peu qu’on croirait qu’elle n’est pas là… et ça attire la clientèle., fait-elle, m’adressant un clin d’oeil malicieux.  

- Et elle ne sourit pas encore. Je te laisse imaginer l’hécatombe quand ça commencera., fais-je, taquin.  

- Surtout si elle a le sourire de sa mère., pipe Reika avec un sourire entendu.  

 

Le silence se fait un instant dans les rangs puis tout le monde se met à piailler dans tous les sens comme s’il fallait faire oublier cette référence malencontreuse. J’émets un léger sifflet de rappel.  

 

- Tout va bien. Elle aura de la chance si elle a le sourire de Kaori avec les deux fossettes qui vont bien.  

- Je suis désolée, Ryo. Je… Je ne voulais pas…, commence Reika, gênée.  

- Je sais mais ne t’inquiète pas. Tout va vraiment bien. Ce n’est pas parce que notre relation n’est pas au beau fixe et que Kaori refuse de nous parler que nous ne pouvons pas parler d’elle et admettre qu’elle a un joli sourire ou qu’elle nous manque. Elle me manque et, pourtant, je la vois plus souvent que vous., admets-je.  

- Comment ça se passe ? A vrai dire, on n’ose pas trop te poser de questions pour ne pas remuer le couteau dans la plaie., me fait savoir Miki.  

- Merci, je suis touché. Pour le moment, ça commence et finit toujours pareil. La discussion est d’abord calme et le reste tant qu’on parle de sujets neutres. Dès que ça devient plus personnel, elle se braque et ça finit mal. Tu devrais peut-être nous enfermer tous les deux à la cabane, Umi., dis-je, un sourire amer aux lèvres.  

- Je vois le genre… Une fois que vous auriez tout cassé, ça se finirait au lit…, ironise Mick, tentant de me dérider.  

- Mick…, gronde Kazue, exaspérée.  

- Ben quoi ? On ne peut pas casser un matelas…, se défend-il.  

 

Je le regarde avec un sourire amusé, comprenant son stratagème. J’aimerais bien que ce soit aussi facile. Si notre réconciliation pouvait se faire au lit, j’irais de suite te chercher à la clinique après avoir confié Kimi à nos amis et je te ferais l’amour aussi longtemps qu’il le faudrait pour te rappeler ce que nous étions… Cependant, les choses ne sont pas aussi simples. Je ne sais pas quoi faire pour t’atteindre. Je ne ressens pas non plus le besoin ni l’obligation de m’excuser d’avoir voulu te laisser le choix d’avoir ce bébé même si tu le vis comme une tentative d’obligation d’assumer le rôle de mère. C’était un choix à faire et tu aurais pu tout aussi bien me reprocher le contraire, de t’avoir faite avorter. J’ai choisi la vie et, malgré tout ce qui se passe, je ne regrette pas. Je n’imagine plus ma vie sans Kimi aujourd’hui… même si j’appréhende ma vie sans toi.  

 

- J’y songerai lorsque je pourrai l’approcher. Actuellement, il n’y a qu’à de rares moments que je peux la prendre dans mes bras et ils sont loin d’être romantiques., lui apprends-je.  

- Si on peut faire quelque chose, dis-le., me dit Mick.  

- Tu es sûr qu’on ne peut pas essayer d’aller la voir ? Peut-être qu’en se présentant à elle, elle ne nous rejetterait pas., m’interroge Miki, pleine d’espoir.  

 

Je réfléchis un instant à la question, me remémore toutes nos conversations et finis par secouer la tête.  

 

- Je ne peux pas t’empêcher de faire ce que tu veux, Miki, ni aucun de vous d’ailleurs mais le fait est qu’elle ne demande jamais de vos nouvelles. C’est comme si elle avait tourné le dos à son passé, qu’elle ne voulait plus le voir.  

- Mais pourquoi elle fait ça ? Je ne comprends pas pourquoi elle nous a acceptés pendant trois semaines et qu’elle ne veut plus nous voir maintenant., se plaint-elle.  

- Toi au moins tu peux la voir, Kazue…, soupire-t-elle, un peu envieuse.  

- Non, elle a demandé à ce que je ne m’occupe plus d’elle depuis qu’elle peut manger seule., nous informe-t-elle.  

- Elle a fait ça ?, fais-je, étonné de ne pas avoir été prévenu avant.  

- Oui. Je ne voulais pas t’embêter avec ça., s’excuse-t-elle.  

- C’est moi qui suis désolé que vous subissiez tous le vide qu’elle fait autour d’elle.  

 

Je suis fâché de ton attitude. Je suis fâché de te voir blesser les personnes de notre famille alors qu’elles ont toutes été présentes pour toi pendant des mois sans rien attendre en retour que ton réveil. Ce n’est tellement pas toi. D’habitude, tu te préoccupes d’abord des autres avant toi-même, pas le contraire.  

 

- Elle est perdue et on peut tous le comprendre, je pense. C’est une chose assez… désagréable de ne plus être maître de toutes ses capacités., intervient Umibozu.  

 

Désagréable… Je souris à ce mot un peu décalé par rapport à la situation mais c’est la façon très pudique qu’a mon ami de parler de quelque chose qu’il a dû ressentir, et ressent peut-être encore, depuis qu’il est aveugle.  

 

- Pourquoi tu dis cela ? Tu lui as parlé ?, s’étonne Miki, se tournant vers lui.  

- Non., répond-il.  

- J’imagine. Je ne sais pas ce que c’est après tout., ajoute-t-il.  

 

Nous échangeons tous un sourire entendu face au déni grossier de notre ami géant.  

 

- Il faut que j’aille mettre tout ça à la benne. Il y a des gens qui bossent après tout., grommelle-t-il, probablement gêné d’avoir dévoilé un peu de ses pensées personnelles.  

 

J’ai envie de sonder un peu mon ami qui pourra peut-être m’éclairer un peu plus sur ce qui pourrait te perturber et la manière de t’aider. J’étais parti sur cette piste également mais je ne sais pas comment la remonter pour arriver à toi, d’autant que la présence de Kimi pourrait également être un déclencheur. J’avance vers lui et jette un œil vers les deux caisses pleines à ses pieds.  

 

- Besoin d’un coup de main ?  

- Tu te rendras utile pour une fois…, me lance-t-il, poussant une des caisses vers moi.  

- T’es un peu trop poilu pour que je te sois utile en temps normal…, fais-je, ironique.  

 

Je la saisis et le suis dehors. Sans un mot, il vide sa caisse et prends la mienne pour la vider à son tour avant de la poser par terre.  

 

- Je t’écoute., me dit-il.  

 

Je ne suis même pas surpris qu’il ait compris que c’était une ruse pour pouvoir lui parler. Il a l’art de deviner nos pensées les plus secrètes. Ca nous a souvent servi tous les deux.  

 

- Je pense que tu as raison sur ce qu’elle ressent mais je ne sais quoi faire pour l’atteindre.  

 

Je ne cherche même pas à nier ni à enrober les choses. Je suis aussi direct qu’il l’a été. Je lui dois ça pour beaucoup de raisons mais surtout pour le fait qu’il m’ait remis dans le droit chemin il y a quelques mois.  

 

- Continue à être là pour elle, à lui montrer que tu ne baisses pas les bras. Essaie de repousser les limites un peu à la fois pour pouvoir l’approcher. Parfois, ça marchera, parfois pas., me dit-il.  

- D’accord… Il n’y a pas de recette miracle alors…, fais-je en ricanant légèrement.  

 

Par moments comme celui-ci, je me sens épuisé. Ca ne dure jamais mais ça arrive. J’aurais aimé une solution toute faite mais c’est comme beaucoup de choses dans la vie, ça ne peut pas être simple.  

 

- Non. Juste de la patience. J’ai mis du temps à accepter ma cécité, Ryo. J’ai longtemps été en colère, j’ai nié, je refusais d’en parler à Miki. Je serai même parti sans réel regret le jour où on s’est battus à cause de Sonia., me confie-t-il.  

- Pour ne pas être un poids pour Miki… pour nous aussi peut-être.  

 

La pensée de tout ce qu’a traversé en silence mon ami me fait un peu culpabiliser car je ne sais pas si j’ai été à la hauteur avec lui à ce moment-là. Notre relation était moins ouverte que maintenant. Nous passions beaucoup de temps à nous chamailler, réglant nos différents ainsi ou par les armes, bien moins que par les paroles.  

 

- Et je n’avais pas un être encore plus fragile que moi à protéger, Ryo… mais tu te doutais déjà de tout cela, non ?, me retourne-t-il.  

- Oui. C’est la seule explication que je peux accepter. La seule autre, c’est celle où je l’ai définitivement perdue., admets-je.  

 

Umi reste un moment silencieux, réfléchissant certainement à la situation.  

 

- Je ne pense pas mais ne la laisse pas s’éloigner., me prévient-il.  

- J’en connais qui se sont emmurés dans leurs certitudes et ont mis des années à en sortir… et elle pourrait être de ce bois-là.  

- Dans le genre tête de mule en béton armé ? Non, tu crois ?, fais-je, amusé.  

 

L’amusement n’est qu’apparent parce que je suis d’accord avec lui sur ce point-là aussi. C’est la raison pour laquelle je ne te dis plus quand je vais venir et que j’espace différemment les visites pour que tu sois toujours sur tes gardes. C’est ma manière à moi de rester dans tes pensées.  

 

- Ca vous a porté chance jusque là. Alors essaie de retourner cela contre elle., me suggère-t-il.  

- Si elle utilise autant d’énergie pour sa rééducation qu’à essayer de m’éloigner d’elle, elle courra un cent mètres dans moins de six mois.  

- Tout à fait avec la massue en plus., ironise-t-il.  

- La massue ? Quelle massue ? Elle n’en aura plus besoin., réponds-je, un peu plus léger malgré tout.  

- On verra ça…, me taquine-t-il.  

- Pour un aveugle, c’est un peu malvenu…  

 

Je reçois un taquet bien mérité derrière le crâne et rentre dans le café en riant légèrement.  

 

- Vous étiez bien longs ? Tu faisais des avances à Umi-chou ? Tu es tellement en manque ?, plaisante Mick.  

 

Cette fois, c’est lui qui reçoit le taquet de la grosse paluche de notre ami. Du regard, je fouille la pièce à la recherche de Kimi et je la vois dans les bras de Saeko entourée des autres femmes qui s’extasient face à mon trésor. J’aimerais tellement que ce soit toi qui la tiennes et t’extasies devant elle. J’aimerais être ce père peut-être un peu jaloux de l’attention que tu accorderais à notre fille plutôt qu’à moi, devoir m’imposer pour couper ce soi-disant cordon ombilical invisible qui lie toute mère à son enfant. Dois-je croire à mon instinct qui me dicte que tu caches volontairement le tien ? Je sais que toutes tes paroles sont plus qu’explicites mais il y a tellement plus de choses qu’on ne se dit pas mais qu’on comprend. Et tes silences, certains de tes gestes ou de tes regards me disent le contraire de tes mots.  

 

- Je peux l’avoir deux minutes avant de partir ?, fais-je, approchant de la table.  

- Bien entendu. Ses yeux changent de couleur, non ?, m’interroge mon inspectrice préférée.  

- Oui, ils virent tout doucement vers une couleur plus sombre. A savoir laquelle ce sera…, réponds-je, observant les prunelles bleues qui se parent d’éclats entre marron et noir.  

- Peut-être ton portrait craché au féminin ?, pipe Kazue avec un sourire.  

- Ou un mix de ses deux parents. Ce ne sera pas si mal.  

 

Je soulève ma fille à hauteur de mon visage et l’observe un instant. Oui un mix de nous deux, ça m’irait très bien. Je n’ai pas besoin qu’elle me ressemble ou qu’elle soit ton portrait craché. Elle est notre enfant, notre miracle et j’aimerais juste que tu sois capable de lui montrer que tu l’aimes autant que je l’aime.  

 

- Sois sage, Kimi. Papa revient dans quelques heures., lui dis-je avant de poser mes lèvres sur son front.  

 

Je la rends à Saeko qui la prend avec précaution et je m’en vais, le cœur serein. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de la regarder par la vitrine et je vois qu’elle peut compter sur la protection de sa tante policière autant que sur la mienne. Elle veille aux dangers qui l’entourent, repousse une tasse encore pleine qui a été rapprochée malencontreusement, décale Kimi face aux gestes un peu trop amples de sa voisine qui explique quelque chose avec véhémence et je suis touché par sa prévenance. Ce n’était pas quelque chose qu’on aurait pu attendre d’elle à première vue mais elle est comme moi : elle cache bien son jeu.  

 

Sans plus tarder, je me dirige vers le centre-ville et entreprends la tournée de mes indics. La nouvelle de la présence d’un bébé dans mon entourage n’a pas tardé à faire jaser mais, pour le moment, aucune information n’est sûre quant au lien exact qui nous relie Kimi et moi. Certains ont bien sûr évoqué la possibilité que ce soit ma fille, affirmation qui a rencontré un rire ironique, m’appuyant sur ma réputation longuement bâtie de célibataire endurci, d’autres que ce serait la fille de ma nouvelle colocataire, ou encore une mission confiée par une jeune maman. Ce flou artistique me va bien pour le moment. Ca évite les tentatives un peu trop empressées de certains ennemis et, de mon côté, le jeune âge de Kimi me permet de la garder à la maison sans histoires autant que possible. Si nous étions deux, je ne rechignerais pas à la balader un peu plus souvent. Tu serais là pour elle et moi pour vous et ce serait bien. Pour le moment, j’avoue avoir un peu trop peur qu’elle se prenne une balle alors que je la tiendrai dans mes bras.  

 

Finalement, je passe beaucoup moins de temps que prévu pour voir toutes mes oreilles et entendre ce qu’elles ont à me dire, pas grand-chose en fait, il semblerait que la ville soit plutôt calme pour une fois, et, après avoir longuement pesé le pour et le contre sur le chemin qui me ramène à l’appartement, je saute dans la panda et décide d’aller te voir… même si je suis déjà passé hier.  

 

Sur le perron de la clinique, je croise Tatsuya qui sort.  

 

- Tu fais des heures supp’ ?, lui dis-je en plaisantant.  

- Non, j’ai dû décaler le rendez-vous à cause d’un rendez-vous personnel., m’explique-t-il.  

- Comment elle s’en sort ?  

- Elle met toute son énergie à progresser. Je pense qu’on consacrera la semaine prochaine à plus de musculation du bas du corps avant de la lever et de tenter la marche. Tu seras là ?, me demande-t-il.  

 

Il sait ce qu’il se passe entre toi et moi depuis le début et comment ça évolue peu et très difficilement. Pour en avoir discuté avec le Professeur, je sais que réapprendre à marcher va être un moment très douloureux pour toi et peut-être aussi frustrant quand tu devras affronter tes échecs au début et il espère comme Tatsuya visiblement que tu te laisseras entourer pour avoir du soutien.  

 

- Si elle me laisse faire, oui. Autant que nécessaire et, s’il te faut d’autres bras, tu les auras., lui fais-je savoir, sachant que je peux compter sur n’importe qui de la bande pour t’épauler si tu en as besoin.  

- Si tu peux être là pour la soutenir, ce sera déjà bien mais tu as raison, il faut qu’elle le veuille. Il te reste une semaine pour la convaincre., m’encourage-t-il.  

- Ca fait déjà trois que je m’y emploie. La quatrième sera peut-être la bonne., réponds-je, tentant de paraître détendu.  

- Il ne faut pas perdre espoir. Je dois y aller. J’ai un autre rendez-vous. Je te préviens : elle avait l’air fatiguée., m’apprend-il.  

- J’aviserai. Bonne journée.  

 

Je le laisse s’en aller et pénètre dans la clinique en direction de ta chambre. Je toque et, n’entendant aucun son, je tente malgré tout ma chance et entre. Tu dors. J’approche et t’observe un long moment en silence. J’ai envie de retrouver les sensations qui allaient avec cette observation quand je le faisais dans notre lit. Je me retiens cependant de m’allonger à tes côtés et de te prendre dans mes bras. Ca ne manquerait certainement d’envenimer la situation si tu te réveillais et n’appréciais pas le geste.  

 

J’attends une bonne demi-heure avant de te voir ouvrir les yeux. Ton visage est un peu tourné de l’autre côté et tu fixes le cadre sur le mur encore quelques minutes avant de bouger. Je me demande à quoi tu penses et je te laisse encore ces quelques minutes de répit.  

 

- Je ne m’attendais pas à te voir aujourd’hui., finis-tu par murmurer.  

- J’essaye de te surprendre encore un peu., fais-je en plaisantant.  

- Tu es venu pour une raison particulière ?, me demandes-tu, te tournant enfin vers moi.  

 

Je croise ton regard anxieux et je me demande ce qui se passe dans ta petite tête. Dois-je m’attendre au pire ou au contraire au meilleur ? Je garde mon calme pour te répondre.  

 

- Je devrais ?  

- Je… Je me demandais si la psychologue t’avait parlé., m’apprends-tu.  

- Elle n’en a pas le droit puisque tu as refusé qu’elle me parle. Personne n’a trahi ta demande, ni le Professeur ni elle. Je ne sais absolument rien de ce que vous vous êtes dites… si tu as fini par lui parler bien évidemment., te réponds-je, essayant de ne mettre aucune trace de jugement ni de colère dans mes mots.  

 

Je me suis senti exclu lorsque mon vieil ami m’a appris ce que tu avais fait. Refuser que je sache ce qui se passait c’était m’exclure un peu plus de ta vie et c’était très frustrant. Je ne demandais même pas à avoir les détails de vos discussions, juste de savoir ce qu’elle pensait, avoir son avis sur ta situation et ce à quoi ça pouvait aboutir.  

 

- Tout le monde se demande comment tu vas., t’apprends-je, changeant de sujet.  

- Je… Je vais aussi bien que possible… je crois., me dis-tu, hésitante.  

 

J’ai l’impression que tu marches sur des œufs pour une fois, que tu as quelque chose à me dire et je ne sais pas si j’ai envie de l’entendre. Ton attitude me rend nerveux. Je me lève et commence à arpenter la pièce avant de m’arrêter puis approcher de toi. Je m’assieds sur le bord du matelas et je te vois te mordiller nerveusement la lèvre inférieure. Doucement, je pose le pouce sur elle et la libère de ses bourreaux d’ivoire.  

 

- J’ai suggéré à Umi de nous enfermer dans une cabane pour qu’on se retrouve seuls pour discuter.  

- Vrai… Vraiment ?, balbuties-tu, lissant le drap.  

- Oui parce que j’ai envie qu’on s’en sorte, qu’on se retrouve. Je t’aime, Kaori. Si tu savais à quel point j’ai peur de te perdre…, te dis-je d’une voix douce.  

- Je ne sais pas ce que tu ressens. Je ne demande qu’à t’écouter, te comprendre et t’aider. Je suis sûr que tu es encore celle que je connaissais, la femme courageuse, généreuse et dont le cœur débordait tellement d’amour qu’il a su submerger le mien. Je suis persuadé que tu as envie d’être la mère de notre fille, que tu voudrais accepter l’aide que nous sommes tous prêts à t’offrir pour que ta rééducation soit plus agréable, plus facile.  

 

Je prends le risque de lever la main et la poser sur ta joue pour essuyer les larmes qui coulent de tes yeux bouleversés. Je ne sais pas si je dois y voir une réaction positive ou non.  

 

- Je t’aime, Kaori. Laisse-moi être là pour toi., te dis-je dans un murmure.  

 

Tu portes la main à tes lèvres et te mets à sangloter sans retenue. Ca me fend le cœur et je pose les mains sur tes épaules, te donnant une légère impulsion vers l’avant pour venir vers moi. Ca te laisse le choix et tu viens poser la tête contre moi. Je pose ma joue contre tes cheveux et t’enlace un peu plus fort.  

 

- J’ai besoin de toi, Kaori. Je me suis accroché tous ces mois pour toi. Tu étais dans chacune de mes pensées, mon guide, mon moteur, mon objectif. Je veux être cette personne-là pour toi aujourd’hui. Tu as encore tant de choses à vivre, de belles choses dont une petite fille de un mois et un compagnon de vingt ans…  

 

Je t’entends rire contre moi à travers tes sanglots et un sourire étire mes lèvres. Ca fait un moment que ce n’est pas arrivé et j’espère que c’est bon signe pour nous.  

 

- Bon d’accord, trente ans… voire un peu plus., admets-je, taquin.  

- Tu sais, c’est bon parfois d’accepter de revoir sa position, de s’ouvrir à l’autre. Tu m’as appris ça au cours de toutes ces années et encore plus la dernière que l’on a passée ensemble. J’ai encore envie de partager tant de choses avec toi.  

 

Tu te calmes progressivement et te niches un peu plus contre moi. Je resserre mon étreinte en réponse. Si ça évolue comme les autres fois, il ne me reste probablement plus beaucoup de temps avant que ça tourne au vinaigre.  

 

- Si tu as des doutes sur ce que je ressens pour toi, sache que je t’aime encore plus, que je te désire toujours autant, que je ne te considère ni faible ni handicapée. Tu n’es pas un poids pour moi, tu ne le seras jamais. La situation n’est que temporaire et on trouvera une solution., te promets-je.  

 

Tu te redresses dans mes bras et lèves les yeux vers moi. C’est comme si ton regard me lançait un appel et je ne peux résister. Je pose les lèvres sur les tiennes et t’embrasse longuement en essayant de te communiquer tout ce que je ressens. Je sens de nouveau tes larmes courir sur tes joues, se perdre à la commissure de nos lèvres et mon cœur se serre. Je ne veux pas réfléchir à ce que tes larmes peuvent signifier. Je ne leur vois qu’un sens et ça me rendrait presque malade.  

 

C’est toi qui brises notre baiser, baissant les yeux le temps de reprendre ton souffle avant de me regarder de nouveau.  

 

- J’ai parlé à la psychologue, Ryo. Il est maintenant temps que je te parle., m’apprends-tu, la culpabilité emplissant ton regard.  

 

Je suis incapable de bouger, suspendu à tes lèvres, ses lèvres qui m’ont fait rêver et pourraient bien m’envoyer en enfer. 

 


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